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Présentation de l’Irlande

Données générales

Nom officiel : L’Irlande
Nature du régime : République parlementaire
Chef de l’Etat : Michael D. HIGGINS, Président (depuis le 11.11.2011, pour 7 ans)

Données géographiques

Superficie : 70 273 km²
Capitale : Dublin
Villes principales : Cork, Galway, Limerick, Waterford
Langue officielle : anglais et irlandais (langue gaélique)
Monnaie : l’euro (mis en circulation : 1.1.2002)
Fête nationale : 17 mars

Données démographiques

Population : 4 591 087 (01/01/2013)
Croissance démographique (2012) :1,1% , (le solde migratoire est à nouveau négatif depuis 2008 : -7,2 pour mille en 2011)
Espérance de vie : 78,3 ans pour les hommes, 82,8 ans pour les femmes)
Taux d’alphabétisation : 99 %
Religions : catholiques (88,4 %), Eglise d’Irlande (y compris protestants 2,95%), chrétiens (sans précision) 0,5%, presbytériens 0,5%, musulmans 0,5%, sans religion 3,5%.
Indice de développement humain (Classement ONU 2011) : 7è

Données économiques

PIB : 163,9 md € (2012), 167,4 md € (2013p)
PIB par habitant (2012) : 35 415 €

Taux de croissance : % du PIB : +0,3 % (2013), 2,0% (2014p)
Taux de chômage : 14,7 % (2012), 13,5% (2013)
Taux d’inflation : + 1,2 % (2011), 1,9 % (2012), 1,3% (2013p)

Solde budgétaire : - 13,4 % du PIB (2011), - 8,2 % du PIB (2012), -7,3% (2013p)
Dette publique : 106,4 % (2011), 117,6 % (2012), 124% (2013p)

Solde de la balance courante (en % du PIB) : 1,1 (2011), 5 (2012), 3,1 (2013p)
Commerce extérieur (2012) : Exp. : 91 Md€, Imp. : 48,6 Md€, Solde commercial : 42,4 Md€

Principaux clients (2012) : Etats-Unis (19,6%), Royaume-Uni (16,5%), Belgique (14,9 %), Allemagne (8%), Suisse (5,6%), France (4,8%)
Principaux fournisseurs (2012) : Royaume-Uni (38,9%), Etats-Unis (13,1%), Allemagne (7,4%), Pays-Bas (5,5%), Chine (3,8%), France (3,6%).

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • agriculture : 1,0 % (Répartition de l’emploi : 4,6%)
  • industrie : 31,4 % (Répartition de l’emploi : 19 %)
  • services : 66,4% (Répartition de l’emploi : 76,4%)

Exportations de la France vers l’Irlande : 2.23 Mds€(2012), 2.12 Mds€(2011)
Importations françaises d’Irlande : 6.86 Mds€ (2012), 6.456 Mds€(2011)

La France est le 6e client et le 6e fournisseur de l’Irlande (2012), l’Irlande est le 34e client et le 13e fournisseur de la France (2012).

http://www.tresor.economie.gouv.fr/…

Consulats généraux de France : Section consulaire de l’ambassade à Dublin
Antenne consulaire : 4 consuls honoraires (Cork, Galway, Limerick et Dunmore East)
Communauté française en Irlande : 8.881 immatriculés ; total 25.000 (estimation)
Communauté irlandaise en France : 15.000 (estimation)

Politique intérieure

L’Irlande est gouvernée par une coalition constituée du parti majoritaire de centre droit Fine Gael et du parti de centre gauche Labour. Arrivé au pouvoir en février 2011, M. Enda Kenny et son parti, le Fine Gael, ont remporté une large victoire aux élections anticipées qui ont suivi le plan de sauvetage conclu avec la troïka. Pour la première fois depuis l’indépendance de l’Irlande en effet, le Fine Gael est le parti dominant au Dáil (Assemblée nationale), avec 69 députés sur un total de 166. Restée unie et solide durant trois années d’austérité, et ayant connu une période de grâce depuis la sortie officielle du programme d’aide UE-FMI en décembre 2013, la coalition au pouvoir apparaît fragilisée. Suite à l’effondrement du Labour aux élections locales (5,5%) et européennes qui se sont tenues le 23 mai, le vice-premier ministre Eamon Gilmore a annoncé sa démission de la direction du parti. Joan Burton a largement emporté, le 4 juillet dernier, l’élection interne à sa succession à la tête du Labour. Elle a également succédé à E. Gilmore comme vice-premier ministre (Tanaiste).

