Présentation du Kirghizstan
Présentation
Données générales
Nom officiel : République kirghize [Kirghizstan et Kirghizie sont des appellations usuelles]
Données géographiques
Superficie : 199 900 km2
Capitale : Bichkek
Villes principales : Och, Djalal-Abad
Langues officielles : kirghize (langue d’État) et russe (langue officielle)
Langue courante : ouzbek (13,6 % de la population)
Monnaie : Som
Fête nationale : 31 août (Jour de l’Indépendance)
Données démographiques :
Population : 5,431 millions (estimation 2009)
Densité : 25,6 habitants/km²
Croissance démographique : 1,4 % (estimation 2009)
Espérance de vie : 69,4 ans
Taux d’alphabétisation (1999) : 98,7 %
Religions : islam sunnite (75 %), orthodoxie (20 %), protestantisme
Indice de développement humain : 126e sur 182 (classement ONU 2011)
Données économiques :
PIB (2011) : 5,9 Mds USD
PIB par habitant (2011) : 991USD
Taux de croissance (2011) : 5,7 %
Taux d’inflation (2011) : 8 %
Solde budgétaire (2011) : -6,7 % PIB
Balance commerciale (2011) : -35 % du PIB
Principaux clients (2009) : Suisse (23,1 %), France (15 ,1 %), Russie (14,8 %)
Principaux fournisseurs (2009) : Russie (36,7 %), Chine (16,5 %), Kazakhstan (9,3 %)
Part des principaux secteurs d’activité dans le PIB (est. 2010) :
agriculture : 30 %
industrie : 20 % (10 % hors activités de la mine d’or de Kumtor)
services : 50 %
Exportations de la France vers le Kirghizstan (2011) : 16 millions d’euros (120e client de la France)
Importations françaises depuis le Kirghizstan (2011) : 30,6 millions d’euros (100e fournisseur de la France)
Consulat de France : Consulat général d’Almaty (Ambassade de France au Kazakhstan)
Communauté française en République Kirghize : 68 personnes dont 41 inscrites
Communauté kirghize en France : 111 personnes
Politique intérieure
• Situation politique
Le référendum constitutionnel du 27 juin 2010 a instauré le premier régime semi-parlementaire d’Asie centrale. Mme Rosa Otounbaeva a été confirmée dans ses fonctions de présidente de la République jusqu’en décembre 2011 et sans possibilité d’être candidate à sa propre succession.
Malgré les tensions persistantes dans le Sud, les élections législatives ont pu se tenir le 10 octobre 2010 et ont été saluées par la communauté internationale et l’OSCE pour leur pluralisme et leur respect des règles démocratiques dans leur ensemble. Elles ont été marquées par un fort émiettement de l’électorat : sur les 32 partis enregistrés, 5 ont obtenus des sièges au Parlement : Ata Jurt (le parti nationaliste proche de l’ancien président Bakiev mené par M. Tachiev, 8,47% des votes / 29 sièges), SDPK (Parti social démocrate d’Atambaiev, 26 sièges), Ar Namys (Koulov, 25 sièges), Respublica (Babanov, 23 sièges), et Ata Meken (Tekebaiev, 19 sièges).
La dispersion des voix a rendu difficile la conclusion d’accords de coalition. Un gouvernement a pu être formé in extremis entre le SPDK, Respoublika et Ata Meken, rejoints ultérieurement par Ar Namys.
L’élection présidentielle du 30 octobre 2011 a été remportée par M. Atambaev, Premier ministre sortant (SDPK), dès le premier tour avec 62,52% des voix, contre MM. Madoumarov, représentant nationaliste des Kirghizes du sud du pays et proche de l’ancien président Bakiev, et M. Tachiev, chef d’Ata Jourt qui ont obtenu chacun un peu moins de 15% des voix.
Le taux de participation était autour de 60%. Le BIDDH de l’OSCE, qui avait envoyé plus de 300 observateurs sur place, s’est félicité que « la campagne ait été ouverte et ait respecté les libertés fondamentales », mais a déploré « des irrégularités significatives » lors du vote (nombreux électeurs non inscrits sur les listes) et en particulier lors du décompte des voix.
