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La France et le Cabo Verde

Brève

Entretien entre Yamina Benguigui, Jorge Carlos Fonseca, président de la république du Cap-Vert (21 janvier 2013)

Yamina Benguigui, ministre déléguée chargée de la Francophonie s’est entretenue le 21 janvier 2013 avec Jorge Carlos Fonseca, président de la République du Cap-Vert.

Présentation

Relations politiques

La France et le Cabo Verde entretiennent des relations suivies, sur le plan bilatéral et via le partenariat spécial entre l’Union européenne et le Cabo Verde. Un dialogue politique régulier s’est établi entre les deux pays, qui entretiennent également des relations de coopération en matière de développement (signature d’un document cadre de partenariat en octobre 2006) et de gestion des flux migratoires (signature d’un accord bilatéral en novembre 2008).
Le Cabo Verde a ouvert une ambassade à Paris en 1996.

La francophonie progresse également dans ce pays, qui se montre très ouvert à l’influence française. Dans le même temps, le Cabo Verde s’est rapproché de l’Union européenne, avec laquelle il a conclu en novembre 2007 un « partenariat spécial » concernant notamment les questions de sécurité.

Relations économiques

La France est un partenaire commercial de second rang pour le Cabo Verde. En 2012, les exportations françaises composées essentiellement de produits électroniques et alimentaires ont atteint 10,3 MEUR (12,7 MEUR en 2011). Les importations françaises demeurent symboliques (417 000 EUR en 2012) mais progressent significativement par rapport à 2011 (+202%).

Le flux d’IDE est en recul croissant depuis le début de la crise économique (93 MUSD en 2011, 111 MUSD en 2010 et 120 MUSD en 2009 contre 212 MUSD en 2008). Ces investissements interviennent notamment dans le secteur touristique et immobilier mais également dans les télécommunications, la santé, l’énergie, l’eau et l’assainissement. Fin 2011, le stock d’IDE atteignait 1 232 MUSD. Les principaux investisseurs sont le Portugal, l’Espagne et la Chine. Le Royaume-Uni et l’Italie sont présents dans l’immobilier et le tourisme (ainsi que les pays scandinaves), et devraient prochainement y être concurrencés par la Chine et l’Angola.

La présence française est le fait de particuliers qui créent leurs propres sociétés dans le secteur des services (gestion d’entreprises, tourisme). La société Vergnet s’intéresse aux projets éoliens financés en grande partie par la BM (mais les appels d’offres sont suspendus).. En 2010, le stock d’IDE français au Cabo Verde s’élevait à 6 MEUR (5 MEUR en 2009), soit l’un des plus faibles d’Afrique de l’Ouest.

Coopération civile et militaire entre la France et le Cabo Verde

Le Cabo Verde a reçu 329,11 millions de dollars d’aide publique au développement en 2010 (source : OCDE) contre 219 m$ en 2009. Avec un apport de 2,97 millions de dollars en 2010, l’aide bilatérale française a été considérablement réduite (8,72 millions de dollars en 2008). Cependant, en 2010, l’APD française multilatérale est en nette progression : 11,54 millions de dollars en 2010 contre 5,95 millions de dollars en 2009.

Le document cadre de partenariat (DCP) signé entre la France et le Cabo Verde le 30 octobre 2006, d’un montant total compris entre 44,7 et 47 millions d’euros a expiré en décembre 2011. Il concentrait notre aide sur deux secteurs de concentration : le développement des infrastructures d’une part, l’eau et l’assainissement d’autre part. Les axes d’un nouveau DCP seront définis dans les prochains mois.

La France poursuit également des actions dans les domainesde :

  • la gouvernance (décentralisation, sécurité intérieure, gouvernance financière),
  • la promotion de la diversité culturelle et la promotion du français, notamment à travers le Centre Culturel français de Praia et l’Alliance française de Mindelo, ainsi qu’un soutien à l’école internationale « Les Alizés ».

Centre culturel français de Praia : http://www.ccfcv.org/

Alliance française de Mindelo : http://www.afmindelo.org/2/index.php

  • l’appui à l’enseignement supérieur (appui à la nouvelle université publique du Cabo Verde –UNICV).
  • la coopération de proximité (Fonds Social de Développement, doté de 500 000 € sur la période 2009-2012, destiné à financer des microprojets de lutte contre la pauvreté portés par les associations ou les municipalités).

