Présentation
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Sommaire
Relations politiques
La France et le Japon entretiennent un dialogue politique régulier sur tous les grands sujets d’actualité internationale : la régulation du système économique et financier et les efforts pour améliorer la gouvernance économique mondiale dans le cadre des réunions du G20, la lutte contre le changement climatique, les questions de sécurité internationale (lutte contre le terrorisme et la piraterie, maintien de la paix, crises régionales). Les contacts politiques franco-japonais sont fréquents en marge des grandes réunions multilatérales : G8, G20, AGNU. La France apporte son soutien à l’objectif du Japon d’assumer de nouvelles responsabilités politiques sur la scène internationale.
Le dialogue politique bilatéral repose sur la Déclaration pour un nouveau partenariat franco-japonais, adoptée lors de la visite du Président Chirac à Tokyo en mars 1995. La concertation entre les deux pays s’articule autour du dialogue stratégique de haut niveau qui se tient à intervalles réguliers alternativement en France et au Japon, et qui a été rehaussé au niveau des Ministres des Affaires étrangères en janvier 2012. Ces réunions permettent d’évoquer les grands dossiers d’actualité internationale, en particulier les questions de non-prolifération (dossier iranien, avenir des pourparlers à six sur la Corée du Nord) et la coopération bilatérale. Des consultations annuelles se tiennent également au niveau des Secrétaires Généraux des Affaires étrangères. Le dialogue sur les questions stratégiques et de défense est également étoffé (consultations "2+2" entre ministères de la Défense et ministères des Affaires étrangères une fois par an).
La France et le Japon maintiennent une étroite concertation sur la réforme de l’ONU. La France appuie en particulier la candidature du Japon à un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies.
Le partenariat euro-nippon gagne en substance. Le sommet UE-Japon d’avril 2008 à Tokyo a réaffirmé l’approche commune sur les dossiers multilatéraux. Le sommet de Prague de mai 2009 a été consacré notamment à la lutte contre la récession, ainsi qu’aux enjeux climatiques internationaux dans la perspective de la conférence de Copenhague sur le climat. Le sommet UE-Japon de Tokyo d’avril 2010 a permis la mise en place d’un Groupe conjoint de haut niveau chargé de réfléchir aux moyens d’approfondir la relation et de définir un cadre pour remplacer le Plan d’Action UE-Japon qui expire en 2011. Le sommet UE-Japon de mai 2011 à Bruxelles a consacré le lancement d’une étude de cadrage relative à un éventuel accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Japon. Le mandat de négociation de cet accord a été adopté lors du Conseil Affaires étrangères fin novembre 2012. Les négociations devraient être officiellement lancées lors du prochain sommet UE-Japon qui aura lieu à Tokyo, au cours du premier trimestre 2013.
Un dialogue stratégique euro-japonais sur la situation en Asie orientale a été lancé en 2005 et complété en 2006 par un dialogue sur l’Asie centrale.
Sur le plan bilatéral, l’année 2008 a marqué le 150ème anniversaire des relations franco-japonaises (traité de paix, d’amitié et de commerce du 9 octobre 1858). Cet anniversaire a été illustré par une visite du Premier ministre au Japon les 10-12 avril 2008. Il a été l’occasion de promouvoir les partenariats franco-japonais dans des domaines innovants, en particulier la coopération décentralisée, la coopération en matière d’aide au développement en Afrique via des partenariats sur le terrain et une réflexion commune, ainsi que la coopération économique et technologique avec un symposium bilatéral en novembre 2008 et un renforcement des partenariats entre pôles de compétitivité et clusters japonais.
