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Entretien de l’ambassadeur de France en Espagne avec le quotidien espagnol « El Mundo » (Madrid, 21 juin 2012)

Q - Comment voyez-vous la situation de l’Espagne dans la zone euro ?

R - Nous croyons que l’Espagne sortira de la crise à moyen terme. Le chemin que l’Espagne a déjà parcouru est impressionnant, qu’il s’agisse de la réforme des retraites, des relations avec les communautés autonomes, de la réforme du travail, de l’assainissement du secteur bancaire ou de la rationalisation du secteur public. On peut déjà voir quelques résultats positifs dans la compétitivité internationale des produits espagnols. Pour la première fois, la balance commerciale de l’Espagne est en excédent par rapport aux autres pays européens et est pratiquement à égalité avec la France. Cette amélioration peut avoir une influence pour attirer des flux d’investisseurs en Espagne.

Q - Les marchés placent l’Espagne dans la zone de sauvetage…

R - L’Espagne n’a rien à voir avec d’autres pays ayant des problèmes en Europe. Il est vrai qu’il y a un problème conjoncturel, avec le déficit financier, mais il va être résolu. La France soutient à 100 % une solution au problème espagnol.

Q - On parle déjà d’un deuxième sauvetage, pas seulement bancaire, de l’Espagne.

R - Si l’Espagne échoue, c’est l’euro qui échoue. L’Espagne est la ligne rouge. Mais nous sommes pleinement confiants. L’Espagne ne va pas avoir besoin d’un second sauvetage au-delà de l’aide pour sa banque.

Q - Comment la France a-t-elle participé au sauvetage bancaire ?

R - De la meilleure manière possible. M. Rajoy a été le premier chef de gouvernement reçu à l’Élysée par François Hollande. Le président de la République lui a fait part de son accord pour qu’il y ait un mécanisme de capitalisation direct à la banque, si c’était possible. Cela n’a pas été possible finalement et on a monté alors un système de soutien européen en passant par l’État espagnol et le FROB (fonds public d’aide au secteur bancaire) pour un montant allant jusqu’à 100 milliards. Nous ne connaissons pas encore l’importance du déficit et on n’a pas encore défini quelles seraient les modalités d’intervention, soit avec le fonds actuel (FESF) soit avec le mécanisme (MES), mais il y aura une solution.

Q - La France a-t-elle une préférence pour l’une ou l’autre des solutions ?

R - D’un point de vue technique, le mécanisme permanent est préférable mais ce n’est pas pour nous un point essentiel comme ça l’est pour l’Allemagne. L’important, c’est le soutien européen à l’Espagne.

Q - À quelles conditions ?

R - À la condition qu’il se limite strictement au secteur bancaire. L’Espagne ne fait pas l’objet d’un plan de sauvetage de son économie comme c’est le cas pour d’autres pays. Ce serait une erreur de faire passer aux marchés le message selon lequel l’Espagne se trouve en soins intensifs comme d’autres pays.

Q - Faudra-t-il liquider des banques en Espagne ?

R - Nous n’avons pas de position a priori. L’intervention dans le secteur financier devra faire l’objet d’un consensus entre l’Espagne, la Commission européenne et la Banque centrale européenne.


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