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Présentation du Kirghizstan

Présentation

Données générales

Nom officiel : République kirghize (Kirghizstan et Kirghizie sont des appellations usuelles)
Régime parlementaire
Président de la République : Almazbek ATAMBAEV, Premier ministre Jantoro Satybaldiev


Données géographiques

Superficie : 199 900 km2
Capitale : Bichkek
Villes principales : Och, Djalal-Abad
Langues officielles : kirghize (langue d’Etat) et russe (langue officielle)
Langue courante : ouzbek (13,6 % de la population)
Monnaie : som (1€ = 67 soms)
Fête nationale : 31 août (Jour de l’Indépendance)


Données démographiques

Population : 5,64 millions (estimation FMI 2013)
Densité : 28 habitants/km²
Croissance démographique : 1 % (estimation FMI 2013)
Espérance de vie : 68 ans (source PNUD 2013)
Taux d’alphabétisation : 99,2 % (données PNUD 2010)
Religions : Islam sunnite (75 %), orthodoxie (20 %), protestantisme
Indice de développement humain : 125ème sur 186 (classement ONU 2013)


Données économiques

PIB (2012) : 6,47 Mds USD (estimation du FMI pour 2013 : 7,23 Md $.)
PIB par habitant : 1280 USD

Taux de croissance : 5,7 % en 2011, -0,9% en 2012 (en raison de l’arrêt partiel de la mine de Kumtor), + 7,6% en 2013 (estimation provisoire).
Taux d’inflation : 8,6 % (estimation FMI 2013)
Solde budgétaire (estimation FMI 2013) : - 5,7 % PIB
Balance commerciale (2012) : -53 % du PIB (export 1894 M$, import 5374 M$, déficit 3480 M$)

Principaux clients (2012) : Suisse (29 %), Kazakhstan (21,4 %), Russie (11,6 %)
Principaux fournisseurs (2012) : Russie (33,2 %), Chine (22,5 %), Kazakhstan (9,7 %)

Part des principaux secteurs d’activité dans le PIB (est. 2012) :

  • agriculture : 20 %
  • industrie : 27 % (dont 10-12 % pour la mine d’or de Kumtor)
  • services : 53 %

Exportations françaises (2012) : 18,2 millions d’euros (126ème client de la France)
Importations françaises (2012) : 23 millions d’euros (107ème fournisseur de la France)

Consulat de France : Consulat général d’Almaty (Ambassade de France au Kazakhstan)
Communauté française en République Kirghize : 68 personnes dont 41 inscrites
Communauté kirghize en France : 111 personnes


Politique intérieure

Situation politique

Le référendum constitutionnel du 27 juin 2010 a instauré le premier régime semi-parlementaire d’Asie centrale. Les élections législatives du 10 octobre 2010, réellement pluralistes, ont été marquées par un fort émiettement de l’électorat : sur les 32 partis enregistrés, 5 ont obtenus des sièges au Parlement : Ata Jurt (parti nationaliste proche de l’ancien président Bakiev mené par K. Tachiev, 8,47% des votes / 29 sièges), SDPK (Parti social-démocrate d’A. Atambaiev, 26 sièges), Ar Namys (F. Koulov, 25 sièges), Respublica (Ö. Babanov, 23 sièges), et Ata Meken (O. Tekebaiev, 19 sièges). Un gouvernement de coalition a pu être formé entre le SPDK, Respublika et Ata Meken, rejoints ultérieurement par Ar Namys.

L’élection présidentielle du 30 octobre 2011 a été remportée par Almazbek Atambaev, premier ministre sortant (SDPK), dès le premier tour avec 62,52% des voix. Le BIDDH de l’OSCE, s’est félicité que « la campagne ait été ouverte et ait respecté les libertés fondamentales », mais a déploré « des irrégularités significatives ».

Fin août 2012, des scandales de corruption au sein de la coalition gouvernementale et le retrait de cette dernière des partis Ata Meken et Ar Namys conduisent à la démission du premier ministre Babanov. Un nouveau gouvernement formé par le SDPK, Ar Namys et Ata Meken et dirigé par M. Satybaldiev est investi le 6 septembre.

