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Présentation de la Colombie

Présentation

Données générales

Nom officiel : République de Colombie
Nature du régime : régime présidentiel (constitution de 1991)
Chef de l’Etat : Juan Manuel Santos (juin 2010)

Données géographiques

Superficie : 1 038 700 km² (deux fois la surface de la France métropolitaine)
Capitale : Bogotá (près de 8 M d’hab.), à 2 560 mètres d’altitude
Villes principales : Medellin (3, 4 M), Cali (2, 3 M), Barranquilla (1, 2 M), Carthagène (980.000)
Langue officielle : espagnol
Autres langues : environ 85 langues autochtones (guahibo, guambiano, arhuaco, inga, tucano, etc.)
Monnaie : peso colombien (1€ = 2589 pesos au 05/11/2013)
Fête nationale : 20 Juillet, jour de l’Indépendance

Données démographiques
Banque mondiale 2012

Population : 47 millions, urbaine à 77%
Densité : 41 hab/km²
Croissance démographique : 1%
Espérance de vie : 74 ans
Taux d’alphabétisation : 94%
Religion : catholique à 95%
Indice de développement humain : 0,719 (91éme rang mondial sur 186 pays)
Coefficient de Gini : 0,559 (2010)

Données économiques

PIB (2014) : 400 Mds USD
PIB par habitant (2014) : 8300 USD
Taux de croissance (2014) : 5 %
Taux de chômage (2014) : 9,4 %
Taux d’inflation (glissement annuel 2014) : 2 %
Dette publique brute (2014) : 35% (dont 28% de dette externe)
Déficit public : -2,4% (% PIB)
Réserves internationales (oct. 2014) : 46,8 Md USD (10 Mds USD en 2002)

Total des exportations (2013) : 58,82 Mds USD, dont 70% de matières premières énergétiques (-2,2% par rapport à 2012)
Total des importations (2013) : 59,39 Mds USD (+0,48%)
IDE (2013) : 16,8 Mds USD (concentrés dans les secteurs des mines et des hydrocarbures).

Principaux clients (2014) : Etats-Unis (31,4%), Chine (8,7%), Inde (5,3%), Espagne (4,8%), Venezuela (4%), Chile (2,7%), Brésil (2,7%), Allemagne (1,4%).
Principaux fournisseurs (2014) : Etats-Unis (27,5%), Chine (17,4%), Mexique (9,3%), Brésil (4,4%), Allemagne (3,7%), Argentine (3,1%), Japon (2,5%) et France (2,4%).

Exportations de la France vers la Colombie (2013) : 1,054 Md €, +25%/2012 (8ème fournisseur)
Importations françaises depuis la Colombie (2013) : 528 Md €, -10%/2012 (29ème client)

Cf. site du ministère français de l’économie et des finances : http://www.tresor.economie.gouv.fr/…

Communauté française en Colombie : 4 799 inscrits au registre des Français.
Réseau des 16 Alliances françaises : 30 000 élèves en 2014 (dont 13.000 à Bogota)
3 Lycées français à Bogota, Cali et Pereira + ouverture d’un nouveau lycée à Medellin (sept. 2015) : 3.500 enfants élèves (80% de colombiens)
Communauté colombienne en France : 14.000 inscrits au Consulat de Colombie à Paris.

Politique intérieure

Institutions

Constitution
La Colombie, l’une des plus anciennes démocraties formelles du continent, connaît un régime relativement stable, malgré les nombreux épisodes de violence, depuis son indépendance, en 1819. Il s’agit d’un régime présidentiel (Constitution de 1991), fondé sur une stricte séparation des pouvoirs, largement inspiré du modèle nord-américain, même si persistent des éléments de régime parlementaire.

Pouvoir exécutif
Le président de la République et le vice-président sont élus au suffrage universel pour un mandat de quatre ans, renouvelable une fois depuis la réforme constitutionnelle de 2006. Le président de la République cumule les fonctions de chef de l’État, de chef du gouvernement et d’autorité administrative suprême.

Pouvoir législatif
Il est exercé par un Congrès bicaméral comprenant un Sénat de 102 membres et une Chambre des représentants de 166 membres élus pour quatre ans (2010-2014).

Pouvoir judiciaire
Il s’inspire du modèle français avec des spécificités, notamment, l’existence d’un Ministère public autonome, le « Fiscal » général, nommé par la Cour suprême à partir de trois candidats proposés par le président de la République. Le pouvoir judiciaire est exercé par la Cour suprême de justice, la Cour constitutionnelle et le Conseil d’État. Les juges jouissent d’une grande indépendance en dépit d’une réputation de lenteur voire de corruption. L’impunité est élevée. Un procureur général a une grande latitude pour juger disciplinairement les fonctionnaires et les élus et les démettre de leurs fonctions.

