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Présentation

Données générales

Nom officiel : Burkina Faso
Président de la République : Blaise COMPAORE


Données géographiques

Superficie : 274 500 km²
Capitale : Ouagadougou
Villes principales : Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Koudougou
Langue (s) officielle (s) : Français
Monnaie : Franc CFA
Fête nationale : 11 décembre


Données démographiques

Population : 16, 8 millions d’habitants (FMI, 2013)
Densité : 54 hab/km²
Croissance démographique : 3,1% (Banque Mondiale, 2013)
Espérance de vie : 56 ans (Banque Mondiale, 2012)
Taux d’alphabétisation : 29%
Religion (s) : Islam (50 %), animisme (40%), christianisme (10%) (CIA World Factbook)
Indice de développement humain : 183ème sur 187 pays (PNUD, 2012)
Classement Transparency International : 83ème sur 177 pays (2013)


Données économiques

PIB : 12 Mds $ (FMI, 2013)
PIB par habitant : 729 $ (FMI, 2013)

Taux de croissance : 6,8% (FMI, 2013)
Taux de chômage : NC
Taux d’inflation : 2 % (=DGTPE, 2013)

Solde budgétaire : - 7,4 % du PIB (FMI, 2010)
Balance commerciale : - 4 % du PIB (FMI, 2010)

Principaux clients (CIA World Factbook, 2012) : Chine (21,0%), Turquie (16,9%), Singapour (8,4%), Indonésie (6,6%)
Principaux fournisseurs (CIA World Factbook, 2012) : Côte d’Ivoire (16,7%), France (15,2 %), Ghana (5,0%), Togo (4,7%)

Part des principaux secteurs d’activité dans le PIB (Banque Mondiale, 2011) :

  • agriculture : 33,8 %
  • industrie : 24,3 %
  • services : 41,9 %

Exportations de la France vers le Burkina Faso : 331,9 M€ (DGTPE, 2013)
Importations françaises depuis le Burkina Faso : 10,5M€ (DGTPE, 2013)

Consulat de France : Ouagadougou
Communauté française : 3 582 inscrits (au 31/12/2013)
Communauté burkinabé en France : 3 101 (2007)


Politique intérieure

Indépendante le 5 août 1960, la Haute Volta a connu plusieurs coups d’Etat dont celui de Thomas Sankara en 1983. Elle devient le Burkina Faso, “pays des Hommes intègres”, en 1984. Le 16 octobre 1987, Blaise Compaoré, ancien compagnon de route de Sankara, prend le pouvoir. Il est élu en 1991 et réélu en 1998 bien que son parti, le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), ne dispose que d’une courte majorité.

Lors des élections présidentielles du 13 novembre 2005, le président sortant Blaise Compaoré est à nouveau réélu avec 80,3 % des voix dès le premier tour, lui donnant une légitimité politique dont il ne disposait pas jusqu’alors.

Le premier tour de l’élection présidentielle a eu lieu le 21 novembre 2010. La campagne électorale et le vote se sont déroulés, selon les différentes missions d’observation, dans un climat apaisé et dans de bonnes conditions. Blaise Compaoré a été réélu à la Présidence de la République, avec 80% des voix. Les principaux candidats de l’opposition, Arba Diallo et Bénéwendé Sankara, ont recueilli respectivement 8,21% et 6,34 % des suffrages.

A la mi-février 2011, le Burkina Faso a été confronté à de nombreuses manifestations (suite notamment au décès d’un collégien à Koudougou) et à des mutineries militaires (notamment Ouagadougou à la mi-avril et à Bobo Dioulasso début juin) qui se sont traduites par des violences, des pillages et des attaques contre des symboles du pouvoir. Le Président Compaoré a entamé en mars 2011 des consultations avec les forces vives du pays. Il a procédé au remplacement de certains responsables militaires et a nommé le 21 avril 2011 un nouveau gouvernement dirigé par Luc-Adolphe Tiao, qui a annoncé des mesures d’urgence budgétaires et fiscales.

Les premières élections couplées législatives et municipales se sont tenues le 2 décembre 2012. Elles ont confirmé un tassement du parti présidentiel, le CDP, (qui avec 70 sièges sur 127 soit 55,11%, subit un recul mais conserve la majorité parlementaire) et réalise de remarquables résultats au niveau communal, et la percée de l’Union pour le Changement (UPC) devenue la seconde force politique du pays. Le chef de l’UPC, Zéphirin Diabré, qui a créé son parti en 2010 est donc le nouveau chef de l’opposition tandis que l’opposition traditionnelle sankariste, de tendance radicale, subit une forte déconvenue. M. Sougalo Appolinaire Ouattara, député du CDP, a été élu Président de l’Assemblée nationale du Burkina Faso en remplacement de Roch Marc Christian Kaboré.

