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Présentation

Données générales

Nom officiel : Géorgie
Nature du régime : République
Chef de l’Etat : Guiorgui Margvelachvili
Premier ministre : Irakli Garibachvili

Données géographiques

Superficie : 69 700 km2
Capitale : Tbilissi (1,1 millions d’habitants)
Villes principales : Koutaissi, Batoumi, Roustavi, Soukhoumi, Zougdidi
Langue officielle : géorgien
Langues courantes : géorgien, russe, abkhaze, azéri, arménien, ossète.
Monnaie : Lari (GEL)
Fête nationale : 26 mai

Données démographiques

Population : 4 600 000 (est. oct. 2012) (dont Ossétie du sud, 40 000 est., et Abkhazie 180 000 est. [chiffres contestés])
Densité : 65 habitants/km2
Croissance démographique : - 0,327% (estimation 2012)
Espérance de vie (PNUD 2013) : 73,9
Taux d’alphabétisation : 100%
Religions : orthodoxes (83,9 %), musulmans (9,9 %), chrétiens de rite arménien (3,9 %), catholiques (0,8%)
Indice de développement humain (PNUD 2013) : 72ème rang mondial (en hausse)

Données économiques
(source ministre de l’Economie et des Finances)

PIB (2012) : 15 Mds USD
PIB par habitant (2012) : 3500 USD

Taux de croissance (2012) : +6,1 % (+7% en 2011) / estimation 2013 : +2,5% selon la Banque centrale de Géorgie, +2,5% selon la BERD
Taux de chômage (2012) : 15 %
Taux d’inflation (mars 2013) : - 2,1 %

Principaux clients : Azerbaïdjan, Turquie et Arménie
Principaux fournisseurs : Turquie, Ukraine et Azerbaïdjan

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (est. 2012) :

  • agriculture 8,9 %,
  • industrie 23 %,
  • services 68,5 %

Exportations de la France vers la Géorgie (2012) : 100 M€.
Importations françaises de Géorgie (2012) : 20 M€.

Consulat de France : Tbilissi (section consulaire d’ambassade)
Communauté française en Géorgie (janvier 2013) : 295 enregistrés
Communauté géorgienne en France (est. 2013) : 6000 personnes


Politique intérieure

Situation intérieure

La Géorgie a recouvré son indépendance en 1991 dans des conditions difficiles : livrée à l’anarchie, elle a rapidement été la proie d’une guerre civile et exposée aux séparatismes. Le retour de M. Chevardnadze, ancien ministre des Affaires étrangères d’URSS devenu chef de l’Etat en 1992, a permis de réorganiser les pouvoirs centraux après la guerre civile. Il a désarmé les principales milices et institué un régime présidentiel fort qui a progressivement pris le pas sur le pouvoir des clans.

En novembre 2003, la « révolution des roses » a conduit au pouvoir Mikheïl Saakachvili (élu chef de l’Etat en janvier 2004 et réelu en 2008), jeune président pro-occidental formé en France et aux Etats-Unis. Il s’agissait de la première « révolution de couleur » démocratique dans l’espace post-soviétique avant la révolution orange d’Ukraine en décembre 2004. Depuis, la Géorgie a fait le choix stratégique du rapprochement avec l’UE et l’OTAN, objet, jusqu’à ce jour, d’un consensus au Parlement.

Le conflit armé avec la Russie en août 2008, alors que le gazoduc BTC reliant la Caspienne à la mer Noire via la Géorgie venait d’être mis en service, a temporairement rassemblé l’ensemble des forces politiques autour du chef de l’exécutif. Toutefois, cette union nationale, apparue pendant le conflit, a rapidement volé en éclats : certaines figures de l’opposition ont rendu le Président Saakachvili en partie responsable du déclenchement des hostilités.

Les élections législatives du 1er octobre 2012 ont vu une large victoire de la coalition d’opposition « Rêve géorgien » emmenée par le mécène et milliardaire Bidzina Ivanichvili avec 54,97% des suffrages contre 40,34% pour le Mouvement national uni du Président Saakachvili. Ce scrutin a marqué une étape importante dans la consolidation de la démocratie géorgienne qui a ainsi connu, pour la première fois depuis son indépendance, une alternance démocratique.