Principaux partis politiques

- Le Parti Conservateur, l’un des pôles du bipartisme traditionnel colombien, s’est rangé dès 2002 aux côtés d’Alvaro Uribe (bien qu’issu du Parti Libéral) et a soutenu sa réélection en 2006. Il a perdu de son poids électoral mais conserve une place centrale sur l’échiquier politique.

- Le Parti Libéral, le deuxième pôle du bipartisme traditionnel, s’est opposé au Président Uribe mais son candidat à l’élection présidentielle de 2010 a fait un piètre score. Il a soutenu le Président Santos au sein de la coalition de l’Unité nationale en 2014.

- Le Parti de la U (Parti social d’Unité nationale), créé en 2005. Favorable à Juan Manuel Santos.

- Le Centro Democrático, créé en 2011 par l’ancien président Uribe. Son candidat à l’élection présidentielle de juin 2014, Oscar Ivan Zuluaga, s’est opposé à Juan Manuel Santos et au processus de paix avec les FARC.

- Le Parti Cambio radical, créé en 2001 aux côtés des deux partis traditionnels. Ce parti a soutenu le Président Uribe, mais s’est opposé à sa réélection en 2006. Son candidat Germán Vargas Lleras a obtenu un bon résultat lors de l’élection présidentielle de 2010 (3ème position au premier tour). Soutien du président Santos lors de l’élection présidentielle de 2014, M. Vargas Lleras est devenu son vice-président à l’issue du scrutin, le 15 juin 2014.

- Le Pôle démocratique alternatif, parti de gauche, regroupe diverses tendances qui sont autant d’obstacles à son émergence en tant que force d’alternance. Clara Lopez a pourtant obtenu 15% des voix au premier tour de l’élection présidentielle du 25 mai 2014.

- Le Parti Vert, regroupant diverses personnalités indépendantes, a émergé lors de l’élection présidentielle de 2010 et son candidat, Antanas Mockus, a créé la surprise en passant le premier tour (mais il n’a obtenu que 27,47% des voix au second tour contre le futur président, M. Santos, élu avec 69,13% des votes). Lors des élections législatives de mars 2014, le Parti Vert s’est transformé en « Alianza Verde », dirigée par Enrique Peñalosa (8,28% au premier tour de l’élection présidentielle le 25 mai 2014).

- La « Marcha Patriotica » est un large mouvement social qui tend à se constituer en une structure d’accueil pour la guérilla à l’issue des négociations de paix.

Évolution politique

Les résultats des élections parlementaires du 9 mars 2014 ont entériné la domination des partis de droite (Parti Libéral et Parti Conservateur) et de leurs variantes (Partido de la U du président Santos, Centro Democrático de l’ex-président Uribe, Cambio Radical), avec une majorité en faveur de M. Santos. Malgré la dynamique parlementaire, le candidat Santos s’est retrouvé en deuxième position le 25 mai 2014 à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle à laquelle se présentaient trois candidats de la droite traditionnelle : Martha Ramirez (Parti conservateur, 15,5%), Oscar Ivan Zuluaga (Centro Democrático, 29,25%) et Juan Manuel Santos (Parti de la U, 25,69%). Lors du deuxième tour, le 15 juin, M. Santos, qui avait axé l’essentiel de sa campagne sur la perspective d’un accord de paix avec les FARC, a inversé la tendance et remporté le scrutin avec 51% des suffrages contre 45% à son adversaire, M. Zuluaga. Le report des voix de la gauche, sensible à l’engagement de M. Santos pour la paix, a été déterminant, en particulier sous l’impulsion de Clara Lopez, dirigeante du Pôle Démocratique Alternatif (15% des voix au premier tour). Un taux élevé d’abstention a caractérisé cette élection présidentielle (52% au 2ème tour, 60% au 1er tour).

Lors de son discours d’investiture, le 7 août 2014, le président réélu a fixé trois grandes orientations à son nouveau gouvernement : la paix, l’équité et l’éducation.

