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La France et la Guinée

Brève

Guinée - Dialogue politique (15 avril 2015)

La France soutient les efforts en cours à Conakry en faveur de l’instauration d’un dialogue entre le gouvernement guinéen et l’opposition.

Présentation

Relations politiques

Indépendante en 1958 après avoir décliné la proposition d’intégrer la Communauté française, la Guinée a longtemps observé une certaine distance à l’égard de la France, et plus largement, de l’extérieur. Le débat sur l’Irak aux Nations Unies en 2003 (la Guinée préside alors le Conseil de sécurité) a contribué à un rapprochement des deux pays.

A la suite du massacre du 28 septembre 2009, la France a suspendu sa coopération militaire. Puis, le 30 octobre, elle a suspendu toute sa coopération institutionnelle déployée auprès des autorités gouvernementales (une dizaine d’assistants techniques placés auprès de l’administration guinéenne) ainsi que le financement du projet d’aménagement de l’autoroute urbaine Tombo/Gbessia à Conakry. Toutefois, afin de ne pas pénaliser la population guinéenne, les projets de coopération bénéficiant directement aux populations ont été maintenus. Le 16 février 2010, après l’annonce de la nomination du gouvernement d’union nationale, la France a décidé de reprendre sa coopération institutionnelle avec la Guinée.

Le Président de la République et le Président Alpha Condé se sont rencontrés sept fois depuis 2011. Récemment, le Président de la République s’est rendu à Conakry le 28 novembre 2014 pour marquer la solidarité de la France aux côtés des pays touchés par l’épidémie d’Ebola, pour la première visite présidentielle depuis 1999.

Le Président Condé s’est rendu à Paris le 19 janvier 2015 pour témoigner de sa solidarité après les attentats terroristes à Paris. Il a également rencontré le - Ministre des Affaires étrangères le 5 mars 2015.

Site de l’Ambassade de France en Guinée et en Sierra Leone

Relations économiques

Le volume des exportations françaises vers la Guinée a atteint 130,3 M€ en 2013. Nos premiers postes d’exportation sont des produits pharmaceutiques et des machines industrielles et agricoles. Nos importations depuis la Guinée se sont élevées à 61,7 M€ en 2013. La Guinée exporte vers la France des hydrocarbures et des produits métallurgiques et métalliques notamment.

Sous l’impulsion du MEDEF et de la confédération du patronat de Guinée (CPEG), plusieurs projets d’investissement français en Guinée se sont concrétisés (marché de traitement des déchets urbains de Conakry pour Ikos International, protocole d’accord sur des actions d’urgence pour la restructuration du réseau d’eau de Conakry pour la Saur) et de nombreuses perspectives sont offertes pour les entreprises françaises. Le Medef a conduit une délégation d’une trentaine de chefs d’entreprises françaises à Conakry du 1er au 3 juillet 2014.

A l’exception des brasseries du groupe Castel et de Sogea-Satom (groupe Vinci) dans le BTP, la présence française se concentre surtout dans les secteurs des services et de la logistique avec Africa Bolloré Logistics, Air France, France Telecom-Orange, Total dans la distribution des carburants, CFAO (distribution de véhicules), Laborex (distribution pharmaceutique), BNP Paribas et Société Générale dans la banque, Gras Savoye dans les assurances, ACCOR, Sodexho, Bureau Veritas.

De nombreuses petites entreprises de droit local appartiennent à des personnes physiques françaises, associées ou non à des partenaires guinéens. Ils participent activement à la présence économique de la France (restauration, vente et location de véhicules, construction et maintenance, informatique, transitaire…). La société Technip est membre (pour environ 400 M€) du consortium dirigé par Global Alumina signataire d’un contrat de 1,5 Md $ pour la production d’alumine.

http://www.tresor.economie.gouv.fr/…

Coopération culturelle, scientifique et technique

Classée en 2013 par le PNUD, 178ème en indicateur de développement humain, la Guinée figure parmi les pays les moins avancés. Pour la France, la Guinée est un pays pauvre prioritaire qui, en 2012, a bénéficié de 72,87 M€ d’APD française. L’APD nette bilatérale versée à la Guinée en 2012 s’est élevée à 62,32 M€ (chiffres OCDE) et à 10,55 M€ s’agissant de l’aide multilatérale française à la Guinée. La France est le 1er donateur bilatéral (devant le Japon et les Etats-Unis).

L’APD bilatérale est exclusivement constituée de dons car la Guinée ne peut à ce stade bénéficier de prêts souverains. Les principaux secteurs d’intervention de la France sont l’éducation, les transports, la gouvernance, l’eau et l’assainissement.

L’élection du Président Condé a marqué un approfondissement de notre coopération avec la Guinée. Elle se concentre sur les priorités décidées par la Guinée, dont la réforme du secteur de la sécurité (service national d’action au développement), la gouvernance financière (déploiement d’assistants techniques) et l’agriculture.

La France et la Guinée ont signé le 24 juin 2013, un contrat de désendettement et de développement (C2D). Ce contrat s’inscrit dans le cadre de l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE et des négociations qui s’en sont suivies au sein du Club de Paris. La France, premier pays créancier de Guinée au sein du Club de Paris, a fourni dans le cadre de cette négociation un effort d’annulation de 99,5 % de la dette guinéenne, soit une annulation de 229,3 M€ hors intérêts. Sur cette somme, 79 M€ ont déjà fait l’objet d’une annulation sèche de la part de la France en février 2013. Le reste de la dette envers la France, soit un montant de 171 M€, représente l’effort additionnel de la France envers la Guinée et sera annulé à travers le mécanisme du C2D.

Le premier C2D, signé le 24 juin 2013 entre la France et la Guinée, constitue la première tranche des efforts additionnels d’allègement de dette consentis par la France pour la période allant du 31 mai 2013 au 31 décembre 2016. Pour ce premier C2D, les secteurs et les montants retenus étaient le développement rural (15M€), le développement local et la décentralisation (15M€), l’enseignement pré-universitaire (11M€) et la formation professionnelle (20M€), auxquels s’ajoutaient une aide budgétaire pour le secteur de l’éducation de 7M€ et un fonds d’études et d’assistance technique de 7M€.

Dans le cadre de la lutte contre l’épidémie d’Ebola, la France appuie particulièrement la Guinée et a présenté un plan d’action (100 millions d’euros) : centres de traitements, laboratoire Pasteur à Conakry, centre de formation notamment.

Un avenant au contrat C2D a été signé lors de la visite de Mme Annick Girardin, secrétaire d’Etat au Développement et à la Francophonie, le 13 septembre 2014 à Conakry. Cet avenant, qui identifie la santé comme un nouveau secteur d’affectation, doit permettre de financer, à hauteur de 5 M€, des dépenses budgétaires de l’Etat guinéen dans le cadre du plan d’action d’urgence.

Depuis le 13 septembre 2014, les secteurs et les montants retenus sont l’enseignement pré-universitaire (11 M€), la formation professionnelle (15 M€), l’agriculture (15 M€), le développement local et la décentralisation (15 M€) et la santé (5 M€). Par ailleurs, une aide budgétaire affectée au secteur de l’éducation est octroyée pour un montant de 7 M€ sur l’échéance de 2013. Enfin, une enveloppe de 7 M€ est affectée au financement des études et de l’assistance technique. La société civile guinéenne peut bénéficier si nécessaire d’un appui sur cette enveloppe transversale de 7 M€, pour l’exercice de suivi du C2D.

Mise à jour : 07.04.15

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