L’actualité politique est dominée, depuis le début de l’automne, par le débat autour de l’introduction d’une redevance sur l’eau courante (« water tax »). L’Irlande est le seul pays européen où l’eau courante a été gratuite jusqu’ici. Figurant dans le programme de réformes structurelles négocié avec la troïka, la redevance devait initialement être introduite dès octobre 2014, et permettre de financer la modernisation du réseau de distribution irlandais. Elle est cependant très mal perçue par la population qui, après six années d’austérité budgétaire, y voit « la taxe de trop », sur fond de scandales sur les bonus distribués au sein d’Irish water, nouvel opérateur semi-public en charge de la distribution de l’eau. Face à des manifestations d’ampleur à Dublin et dans tout le pays en octobre, le gouvernement a repoussé l’application de la redevance à janvier 2015, et a introduit un système d’allégements pour les ménages à faibles revenus.

Le 4 octobre 2013, les Irlandais ont rejeté à 51,7% contre 48,3% la proposition d’abolir le Seanad (Sénat). Le Premier ministre Enda Kenny avait été personnellement à l’origine de cette mesure, qui s’inscrit dans une politique de réforme institutionnelle décidée par la coalition (une Convention sur la Constitution a été chargée par le gouvernement d’émettre des propositions sur d’éventuels amendements à la Constitution). Les partis du gouvernement avaient centré la campagne sur un message simple : supprimer le Sénat pour réduire les dépenses publiques de 20M€ et diminuer le nombre d’hommes et de femmes politiques. Les opposants à l’abolition ont dénoncé une dérive autocrate et populiste du gouvernement et du Premier ministre, tout en mettant en avant la nécessité de réformer le Sénat.

Situation économique

La crise économique mondiale, aggravée par l’éclatement d’une bulle immobilière en Irlande, a touché le pays de façon particulièrement brutale,. Les banques ont été confrontées à une crise majeure de liquidités à laquelle l’Etat a répondu par une garantie illimitée sur les dépôts bancaires, provoquant un très fort accroissement du déficit public (32 % du PIB en 2010). Les difficultés budgétaires ont contraint le gouvernement de Dublin à solliciter le 21 novembre 2010 une aide conjointe du FMI et de l’Eurogroupe, d’un montant estimé à 85 Mrds €. Dublin a appliqué à la lettre le programme d’ajustement attaché au plan de sauvetage. Sur la période 2008-2013, l’ajustement budgétaire sans précédent a représenté 30 milliards d’euros (soit 18,5 % du PIB), dont deux tiers en dépenses. Le 15 décembre 2013 a marqué la sortie officielle du pays du plan d’aide et son retour complet sur les marchés financiers, après l’examenfinal de sa situation par ses bailleurs (Commission européenne, BCE et FMI), qui ont annoncé que le pays a respecté tous les objectifs fixés dans le cadre du plan d’aide.

A bientôt un an de la fin du programme d’aide FMI-Commission-BCE, l’économie irlandaise a retrouvé un dynamisme au-delà des attentes. La reprise est nette depuis le début de 2014 et touche de nombreux secteurs, le gouvernement prévoit une croissance de 4,7% pour 2014 (record dans l’UE) et de 3,6% en 2015. Les principaux indicateurs économiques montrent des signes encourageants : l’investissement est en hausse, l’emploi augmente dans de nombreux secteurs, la consommation redémarre de manière inattendue malgré un endettement des ménages encore important. La croissance est également tirée par une forte reprise des exportations, surtout du fait d’une demande plus dynamique au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, les deux premiers partenaires commerciaux de l’Irlande. Le chômage poursuit sa baisse, son taux serait de 11,4 % fin 2014. Des difficultés persistent cependant dans le financement des PME, l’endettement des ménages et le niveau de dette publique qui reste très élevé (123% du PIB).

