Accès rapide :

Présentation

Données générales

Nom officiel : République de Chypre
Nature du régime : Système présidentiel unicaméral
Chef de l’Etat et/ou du Gouvernement : M. Nicos Anastasiades
Ministre des affaires étrangères : M.Ioannis Kasoulides


Données géographiques

Superficie : 9 251 km2
Capitale : Nicosie (307 100 hab)
Villes principales : Limassol (223 600 hab), Larnaca (150 000 hab), Paphos (74 000 hab)
Langue (s) officielle (s) : grec et turc
Monnaie : euro depuis le 1er janvier 2008
Fête nationale : 1er octobre


Données démographiques

Population : 885 600 habitants. La population de la partie « nord » de Chypre (hors du contrôle des autorités légales) est estimée à 260 000 personnes.
Croissance démographique : 1%
Espérance de vie : hommes 77 ans, femmes : 81,7 ans
Taux d’alphabétisation : 96,8%
Religion (s) : la population chypriote grecque est à 95 % de confession orthodoxe, les 5 pour cent restant étant pour l’essentiel chrétiens maronites, catholiques ou arméniens. Les Chypriotes turcs sont majoritairement de religion musulmane.
Indice de développement humain : 0.848 (31ème rang mondial ; en 2005, l’île occupait le 26ème rang mondial).


Données économiques

PIB (2013) : 25,67 milliards USD
Taux de croissance (2012) : 2,3%
Taux de chômage (au sens du BIT) (2013) : 17%

Solde budgétaire (2012) :-4,2%
Balance commerciale (2012) : -5,9 mds euros

Principaux fournisseurs : 1/ Grèce - 2/ Israël 3/ Royaume-Uni - la France est en 6ème position
Principaux clients : 1/ Grèce 2/ Royaume-Uni 3/ Allemagne

Exportations de la France (2012) : 428 millions d’euros
Importations françaises (2012) : 31 millions d’euros

http://www.tresor.economie.gouv.fr/…


Politique intérieure

Une île divisée

Chypre a accédé à l’indépendance en 1960, la Grande-Bretagne, la Grèce et la Turquie étant désignées « puissances protectrices » de ce nouvel état bi-communautaire. En 1974, en réponse à un coup d’Etat organisé par la Grèce en vue d’un rattachement de l’île, et à la suite d’une période de fortes tensions entre les deux communautés, la Turquie est intervenue militairement.

Les transferts de population consécutifs à cette intervention ont abouti à une séparation géographique des deux communautés : la communauté chypriote grecque, regroupée au Sud de l’île, au sein de la République de Chypre, d’une part, la communauté chypriote turque au Nord, constituant la « République turque de Chypre Nord » autoproclamée en 1983 et qui n’est reconnue que par la Turquie.

Le Nord (37% du territoire et environ 260 000 habitants) échappe à l’autorité du gouvernement légal de la République de Chypre, environ 120 000 colons anatoliens, 40 000 soldats turcs, et 100 000 Chypriote-turcs, y sont présents. Les immigrants turcs d’Anatolie sont plus nombreux aujourd’hui que les Chypriotes turcs « de souche », dont beaucoup sont partis à l’étranger.


Le paysage politique chypriote grec

Nicos ANASTASIADES, président du DISY (opposition de droite libérale), a remporté les élections présidentielles des 17-24 février 2013 avec 57,48 % des voix. Son opposant Stavros Malas, soutenu par le parti communiste, a obtenu 42,52% des voix, malgré le bilan controversé du précédent président communiste Demetris Christofias (2008-2013).

Le président Anastasiades est une figure établie du paysage politique chypriote. A l’origine avocat d’affaires spécialisé en droit maritime, il est engagé dans la carrière politique depuis plus de trente ans, et siège au parlement depuis deux décennies.

Il a hérité d’une situation délicate après les difficultés apparues sous la présidence de son prédécesseur Demetris Christofias : explosion à l’été 2011 de munitions iraniennes placées sous séquestre à Chypre, et surtout extension à Chypre de la crise grecque, en raison de le forte exposition des banques chypriote à la dette grecque (40% de leurs engagements extérieurs) et déficit des comptes publics, qui a contraint Chypre à solliciter en juin 2012 l’aide de l’UE et accepter en contrepartie un renforcement en 2013 de la politique de rigueur engagée depuis deux ans, sur fond de récession dans l’île (adoption de budgets d’austérité en 2012 puis à nouveau en 2013 et en 2014).