Le Premier ministre burkinabé Luc Adolphe TIAO a présenté le 2 janvier 2013 son troisième gouvernement. Composée de personnalités issues du CDP ou de techniciens reconnus dans leurs domaines de compétence, la nouvelle équipe gouvernementale s’appuie sur la « garde rapprochée du chef de l’Etat »que sont, en premier lieu, les trois Ministres d’Etat.

Ces élections étaient le dernier grand rendez-vous électoral avant 2015, terme normal du dernier mandat du président Compaoré, au pouvoir depuis 1987 et dont la succession hante le débat public dans le pays.

Dans cette perspective, l’Assemblée nationale du Burkina Faso a voté le 21 mai 2013 la création d’un Sénat, et ce malgré le rejet de l’opposition et d’un parti de la majorité, qui soupçonnent une volonté de réviser la Constitution pour permettre au président Blaise Compaoré de se représenter en 2015 (l’article 37 de la Constitution le lui interdit). Suite à ce projet, le président Compaoré fait face depuis l’été 2012 à une montée de la contestation sociale et politique avec pour toile de fond la question de sa réélection en 2015. S’il est resté très flou sur sa volonté de se présenter à nouveau en 2015, il a néanmoins évoqué publiquement l’idée d’un référendum pour modifier l’article 37 de la Constitution. L’opposition burkinabè a alors accusé Blaise Compaoré de préparer un « coup d’Etat constitutionnel » visant à prolonger son maintien au pouvoir.

Depuis, le Président Compaoré doit également faire face à une crise au sein de son parti et à une reconfiguration inédite de la scène politique. Plusieurs cadres historiques du parti ont annoncé le 6 janvier 2014, dans une lettre ouverte, leur démission du CDP. Parmi les démissionnaires figurent Simon Compaoré, l’ancien maire de Ouagadougou, et surtout Marc Roch Kaboré, l’ancien président de l’Assemblée nationale. Ils dénoncent le projet de réforme de la constitution, destiné à permettre au président Compaoré de se représenter et bénéficient d’un soutien important parmi les militants et certains chefs traditionnels (400). Ils ont créé un nouveau parti, le MPP, Mouvement du Peuple pour le Progrès.

L’opposition Burkinabé en sort donc reconfigurée, avec deux chefs : M. Zéphirin Diabré (jusqu’à présent principal opposant), et Roch Kaboré (à la tête des démissionnaires du parti du président et président du MPP). Cette nouvelle opposition se montre unie contre le projet de référendum, et contre le maintien de Blaise Compaoré au pouvoir.


Situation économique

Avec un PNB par tête de l’ordre de 1,5 euros par jour et par habitant, le Burkina Faso reste un pays très pauvre, appartenant à la catégorie des pays les moins avancé (183ème rang sur 187 au dernier classement de l’Indice de développement humain). Son développement se heurte à plusieurs handicaps comme son enclavement, la faiblesse de ses ressources naturelles, l’importance de sa croissance démographique (3,1 % par an), la rudesse de son climat, le faible accès de sa population à l’eau potable, aux soins de santé primaire ou à l’éducation. Globalement, l’économie est très sensible aux aléas climatiques (pluviométrie) et aux chocs exogènes, en particulier les cours du coton et de l’or pour les exportations, le prix du pétrole et des produits alimentaires pour les importations.

L’économie burkinabé est peu diversifiée et reste largement fondée sur le milieu rural (83% de la population vit dans les zones rurales). Le secteur primaire représente le tiers du PIB et d’autres secteurs économiques importants (transports, agro-industries) en dépendent étroitement. L’activité se concentre sur quelques produits (coton, élevage, vivrier), auxquels s’ajoute une production minière en développement (notamment de l’or).

Les performances économiques du pays se situent en moyenne à un niveau plutôt satisfaisant, malgré une conjoncture extérieure difficile et des chocs exogènes sans précédent (inondation, sécheresse, crise ivoirienne). La croissance a atteint un autre palier de croissance du PIB ressortant à 7,5% en moyenne entre 2010 et 2012 contre 5,8% en moyenne la décennie écoulée. Cette progression a été soutenue par l’expansion du secteur minier (doublement de la production d’or à 12,1 tonnes, qui a dépassé le coton comme premier produit d’exportation) et la dynamique du secteur des télécommunications.

L’inflation a été réduite (2% en 2012 contre 10,7% en 2008) en lien avec la baisse des prix alimentaires et pétroliers. L’amélioration des termes de l’échange, l’accroissement des exportations d’or et de coton, de même que la réduction des importations de pétrole se sont traduits par une réduction significative du déficit du compte courant en 2009. La croissance économique du Burkina Faso est l’une des plus fortes de la zone UEMOA qui a enregistré une croissance moyenne de 3,7% au cours de la période 2010-2012.