La coalition gouvernementale formée autour du SDPK allié à Respublika, Ar Namys et Ata Meken faisant face à des scandales de corruption, le Premier ministre, M. Babanov, est contraint à la démission fin août 2012, lorsqu’Ata Meken et Ar Namys se retirent de la coalition. La nouvelle équipe gouvernementale est formée par le SDPK, Ar Namys et Ata Meken et menée par M. Satybaldiev dont le gouvernement est investi le 6 septembre.
• Dynamique démocratique et sécurité intérieure
Le Kirghizstan est confronté à des enjeux sécuritaires majeurs qui dépassent largement le cadre de ses frontières : trafic de stupéfiants en provenance d’Afghanistan (« voie du Nord »), criminalité organisée et menaces islamistes. S’ajoutent à ces menaces, une crise économique profonde et des évolutions sociétales qui fragilisent la stabilité du pays. En outre, les problèmes de frontières et l’incapacité à trouver une solution pérenne aux enclaves dans le sud (Barak - village sous administration kirghize en Ouzbékistan-, Sokh et Chakhimardan - enclaves ouzbèkes au Kirghizstan - et Voroukh - enclave tadjike au Kirghizstan) ravivent en permanence les tensions avec les voisins Ouzbeks et Tadjiks.
Le 5 janvier 2013, des affrontements entre citoyens kirghizes et ouzbeks ont eu lieu dans l’enclave ouzbèke de Sokh, faisant plusieurs blessés dans les deux camps. La présidence en exercice ukrainienne de l’OSCE a publié un communiqué appelant au calme et au dialogue. Le calme est revenu à Sokh, néanmoins les postes-frontières entre le Kirghizstan et l’Ouzbékistan dans la région de Batken restent temporairement fermés.
La situation précaire en matière de droits de l’homme prouve la nécessité d’une réforme en profondeur des appareils policier et judiciaire. Le 13 novembre 2012, une délégation européenne a rendu visite à Azimjan Askarov, journaliste et défenseur des droits de l’homme d’ethnie ouzbèke, qui avait été arrêté en juin 2010, alors qu’il enquêtait sur les violences à Och. Condamné à la prison à perpétuité par la Cour suprême en décembre 2011, M. Askarov a reçu, le 19 novembre 2012, le "Prix international de la liberté de la presse" attribué par le Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ) à New York.
Situation économique
Le Kirghizstan souffre de trois handicaps structurels (étroitesse du marché, enclavement, dépendance énergétique), auxquels il convient d’ajouter le poids de la dette, une diversification insuffisante des exportations et la faiblesse des réformes structurelles.
Les exportations de métaux précieux et de produits minéraux représentent 60% de ses exportations et son activité économique est largement dépendante de la production de Kumtor, la plus importante mine d’or du pays (1/4 du PIB). Une grande part des flux financiers entrants provient des transferts monétaires des Kirghizes expatriés (environ 35 % du PIB), très présents dans le secteur de la construction en Russie et au Kazakhstan.
Le Kirghizstan a été le premier État de la CEI à accéder à l’OMC en 1998 grâce à son engagement dans le processus des réformes, de privatisations (75% du PIB) et de la réforme du système bancaire qui reste cependant de taille très modeste. Le climat des investissements reste dégradé et la corruption élevée (154e en 2012 selon Transparency International).
En 2013, le Kirghizstan table sur une croissance du PIB de 7,6% grâce notamment au rattrapage de la production industrielle très affectée en 2012 par la chute d’activité de la mine d’or Kumtor et au secteur de la construction. Le budget 2013 prévoit une baisse des recettes (1,414 Md d’euros) et des dépenses (1,69 Md d’euros). Le niveau de l’inflation devrait être contenu à 8% en 2013
Le secteur agricole représente 20% du PIB et emploie 50% de la population active qui est frappée par un chômage affectant au premier chef les régions méridionales et les jeunes. Avec un taux de pauvreté de 32 %, le Kirghizstan est après son voisin tadjik le pays le plus pauvre de la CEI.