Situation économique

La négociation du plan de sauvetage de Chypre avec l’UE et le FMI souligne la situation délicate du pays sur le plan économique et financier. L’Eurogroupe du 25 mars 2013 a agréé un plan d’aide qui prévoit :

  • une aide allant jusqu’à 10 milliards d’euros, fournie par le Mécanisme européen de stabilité (MES) et le Fonds monétaire international (1 milliards d’euros), avec une première tranche de 2 milliards d’euros versée en mai 2013. Le montant de cette aide a été calculé pour permettre à la dette de Chypre de rester soutenable, soit autour de 100% du PIB d’ici 2020.
  • le restructuration du secteur bancaire : la deuxième banque du pays, la Laiki Bank (Popular Bank en anglais), sera mise en faillite de manière ordonnée, ce qui aura pour effet de réduire considérablement la taille du secteur bancaire. La première banque du pays, la Bank of Cyprus, reprendra à terme les dépôts garantis de Laiki Bank.
  • les autorités chypriotes doivent signer avec la troïka un protocole d’accord prévoyant des réformes structurelles, un gel des salaires des fonctionnaires et des retraites, des privatisations et une hausse de l’impôt sur les sociétés qui passera de 10 à 12,5%.

La réunion de l’eurogroupe du 13 septembre 2013 a adopté le versement d’une nouvelle tranche de 1,5 milliard d’euros pour Chypre. Un nouveau versement de 100M€ a été approuvé en décembre 2013.

La troïka des bailleurs de fonds a mené le 29 janvier dernier son troisième audit de l’économie chypriote, visant à vérifier que Nicosie respecte les engagements pris en mars dernier en contre-partie du plan de sauvetage de 10 milliards d’euros.

La Russie et Chypre ont par ailleurs signé le 12 septembre l’assouplissement du crédit de 2,5 milliards d’euros accordé en 2011 par Moscou à l’île européenne. Fin août, le gouvernement russe avait donné son feu vert aux nouvelles conditions du prêt, dont le taux d’intérêt va être ramené de 4,5% à 2,5%.

Le remboursement va en outre être étalé en huit versements qui devront être effectués tous les six mois à partir de 2016, au lieu d’un seul cette année-là.

Ce plan de sauvetage a provoqué une fermeture temporaire des banques et entraînera une ponction sur les avoirs bancaires.

Les effets sur l’économie sont sévères. Selon une étude publiée par l’Université de Chypre, la PIB s’est contracté de 5,5% en 2013 — soit moins que la prévision de -7,7% de la troïka — et devrait reculer de 5,4% en 2014. Le taux de chômage a augmenté, pour atteidnre aujourd’hui 17%.

En contrepoint à ce climat économique morose, le potentiel gazier de la ZEE de Chypre pourrait, à plus long terme, bénéficier à l’économie du pays, et fait l’objet depuis septembre 2011 d’une campagne d’exploration menée par la société américaine Noble Energy. Les premières estimations indiquent l’existence possible d’un réservoir de gaz naturel équivalent entre 150 et 200 années de consommation de Chypre et à la moitié des importations annuelles de l’UE.


Politique extérieure

La diplomatie de Chypre vise essentiellement à répondre à trois objectifs : veiller au maintien par la communauté internationale des positions qu’elle a adoptées sur la question chypriote depuis 1974, éviter une reconnaissance diplomatique de la « RTCN », et mobiliser la communauté hellénique et chypriote grecque à l’étranger, notamment aux Etats-Unis.

Les autorités de Nicosie souhaiteraient pouvoir engager des discussions directes avec la Turquie, ce que celle-ci refuse car elle ne reconnaît pas le gouvernement de Nicosie, en dépit des demandes de l’Union européenne (demande de mise en œuvre du protocole d’Ankara). La Turquie privilégie les négociations intercommunautaires, dans le cadre de la mission de bons offices confiées au Secrétaire Général des Nations unies.