Après la catastrophe du 11 mars 2011, le Président de la République s’est rendu au Japon le 31 mars pour manifester aux autorités japonaises la solidarité de la France, ainsi que celle du G8 et du G20, dont elle assurait la présidence. Le Premier ministre M. Naoto KAN a à son tour effectué une visite officielle à Paris le 25 mai, en marge du sommet du G8 à Deauville, tandis que le Premier ministre, M. Fillon, s’est rendu au Japon en octobre de la même année. Cette visite a permis l’adoption d’une Déclaration commune sur l’énergie nucléaire et la politique énergétique, qui prévoit notamment la mise en place d’un dialogue bilatéral sur les politiques énergétiques. En janvier 2013, le Président de la République s’est entretenu au téléphone avec le nouveau Premier ministre japonais, M. Shinzo Abe. Il a exprimé à cette occasion sa volonté de développer le partenariat global entre la France et le Japon dans tous les domaines, politique, économique et culturel.
Le ministre des Affaires étrangères, M. Juppé, s’est rendu au Japon les 13-14 janvier 2012, afin de tenir avec son homologue, M. Gemba, la première session du dialogue stratégique au niveau ministériel.
A l’occasion de la Conférence ministérielle sur l’Afghanistan qui s’est tenue à Tokyo les 7-8 juillet 2012, le ministre des Affaires étrangères, M. Fabius, a débuté sa première visite en Asie par le Japon, marquant ainsi la volonté française de renforcer la relation franco-japonaise. Il s’est entretenu à cette occasion avec le Premier ministre, M. Noda, ainsi qu’avec le ministre des Affaires étrangères, M. Gemba.
Les ministres français et japonais des Affaires étrangères se sont à nouveau rencontrés le 16 octobre à Paris pour la tenue de la deuxième session du dialogue stratégique franco-japonais. L’élaboration d’une feuille de route pour cinq ans en trois volets s’attachant notamment au renforcement du dialogue politique, au développement des coopérations économiques et à l’approfondissement des échanges culturels a également été évoquée.
Le site de l’Ambassade de France au Japon
Relations économiques
Les échanges économiques franco-japonais demeurent déséquilibrés, le taux de couverture des importations françaises par les exportations se situant à environ 67%.
Le Japon est le deuxième partenaire économique de la France en Asie après la Chine depuis 2003, son 11ème fournisseur, son 13ème client et son 12ème déficit commercial en 2011. Les exportations françaises vers le Japon ont diminué depuis 2008 en raison du ralentissement de l’économie mondiale, de même que les importations françaises en provenance du Japon, ce qui a conduit à une réduction de notre déficit commercial à 2,8 mds euros en 2011 (contre 7,3 mds en 2000). Les produits pharmaceutiques sont désormais notre premier poste d’exportation, devant l’habillement, le cuir et les chaussures, puis le vin.
L’archipel est la première destination des investissements français en Asie, et cette réussite tempère la persistance de notre déficit commercial. Le stock des investissements directs étrangers français au Japon atteignait fin 2011 19 mds USD, ce qui fait de la France le troisième investisseur derrière les Etats-Unis et les Pays-Bas (et devant le Royaume-Uni et l’Allemagne), avec une forte composante industrielle et financière.
La réussite de l’alliance entre Renault et Nissan, pari au départ risqué, a marqué le public japonais. Renault demeure l’un des premiers investisseurs français au Japon, avec AXA et BNP Paribas. Le nombre des implantations françaises au Japon s’est stabilisé autour de 480 entités en 2011 (200 seulement en 1980).
Le Japon est le premier investisseur asiatique en France. Notre pays, qui reçoit 2% des stocks d’IDE japonais se situe au troisième rang des pays d’accueil en Europe derrière les Pays-Bas et le Royaume-Uni. La présence japonaise en France est très forte avec près de 440 implantations employant environ 70 000 personnes sur le sol français. L‘investissement japonais en France est particulièrement apprécié pour sa qualité et son respect des normes sociales et environnementales.
Après le séisme et le tsunami du 11 mars, la France a décidé l’envoi d’une assistance technique et humanitaire (couvertures, eau potable, médicaments, équipements de radioprotection et de mesure de la radioactivité, etc.) de grande ampleur. Elle a également fait part de sa disponibilité à apporter une aide supplémentaire au Japon pendant la phase de reconstruction.
