Présentation
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Sommaire
Relations politiques
Notre relation bilatérale institutionnelle est rythmée, depuis 1985, par des rencontres biannuelles franco-espagnoles (« sommet » présidé par le Président de la République du côté français et par le chef du gouvernement du côté espagnol, et réunion à Haut niveau, présidée par le Premier ministre français), qui ont permis de tisser entre nos deux pays une relation dense. Le XXIIe sommet bilatéral, tenu à Paris, le 10 octobre, a permis d’afficher notre volonté commune d’accélérer la mise en œuvre des décisions du Conseil européen de juin dernier, de renforcer notre coopération bilatérale à travers des projets nouveaux (plan commun d’action de lutte anti-drogue signé par les ministres de l’intérieur ; interconnexions transpyrénéennes énergétiques et ferroviaires) et d’afficher nos convergences sur les grands enjeux internationaux du moment (Sahel, Syrie, Iran).
Visites
Le 16 janvier 2012, M. Sarkozy a effectué une visite à Madrid au cours de laquelle il a reçu, des mains du Roi Juan Carlos, le collier de la Toison d’Or, haute distinction honorifique. François Hollande a reçu, à l’Elysée, le 23 mai 2012, le président du gouvernement espagnol pour un déjeuner de travail sur la zone euro, initiant ainsi sa volonté d’ouvrir le tandem franco-allemand aux autres grands Etats. Le Président de la République a aussi été reçu, le 30 août 2012, à Madrid, par M. Rajoy, l’occasion de marquer notre solidarité et notre confiance dans la capacité de l’Espagne à sortir de la crise. Pour sa part, le 20 juillet 2012, le Ministre des Affaires étrangères, M. Fabius, avait aussi rencontré son homologue à Madrid, en marge d’une réunion du groupe de réflexion sur l’avenir de l’Europe. Lors du sommet franco-espagnol du 10 octobre 2012, six ministres ont accompagné le chef du gouvernement espagnol à Paris.
Relations économiques et commerciales
La France est le premier partenaire économique de l’Espagne, avec des échanges commerciaux se montant à plus de 60 milliards d’euros par an. Nous sommes le 2ème fournisseur de l’Espagne (11 % des importations espagnoles) et son premier client (17,6 % des exportations espagnoles). La France est aussi le troisième investisseur en Espagne, avec près de 4000 entreprises dont 10 % ou plus du capital est détenu par des investisseurs français. Ces entreprises génèrent plus de 400.000 emplois. Enfin, dans le secteur financier, les banques françaises sont les premières détentrices de dette publique espagnole (5,4 % du total). Cependant, la France enregistre un solde commercial négatif avec l’Espagne (- 876 M €) au terme des 7 premiers mois de 2012, alors que celui-ci était largement positif (+ 8,8 Mds €) en 2006.
Les positions françaises ont tendance à se dégrader mais semblent amorcer une légère reprise : si la France a longtemps dégagé un excédent commercial important vis-à-vis de l’Espagne, celui-ci a commencé à s’éroder en 2007. Notre solde commercial est ainsi devenu déficitaire en 2012. Notre pays reste cependant le 2e fournisseur de l’Espagne, juste derrière l’Allemagne (11,8%). Pour sa part, l’Espagne est le 3e client de la France, derrière l’Allemagne et l’Italie. Par ailleurs, la France conserve sa position de 1er client de l’Espagne, loin devant l’Allemagne.
Le secteur automobile, au centre des échanges bilatéraux, est une source croissante de déficit commercial pour la France : c’est le premier poste d’importations et d’exportations entre la France et l’Espagne. Depuis 2006, le solde commercial dans ce secteur clé est devenu déficitaire pour la France. Ce déficit a atteint 3 Mds€ fin 2011 et explique en grande partie la croissance du déficit commercial pour la France.
La France est la première destination des touristes espagnols à l’étranger et, réciproquement, fait partie des principaux marchés émetteurs de touristes vers l’Espagne (3e rang après le Royaume-Uni et l’Allemagne). Sur l’année 2011, les visiteurs français ont représenté 15% du total des touristes étrangers accueillis en Espagne. Alors que le flux de touristes allemands augmente timidement (+2,5% en glissement annuel), le France continue de rattraper son retard sur son voisin d’Outre-Rhin : en 2011, l’Espagne a accueilli 8,5 millions de touristes français, contre 9 millions de touristes allemands. La balance des services, dont le secteur du tourisme constitue une composante importante, demeure déficitaire pour la France (-4,6 Md€ en 2010).
On note un volume important d’investissement dans les deux sens : la France reste le 3e investisseur en Espagne (derrière le Royaume Uni et les USA). Parmi les vingt plus grandes entreprises en Espagne figurent trois françaises : Carrefour, PSA et Renault. L’Espagne est le 7e pays investisseur en France en 2010 : les entreprises espagnoles sont implantées sur plus de 1 600 sites en France et emploient environ 75 500 personnes (surtout dans le textile et l’habillement, l’énergie ainsi que les activités commerciales et financières).
Enfin, les banques françaises sont très exposées à l’économie espagnole : second créditeur de l’Espagne avec une exposition totale de 107 milliards d’€, juste derrière les banques allemandes (119 milliards d’€), les banques françaises sont les premières banques étrangères en termes de détentions de dette publique espagnole avec 20 milliards d’€.
Coopération culturelle, scientifique et technique
Malgré la crise qui frappe l’Espagne, la coopération franco-espagnole affiche un dynamisme qui se concrétise quotidiennement par des échanges d’envergure dans les domaines éducatif, linguistique et culturel. Le réseau culturel français en Espagne [5 instituts français (8300 élèves à Madrid, Barcelone, Valence, Bilbao, Saragosse) et 21 alliances françaises (9600 élèves)] permet une présence équilibrée sur tout le territoire, ce qui est important dans un pays fortement décentralisé. Bien qu’elle soit la deuxième langue vivante enseignée, la position du français demeure fragile : l’apprentissage d’une deuxième langue vivante européenne est optionnel.
