Présentation
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Sommaire
Relations politiques et dernières visites
Sur le plan historique, après la révolution de 1848 qui avait rapproché les deux pays, la signature en 1920 du traité de Trianon, par lequel la Hongrie a perdu les deux tiers de son territoire, a laissé des traces profondes. La chute du régime communiste en 1990 a ouvert une nouvelle page dans l’histoire de nos relations bilatérales, denses sur le plan économique et confiantes sur le plan politique, notamment grâce au soutien de la France à l’élargissement de l’OTAN et de l’Union européenne.
La visite du Président de la République à Budapest en septembre 2007 a permis d’établir les bases d’un partenariat stratégique, signé en mai 2008 à l’occasion d’une visite à Paris du premier ministre M. Gyurcsany. Ce partenariat a permis de renforcer notre dialogue sur les principaux enjeux communautaires, d’engager ou d’approfondir des coopérations portant notamment sur les pôles de compétitivité, le secteur agricole, les questions environnementales. Il a également facilité la préparation de la présidence hongroise de l’UE au premier semestre 2011. La dernière visite du premier ministre hongrois à Paris remonte aux 18-19 novembre 2010 à Paris, où il a été reçu par le Président de la République et par le Premier ministre, pour présenter les grands axes de la PHUE. La dernière rencontre des ministres des Affaires étrangères a eu lieu à Paris le 29 octobre 2012.
Relations économiques
La France est un important partenaire de la Hongrie, dont les échanges, connaissent cependant un certain essoufflement depuis 2008.
Les échanges bilatéraux entre la France et la Hongrie ont presque doublé en 10 ans, passant de 3,8 Mds EUR en 2001 à 6,3 Mds€ en 2011 pour revenir à 5,9 Mds€ en 2012. Ils ont fortement régressé en 2009, avec une baisse de -17,6%, pour retrouver la voie de la reprise en 2010 avec une hausse de +11,2% et de 10,6% en 2011.
Depuis 1999, le solde commercial de la France avec la Hongrie est déficitaire (-396 M€ en 2012). En 2012, les exportations françaises représentaient 2,8 Mds€, en légère baisse par rapport à 2011 (essentiellement équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et médicaments).
La Hongrie est au 32ème rang de nos marchés clients. Avec une part de marché de 3,6%, la France est descendue au 9e rang des fournisseurs de la Hongrie, derrière notamment l’Allemagne (23,8%), la Russie (8,7%), la Chine (8,4%) l’Autriche (6,6%), la Slovaquie (5,4%), la Pologne (4,6%).
En 2012, les importations françaises en provenance de Hongrie représentaient 3,1 Mds EUR. La France est le 6e client de la Hongrie, avec une part de 4,6% des ventes hongroises à l’étranger. La Hongrie en 2012 est le 35e fournisseur de la France.
En termes d’investissements directs à l’étranger, la France a multiplié sa présence en Hongrie par 3,5, son stock d’IDE passant de 947M€ en 1999 à 3Md€ en 2012. Il s’agit essentiellement d’investissements de grandes entreprises, même si, dans les dernières années, l’activité d’investissement des PME françaises a montré une certaine intensification.
Ces investissements concernent de nombreux secteurs dont :
l’énergie et l’environnement, qui regroupe plus de 20% des investissements français (avec les sociétés EDF, GdF Suez, Dalkia, filiale de Veolia, ou Total) ;
les industries pharmaceutiques et chimiques (15% du stock français des investissements avec notamment Sanofi-Aventis, Servier-Egis, Ceva) ;
les industries agro-alimentaires (8% du stock avec Danone, Bongrain, Bonduelle, Cecab ainsi que plusieurs PME telles Royal Croissant, Croque Bourgogne, César Kft) ;
les industries mécaniques (6,5% du stock avec Michelin, Valeo, Le Bélier, Garçonnet, Plastiques Val de Loire…).
Début 2013, 323 sociétés françaises implantées en Hongrie emploient environ 52 000 personnes. Cinq sociétés françaises figurent parmi les 25 premiers investisseurs étrangers en Hongrie : Groupama, EDF, Sanofi-Aventis, Auchan, GdF Suez.
Cependant, depuis 2010, le climat des affaires s’est détérioré et certaines entreprises françaises ont rencontré de nombreuses difficultés en raison de décisions prises tant au niveau gouvernemental que local (secteurs de l’eau, de l’énergie, des télécommunications, de la distribution et des transports).
En septembre 2011, le « Plan de protection du pays » a été adopté et prévoit deux mesures particulièrement défavorables aux entreprises étrangères et notamment françaises :
le remboursement en forint en une seule fois du solde des crédits à un taux de change préférentiel fixé par le gouvernement, initiative qui affecte négativement les banques ;
la décision du gouvernement de fixer lui-même le prix de l’eau, de l’assainissement et de l’enlèvement des ordures ménagères, ce qui pénalise les entreprises engagées sur ces marchés.
Deux médiateurs ont été désignés début 2011 par la France et la Hongrie pour contribuer à résoudre les contentieux commerciaux bilatéraux (MM. Paul-Henri Ravier, magistrat à la Cour des comptes, et Laszlo Madarasz, l’un des fondateurs de la chambre de commerce franco-hongroise). Plusieurs contentieux ont pu être réglés grâce à cette médiation qui s’est achevée au 31 décembre 2011.