En ce qui concerne les négociations de paix engagées avec les FARC le 19 novembre 2012 à La Havane, trois des cinq volets de l’ordre du jour ont été provisoirement conclus : développement rural (mai 2013) ; garanties pour l’exercice politique de l’opposition (novembre 2013) ; lutte contre le trafic de drogue (mai 2014). Deux points restent à trancher : la justice aux victimes et la fin du conflit armé. Chacun des accords partiels ne sera cependant considéré comme définitif que lorsqu’un accord global validant l’ensemble sera conclu, selon le principe posé par le président Santos : « Rien n’est réglé tant que tout n’est pas réglé ».

Parallèlement, le nouveau gouvernement Santos est confronté sur le terrain à une situation des droits de l’homme difficile : plus de cinq millions de personnes déplacées et 200 000 victimes, violences contre les femmes, enrôlement d’enfants-soldats, tortures, mines antipersonnel, nombreux cas d’impunités Dans ce contexte, l’État colombien a multiplié les gestes d’ouverture vers la communauté internationale ces dernières années : acceptation de l’examen périodique universel de la Commission des droits de l’homme de l’ONU (en 2008, puis en 2013), instauration d’un dialogue formel sur les droits de l’homme entre l’Union européenne et la Colombie (sous présidence française de l’UE, en 2008), levée de la réserve au statut de la Cour pénale internationale s’agissant des crimes de guerre (1er novembre 2009), renouvellement du mandat du Haut-commissariat aux droits de l’homme en Colombie (2011-2014, puis 2014-2018), accord-cadre avec l’Union européenne en vue de la participation de la Colombie aux opération de gestion de crises menées par l’UE (août 2014).

Situation économique

Portée par la taille de son marché et sa démographie (47 millions d’habitants), l’ampleur de ses ressources naturelles (émeraudes, café, pétrole, charbon notamment) et une réputation de débiteur exemplaire (seul pays du continent à n’avoir jamais demandé de renégociation de dettes), la Colombie, en dépit d’une situation intérieure compliquée, connaît une solide croissance (moyenne de 3% durant les trente dernières années). Le PIB a ainsi augmenté de 6,6% en 2011, de 4% en 2012, de 4,3% en 2013 et 5% en 2014 (estimation de la Banque centrale colombienne). Les projets de développement des secteurs des hydrocarbures (soutenus par des découvertes récentes qui ont permis une production moyenne de 1,02M barils/j en mars 2013) et des mines continuent à focaliser l’intérêt des investisseurs. Le commerce extérieur représente environ 20% du PIB. Les exportations de matières premières énergétiques (pétrole, houille, produits dérivés) représentent une part croissante du total des ventes à l’étranger (70% en 2012), ce qui entraîne une forte dépendance aux cours des matières premières énergétiques. La Colombie exporte également or, fer, nickel, cuivre et émeraudes.

Le Président Santos a opté pour la poursuite de la politique économique de son prédécesseur tout en accélérant les réformes structurelles nécessaires à l’adhésion du pays à l’OCDE et à son attractivité vis-à-vis des investissements étrangers. Le gouvernement veut restaurer la « soutenabilité » des finances publiques (déficit budgétaire structurel), notamment par la réforme de la fiscalité des entreprises minières et des hydrocarbures (dont les taxes étaient jusqu’à présent reversée exclusivement aux collectivités locales). La collecte fiscale plafonne en effet à 14,2% du PIB en 2013 malgré une hausse de ses recettes (+ 13% sur la même période) et la rigidité des dépenses budgétaires, imputables au poids des transferts vers les régions et les universités, au budget de défense ainsi qu’au paiement des retraites, des salaires et du service de la dette, pèse sur les comptes publics. En outre, la Colombie enregistre un solde courant lui aussi structurellement déficitaire largement dû aux rapatriements de bénéfices des entreprises internationales, contrepartie de leurs importants volumes d’investissements directs.

L’adoption de 3 lois (principe de soutenabilité budgétaire inscrit dans la Constitution, réforme du système des redevances pour les industries extractives, objectif de plafonnement du déficit structurel du gouvernement central à 1% du PIB et de la dette à 25% du PIB), a permis à la Colombie de retrouver son grade d’investissement au printemps 2011. L’adoption de la réforme fiscale fin 2012 permet à la fois une simplification du régime existant mais également une réduction significative du coût du travail pour les salaires inférieurs à 2.500 euros environ, grâce à une exonération de charges (9% du salaire). Plusieurs réformes de structure sont mises en œuvre pour améliorer la compétitivité du pays et redresser le secteur industriel. Il s‘agit, dans le secteur des infrastructures physiques, du « Plan d’infrastructures pour la prospérité » (56 Md USD d’investissements sur les 10 prochaines années) et du Plan d’appui à la Productivité et à l’Emploi (PIPE) avec la mise en place à partir du mois d’avril 2013 d’une série de mesures destinées à produire un choc de compétitivité pour un montant de 2,5 Md USD. Les lois sur la restitution des terres aux paysans spoliés par les groupes armés ainsi que sur la réparation des victimes ont vocation à favoriser la réinsertion sociale et à améliorer la productivité du secteur agricole

