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Géographie et Histoire

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Géographie

Pays de plus de 180 000 km², le Cambodge s’étire sur 580 km dans le sens Est-Ouest et sur 450 km du Nord au Sud et bénéficie, au Sud-Ouest, d’une ouverture côtière de 443 km sur le Golfe de Thaïlande. Bordé au Nord par le Laos, à l’Ouest par la Thaïlande, il partage sa frontière la plus longue (1 228 km) avec le Vietnam, à l’Est.

Sa topographie s’ordonne autour du Mékong et du Tonlé Sap (le plus grand lac d’Asie du Sud-Est). Ce dernier s’écoule vers le Sud et traverse le Vietnam pour rejoindre la Mer de Chine méridionale. Le Mékong traverse le pays en venant du Laos et gagne le Vietnam pour se jeter dans la Mer de Chine méridionale.

Pendant la saison des pluies, le Mékong déverse son trop-plein dans le lac (dont la superficie passe de 3 000 à 7 500 km²). Pendant la saison sèche, c’est le lac qui alimente le fleuve. Ce processus de régulation du lac en fait l’une des plus importantes réserves mondiales de poissons d’eau douce.

La majorité de la population se concentre sur les rives de ce lac et des deux grands fleuves. Les régions frontalières sont bordées de plateaux boisés. Au Sud-Est, le massif du Phnom Aural culmine à 1 813 mètres. Au Sud-Ouest, la chaîne des Cardamomes borde le Golfe de Thaïlande.

Pour plus d’informations, le site de la maison des Français à l’étranger

Histoire

Les premières traces d’un royaume khmer appelé Chenla, dans le périmètre actuel du pays, remontent au VIème siècle. Celui-ci établira sa capitale à partir de la fin du IXème siècle au nord du Tonlé Sap et entreprendra le développement du site d’Angkor.

Malgré des affrontements réguliers avec les populations Chams du Vietnam voisin, la période qui s’ouvre alors jusqu’à la fin du XIIIème siècle est considérée comme l’âge d’or de l’empire khmer, marqué par la figure de Jayavarman VII (1181-1227) à l’origine du développement d’Angkor. A son apogée, le royaume englobera le nord-est de la Thaïlande, le Sud du Laos ainsi que le Sud du Vietnam.

Débute à partir du XIVème siècle une longue période de déclin causé à la fois par des divisions internes au Royaume et les incursions extérieures (Mongols, Thaï), le Cambodge devenant bientôt un enjeu territorial, entre ses deux voisins siamois et vietnamiens qui occupent tout à tour des pans entiers du territoire cambodgien.

C’est dans ce contexte qu’intervient la mise en place du Protectorat français à partir du 1863, sous le règne du roi Norodom Ier, qui évitera au pays la séparation en deux. La capitale est transférée à Phnom Penh et le Royaume se modernise sous l’impulsion du Roi Sisowath et du gouverneur général de l’Indochine Paul Doumer (mise en place d’un état-civil, code pénal, code civil).

C’est également à cette période qu’interviennent la redécouverte du site d’Angkor ainsi que les travaux d’inventaire et de préservation menés par l’Ecole Française d’Extrême-Orient.

Pendant la Seconde guerre mondiale, les Japonais laissent l’amiral Decoux (nommé par Vichy) administrer le Cambodge, celui-ci choisissant Norodom Sihanouk, alors âgé de dix-neuf ans, pour succéder au Roi Monivong sur le trône en 1941.

Après le rétablissement de l’autorité française en 1946, Sihanouk lancera sa « croisade pour l’indépendance » qu’il obtiendra effectivement le 9 novembre 1953. Il restructure son action politique autour d’un parti (le Sangkum) d’inspiration socialiste, abdique et devient Premier Ministre.

Sur le plan économique, le Royaume connaît un développement rapide et une certaine prospérité. Sur le plan international, il rejoint le mouvement des non-alignés à Bandoung. Dans le contexte de la guerre du Vietnam, le régime est renversé par le général Lon Nol soutenu par Washington en 1970.

A la guerre extérieure, vient alors s’ajouter la guerre civile avec le renforcement des maquis khmers rouges dirigés par Pol Pot. Phnom Penh est prise le 17 avril 1975 par les khmers rouges qui installent un régime totalitaire jusqu’en janvier 1979. Cette « utopie meurtrière » se traduit par environ deux millions de morts (environ 25% de la population du pays), victimes des évacuations forcées, des chantiers de travail, des exécutions et de la famine.

La chute du régime intervient en janvier 1979, emporté par une offensive de l’armée vietnamienne, mais le pays continue de connaître la guerre civile jusqu’en 1989, date du retrait vietnamien.

Un processus de paix soutenu par l’ONU se met en place à partir des accords de Paris de 1991 qui entérine l’objectif de reconstruction et de réconciliation nationale entre les différentes factions impliquées. Norodom Sihanouk redevient Roi à l’issue des premières élections libres organisées en 1993 sous l’égide de l’ONU qui aboutiront à l’adoption de la Constitution du pays la même année et à la mise en place d’un gouvernement co-dirigé par le Prince Ranariddh et Hun Sen.

En 1998, Pol Pot meurt sans avoir été jugé ; mais ce n’est qu’en 1999 que les dernières forces khmères rouges sont démantelées. Le tribunal international khmers rouges voit le jour en 2003 et commence ses activités en 2006. La première condamnation définitive à l’encontre de Douch (responsable du centre de détention S-21) a été prononcée en 2012.

En 2004, le Roi Sihanouk abdique et son fils Sihamoni est désigné comme son successeur. L’adhésion du Royaume à l’ASEAN (1999) et à l’OMC (2004) marque le retour du Cambodge sur la scène internationale. Norodom Sihanouk décède à Pékin en octobre 2012.

Mise à jour : 09.04.13

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