Présentation
Sommaire
Données générales
Nom officiel (dans l’attente de la création d’un Etat et en vertu des accords d’Oslo) : Territoires palestiniens
Nature du régime : républicain
Président de l’Autorité nationale palestinienne : Mahmoud Abbas alias Abou Mazen
Premier ministre de l’Autorité nationale palestinienne : Salam Fayyad
Communautés religieuses : Musulmans, Chrétiens, Juifs
Données géographiques
Superficie : 6.020 km2 Cisjordanie : 5.655 km2 ; Bande de Gaza : 365 km2
Capitale : les principaux ministères sont installés à Ramallah. Jérusalem-Est est revendiquée pour être la capitale du futur Etat palestinien. La France et l’UE considèrent que Jérusalem doit devenir la capitale des deux Etats, Israël et la Palestine, dans le cadre d’un accord de paix juste et durable.
Langue officielle et courante : arabe
Monnaie : nouveau shekel israélien (1€ = 4,97 NIS, décembre 2012) ; dinar jordanien pour certaines transactions en Cisjordanie (1€ = 0.94 JOD, décembre 2012)
Fête nationale : 15 novembre
Données démographiques
Population (mi-2012, PCBS) : 4,29 millions de Palestiniens (2,65 millions en Cisjordanie et à Jérusalem-Est compris ; 1,64 million dans la bande de Gaza).
S’y ajoutent environ 500.000 colons israéliens en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.
Plus de 5 millions de Palestiniens vivent à travers le monde, dont 3 millions de réfugiés en Jordanie, en Syrie et au Liban.
Densité (PCBS) : 703 hab/ km2 (en Cisjordanie : 462 hab/km² ; à Gaza : 4.429 hab/ km2)
Croissance démographique (PNUD, 2011) : 2,9%
Indice de fécondité (PCBS, 2012) : 4,3 enfants par femme
Espérance de vie (PCBS, 2011) : 71 ans pour les hommes et 73 ans pour les femmes
Taux d’alphabétisation (PNUD, 2011) : 92,4%
Indice de développement humain (PNUD, 2011) : 0,641/ 114e rang
Données économiques
PIB (PCBS et FMI, 2012) : 10.500 M$ (dollars courants)
PIB/habitant (rapport de la CNUCED, 2012) : 2453 $ - taux de pauvreté : 18% en Cisjordanie ; 38% à Gaza
Taux de croissance (estimation 2012) : 5 % en Cisjordanie ; 9 % à Gaza
Taux de chômage (FMI et UNRWA, 2011) : 16 % (35 % à Gaza)
Taux d’inflation (FMI, 2012) : 3,1 %
Principaux clients : Israël, Union européenne
Principaux fournisseurs : Israël, Italie, Chine, Etats-Unis, Jordanie, Espagne, Allemagne
Part des secteurs d’activités dans le PIB (2010) :
agriculture : 5,5% - industrie : 13,3 %
services : 35% - construction : 3,9%
commerce : 15,1% - transports : 9,2%
Consulat général de France : Jérusalem (antenne consulaire à Gaza) - http://www.consulfrance-jerusalem.org/
Communauté française dans les Territoires palestiniens : 9.532 personnes (4.644 en Cisjordanie, 4.873 à Jérusalem-Est, 15 à Gaza)
Communauté palestinienne en France : 3.000 à 4.000 personnes
Politique intérieure
Le décès de Yasser Arafat (11 novembre 2004), Président de l’Autorité palestinienne, conduit à une transition politique. Le 9 janvier 2005, Mahmoud Abbas (dit Abou Mazen), candidat du Fatah dont il a pris la direction, est élu à la tête de l’Autorité palestinienne.
A la suite de la victoire du Hamas aux élections législatives du 25 janvier 2006, Ismaël Haniyeh accède à la tête du gouvernement de l’Autorité palestinienne. Le nouveau gouvernement s’est heurté à des difficultés majeures. Une période de cohabitation conflictuelle s’est engagée entre le Président (Fatah) et le Premier ministre (Hamas), marquée par des violences entre les militants des deux bords.
Suite aux accords de la Mecque entre le Fatah et le Hamas, en février 2007, un gouvernement d’union nationale est formé. Mais le coup de force du Hamas, qui, le 14 juin 2007, prend le contrôle de la bande de Gaza, a entraîné la division politique des Territoires palestiniens.
Après le limogeage du gouvernement d’union nationale par le Président Abbas, Salam Fayyad prend la tête, le 17 juin 2007, d’un gouvernement d’urgence soutenu par la communauté internationale mais non reconnu par le Hamas. L’Union européenne, suivie par les Etats-Unis, décide alors de rétablir son aide financière directe à l’Autorité palestinienne et de normaliser avec elle ses relations, suspendues en mars 2006 après la victoire électorale du Hamas. S. Fayyad démissionne le 13 avril 2013 à la suite de tensions croissantes avec le Président Abbas et le mouvement Fatah. Il est chargé d’expédier les affaires courantes jusqu’à la désignation de son successeur.