En dépit de la croissance du PIB, les niveaux de pauvreté et d’indigence du pays restent élevés (respectivement 32,7% et 10,4%). Le taux de chômage avoisine officiellement les 10% mais le recensement de la population active, compte tenu du niveau élevé de l’emploi informel (autour de 55%), est très aléatoire. Les inégalités restent préoccupantes (coefficient de Gini de 0,56 en 2012, soit l’un des plus élevés en Amérique latine) : 1% de la population détiendrait 20% du revenu national. La Colombie affiche par ailleurs un indice de développement humain assez faible (0,719 ; en recul au 91ème rang sur 186 en 2012) et de mauvais résultats en matière d’éducation secondaire (mathématiques, sciences, lecture), selon l’enquête internationale PISA-OCDE de 2012 (392 points contre 500 pour la moyenne des pays de l’OCDE).

http://www.tresor.economie.gouv.fr/…

Politique extérieure

Depuis son arrivée au pouvoir, le Président Santos a élargi les orientations diplomatiques de la Colombie, après des années durant lesquelles les préoccupations sécuritaires cantonnaient le pays à une relation quasi-exclusive avec les Etats-Unis.

Au plan régional, M. Santos a rétabli les relations diplomatiques avec le Venezuela et l’Equateur, rompues du temps de son prédécesseur du fait de la présence, sur le territoire de ces pays, de bases arrières des FARC. Il a par ailleurs repris le dialogue politique au sein de l’UNASUR et de l’OEA, y compris sur des sujets liés au conflit colombien. Le pays, candidat à l’APEC, développe ses relations avec l’Asie-Pacifique. Cofondatrice avec le Pérou, le Chili et le Mexique en avril 2011 de l’Alliance pour le Pacifique (intégration souple sur une base économique libérale), la Colombie est très bien positionnée entre les trois Amériques (nord-sud et centre) et la façade asiatique.

Siégeant comme membre non-permanent au Conseil de sécurité des Nations unies pendant le biennium 2011-2012, la Colombie a confirmé son engagement pro-occidental (positions sur la Libye, les printemps arabes, l’Iran…) ainsi que sa capacité à assumer des responsabilités dans la lutte contre les menaces transversales (narcotrafic, blanchiment d’argent, terrorisme…), le pays restant l’un des premiers producteurs de cocaïne au monde.

Dans le domaine de la sécurité, la Colombie, soutenue par les Etats-Unis, souhaite coopérer avec l’OTAN : un accord a déjà été signé entre les deux parties en juin 2013 permettant l’échange d’informations classifiées. Cependant, les pays d’Amérique latine (Brésil et Mexique en tête) n’accueillent pas favorablement la perspective d’une extension éventuelle de la compétence géographique de l’OTAN.

Sur les enjeux internationaux, la Colombie cherche à peser dans les négociations sur le climat au sein du Dialogue de Carthagène et, depuis 2013, au sein du groupe AILAC (Alliance indépendante d’’Amérique latine et des Caraïbes), formé avec le Chili, le Costa Rica, le Guatemala, le Panama et le Pérou.

Bogota se rapproche aussi de l’Europe, comme en témoigne l’accord de libre-échange UE/Colombie entré en vigueur le 1er août 2013. L’UE est déjà très présente en Colombie avec une politique de coopération (crédits de 160M€ pour 2007/2013) ciblée sur l’appui au processus de paix, l’état de droit, la justice et les droits de l’homme, la compétitivité et le commerce. Enfin, à la suite de la demande colombienne, un accord-cadre de participation aux opérations de gestion de crises menées par l’UE a été conclu en juin 2014.

Les Etats-Unis, qui ont conclu un ALE avec la Colombie fin 2011, restent le premier fournisseur de la Colombie (27,6% de participation au total exporté avec des exportations en hausse de +14% sur la période), suivis par la Chine (17,2%) et le Mexique (9,4%).

Depuis fin 2013, le pays est entré dans une phase active d’adhésion à l’OCDE (visite du Secrétaire général José Angel Gurría à Bogota en octobre 2013).

Mise à jour : 10.02.15

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