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Présentation de la Guinée équatoriale

Présentation

Données générales

Nom officiel : République de Guinée équatoriale
Nature du régime : présidentielle
Chef de l’Etat : Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, depuis le 3 mars 1979
Chef du Gouvernement : Vicente Ehate Tomi, depuis le 21 mai 2012


Données géographiques

Superficie : 28 051 km2
Capitale : Malabo
Villes principales : Malabo, Bata
Langues officielles : Espagnol, Français (depuis 1997) et Portugais (depuis 2011)
Monnaie : Franc CFA (XAF)
Fête nationale : 12 octobre


Données démographiques

Population : 720 000 (BM 2012)
Croissance démographique 2012 : 2,8% (BM 2013)
Composition ethnique : Fangs (80%), Bubis, Bengas
Densité : 25,66 hab/km2
Espérance de vie : 51,4 ans (PNUD 2013)
Religion : catholique (90%)
Indice de développement humain 2013 : 0,554 soit 136e sur 187 pays (PNUD 2013)


Données économiques

PIB 2013 : 11.7 Md€ (FMI)
PIB par habitant 2013 : 15 500 € (FMI)

Taux de croissance du PIB en 2013 : -7,6 % (SER)
Taux d’inflation 2013 : 3,6 % (SER)
Classement 2013 « Doing business » de la Banque mondiale : 162e (sur 185)
Balance commerciale 2012 : +8.3 Md€ (Ubifrance)

Exportations totales 2012 : 12.14 Md€ (Ubifrance)
Importations totales 2012 : 1.7 Md€ (Ubifrance)

Principaux clients (2010) : Etats-Unis (20,8%), Italie (8,8%), Espagne (8,7%), Corée (6,9%) (EIU février 2012)
Principaux fournisseurs (2010) : Chine (8,8%), Espagne (5,7%), US (5,2%), France (4,5%) (EIU février 2012)
Production pétrolière 2013 : 261 000 bpj (Ubifrance)

Exportations de la France vers la Guinée équatoriale 2012 : 129,7 M € (DGT)
Importations de la France en provenance de la Guinée équatoriale 2012 : 1944 M € (DGT)

Communauté française en Guinée équatoriale (juin 2012) : 614 Français inscrits au registre consulaire.
Communauté équatoguinéenne en France (fin 2011) : 191 titulaires d’un titre ou d’une autorisation de séjour.


Politique intérieure

Le pouvoir du président Obiang, à la tête du pays depuis 1979, repose sur une base essentiellement ethnique et familiale. La volonté marquée par le chef de l’Etat depuis plusieurs années de réduire les retards importants de son pays en matière de libertés publiques, de gouvernance et de droits de l’Homme (premières mesures de lutte contre la corruption, ouverture du gouvernement à des partis dits d’opposition, ouverture d’un dialogue politique avec l’UE, amélioration des conditions de détention…) n’ont pas effacé le caractère autocratique du régime : la prise de décision relève très largement de la présidence, l’opposition est quasi inexistante ou en exil, le parti présidentiel exerce un contrôle sur l’ensemble de la société, la presse est aux mains de l’Etat, le système judiciaire est défectueux.

Les élections présidentielles du 29 novembre 2009 ont consacré la réélection du président Obiang par une majorité écrasante, avec 95,37% des suffrages. Ce scrutin s’est pourtant déroulé dans un contexte marqué par un effort de transparence et d’ouverture. L’ensemble des observateurs (Union africaine, CEEAC, OIF, Nations Unies) se sont accordés sur le fait que les élections s’étaient déroulées dans le calme, avec une forte participation des électeurs. L’opposition a pu s’exprimer plus librement que lors des précédents scrutins, même si la pression de l’appareil étatique est demeurée forte, compte tenu d’une part de la domination de la commission électorale nationale par le ministère de l’Intérieur, et d’autre part de l’encadrement strict des accès accordés à la presse internationale.