Le pays ne peut toutefois se passer de l’aide extérieure pour le financement de ses dépenses courantes comme de ses projets d’investissement. Le Burkina Faso est le 1er pays à avoir élaboré un document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP 2000), sur laquelle les donateurs ont progressivement aligné leurs appuis. L’Appui budgétaire général (ABG) tend à représenter une part croissante de l’APD totale.

La conduite de la politique macroéconomique s’inscrit dans le cadre d’un accord conclu avec le FMI au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance (FRPC), approuvée en avril 2007. Les efforts du gouvernement dans la mise en œuvre des réformes structurelles sont soulignés par les partenaires au développement (gestion des finances publiques, mobilisation des recettes fiscales, augmentation de la productivité du secteur coton, amélioration du climat des affaires).


Politique extérieure

Soupçonné d’avoir soutenu le Libéria de Charles Taylor au début des années 2000, puis d’avoir soutenu la rébellion ivoirienne en 2002, le Burkina Faso est parvenu à modifier considérablement son image à l’étranger.

Le Président Compaoré a joué un rôle essentiel de médiation dans différentes crises ouest-africaines :

  • La facilitation du dialogue inter-togolais en août 2006 a permis au Burkina Faso de revenir sur la scène diplomatique. Le Président burkinabé a joué un rôle important dans la conclusion de l’Accord Politique Global de 2006 (APG) dont il a été Facilitateur. Le Président Compaoré a continué depuis lors d’accompagner le dialogue inter-togolais, particulièrement dans la perspective de la préparation des élections présidentielles de mars 2010.
  • Après la signature de l’Accord politique de Ouagadougou en mars 2007, le Burkina Faso a joué un rôle déterminant dans le processus de sortie de crise ivoirien. Le Burkina Faso, Facilitateur de cet accord, veillait à sa mise en œuvre et organisait de nombreuses réunions de suivi à Ouagadougou. Les deux pays ont signé un traité d’amitié et de coopération le 29 juillet 2008. La visite d’Etat du Président Compoaré en Côte d’Ivoire (15-18 septembre 2009), marquée en particulier par la tenue d’un Conseil des Ministres conjoint entre les deux gouvernements, s’inscrivait dans la continuité de ce traité.
  • Le Président Compaoré a été nommé facilitateur de la crise guinéenne par la CEDEAO, et a joué un rôle important dans la sortie de la crise qu’a traversé le pays depuis les évènements du 28 septembre 2009.

Blaise Compaoré a été élu par ses pairs à la Présidence de l’UEMOA et de la CEDEAO pendant 2 années consécutives (2007 et 2008). L’entrée du Burkina Faso au Conseil de Sécurité comme membre non permanent pour le biennum 2008-2009 est par ailleurs venue renforcer la stature internationale que se construit ce pays. La nomination de son ministre des affaires étrangères, M. Djibril Bassolé comme médiateur conjoint de l’Union Africaine et des Nations Unies au Darfour (qui a occupé ce poste jusqu’en avril 2011, date de son rappel au gouvernement), a confirmé cette évolution, tout comme l’élection le 17 février 2012, du burkinabè Kadré Désiré Ouedraogo (ancien Premier ministre et actuellement ambassadeur auprès de l’UE) comme Président de la Commission de la CEDEAO.

A la suite du coup d’Etat du 22 mars 2012 au Mali, la CEDEAO a mandaté le Burkina Faso comme médiateur sur la crise malienne. Elle lui a confié deux missions : régler la crise institutionnelle et instaurer un processus de négociation entre l’Etat malien et les groupes armés du Nord. Sur le plan institutionnel, la médiation burkinabé a été très critiquée pour avoir été trop conciliante avec les putschistes. Un accord-cadre a été conclu le 6 avril entre la médiation et la junte permettant un retour à l’ordre constitutionnel sans que la classe politique malienne n’ait été consultée. En ce qui concerne le dialogue Nord-Sud, le médiateur burkinabè a tenté de faire émerger un accord entre les autorités maliennes, Ansaar Eddine et le MNLA, invalidé par l’offensive lancée le 8 janvier par Ansaar Eddine, AQMI et le MNLA.

Cependant, le 11 mai 2013, les autorités maliennes ont saisi le président Compaoré de la situation à Kidal, ce qui l’a conduit à négocier la signature d’un accord le 18 juin : « l’accord préliminaire à l’élection présidentielle et aux pourparlers inclusifs de paix au Mali », qui a permis l’organisation de l’élection présidentielle au Mali

Depuis l’élection d’Ibrahim Boubacar Keïta en août 2013 comme Président du Mali, le président Compaoré ne joue presque plus aucun rôle en tant que médiateur, conformément au souhait des nouvelles autorités maliennes de recentrer le dialogue avec le nord-Mali à Bamako.


Date de mise à jour : 25.04.14


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