L’élection présidentielle du 27 octobre dernier a mis fin à la cohabitation houleuse entre le gouvernement du Premier ministre Ivanichvili et le Président Saakachvili, celui-ci arrivant au terme de son second mandat consécutif (2004-2008 et 2008-2013) et ne pouvant pas se représenter. Si le scrutin a été jugé transparent, bien administré et concurrentiel par la mission d’observation du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme de l’OSCE, il n’a cependant suscité qu’une faible participation, de l’ordre de 47% (54% en 2008 et 60,8% aux élections législatives de 2012).

M. Gharibachvili a succédé le 24 novembre dernier à M. Ivanichvili au poste de Premier ministre, ce dernier se retirant officiellement de la politique. Du fait d’une révision constitutionnelle entrée en vigueur au moment de la prise de fonction du nouveau Président, le 17 novembre dernier, le Premier ministre dispose désormais de l’essentiel des pouvoirs exécutifs.


Les séparatismes sud-ossète et abkhaze

L’Ossétie du Sud et l’Abkhazie, qui représentent ensemble 20 % du territoire géorgien, ont échappé au contrôle de Tbilissi dès le début des années 1990, quand deux guerres ont fait plus de 11 000 morts et 320 000 déplacés.

Du 7 au 12 août 2008, un violent conflit a opposé la Russie et la Géorgie autour de l’Ossétie du Sud. Au lendemain du conflit, l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie ont déclaré leur indépendance. Elle n’est à ce jour reconnue que par la Russie, le Vénézuela, le Nicaragua, Nauru et Tuvalu. La Géorgie et la Russie n’ont toujours pas rétabli leurs relations diplomatiques. Moscou stationne environ 5000 personnels militaires (soldats et gardes-frontières du FSB) dans chacune des deux provinces.

La médiation de la Présidence française de l’UE a permis, le 12 août 2008, de mettre un terme aux combats et un accord de la Russie et de la Géorgie sur un plan en 6 points. Par les accords du 8 septembre 2008, les présidents russe et géorgien se engagés à mettre en œuvre l’ensemble des dispositions du plan du 12 août dans des délais précis.

Les accords du 12 août et du 8 septembre 2008 ont également institué les discussions de Genève : coprésidées par l’ONU, l’OSCE et l’UE, elles sont le seul forum réunissant toutes les parties (y compris des représentants des autorités de facto abkhaze et sud-ossète).
Depuis le 1er septembre 2011, le Français Philippe Lefort est le représentant spécial de l’Union européenne (RSUE) pour le Caucase du Sud et la crise en Géorgie.

La Mission de surveillance de l’Union européenne (MSUE) est seule sur le terrain depuis le départ exigé par la Russie des missions ONU et OSCE. Elle n’a cependant toujours pas accès aux entités comme le prévoit pourtant son mandat qui est prolongé par le Conseil européen chaque année depuis 2008. L’Estonien Toivo Klaar (ancien membre du SEAE et diplomate estonien de carrière) en a pris la tête le 13 septembre 2013. Sa nomination pourrait débloquer les travaux de l’instrument de prévention et de règlement des différends (IPRM) de la MSUE de Gali, en Abkhazie, qui ne fonctionnait plus depuis mai 2012 , permettant ainsi de rétablir un canal de communication important.

La nouvelle majorité géorgienne mène une nouvelle politique d’apaisement des relations avec la Russie, dans le respect de la ligne rouge de la non reconnaissance du statut étatique des deux entités séparatistes. Pour œuvrer à ce rapprochement , des discussions informelles se tiennent entre les représentants spéciaux des deux pays, MM. Abachidzé et Karassine.

Ce rapprochement s’est concrétisé du côté russe par la levée, en 2013, de l’embargo sur les eaux minérales, les vins géorgiens et quelques produits agricoles géorgiens, mais peine à trouver d’autres traductions concrètes à ce jour.

Les autorités géorgiennes dénoncent toutefois, depuis le début l’année 2013, une reprise des travaux de « frontiérisation » (pose de clôtures, barbelés, tranchées…) menés par les gardes-frontière du FSB sur les lignes de jonction administratives avec l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud.