La France apporte aussi son soutien à des actions de développement solidaire. Trois projets ont ainsi été réalisés ces dernières années : approvisionnement en eau et culture d’irrigation par goutte à goutte à Boa Entradinha et Ribeirao Isabel (co-financement française de 66 000€), mise en place d’une cellule pour l’aide au retour et à l’insertion des migrants (70 000€), aide à l’approvisionnement en eau potable pour le centre de la vallée de Flamengos (28 000€).

S’agissant de la coopération militaire et de défense, l’appui de la France se concentre sur l’accompagnement des forces armées capverdiennes dans leur volonté d’intégration régionale, en particulier au sein de la brigade en attente de la CEDEAO. Il se concrétise notamment par l’enseignement du français au profit des militaires, en s’appuyant sur les structures de la coopération civile.

Coopération entre le Cabo Verde et l’Union européenne

Le Cabo Verde, membre de l’Accord de Cotonou, est éligible au Fonds européen de développement (FED). Il bénéficie également de programmes financés par le budget communautaire ainsi que des prêts de la Banque européenne d’investissement (BEI). La BEI et la Banque africaine de développement ont ainsi conclu le 21 décembre 2010 une opération de financement de 45 M € pour la conception, la construction et l’exploitation de parcs éoliens terrestres sur quatre îles de l’archipel. Il s’agit d’un des plus grands projets éoliens sur le sol africain et du premier partenariat public privé soutenant les énergies renouvelables en Afrique subsaharienne.

Le Cabo Verde a bénéficié d’une dotation de 54,7 M€ au titre du 9ème Fonds européen de développement (FED) (2002-2007). Pour le 10èmeFED (2008-2013), la dotation de base s’élève à 51 M € (enveloppe A), dont une tranche incitative de 30 %, soit le taux maximal, liée aux engagements du Cabo Verde en matière de gouvernance. L’enveloppe B est dotée de 3,1 M €. Les secteurs de concentration sont le soutien macroéconomique(32,6 M €) et l’appui au partenariat spécial UE – Cabo Verde(11,5 M €). Un montant de 1,1 M € est attribué au financement des initiatives « PALOP » (pays africains de langue officielle portugaise) dans le domaine de la gouvernance. La revue à mi-parcours du 10ième FED a proposé une augmentation de cette enveloppe.

Par ailleurs, l’UE a attribué au Cabo Verde en novembre 2010 un financement de 9 M € dans le cadre du mécanisme destiné à répondre aux pays affectés par la crise économique internationale (mécanisme V-Flex). Dans le même temps, la banque portugaise Espirito Santo a annoncé une ligne de crédit de 70 M € pour appuyer les exportations portugaises vers le Cabo Verde.

La Banque Européenne d’Investissement a accordé 47 MEUR pour la modernisation et l’extension des ports de Palmeira et de Praia et 20 MEUR pour la 2ème phase du projet d’extension et de modernisation de l’aéroport international de l’île de Sal. D’autre part, elle s’est engagée, en mai 2009, à financer à hauteur de 50% (30 MEUR) le projet "Energies renouvelables" avec l’implantation de parcs éoliens sur différentes îles (accord finalisé avec la BAD en décembre 2010). La BEI pourrait également être sollicitée prochainement par Electra pour l’extension d’un projet de géolocalisation des foyers de consommation électrique.

Le 8 décembre 2011, Bruxelles a accordé le statut de système de préférence généralisée (SPG) au Cabo Verde, premier pays africain à bénéficier de ce dispositif et lui permettant ainsi de conserver un accès préférentiel au marché européen. En vertu d’un accord qu’il avait signé avec l’UE, le Cabo Verde observait depuis 2008 une période de transition pour passer de la catégorie des PMA à celle des pays à revenus intermédiaires auxquels s’applique le SPG. En matière commerciale, une phase de transition de quatre ans a été aménagée par l’UE, pendant laquelle le Cabo Verde a bénéficié du régime « tout sauf les armes » afin de compenser les effets négatifs liés à la sortie du pays, depuis janvier 2008, du groupe des Pays les Moins Avancés. Le Cabo Verde bénéficie désormais, depuis le 1er janvier 2012, du régime SPG+. Un bilan de cette première année est attendu mi-2013.

Mise à jour : 22.07.13

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