Le contentieux opposant Suez environnement à la mairie de Budapest, qui souhaitait reprendre la gestion de l’eau en régie directe (remettant ainsi en cause unilatéralement le contrat de concession signé en 1997), a été réglé en avril 2012, sous la forme d’une indemnisation versée à Suez environnement en échange de son départ. Reste à résoudre un autre contentieux similaire de contrat d’exploitation des eaux avec la mairie de Pecs. Une procédure en arbitrage est en cours à Vienne.
Un autre dossier pendant est celui des titres-repas. Le 1er janvier 2012, une loi créant un monopole public d’émission des titres de repas froids en magasin est entrée en vigueur, s’ajoutant à la création en avril 2011 d’un nouveau système de distribution des titres de repas chauds (carte SZEP), ce qui a eu pour effet d’évincer du marché les trois entreprises françaises qui dominaient le secteur (Sodexo, Edenred, Chèque-déjeuner).
Les entreprises ont déposé une plainte auprès de la Commission européenne (DG Marché intérieur) qui a engagé, le 21 novembre 2012, une procédure d’infraction contre la Hongrie, en lui adressant un avis motivé. Les trois entreprises ont déjà réduit de 90% leurs activités dans le pays.
Coopération culturelle, scientifique et technique
Notre implantation culturelle en Hongrie est ancienne. La France a attiré des générations d’artistes hongrois, poètes (Ady, Attila József, Illyes), romanciers (Kosztolanyi), musiciens (Liszt, Ligeti, Kurtag, Eötvös), peintres (Munkácsy, Rippl-Ronay) ou photographes (Brassaï, Kertesz). Si les liens se sont quelque peu distendus pendant la période communiste, nos échanges culturels avec la Hongrie ont ensuite repris avec intensité.
Notre présence repose sur plusieurs institutions : l’Institut français de Budapest (ouvert en 1992), les cinq alliances françaises implantées dans les principales villes de province (Debrecen, Györ, Miskolc, Pecs, Szeged), la fondation franco-hongroise pour la jeunesse, le centre inter-universitaire d’études françaises, le lycée français de Budapest, onze lycées bilingues francophones, dix filières universitaires francophones, appuyées par un programme de bourses d’études dynamique.
Un réseau appelé « pôle universitaire francophone de masters conjoints » regroupe 5 filières : licence en économie (université d’Amiens / Ecole supérieure d’économie de Budapest), master d’administration des affaires (universités Lyon III / USTEB Budapest), master en urbanisme et aménagement (universités Paris IV / USTEB), maîtrise en droit (universités Paris II / Eötvös Lorand de Budapest), master en droit européen (universités Lyon III / Szeged).
En 2010/2011, la France, troisième pays d’accueil des étudiants hongrois, a accueilli 697 étudiants (60% au niveau Master et Doctorat) principalement orientés vers les sciences de l’ingénieur et les sciences économiques. Le Salon international de l’éducation « Educacio 2012 » à Budapest a permis de mesurer l’intérêt pour les formations en France (30.000 visiteurs pour le pavillon France).
Cet engagement institutionnel permet à la langue française de demeurer la troisième langue étrangère enseignée en Hongrie (30.000 apprenants dans le système éducatif). Un portail de ressources pédagogiques en français (www.franciaoktatas.eu) a été créé à la rentrée 2011.
Un plan d’action pour le français au sein de l’UE aura permis d’assurer en trois ans jusqu’en 2011, la formation de 500 fonctionnaires hongrois et la préparation de la présidence hongroise de l’UE au premier semestre 2011 a fait l’objet d’un important programme de coopération avec l’école nationale d’administration et le centre des études européennes de Strasbourg. Ce programme a été prolongé jusqu’en 2013 pour former 750 autres fonctionnaires. La Hongrie est en outre devenue membre observateur de l’Organisation Internationale de la Francophonie en 2004.
Le partenariat Hubert Curien (PHC) « Balaton » lancé en 1994 soutient chaque année une quarantaine de projets scientifiques bilatéraux, amorçant des coopérations entre jeunes chercheurs. Ce partenariat a favorisé, en 2009, la signature d’un important accord de coopération scientifique avec l’ANR.
La coopération dans le domaine de la justice, vise la formation de hauts fonctionnaires et la modernisation de l’administration publique. La France soutient la participation hongroise aux cycles de formation proposés par l’ENA et organise des actions visant à accompagner la réforme de l’administration hongroise.
Le débat d’idées est au cœur de l’action de l’Institut français de Budapest qui développe ce secteur avec succès.
En 2013, le montant de l’enveloppe de l’ambassade dédiée à la coopération culturelle, scientifique et technique s’élève à 1,6 millions d’euros.
Coopération décentralisée
En partie grâce au rôle précurseur de l’association « Initiative France-Hongrie » (facilitant la mise en place de projets communs entre des collectivités territoriales et locales des deux pays), notre coopération décentralisée a permis d’établir des relations dynamiques entre plusieurs niveaux de collectivités locales. On compte aujourd’hui 48 liens actifs de coopération engageant 6 régions, 13 départements, 29 villes (dont Paris avec Budapest, et des jumelages par exemple entre la région Champagne-Ardenne et la Grande plaine du Nord, et entre Valenciennes et Miskolc).
Ambassadeur de France à Budapest : M. Rolland Galharague (mars 2012) .
Ambassadeur de Hongrie à Paris : M. Laszlo Trocsanyi (juillet 2010).
Président du groupe d’amitié France-Hongrie au Sénat : M. Michel Billout.
Président du groupe d’amitié France-Hongrie à l’Assemblée nationale : M. Gilles Bourdouleix.
Mise à jour : 25.03.13
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