L’exécution, en août 2010, de quatre Equatoguinéens impliqués dans la dernière tentative en date de coup d’Etat a choqué la communauté internationale et mis à mal les efforts menés ces dernières années par le président Obiang pour améliorer son image.

Le 13 novembre 2011, les Equatoguinéens ont adopté à 97,73% des voix une importante réforme de la Constitution prévoyant, entre autres, la mise en place de nouvelles institutions : Sénat, Chambre des députés, Défenseur du Peuple, Cour des Comptes, Conseil de la République, Conseil national pour le développement social, vice-président de la République etc.

Les élections législatives se sont tenues en mai 2013. Elles ont été remportées à une très large majorité par le PDGE.

Le 21 mai 2012, le président Obiang a nommé son ancien Premier ministre, Ignacio Milam Tang, à la vice-présidence de la République et son fils Teodoro Nguema Obiang Mangue à la fonction de 2e vice-président, que toutefois la Constitution ne prévoit pas. L’instauration de deux vice-présidents dilue le poids du gouvernement et suscite des interrogations quant à la succession du président.

Le président Obiang bénéficie à titre personnel d’une forte légitimité et d’une réelle popularité en raison de la profonde transformation qu’a connue le pays sous son autorité. Agé de 70 ans, il semble préparer sa succession au profit de son fils aîné, M. Teodoro Nguema Obiang Mangue. Ce projet susciterait toutefois des réserves au sein du clan familial où certains mettraient en cause l’aptitude de ce dernier à diriger le pays. Le président Obiang sait que l’image négative de son fils rend difficile cette succession. L’affaire dite des « biens mal acquis », qui donne lieu à l’instruction par la justice française d’une plainte à son encontre pour détournement de biens publics, a renforcé la position de ses adversaires. En le nommant 2e vice-président, le président Obiang a toutefois accru les chances de son fils de lui succéder le moment venu.


Situation économique

Depuis la découverte du champ pétrolier Zafiro en août 1996, l’économie équatoguinéenne est entièrement tournée vers l’exploitation d’hydrocarbures, qui représentent 99% de ses exportations et 88,7% de son PIB, lequel a été multiplié par dix au cours de la dernière décennie grâce à la manne pétrolière. Malgré les incertitudes sur l’estimation de la population, on estime en général que la Guinée équatoriale détient le PIB par habitant le plus élevé d’Afrique subsaharienne. La production de pétrole brut – autour de 400 000 barils/jour – devrait se maintenir jusqu’en 2015-2016 avant de commencer à décliner, perspective que le FMI a récemment confirmée.

Outre le pétrole, la Guinée équatoriale produit du méthanol et du gaz naturel liquéfié. Le gaz et le pétrole sont exploités par les entreprises anglo-saxonnes (Hess, ExxonMobil, Marathon, Noble Energy) et, dans une moindre mesure, japonaises. De nouvelles réserves de pétrole pourraient être découvertes sur les blocs actuellement explorés par diverses sociétés étrangères (Gazprom, Repsol). Le potentiel gazier ne fait aucun doute. L’entreprise britannique Ophir Energy a annoncé la découverte de gisements portant à 70 Mdm³ le volume total de gaz récupérable. Les premières livraisons issues de cette exploitation pourraient être effectuées en 2016.

Le BTP est le second secteur de l’économie équatoguinéenne (5,2% du PIB en 2011) ; son activité est largement soutenue par d’importants investissements publics dans les infrastructures. Les autres activités (agriculture, pêche, sylviculture) ont été marginalisées. Le gouvernement a lancé en 2007 un programme de diversification des sources de la croissance à l’horizon 2020, fondé sur le développement de l’énergie (raffinage et hydroélectricité), de la pêche, de l’agriculture, du tourisme et des services financiers.Un symposium économique a été organisé en février 2014 afin d’attirer les investisseurs étrangers dans ces 6 secteurs de développement prioritaires. Mais le FMI souligne l’absence totale de diversification de l’économie à ce jour et met l’accent sur l’absence de qualification des ressources humaines.