Ankara a mis un veto à l’entrée de Chypre dans plusieurs instances internationales (OCDE, Wassenaar, MTCR en particulier) et interdit l’accès aux ports et aéroports turcs des bateaux et aéronefs chypriotes ou ayant transité par Chypre. Cette situation est contraire au Protocole d’Ankara, signé par la Turquie le 29 juillet 2005 et qui visait à étendre l’Union douanière aux dix nouveaux Etats membres, dont Chypre.

Alors que les Turcs avaient souligné, dans une déclaration, que cette signature ne valait pas reconnaissance de la République de Chypre, les Etats membres ont adopté en septembre 2005 une contre-déclaration rappelant que la reconnaissance de tous les Etats membres était une condition nécessaire du processus d’adhésion à l’UE et que l’ouverture des chapitres de négociations serait liée à la pleine application du Protocole.

Par ailleurs, la signature par Nicosie avec les Etats voisins d’accords portant délimitation de la Z.E.E. chypriote en vue de l’exploitation d’éventuelles richesses pétrolières et gazières, puis le lancement en septembre 2011 de l’exploration du gaz, provoquent des tensions entre les autorités chypriotes et turques. Après avoir, dans un premier temps, menacé d’empêcher par la force les activités chypriotes, Ankara a signé un accord de délimitation d’une ZEE avec la « république turque de Chypre nord », avec l’objectif de permettre aux chypriote-turcs de lancer à leur tour des projets d’exploration.


« Question chypriote »

Les négociations interchypriotes visant la réunification de l’île prennent la forme de discussions directes entre les dirigeants des deux communautés, chypriote-grecque et chypriote-turque. Leur objectif est la création d’une fédération bizonale et bicommunautaire, avec égalité politique, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies.

L’ONU, qui maintient depuis 1964 une force d’interposition à Chypre (FNUCHYP), a cherché, dans le cadre de missions de bons offices, à favoriser des négociations directes et indirectes entre les deux communautés dans la perspective d’un règlement global, juste et durable. Elle a encouragé les parties à adopter des mesures de conciliation : en 2003, le Nord a ouvert cinq points sur la ligne de démarcation, tandis que les Chypriotes grecs ont facilité l’accès des Chypriotes turcs de souche aux structures administratives (délivrance de passeports chypriotes, soins médicaux gratuits, facilité d’installation d’entreprises).

La même année, le SG des Nations Unies, Kofi Annan a obtenu l’accord des dirigeants sur les modalités et un calendrier de négociations accordant un rôle important aux Nations Unies. Le projet de règlement, dit « Plan Annan », soumis le 24 avril 2004 à un double référendum, n’a pas reçu l’aval des Chypriotes grecs (vote positif au Nord à 65% et rejet massif au Sud à 76%). Ce résultat écartait une réunification immédiate de l’île et entérinait l’entrée de Chypre dans l’UE, le 1er mai 2004, en tant qu’île divisée.

L’élection à la présidence de M. Dimitris Christofias en 2008, a enclenché, à partir de septembre 2008, un nouveau processus de négociations globales et directes avec son interlocuteur du nord Mehmet Ali Talat, quatre ans après le rejet par la communauté chypriote-grecque du plan Annan. Mais l’arrivée à la tête de la communauté chypriote-turque du dirigeant nationaliste Dervis Eroğlu, le 18 avril 2010, a modifié la situation. Après plus de 100 rencontres entre les deux dirigeants communautaires, ce processus n’est pas parvenu à déboucher sur des résultats tangibles.

Un nouveau cycle de négociations s’est tenu les 22-24 janvier 2012 à Greentree (New York) sous les auspices du SGNU, mais n’a permis aucun progrès sur les chapitres les plus difficiles (gouvernance, propriétés, territoire, colons turcs).

Après son élection en février 2013, le Président chypriote, Nicos Anastasiades (qui avait voté, en 2004, en faveur du Plan Annan), a présenté un « paquet de mesures de confiance » en vue de créer un climat propice à la reprise des négociations avec la partie Nord de l’île. Celles-ci sont au point mort depuis mai 2012 du fait du boycott, aussi bien par la Turquie que par les chypriotes turcs, de la présidence chypriote de l’Union européenne (deuxième semestre 2012).