Coopération éducative et linguistique : le dispositif de 22 établissements d’enseignement français scolarise plus de 20000 élèves. Le nombre d’étudiants espagnols venant étudier en France demeure relativement stable depuis 10 ans. En 2010 on comptait environ 5000 étudiants espagnols en France, dont 3700 inscrits dans des universités et 1300 fréquentant les Grandes écoles. La France se classe au deuxième rang des pays d’accueil des étudiants espagnols.
En 2008, un accord sur la double délivrance de l’examen de fin d’études secondaires (dit accord bachibac) a été signé par les ministères d’éducation des 2 pays. Il précise les modalités de la mise en place d’un cursus permettant aux candidats d’obtenir simultanément le baccalauréat et le bachillerato. L’accord cadre intergouvernemental sur les dispositifs linguistiques, éducatifs et culturels dans les établissements scolaires, signé le 16 mai 2005 à Madrid, a consolidé les sections bilingues en langue française. Il existe cependant un déséquilibre en notre défaveur s’agissant de l’enseignement de la langue de l’autre pays dans chacun des deux systèmes éducatifs, le ministère espagnol de l’éducation soutenant activement l’apprentissage de la langue anglaise (bourses).
Coopération scientifique et technique : des accords de coopération lient les grands organismes de recherche et développement français comme le CNRS, l’INSERM, l’INRA et IFREMER à leurs homologues espagnols. Les collaborations dans le cadre des outils du CNRS concernent 5 programmes internationaux de coopération scientifique, 2 laboratoires européens associés (LEA) et 10 participations conjointes à des groupements de recherche européens ou internationaux (GDRE-GDRI). En matière de partenariat Hubert Curien (PHC), une trentaine de projets de recherche conjoints sont en cours, avec pour objectif de soutenir l’insertion des équipes franco-espagnoles dans l’espace européen de la recherche (EER).
Autres types de coopération
La coopération policière, et notamment la lutte contre le terrorisme, continue de donner de très bons résultats. L’état de faiblesse de l’ETA est le résultat des arrestations opérées tant en Espagne qu’en France. En 2011, 48 personnes liées à l’ETA ont été interpellées (dont 27 en France). Le 20 octobre 2011, l’ ETA a annoncé, dans un communiqué, l’arrêt définitif de son activité armée après 43 ans de violence. Pour autant, cette déclaration n’annonce, ni la dissolution du groupe, ni la remise des armes. Le rapprochement géographique des prisonniers basques (559 prisonniers en Espagne, 140 en France) reste une des revendications prioritaires de la mouvance indépendantiste. Le combat contre le danger islamiste constitue un autre axe de notre coopération. L’Espagne affronte le même type de menace que la France (AQMI). Elle s’efforce de contrer la montée de la radicalisation au sein de la communauté musulmane espagnole.
En matière de coopération transfrontalière, les interconnexions sont pour l’Espagne un enjeu politique et économique majeur :
Infrastructures ferroviaires : côté Méditerranée, la liaison à grande vitesse Perpignan-Figueras, d’une longueur de 44 km, maillon clé de la liaison Madrid-Barcelone-Paris, a été inaugurée en janvier 2011. Perpignan et Figueras sont ainsi reliées en direct via un tunnel transfrontalier de 8 km au niveau du Perthus, ce qui permis d’augmenter le trafic de 70 %. Début 2013, les travaux de prolongement côté espagnol devraient être achevés, et Perpignan sera alors relié directement à Barcelone en 50 mn, ce qui mettra Barcelone à 4h20 de Lyon. SNCF et RENFE doivent opérer ensuite en commun es trains à grande vitesse entre nos 2 pays sur cet axe.
Côté Atlantique : le projet de LGV « Dax-Vitoria » est dans une phase avancée de chantier côté espagnol. Le tracé Bordeaux-frontière a été défini fin mars 2012, avec un objectif de lancement de l’enquête publique en 2013. L’objectif est de mettre en service la section ferroviaire internationale entre nos deux pays à l’horizon 2024
Autoroutes de la mer : l’autoroute de la mer Nantes-Gijon (Asturies), opérée par l’armateur français Louis Dreyfus, a été inaugurée en septembre 2010. Elle connait une fréquentation supérieure aux attentes. Une seconde autoroute de la mer au départ de Vigo (Galice) est prévue pour desservir Algesiras, Saint-Nazaire et Le Havre. Sa mise en service est envisageable en 2013.
Interconnexions électriques : ligne à très haute tension (THT) : il s’agit de la construction sur la façade méditerranéenne d’une ligne enterrée en courant continu (40 km en France et 25 km en Espagne) qui permettra de doubler la capacité d’échange d’électricité entre les deux pays. Les travaux de percement du tunnel de la ligne ont commencé en janvier 2012 et se poursuivront jusqu’à fin 2013. Une mise sous tension de l’ensemble est prévue fin 2013, pour une mise en service commerciale fin 2014.
Interconnexions gazières : l’Espagne, en surcapacité gazière structurelle, a besoin de réexporter vers le Nord le gaz qu’elle importe par le Sud et par ses 6 terminaux GNL (sur les 16 que l’on compte en Europe). C’est pourquoi, côté Atlantique, les gazoducs de Larrau et de Biriatou seront renforcés respectivement en 2013 et 2015 pour atteindre une capacité de 7,5 Mds m3, soit 15% de la consommation française et 18% de la consommation espagnole. Les sociétés de transport de Total et de GDF vont y investir près de 500 ME.
Mise à jour : 19.12.12
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