Coopération culturelle, scientifique et technique
La première priorité de la France au Japon est la coopération universitaire et scientifique, organisée autour de 130 accords conclus par les établissements d’enseignement supérieur. La suppression de la deuxième langue obligatoire au concours d’entrée à l’université a cependant fait baisser l’apprentissage du français au Japon.
La coopération scientifique et technologique est au cœur des partenariats avec le Japon, pays qui consacre 3,4% de son PIB à la recherche (France : 2,2%). Le rapprochement des pôles de compétitivité français et des "clusters" japonais est une priorité des deux pays.
Le nucléaire est un domaine privilégié de coopération à l’image du projet ITER, partenariat multilatéral où la France et le Japon occupent une place centrale. La construction de ce réacteur de fusion thermonucléaire est ainsi pilotée, sur le site de Cadarache, par un directeur général japonais, et elle implique 100 à 200 chercheurs japonais également logés sur place. Dans le cadre de cette coopération, certains équipements du projet ITER sont implantés au Japon (site de Rokkasho-Mura), avec une forte participation de chercheurs français.
La forte similitude des programmes nucléaires français et japonais permet également de développer des partenariats industriels très actifs dans de multiples autres domaines, en particulier : réalisation par AREVA en partenariat avec les industriels japonais de la première usine de retraitement nippone (Rokkasho-Mura) ; création par AREVA et Mitsubishi Heavy Industries (MHI) de ATMEA, société qui développe et commercialise un réacteur de 3ème génération de taille moyenne (1100 MW) ; coopération en matière de recherche entre le CEA et son homologue japonais JAEA. La coopération a également trouvé à s’exprimer pendant la crise : Areva a envoyé une centaine de tonnes de bore afin de limiter les risques liés à l’état des réacteurs de la centrale de Fukushima, ainsi que du matériel de radioprotection et de mesure, et a dépêché des experts spécialistes de la décontamination nucléaire. Ces derniers ont rejoint le centre de crise mis en place à Fukushima par le gouvernement japonais, en lien avec Tepco.
Le 150ème anniversaire des relations franco-japonaises a souligné la vigueur de la coopération culturelle franco-japonaise, qui repose très largement sur le mécénat des grandes entreprises. Cet anniversaire a été marqué par environ un millier d’événements culturels dans les deux pays, dans les capitales comme dans les régions.

Coopération décentralisée
Près de soixante liens de coopération décentralisée unissent aujourd’hui les collectivités territoriales françaises et japonaises, le plus souvent sous la forme de jumelages. Ils permettent de traiter de sujets concrets d’intérêt commun, tels les transports, l’environnement et l’aménagement urbain.
Les premières assises franco-japonaises de la coopération décentralisée se sont tenues en octobre 2008 à Nancy, sous l’impulsion du Maire de la ville, M. André Rossinot, dans le cadre de la commémoration du 150ème anniversaire des relations diplomatiques. Cette réunion a permis d’enrichir les relations franco-japonaises d’une nouvelle dimension et de susciter des projets innovants de la part des régions et des départements français et de leurs homologues japonais, en présence de nombreux élus des deux pays.
Les deuxièmes Rencontres de la coopération décentralisées ont eu lieu les 12-13 mai 2010 à Kanazawa sur le thème de la gouvernance locale et du développement durable, avec la participation de près de 80 élus, dont une quarantaine de maires français.
Les troisièmes rencontres ont eu lieu du 26 au 31 août 2012 à Chartres et Compiègne, et se sont organisées autour du thème de l’innovation (économique, culturelle, en termes de sécurité de la population et du cadre de vie) face à la mondialisation.
En réponse à la catastrophe du 11 mars, la fédération des collectivités territoriales Cités Unies France, chargée notamment de l’organisation des Rencontres, a décidé la création d’un fonds spécial d’urgence destiné à être abondé par toute collectivité locale désireuse de répondre à cet appel à la solidarité./.
Mise à jour : 31.01.13
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