Le 25 novembre, les dirigeants des deux communautés se sont rencontrés pendant plus de deux heures et demi. Alors qu’elle était censée permettre aux deux dirigeants d’avancer sur la rédaction d’un communiqué conjoint, préalable à la reprise officielle des négociations, cette réunion n’a eu aucun résultat tangible.

Le 11 février 2014, les dirigeants des deux communautés ont adopté une déclaration conjointe marquant la reprise des négociations.

Le Royaume-Uni et la Grèce sont, avec la Turquie, les trois « puissances garantes » du pays dans le cadre du traité de 1960.


Royaume-Uni

Chypre entretient avec le Royaume-Uni des liens étroits fondés sur l’histoire. Dès le XIXème siècle, l’ancienne puissance coloniale commence à façonner l’administration chypriote et à introduire sa langue dans la plupart des secteurs économiques, devenant ensuite son premier partenaire commercial.

En effet, les Anglais assurent, dès 1878, l’administration de Chypre, l’annexent en 1914, en font leur colonie en 1925 et la gardent sous leur tutelle jusqu’à l’indépendance de Chypre en 1960, dont le Royaume-Uni, comme la Grèce et la Turquie, est l’Etat garant.

Un accord passé la même année permet aux Britanniques de conserver deux bases militaires souveraines dans l’île (Dhekelia et Akrotiri soit 3% de la superficie de l’île), ce qui accroît l’intérêt géostratégique de l’île.

D’autres accords et infrastructures permettent aux Britanniques de disposer d’un point d’appui précieux et quasi-exclusif en Méditerranée orientale (interdiction depuis 2005 de l’usage de l’espace aérien chypriote aux avions non-britanniques se rendant dans ces bases). Enfin, les liens entre les deux pays se ressentent aujourd’hui également à travers la diaspora chypriote au Royaume-Uni (le quart de la population chypriote vit au Royaume-Uni, soit plus de 300.000 personnes).

Mais les relations bilatérales restent délicates (présence des bases militaires, désapprobation britannique face au rejet du plan Annan par les Chypriotes grecs, présence de nombreux ressortissants britanniques dans le Nord de l’île). Par ailleurs, les flux d’échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et Chypre sont très importants, ce dernier demeurant un des premiers fournisseurs de Chypre et le deuxième client de l’île.


Grèce

Athènes et Nicosie sont liées par une « doctrine de défense commune » conclue le 18 mars 1994, qui inclut l’île dans un espace hellénique de défense. La Grèce et Chypre sont également liées par un accord de coopération économique signé le 16 mars 1996.

Si l’objectif de l’Enosis (rattachement à la Grèce) est oublié, Chypre n’en demeure pas moins un thème sensible dans l’opinion publique grecque, attachée à la défense de ce dernier foyer de l’hellénisme hors des frontières de la Grèce moderne. Au sein de l’Union, la Grèce apporte son soutien à Chypre.


Russie

Les liens entre Chypre et la Russie sont étroits, pour de multiples raisons, dont les affinités orthodoxes et la présence, dans la classe politique actuelle, d’anciens étudiants ayant été formés dans les pays de l’ex-bloc soviétique.

Le principal parti chypriote (AKEL) est d’inspiration communiste. D’importants capitaux russes sont investis dans l’île et il existe des flux financiers considérables, en particulier au travers des sociétés enregistrées à Chypre. La Russie défend traditionnellement les intérêts de Chypre au Conseil de sécurité des Nations unies.


Etats-Unis

Les contacts entre Chypre et les Etats-Unis sont épisodiques et se limitent globalement à la question chypriote. La République de Chypre reproche aux Américains de développer une politique active (notamment dans le domaine économique) au Nord de l’île.

Au-delà de la question chypriote, la coopération avec les Etats-Unis est toutefois limitée, Chypre n’ayant en particulier pas l’intention de faire partie de l’OTAN.


Mise à jour : 10.03.14


Informations complémentaires

PLAN DU SITE



MENTIONS LÉGALES & INFOS PRATIQUES

Tous droits réservés - Ministère des Affaires étrangères et du Développement international - 2014