La hausse du coût d’importation du pétrole russe et les matériels nécessaires au développement de Kumtor, ainsi que les difficultés croissantes à l’exportation vers ou via le Kazakhstan maintiennent le déficit commercial à un niveau élevé de 1,9 Mds USD en 2010. Devant ces graves difficultés économiques, la Russie accorde depuis 2010 une aide financière massive (annoncée à 2Mds USD). Par ailleurs, le Kirghizstan a obtenu de Moscou la levée des taxes sur les hydrocarbures depuis 2011, ainsi que l’annulation de sa dette. Le pays recourt également à l’aide des bailleurs de fonds internationaux pour financer le déficit budgétaire (6,7% du PIB en 2011 contre 5,1% en 2010 et 1,4% en 2009).
Politique extérieure
Appartenant à la Communauté des États indépendants (CEI), le Kirghizstan est aussi membre de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC). La coopération militaire s’est traduite par la création d’une base militaire russe à Kant en octobre 2003, première base russe ouverte hors de Russie depuis la fin de l’URSS.
L’axe prioritaire de la diplomatie kirghize demeure le maintien d’une relation privilégiée avec la Russie, soutenue par l’importance de la minorité russe au Kirghizstan (50 000) et, surtout, des émigrés kirghizes en Russie (500 000). Très inquiètes des conséquences du retrait de la FIAS d’Afghanistan, les autorités kirghizes ont renforcé leur rapprochement avec la Russie, célébré à l’occasion de la visite du président Poutine le 20 septembre 2012 (renouvellement du bail de la base militaire russe de Kant pour 15 ans, possibilité d’ouvrir une nouvelle base militaire dans le sud du Kirghizstan, coopération économique, aide financière massive, effacement de la dette kirghize de 150M€ et éventuelle adhésion à l’Union douanière).
Le Kirghizstan s’était rallié dès l’automne 2001 à la coalition anti-terroriste en accueillant sur son territoire à Manas les forces américaines et celles de 11 pays de la coalition. La base américaine de Manas, rebaptisée centre de transit en 2009, a hébergé un détachement aérien français composé de 6 Mirages et de 2 ravitailleurs de mars à octobre 2002 puis, de 2006 à 2009, un détachement comprenant 1 ravitailleur C-135 et une trentaine d’aviateurs. Les États-Unis souhaitent en renouveler le bail qui expirera en 2014.
La coopération avec la Chine, voisin immédiat, se fait essentiellement dans le cadre de l’OCS et à travers les investissements chinois dans l’économie kirghize. La Chine est désormais le premier partenaire commercial du Kirghizstan (61% des importations viennent de Chine en 2010, contre 26% en 2005).
Les relations entre les cinq républiques centrasiatiques demeurent tendues du fait de l’existence de contentieux anciens, aggravée par l’absence de complémentarité entre les économies des pays et leur incapacité à résoudre des problèmes essentiels tels que la délimitation des frontières, la gestion des enclaves territoriales, ainsi que la gestion des ressources énergétiques et en eau. Le pays est très dépendant de l’Ouzbékistan et du Kazakhstan pour son approvisionnement en gaz et en pétrole tandis que ces pays de l’aval dépendent des ressources hydriques kirghizes et de la gestion des barrages hydroélectriques (de Toktogul et de Kambarata).
Le Kirghizstan a signé avec l’UE un Accord de partenariat et de coopération (entré en vigueur en 1999). Associé à un dialogue politique régulier, il comporte des dispositions commerciales et un volet assistance (prise en charge depuis 2007 par l’instrument de coopération au développement – ICD).
Pour 2011-2013, l’ICD consacrera 321M€ à l’Asie centrale dont 105 pour les programmes régionaux et 51M€ au titre de la coopération bilatérale avec le Kirghizstan. La relation entre l’UE et le Kirghizstan se développe également dans le cadre de la Stratégie de l’UE pour l’Asie centrale, adoptée en 2007 et qui est entrée dans sa phase de mise en œuvre sous Présidence française de l’UE (Forum UE-Asie centrale sur les enjeux de sécurité le 18 septembre 2008, lancement de l’initiative État de droit les 27-28 novembre à Bruxelles que la France copréside avec l’Allemagne, Conférence sur la gestion des frontières et la lutte contre les stupéfiants en octobre 2008 à Douchanbé).
Dans ce cadre, un dialogue Droits de l’Homme a été établi en 2008. Au nombre des programmes européens, on compte notamment le programme BOMCA-CADAP de coopération en matière de lutte contre les trafics de stupéfiants et de gestion des frontières.
Mise à jour : 14.03.13
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