Le 3 octobre 2012, 3 députés du parti nationaliste Ata Jurt tentent de prendre d’assaut le parlement à la tête d’un millier de manifestants réclamant la nationalisation de la mine de Kumtor. Ils seront finalement jugés pour tentative de coup d’état et déchus de leur mandat de députés, mais échappent aux peines de prison.

Les tensions sociales et politiques autour de la mine de Kumtor sont ravivées au printemps 2013, des manifestations ont lieu depuis régulièrement, sans toutefois dégénérer. Le pays est politiquement coupé en deux, le pouvoir central ne parvenant pas à s’imposer dans le sud, contrôlé par les élites politiques d’Och et Jalal-Abad et imprégné par la criminalité organisée.

Le gouvernement doit composer en permanence avec les différents partis politiques, dont certains visent son renversement, et ne parvient pas toujours à obtenir le soutien de sa propre majorité, comme l’illustre le débat autour de la mine de Kumtor, où les députés mènent une surenchère pour que l’Etat reprenne le contrôle de l’entreprise.


Dynamique démocratique et sécurité intérieure

Le Kirghizstan est confronté à des enjeux sécuritaires majeurs qui dépassent le cadre de ses frontières : trafic de drogue en provenance d’Afghanistan (« voie du nord »), criminalité organisée et menaces islamistes. S’ajoutent une crise économique profonde et des évolutions sociétales qui fragilisent le pays.

En outre, les problèmes de frontières et l’incapacité à trouver une solution pérenne aux enclaves du sud (Barak - village sous administration kirghize en Ouzbékistan-, Sokh et Chakhimardan - enclaves ouzbèkes au Kirghizstan - et Voroukh - enclave tadjike au Kirghizstan) entretiennent les tensions avec les voisins Ouzbeks et Tadjiks, particulièrement au sujet de l’accès à l’eau et aux pâturages dans les zones où la démarcation des frontières n’est pas achevée.

Le 5 janvier 2013, des affrontements entre citoyens kirghizes et ouzbeks ont eu lieu dans l’enclave ouzbèke de Sokh, faisant plusieurs blessés dans les deux camps. Après le recours au calme, des rencontres régulières ont lieu entre gardes-frontières pour éviter de nouveaux incidents.

La situation précaire en matière de droits de l’homme prouve la nécessité d’une réforme en profondeur des appareils policier et judiciaire. Ainsi Azimjan Askarov, journaliste défenseur des droits de l’homme d’ethnie ouzbèke arrêté alors qu’il enquêtait sur les violences à Och a été condamné à la prison à vie en septembre 2010, verdict confirmé en appel par la Cour suprême.


Situation économique

Le Kirghizstan souffre de trois handicaps structurels (étroitesse du marché, enclavement, dépendance énergétique), auxquels il convient d’ajouter le poids de la dette, une diversification insuffisante des exportations et la faiblesse des réformes structurelles.

Les exportations de métaux précieux et de produits minéraux représentent 60% de ses exportations et son activité économique est largement dépendante de la production de Kumtor, la plus importante mine d’or du pays. Une grande part des flux financiers entrants provient des transferts monétaires des Kirghizes expatriés (environ 35 % du PIB), très présents dans le secteur de la construction en Russie et au Kazakhstan.

Le Kirghizstan a été le premier Etat de la CEI à accéder à l’OMC en 1998 grâce à son engagement dans le processus des réformes, de privatisations (75% du PIB provient du secteur privé) et de la réforme du système bancaire qui reste cependant de taille très modeste. Le climat des investissements reste dégradé et la corruption élevée (150e sur 177 en 2013 selon Transparency International).