Le déficit budgétaire a été réévalué à la baisse et devrait atteindre 3,7 % dès cette année. Le gouvernement prévoit un retour sous les 3 % dès 2015, tout en assouplissant la trajectoire de l’ajustement budgétaire, grâce à la progression des recettes fiscales. Le budget 2015, annoncé le 14 octobre, est le premier budget depuis cinq ans ne comportant pas de nouvelles mesures d’austérité, et annonçant une légère réduction de l’impôt sur le revenu.

Les effets sociaux de la crise sont cependant loin d’être résorbés, notamment la baisse du pouvoir d’achat et le chômage de longue durée.

La jeunesse est la grande perdante de la crise :le taux de chômage des jeunes s’élève à 24%, et était de plus de 28% au plus fort de la crise. L’émigration, recours traditionnel des Irlandais dans les périodes de crise, les concerne particulièrement : 70% des près de 87.000 émigrants annuels ont entre 20 et 30 ans et 62% d’entre eux sont diplômés de l’enseignement supérieur.

L’impôt sur les sociétés à 12,5% reste un élément pivot de la stratégie irlandaise pour attirer les investissements directs étrangers (secteurs de la pharmacie, informatique et services financiers). Les révélations sur la situation particulièrement avantageuse de certaines multinationales implantées en Irlande (leur taux d’imposition effectif pourrait être de 2% seulement) ont ravivé les pressions sur le gouvernement irlandais de la part des Etats-Unis et de l’UE, où la Commission a ouvert une enquête formelle sur Apple au titre des aides d’Etat. Le gouvernement irlandais a annoncé, en octobre, la fin du « double irish », système de transfert des bénéfices entre filiales d’une société, permettant leur défiscalisation. La suppression de ce système s’appliquerait dès janvier 2015 pour les nouvelles entreprises, et serait progressive (jusqu’en 2020) pour les entreprises déjà installées.

Politique européenne

L’Irlande et l’UE

Membre de l’UE depuis 1973.
Deux opt-outs : Schengen, JAI.
4 dérogations : neutralité, politique fiscale, éducation et famille.

Contribution au budget de l’UE en 2010 : 1 350 M€ (France : 19 581 M€)
Retour annuel sur le budget UE en 2010 : 2 066 M€ (France : 13 105 M€)

  • Dont politique de cohésion : 98 M€ (France : 1 474 M€)
  • Dont PAC : 1 714 M€ (France : 9 855 M€)

Bénéficiaire net du budget européen + 804 M€ ; + 0,64% du RNB

Total des fonds européens alloués sur la période 2007-2013 : 11 Mds € (contre 140 Mds € pour la France)

Nombre de députés au Parlement européen : 12 sur 754 (11 à partir de 2014)
Nombre de voix au Conseil de l’UE : 7 sur 345 soit 2% (29 pour la France, l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni)

L’Irlandaise Emily O’Reilly a été élue au poste de Médiateur européen le 3 juillet 2013.

L’engagement européen de l’Irlande remonte à 1973, date de son entrée dans la Communauté européenne. Elle a, depuis, bénéficié de la solidarité communautaire, notamment au titre de la PAC, en étant bénéficiaire nette du budget depuis son entrée dans la CEE. En 2002, l’Irlande a fait le choix de l’euro. La vocation européenne de l’Irlande s’affirme avec vigueur depuis la présidence réussie de l’UE en 2004, et s’est confirmée lors de la présidence conduite avec succès au premier semestre 2013. Souvent proche de la Commission, grâce à un lobbying ciblé, l’Irlande est devenue un acteur respecté de la construction européenne. Cependant, l’Irlande n’est pas membre de l’espace Schengen car elle partage une zone de voyage commune avec le Royaume-Uni.