La croissance économique équatoguinéenne atteignait 7,8% en 2011 (FMI). Elle s’est située autour de 5,3% en 2012. La Guinée équatoriale a néanmoins connu une forte récession en 2013 (-7,6%), essentiellement due à l’arrivée à maturité des principaux champs pétroliers. L’inflation reste contenue (3% en 2013 contre 3,6% en 2012).

D’après l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA), les points forts de la Guinée équatoriale sont le transfert de propriété et l’exécution des contrats. Ses points faibles sont la création d’entreprise, le paiement des taxes et impôts et la résolution des cas d’insolvabilité. Le FMI a notamment déploré l’absence de système douanier informatisé ainsi que l’inexistence d’outils statistiques fiables.

La Guinée équatoriale est membre de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) aux côtés du Gabon, du Cameroun, de la RCA, du Congo et du Tchad. Elle partage avec eux une monnaie commune, le franc CFA d’Afrique centrale (XAF), arrimé à l’euro (un euro = 655,956 XAF). Elle est également membre de la Communauté Economique des États d’Afrique Centrale (CEEAC), qui rassemble l’Angola, le Burundi, la RDC, Sao Tomé-et-Principe ainsi que les Etats membres de la CEMAC, et a pour premier objectif de renforcer l’intégration économique régionale.

Le grand nombre de travailleurs, souvent qualifiés, en provenance des pays voisins, témoigne des difficultés des autorités équatoguinéennes à élaborer une politique d’immigration choisie et alimente une hantise du risque migratoire.

Site de la Direction générale du trésor : (http://www.tresor.economie.gouv.fr/…)


Politique extérieure

Politique de voisinage

L’intégration du pays à son environnement sous-régional francophone est une constante de la politique étrangère équatoguinéenne. Elle se manifeste par l’adhésion à diverses organisations : à la zone Franc en 1983, à la Francophonie en 1989, à la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEAC) et à la Communauté économique et monétaire des Etats d’Afrique centrale (CEMAC). Cette politique d’intégration est un succès, comme en témoignent la nomination d’un Equatoguinéen, Lucas Abaga Nchama, au poste de gouverneur de la BEAC, et l’obtention par Malabo du siège du parlement de la CEMAC.

Toutefois, le refus de mettre en œuvre l’accord relatif à la libre circulation des personnes au sein de la zone CEMAC le 1er janvier 2014, atteste d’une réticence à tout approfondissement de l’intégration régionale. En outre, l’implication de Malabo dans le règlement des crises régionales demeure modeste – en RCA, sa contribution à la force africaine MISCA ne s’élève qu’à 200 hommes et sa contribution financière s’est limitée au paiement d’un mois de salaires des fonctionnaires centrafricains.

Plusieurs sommets ont été célébrés sur l’île de Bioko, dont le 20e anniversaire de la CEMAC en 2005 et le 40e anniversaire de la zone Franc en 2012. La Guinée équatoriale est aussi membre observateur de la CPLP, Communauté des pays lusophones, et aspire à obtenir le statut de membre à part entière grâce au soutien du Brésil.

Avec des eaux territoriales représentant dix fois sa superficie terrestre, la lutte contre l’insécurité maritime dans le golfe de Guinée représente un enjeu crucial – le détournement d’un navire espagnol au large de l’île de Bioko par des pirates nigérians, en janvier 2014. en est un témoignage récent. Le président Obiang est à l’initiative de la politique de coopération entre les pays de la « zone Delta » (Cameroun, Gabon, Sao Tomé-et-Principe et Guinée équatoriale), qui a débouché sur des patrouilles de contrôle conjointes.

La Guinée équatoriale finance également une école nationale à vocation régionale dans le domaine de l’action de l’Etat en mer. Avec le soutien de la France, qui en assure la direction, cette école a ouvert à Bata en 2011. Une académie navale est également en cours de construction, à Tica, au nord de la partie continentale du pays. Le président Obiang a exprimé son souhait de se rapprocher de son homologue nigérian pour élargir les partenariats dans ce domaine de coopération régionale. Les prospections commerciales en vue d’équiper les forces navales équato-guinéennes se sont intensifiées.