Intégration euro-atlantique

Relations avec l’Union européenne

Les relations entre l’UE et la Géorgie ont débuté en 1992, après que le pays ait retrouvé sa souveraineté à la suite de l’éclatement de l’Union soviétique et se sont intensifiées depuis la « révolution des roses » de 2003. Les relations bilatérales UE-Géorgie sont régies par un accord de partenariat et de coopération (APC) entré en vigueur le 1er juillet 1999. La Géorgie bénéficie depuis 2009 de la Politique européenne de voisinage et du Partenariat oriental.

Sur le terrain, l’Union européenne a déployé sa première mission civile « Etat de droit » dans le cadre de la PSDC, EUJUST THEMIS, en 2004 ainsi que la Mission de surveillance de l’Union européenne (MSUE), à la suite du conflit armé de 2008.

En juillet 2013, les négociations sur l’instauration, dans le cadre d’un accord d’association, d’une zone de libre-échange approfondi et complet ont abouti. Le paraphe de l’accord devrait avoir lieu lors du Sommet du Partenariat oriental à Vilnius le 29 novembre 2013.


Relations avec l’OTAN

La Géorgie est membre du Partenariat pour la paix depuis 1994, bénéficie du programme Formation et équipement depuis 2002 et est candidate au Plan d’action pour l’adhésion. Au sommet de Bucarest de 2008, les Etats parties au Traité de l’Atlantique Nord ont estimé que la Géorgie avait « vocation à rejoindre l’Alliance atlantique ».

La Commission OTAN-Géorgie est le cadre institutionnel dans lequel est conduit le dialogue politique et la coopération pratique. Il est à noter que la Géorgie est aujourd’hui le plus important fournisseur de troupes à la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) en Afghanistan parmi les pays non membres de l’OTAN.


Situation économique

La dynamique de croissance du pays repose depuis 2003 largement sur les investissements étrangers et le secteur des services, au détriment de l’industrie et surtout du secteur agricole, qui constitue pourtant un des avantages comparatifs potentiels de la Géorgie. La Géorgie tire également avantage de sa situation de pays de transit pour les hydrocarbures avec notamment l’oléoduc BTC et le gazoduc BTE.

Après une année 2009 difficile (recul de 3,9% du PIB) due au double choc du conflit de 2008 et de l’embargo russe et de la propagation de la crise financière mondiale, la Géorgie a connu ces dernières années une forte croissance : +6,3% en 2010, +7% en 2011, +6,1% en 2012 (PIB de 15 Mds USD), alimentée par d’importants flux d’aide étrangère à la reconstruction post-conflit (évalués à 4 Mds USD).

Toutefois, l’année 2013 devrait connaître un net ralentissement de l’économie, les prévisions de croissance étant de 2,5%. Le gouvernement de M. Ivanichvili a décidé de mettre en place une politique de développement agricole pour relancer l’économie.

Le classement Doing Business 2013 de la Banque Mondiale classe désormais la Géorgie à la 9ème position mondiale (+3 places). En matière de lutte contre la corruption, la Géorgie se situe en 2013 à la 51ème place sur 180 (68ème sur 180 en 2011) dans le classement établi par Transparency International.

La fiscalité a été allégée – et surtout simplifiée – et la corruption a diminué au sein du service des douanes. Ces progrès indiscutables sont de nature à faciliter le développement du secteur privé. En dépit de ces progrès indiscutables réalisés depuis 2003, la Géorgie reste handicapée par l’étroitesse de sa base industrielle.

Les liens économiques de la Géorgie avec la Russie sont aujourd’hui encore très en-deçà de ce qu’ils étaient avant la guerre de 2008 malgré la présence d’une importante communauté géorgienne à Moscou. La Géorgie importe à hauteur de 7% de Russie contre 17% de Turquie, 8% d’Azerbaïdjan, d’Ukraine et de Chine. Ses exportations vont à 27% vers l’Azerbaïdjan, à 11% vers l’Arménie et à 7% vers la Turquie. L’embargo russe a obligé la Géorgie à améliorer la qualité de sa production qui a dû trouver de nouveaux débouchés. Les exportations géorgiennes vers l’UE se chiffrent à 18% et ses importations à 30%.


Mise à jour : 28.11.13


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