L’Irlande est une grande bénéficiaire de la politique agricole commune (son solde net agricole est parmi les plus importants), ainsi son attachement à l’Union européenne est-il très lié à la PAC. Les positions françaises et irlandaises sont traditionnellement proches sur la PAC, notamment le niveau de son budget. Lors de sa présidence du conseil de l’UE, l’Irlande a réussi à trouver le consensus permettant de conclure un nouvel accord sur la PAC (juin 2013).

L’Irlande entretient des liens particuliers avec les nouveaux Etats-membres - notamment ceux de taille comparable, pour lesquels elle constitue un modèle de développement et auxquels elle fournit une expertise technique, en matière de gestion des fonds de cohésion, par exemple - ainsi qu’avec les autres Etats neutres de l’UE.

L’Irlande est le seul pays de l’UE qui a eu recours au referendum pour ratifier le traité de Lisbonne. Après le rejet du traité par référendum de juin 2008, le Conseil européen était convenu que les préoccupations du peuple irlandais seraient « traitées de manière à satisfaire à la fois l’Irlande et les autres États membres », à la condition que le gouvernement irlandais s’engage à organiser un second référendum avant l’automne 2009.

Sur cette base, le Conseil européen de juin 2009 a adopté une décision formalisant les garanties accordées à l’Irlande dans le protocole N°35 annexé au traité de Lisbonne. L’Irlande a obtenu, avec l’appui alors de la présidence française, le maintien d’un commissaire par pays et quatre dérogations (neutralité, politique fiscale, éducation et famille). En octobre 2009, un second référendum organisé en Irlande a autorisé la ratification du traité.

L’Irlande a donné son accord au traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) et l’a signé lors du Conseil européen du 2 mars 2012. L’Attorney General (conseiller juridique indépendant) a toutefois rendu un avis selon lequel un référendum était nécessaire pour ratifier ce texte. Les résultats du référendum du 31 mai ont donné un avantage clair au « oui » (60,3% contre 39,7% de non) à la ratification du TSCG.

PSDC. L’Irlande participe à la PSDC avec un régime dérogatoire obtenu lors de la ratification du traité de Lisbonne. Etat traditionnellement neutre, elle s’oppose, en principe, à toute évolution vers la défense commune et la constitution d’une « armée européenne », mais reste engagée dans l’affirmation de la PSDC comme instrument concret d’action extérieure au profit de la paix et de la sécurité internationales.

L’Irlande a assuré avec succès le commandement de l’opération EUFOR lancée le 29 janvier 2008 au Tchad.
8 personnels irlandais participent à EUTM Mali. Ils forment un contingent mixte avec les Britanniques, une première dans l’histoire des relations entre les deux pays et une nouvelle démonstration de la normalisation des relations entre Londres et Dublin.

Présidence irlandaise du Conseil de l’UE (1er semestre 2013). L’Irlande était la première nation bénéficiaire d’un plan de sauvetage à prendre la présidence de l’Union européenne, une occasion dont ce pays souvent qualifié de "bon élève" a su se servir pour promouvoir la croissance et l’emploi. Les résultats obtenus ont conforté l’image sérieuse d’un pays capable de susciter le consensus nécessaire pour faire aboutir nombre de dossiers.

Dublin est ainsi notamment parvenu à un accord sur le cadre financier pluriannuel, un calendrier pour l’union bancaire et des décisions importantes en termes d’emploi des jeunes et de financement de l’économie (PME). L’Irlande se félicite également du lancement des négociations du TTIP avec les Etats-Unis à la fin de sa présidence. Très favorable à cet accord, l’Irlande le souhaite le plus large possible, avec cependant des réserves sur le volet agricole.

Politique extérieure

Discrète mais active, la diplomatie de Dublin s’articule autour de trois axes : les liens avec le Royaume-Uni et les Etats-Unis, l’engagement européen et les Nations Unies.