Le FMI attend pour 2013 une croissance du PIB de 11,75 % grâce notamment au rattrapage de la production industrielle très affectée en 2012 par la chute d’activité de la mine d’or de Kumtor et au secteur de la construction. Le budget 2013 prévoyait une baisse des recettes (1,414 Md d’euros) et des dépenses (1,69 Md d’euros). L’inflation devrait être contenue à 8,6% en 2013.

Le secteur agricole représente 20% du PIB et emploie 50% de la population active qui est frappée par un chômage affectant au premier chef les régions méridionales et les jeunes. Avec un taux de pauvreté de 32 %, le Kirghizstan est après son voisin tadjik le pays le plus pauvre de la CEI.

L’importation du pétrole russe et des matériels nécessaires au développement de Kumtor, maintiennent le déficit commercial à un niveau élevé de 3,4 Mds $ en 2012. Devant ces graves difficultés économiques, la Russie accorde depuis 2010 une aide financière massive. Par ailleurs, le Kirghizstan a obtenu de Moscou la levée des taxes sur les hydrocarbures depuis 2011, ainsi que l’annulation de sa dette (189 M$ + 300 M$ échelonnés). Le pays recourt également aux bailleurs de fonds internationaux pour financer le déficit budgétaire (5,25% du PIB en 2012 d’après le FMI).


Politique extérieure

Appartenant à la Communauté des Etats indépendants (CEI), le Kirghizstan est aussi membre de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC). La coopération militaire s’est traduite par la création d’une base militaire russe à Kant en octobre 2003, première base russe ouverte hors de Russie depuis la fin de l’URSS.

L’axe prioritaire de la diplomatie kirghize demeure le maintien d’une relation privilégiée avec la Russie, soutenue par l’importance de la minorité russe au Kirghizstan (50 000) et, surtout, des émigrés kirghizes en Russie (500 000).

Inquiètes des conséquences du retrait de la FIAS d’Afghanistan, les autorités kirghizes ont renforcé leur rapprochement avec la Russie, célébré à l’occasion de la visite du Président Poutine le 20 septembre 2012 (renouvellement du bail de la base militaire russe de Kant pour 15 ans, possibilité d’ouvrir une nouvelle base militaire dans le sud du Kirghizstan, coopération économique, aide financière massive, effacement de la dette kirghize).

Les négociations en vue de l’adhésion à l’Union douanière avec la Russie, le Kazakhstan et la Bielorussie ont commencé à l’automne 2013. Le Kirghizstan, déjà membre de l’OMC où les tarifs sont inférieurs, et qui tire profit de son activité de réexport de produits chinois vers la CEI, a demandé un tarif dérogatoire, la création de zone commerciales franches sur ses marchés de réexport et des compensations financières qui seront difficilement acceptables par les autres pays.

Le Kirghizstan s’était rallié dès l’automne 2001 à la coalition anti-terroriste en accueillant sur son territoire à Manas les forces américaines et celles de 11 pays de la coalition. La base américaine de Manas, rebaptisée centre de transit en 2009 et dont le bail a été résilié par la partie Kirghize avec effet en juillet 2014, avait également hébergé un détachement aérien français.

La coopération avec la Chine, voisin immédiat, se fait essentiellement dans le cadre de l’OCS et à travers les investissements chinois dans l’économie kirghize ; des accords ont été signés en septembre 2013 prévoyant 3Md $ d’investissements. Les importations de Chine ont doublé en 2 ans, passant à 1,2 Md $ en 2012, alors que le Kirghizstan n’exporte vers la Chine que 61 M $.

Les relations entre les cinq républiques centrasiatiques demeurent tendues du fait de leurs difficultés à résoudre des problèmes essentiels tels que la délimitation des frontières, la gestion des enclaves territoriales, ainsi que la gestion des ressources énergétiques et en eau.

Le pays est très dépendant de l’Ouzbékistan et du Kazakhstan pour son approvisionnement en gaz et en pétrole tandis que ces pays de l’aval dépendent des ressources hydriques kirghizes et de la gestion des barrages hydroélectriques (de Toktogul et de celui projeté à Kambar-Ata).


Mise à jour : 20.01.14

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