La Guinée équatoriale et l’Union africaine

En 2011, le président Obiang a assuré la présidence de l’UA dans les circonstances difficiles des printemps arabes et de la crise ivoirienne. Il a adopté une posture discrète, plutôt « anti-occidentale », se faisant sans doute plus l’écho des positions africaines que de celles de Malabo.

La Guinée équatoriale a accueilli avec succès le sommet de l’Union africaine en 2011 et en 2014, ainsi que la Coupe d’Afrique des Nations, en partenariat avec le Gabon, en janvier et février 2012.


Des relations consolidées avec les partenaires internationaux

Longtemps difficiles, les relations avec l’Espagne, ancienne puissance coloniale et aujourd’hui premier bailleur de fonds de la Guinée équatoriale, sont apaisées. Le président Obiang s’est rendu à Madrid en 2006 et le ministre des affaires étrangères espagnol a effectué deux visites à Malabo, en 2006 et 2009.

Les Etats-Unis, premier partenaire économique du pays, occupent une position de quasi-monopole dans le domaine de l’extraction pétrolière. Dix après le début de l’exploitation par les majors américaines, Washington a ouvert une ambassade à Malabo en 2006. Le Département d’Etat américain demeure toutefois particulièrement critique à l’égard du régime Obiang et ne manque pas de lui rappeler les attentes de la communauté internationale en matière de respect des droits de l’homme.

Depuis 2005, le président Obiang a renforcé les liens de son pays avec la Chine, qu’il souhaite voir devenir « le premier partenaire du développement de la Guinée équatoriale ». D’importants projets chinois sont en cours, notamment dans les domaines des infrastructures, de la formation et du logement.

Le Brésil fait aussi partie des nouveaux partenaires. La Guinée équatoriale a ouvert une ambassade à Brasilia en 2002 et le Brésil à Malabo en 2005. Le président Lula s’est rendu à Malabo en 2010. La coopération du Brésil concerne principalement l’agriculture, l’enseignement et les médias – peu de projets ont été réalisés, mais les échanges commerciaux ont progressé de façon spectaculaire (3 M$ en 2003, 300 M$ en 2009).


Relations multilatérales

Après dix ans d’isolement, Malabo a renoué le dialogue avec les institutions financières internationales en 2004 et honore désormais sa dette extérieure, largement soutenable. Depuis 2006, elle met en œuvre une politique volontariste visant à assainir ses finances publiques et à afficher comme objectif la moralisation du secteur économique et financier : création en 2007 de l’agence nationale d’investigation financière (ANIF) et candidature à l’initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) en février 2008.

En 2010, le conseil d’administration de l’ITIE a cependant refusé la demande d’extension de délai formulée par Malabo pour rendre son rapport de validation, radiant de fait la Guinée équatoriale du processus ITIE. La Guinée équatoriale s’est engagée à continuer le processus au niveau national dans la perspective d’une nouvelle candidature. Si la remise de rapport semble problématique pour les années précédentes, le président Obiang a déclaré être en mesure de présenter rapidement son rapport pour les années 2009-2011.

En 2008, l’UNESCO a connu une polémique autour du « Prix international UNESCO-Obiang pour la recherche en sciences de la vie », à la suite d’interrogations de plusieurs ONG sur la provenance des fonds destinés au lauréat. Malgré l’avis négatif de la conseillère juridique de l’UNESCO, le prix, devenu « Prix international UNESCO-Guinée équatoriale pour la recherche en sciences de la vie », a été adopté en mars 2012, grâce notamment au vote des membres africains et du Brésil. Le prix a été décerné pour la première fois en juillet.

En octobre 2011, le président Obiang avait déposé une demande d’agrément de son fils Teodoro Obiang auprès de l’UNESCO. Ce dernier étant poursuivi par la justice française dans le cadre de l’affaire dite des « biens mal acquis », le président a finalement renoncé à cette demande.


Mise à jour : 02.07.14

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