La réconciliation interpalestinienne demeure dans l’impasse. Malgré la réélection de Khaled Mechaal, le 1er avril 2013, à la tête du bureau politique du Hamas, le mouvement reste désuni, de même que le Fatah, traversé par d’importantes divisions internes.
Des élections municipales, premier scrutin depuis 2006, se sont tenues le 20 octobre 2012 en Cisjordanie. Même si le Fatah l’emporte dans près des trois quarts des localités concernées, la faible participation (54,8%), le boycott du Hamas, le manque de pluralisme politique, et les bons scores des listes Fatah dissidentes dans plusieurs grandes villes, conduisent à relativiser cette victoire.
Situation économique et humanitaire
La croissance économique dans les Territoires palestiniens s’est sensiblement ralentie en 2012 (6,2 % attendu) par rapport à 2011 et 2010 (entre 9 et 10%). Celle-ci reste plus forte à Gaza qu’en Cisjordanie, bien que cet écart reflète avant tout un effet de rattrapage, Gaza n’ayant toujours pas retrouvé son niveau de développement des années 90. La croissance de l’activité palestinienne est encore sensiblement supérieure au taux de croissance de la population (d’où une augmentation du PIB par habitant, même si ce dernier reste inférieur à ce qu’il était il y a dix ans), mais le ralentissement de la croissance entraîne une hausse du taux de chômage constatée sur les trois premiers trimestres 2012.
L’économie demeure essentiellement tirée par la construction et les services. L’insécurité alimentaire touche les 2/3 des habitants de Gaza et 1/4 des Cisjordaniens. La situation se détériore à Jérusalem-Est, en raison de la colonisation et du fait de la baisse des transactions commerciales avec la Cisjordanie qu’entraînent les restrictions imposées par Israël. Par ailleurs, Israël n’a pas poursuivi, depuis 2010, les levées d’obstacles aux accès et mouvements en Cisjordanie.
A la suite de la conférence des donateurs pour l’Etat palestinien organisée à Paris en décembre 2007, l’Autorité palestinienne a mis en œuvre, avec un soutien sans précédent des bailleurs internationaux (7,7 Mds $ en trois ans, toutes aides confondues), un important travail de réformes et d’assainissement des comptes publics. Les institutions financières internationales ont reconnu que l’AP avait dépassé le seuil pour devenir un Etat fonctionnel. Toutefois, depuis la fin de la période couverte par la conférence (2008-2010), plusieurs donateurs ont relâché leurs efforts, notamment les Etats-Unis, qui ont gelé leur aide budgétaire pour des raisons politiques, et les pays du Golfe. Malgré la constance de l’aide européenne, l’AP fait face à une situation financière critique (seuls 800 M$ sont financés sur un déficit récurrent d’1,3 Md $). Celle-ci pourrait menacer les acquis du processus de construction étatique engagé en 2007 (plan Fayyad) et entraîne des retards dans le paiement des salaires des fonctionnaires.
L’AP accumule en outre prêts bancaires et arriérés auprès des fournisseurs, qui pèsent lourdement sur le secteur privé. Toutefois, une faillite de l’AP est écartée à court terme du fait du déblocage par Israël du reversement des droits et taxes, du transfert de 200 M$ d’aide budgétaire américaine et d’une augmentation annoncée de l’aide saoudienne. Dans ce contexte, la situation sécuritaire est particulièrement tendue (manifestations en Cisjordanie, soit pour des raisons liées au contexte budgétaire et social, soit en soutien aux prisonniers palestiniens détenus en Israël).
Le nombre de démolitions de structures palestiniennes de la zone C s’est également accru au cours des derniers mois. Le développement de la zone C au bénéfice de ses habitants palestiniens reste très fortement contraint, y compris s’agissant de l’approbation des projets humanitaires internationaux en zone C, qui fait l’objet d’une procédure lente et aléatoire non-conforme au droit international humanitaire.
Situation à Gaza
Après s’être retiré en septembre 2005 de Gaza, Israël a mis en place un blocus en octobre 2007, en représailles aux tirs de roquettes et à la détention par le Hamas du soldat israélien Gilad Shalit, libéré en 2011. Ce blocus est toutefois contourné par l’entrée en contrebande de nombreux produits via les tunnels à la frontière égyptienne qui sont soumis à des taxes alimentant les caisses du Hamas. Des mesures d’allègement (notamment autorisation des importations de biens de consommation) ont été décidées par les autorités israéliennes après l’incident de la flottille du 31 mai 2010 mais restent insuffisantes, la circulation des personnes de et vers Gaza étant encore très limitée.