Les liens historiques et géographiques entre l’Irlande, qui fut sous domination britannique de 1172 à 1921, et le Royaume-Uni se traduisent par des relations commerciales étroites, un dispositif spécifique en terme de nationalité et de circulation (400.000 Irlandais vivent au Royaume-Uni), et une implication mutuelle dans le dossier nord-irlandais. Le Royaume-Uni est le premier fournisseur de l’Irlande (29 %). La question de l’Irlande du Nord constitue une composante majeure des relations entre les deux pays et un champ de collaboration très étroit depuis les accords du Vendredi saint de 1998.

Evénement majeur, la visite historique de la Reine Elisabeth II en Irlande (17-20 mai 2011) a suscité une profonde satisfaction dans le pays. Premier monarque à visiter le sud de l’île depuis la partition du pays en 1921, Elisabeth II est venue à la fois parachever de façon hautement symbolique le processus de paix entamé par l’Accord d’Hillsborough (1985) et consacré par les accords dits du « good Friday » (1998), puis confirmer la normalisation des relations entre l’Irlande et le Royaume-Uni. Michael D. Higgins s’est rendu en visite d’Etat à Londres les 7-11 avril 2014. La reine l’a reçu, ainsi que le vice-premier ministre d’Irlande du Nord Martin McGuinness, lors d’un banquet à la symbolique forte.

Les liens entre les Etats-Unis et l’Irlande sont très étroits. Les Etats-Unis ayant accueilli les victimes de la grande famine du milieu du XIXe siècle, la plupart des Irlandais ont un parent établi aux Etats-Unis, et plus de quarante millions d’Américains sont d’origine irlandaise. Les Etats-Unis ont souvent été impliqués dans le processus nord-irlandais au plus haut niveau. Les visites de Barack Obama (mai 2011) et de John Kerry (mars 2013) ont démontré l’excellence des relations entre les deux pays. L’approfondissement des liens économiques avec les Etats-Unis fait partie intégrale de la stratégie de redressement économique de l’Irlande, du fait de leur potentiel en termes de croissance et d’emploi. Les Etats-Unis sont de loin le premier investisseur étranger dans le pays (80 % des IDE), avec près de 600 entreprises (principalement informatiques et pharmaceutiques) tournées vers le marché européen et employant directement 100.000 personnes.

L’Irlande est très attachée au système des Nations Unies. Elle s’est notamment engagée dans les opérations humanitaires ou de maintien de la paix au Kosovo, au Liban (47 soldats irlandais y ont trouvé la mort depuis 1978), au Libéria, en RDC et au Soudan (Darfour). L’Irlandaise Mary Robinson est l’envoyée spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour la région des Grands Lacs en Afrique, et a été une Haut-Commissaire aux Droits de l’Homme saluée par la communauté internationale. Elue au Conseil des Droits de l’Homme pour le mandat 2012-2015, l’Irlande y accorde une attention spéciale à la défense des droits des personnes LGBTI.

L’Irlande est traditionnellement engagée sur la question de la paix au Moyen-Orient. Le 22 octobre 2014, le Sénat irlandais a adopté sans vote une motion appelant le gouvernement à reconnaître l’Etat palestinien.

L’Irlande est actuellement 5e contributeur européen de personnels aux OMP et 36e contributeur parmi les Etats membres de l’ONU. Elle déploie 510 personnels au sein de sept OMP, essentiellement au Moyen-Orient : FINUL (358 militaires dans le secteur Ouest), FNUOD (115 militaires depuis septembre 2013), ONUST (13 experts), FNUCHYP (12 policiers), MINURSO (3 experts), MONUSCO (3 militaires), ONUCI (2 experts). Rapportées aux effectifs de l’armée irlandaise, ces contributions dénotent un réel effort et un vif intérêt politique de l’Irlande pour les missions de maintien de la paix.

Les relations entre l’Irlande et le Vatican ont connu un réchauffement à l’occasion de la présence d’Enda Kenny à la cérémonie de canonisation de Jean XXIII et Jean-Paul II le 27 avril dernier, peu après l’annonce de la réouverture de l’ambassade d’Irlande auprès du Saint-Siège. L’ambassade irlandaise avait été fermée dans les suites du scandale sur les abus sexuels commis par le clergé et couverts par la hiérarchie catholique. Enda Kenny a reconnu les efforts de l’Eglise pour faire face à ses responsabilités, et a appelé de ses vœux une visite du pape en Irlande.