Quatre ans après l’opération israélienne « Plomb durci », qui avait fait près de 1.400 victimes, une nouvelle escalade de violences à Gaza a eu lieu début novembre 2012, causant la mort de 160 Palestiniens et 6 Israéliens. Elle a conduit à l’exécution par Israël du chef de la branche armée du Hamas ainsi qu’au tir, pour la première fois, de roquettes sur Tel-Aviv et Jérusalem. Un cessez-le feu a été conclu le 21 novembre entre Israël et le Hamas stipulant que l’arrêt des hostilités devra s’accompagner de l’ouverture de points de passage. L’Egypte ayant joué un rôle central de médiation, des discussions ont été engagées au Caire sur les modalités d’une levée progressive du blocus de Gaza. Israël a d’ores et déjà étendu la zone de pêche autorisée de 3 à 6 milles nautiques et a autorisé l’entrée de matériaux de construction.
L’Union européenne demande la levée totale du blocus et se montre disponible pour contribuer à la mise en place d’un mécanisme international de supervision des points de passage vers Gaza, via notamment la réactivation de sa mission d’assistance frontalière (EUBAM) à Rafah, déployée en novembre 2005 et dont les activités sont suspendues depuis juin 2007.
Les Territoires palestiniens et le processus de paix
L’impasse du processus de paix
Après l’enthousiasme soulevé par les accords d’Oslo (1993), l’assassinat du Premier ministre israélien Ytzhak Rabin en 1995 constitue une rupture pour le processus de paix, qui, en dépit de plusieurs efforts de relance (accord de Wye Plantation en 1998), s’enlise. En juillet 2000, le sommet de Camp David, destiné au règlement définitif du conflit, ainsi que les pourparlers de Taba au début 2001 s’achèvent sur un échec. Alors que la deuxième Intifada, qui débute en septembre 2000, entraîne un gel durable du processus de paix, plusieurs initiatives diplomatiques sont lancées pour tenter une reprise de celui-ci :
rapport de la Commission Mitchell (mai 2001) ;
résolution 1397 du CSNU endossant la solution des deux Etats ;
« initiative arabe de paix » adoptée en 2002 par les Etats arabes (réaffirmée en 2007) qui prévoient une normalisation de leurs relations avec Israël dans le cadre d’une paix globale (« la création d’un Etat palestinien indépendant et souverain sur l’ensemble des territoires occupés en 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale », et « une solution juste et agréée du problème des réfugiés conformément à la résolution 194 de l’Assemblée générale des Nations unies ») ;
enfin, « Feuille de route » du Quartette (Etats-Unis, Russie, ONU et Union Européenne), le 30 avril 2003, fixant les conditions et étapes d’une reprise des négociations en vue de la création d’un Etat palestinien indépendant, démocratique et viable, et endossée par le Conseil de sécurité des Nations Unies (résolution 1515).
Le désengagement unilatéral de Gaza (évacuation des bases militaires et des colonies), décidé à l’été 2005 par Ariel Sharon, n’a pas non plus permis de relancer le processus de paix.
La conférence internationale d’Annapolis de novembre 2007 lance un nouveau cycle de négociations sur le statut final qui n’a toutefois pas abouti dans les délais impartis (avant la fin 2008). La mise en œuvre de la première phase de la Feuille de route qui devait l’accompagner n’a pas été très probante s’agissant notamment de la colonisation. Même si la fin du processus se caractérise par des discussions plus approfondies autour d’une proposition du Premier ministre israélien Ehud Olmert, la démission de celui-ci en mars 2009 met fin à ce cycle.
Hormis une courte reprise des négociations en septembre 2010, interrompue par les Palestiniens après le refus d’Israël de proroger le moratoire sur la colonisation, le processus de paix est resté depuis lors dans l’impasse. Au lendemain de la formation d’un nouveau gouvernement dirigé par B. Netanyahou et de la visite du Président Obama dans la région les 21 et 22 mars 2013, une étroite fenêtre d’opportunité pourrait toutefois s’ouvrir pour une reprise du dialogue.
Des avancées vers la reconnaissance internationale de la Palestine
Après l’admission de la Palestine à l’UNESCO en décembre 2011, le Président Abbas a fait voter, le 29 novembre 2012 à l’Assemblée générale des Nations Unies, une résolution rehaussant le statut de la Palestine à celui d’Etat non-membre observateur aux Nations Unies.
Position de l’Union européenne
L’UE a défini depuis 2009 les paramètres nécessaires à un règlement du conflit israélo-palestinien : 1) des frontières basées sur les lignes de 1967 avec des échanges agréés de territoires équivalents ; 2) des arrangements de sécurité préservant la souveraineté de l’Etat palestinien et garantissant la sécurité d’Israël ; 3) une solution juste, équitable et agréée au problème des réfugiés ; 4) un arrangement faisant de Jérusalem la capitale des deux Etats. En décembre 2012, le Conseil des Affaires étrangères de l’UE a adopté des conclusions sur le processus de paix qui appellent à une relance des négociations en 2013, sans pré-conditions et sur la base de paramètres clairs.
14 Etats membres de l’Union européenne, dont la France, ont voté le 29 novembre 2012 en faveur du rehaussement de la Palestine aux Nations Unies, 12 se sont abstenus tandis que la République tchèque a voté contre.
Mise à jour : 16.04.13
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