Défense

Historiquement neutre, l’Irlande a montré une certaine hésitation à formuler une politique de défense de manière explicite et spécifique. Le premier Livre blanc a été publié en 2000, et le second est attendu pour le printemps 2014. Le Livre vert présenté fin octobre met l’accent entre autres sur la cybercriminalité, perçue comme un défi majeur.

Au niveau national, l’armée irlandaise apporte un soutien aux forces civiles (transport de fonds, escorte de prisonniers, neutralisation d’engins explosifs, grandes opérations de sécurité). La marine (Naval service) et l’armée de l’air (Air Corps) surveillent et patrouillent le vaste domaine maritime irlandais, et participent à la lutte contre le trafic de drogue.

Les forces de défense irlandaises sont déployées à l’extérieur uniquement dans le cadre d’opérations multinationales de maintien de la paix ou à caractère humanitaire. Les interventions extérieures sont régies par le mécanisme dit du « triple lock », soit la nécessité d’obtenir le triple accord du gouvernement, du parlement (Dáil) et des Nations unies.

Le budget consacré à la défense est faible (0,6%) et le total des forces irlandaises s’élève à 9500 hommes. Dans ce contexte, l’Irlande est très intéressée par l’initiative « pooling and sharing » de l’UE.

Présidence irlandaise de l’OSCE en 2012

Dublin, conscient de son poids limité en Europe continentale a dès le départ placé sa présidence sous le signe du réalisme et de la modestie. Le vice Premier Ministre et ministre des affaires étrangères Eamon Gilmore ne s’en est pas moins impliqué, à plusieurs titres, dans son rôle de président en exercice (lors des élections kosovares, par sa tournée dans le sud Caucase).L’action de la présidence irlandaise a été axée sur trois domaines : la dimension humaine, la dimension économique et environnementale, et la dimension politico-militaire. Sur ce dernier point, l’Irlande, qui fait du désarmement un des piliers de sa politique extérieure, avait pour priorité d’obtenir des avancées dans le domaine des mesures de confiance et de sécurité et d’améliorer les capacités de prévention de conflit de l’organisation.

Les résultats de la présidence peuvent être qualifiés de modestes, reflétant les blocages persistants au sein de l’OSCE. Aucune résolution n’a pu être adoptée sur les sujets politico-militaires, ni sur la dimension humaine. Des décisions ont néanmoins permis l’adhésion de la Mongolie et l’élargissement du mandat de l’OSCE en matière de lutte contre les menaces transnationales. Une déclaration a pu être adoptée sur le conflit en Transnistrie. La présidence irlandaise a lancé l’initiative « Helsinki + 40 », qui fixe une feuille de route jusqu’en 2015 (année du 40e anniversaire de l’Acte final d’Helsinki) et prévoit une étroite coopération des présidences à venir pour la relance de l’organisation.

Aide au développement

Victime de la crise économique, le volume de l’aide au développement irlandaise a baissé de 32% entre 2008 et 2012. A 0,48% du PIB (soit 629M€ en 2012), il reste cependant au-dessus de la moyenne européenne. Le gouvernement continue à afficher l’objectif de consacrer 0,7% du RNB à l’APD en 2015, mais dans les conditions actuelles il semble difficile à atteindre.

L’aide au développement irlandaise se concentre sur l’Afrique, notamment les pays les moins avancés et les zones de conflits. Une dizaine de pays sont considérés comme prioritaires : l’Ethiopie, le Lesotho, le Malawi, le Mozambique, la Tanzanie, le Timor oriental, l’Ouganda, le Vietnam et la Zambie. Depuis la nouvelle orientation adoptée en mai 2013 (One World, One Future : Ireland’s Policy for International Development), l’Irlande met l’accent plus que jamais sur la cohérence des politiques de développement, et s’est fixé les objectifs de la réduction de la faim, du développement économique durable et inclusif et de l’amélioration de la gouvernance.

Mise à jour : 21.11.14

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