Accès rapide :

Géographie et histoire

Géographie

Situé sur la côte nord de l’île de Bornéo (qui porte son nom), le sultanat de Brunei s’étend sur 5 765 km², entre la mer de Chine méridionale et le Sarawak malaisien.

Son territoire est composé de deux parties distinctes séparées par la vallée du Limbang, qui appartient à la Malaisie. La partie occidentale, plaine alluviale et marécageuse, est la plus étendue ; elle est divisée en trois districts : Brunei-Muara, Tutong et Belait. La partie orientale, plus montagneuse, qui culmine à près de 2 000 mètres au mont Pagon, forme le district de Temburong.

La forêt équatoriale couvre plus des trois quarts du pays. Situé dans la zone équatoriale asiatique, échappant cependant aux typhons, le sultanat bénéficie d’un climat chaud et humide, avec de fréquentes pluies en toute saison.

La population du Brunei est en majorité malaise (55 %), mais comporte également une communauté chinoise (9 %) et des autochtones : Kedayan, Tutong, Belait, Dusun, Murut, Dayak, Bisaya… (18%).

Cette population est très jeune : plus de 50 % a moins de vingt-quatre ans.

Voir aussi le site Conseils aux voyageurs.

Histoire

Le Brunei apparaît pour la première fois avec certitude au XIVe siècle comme un des vassaux de l’empire javanais hindouisé de Madjapahit. Au siècle suivant, le Brunei, entre-temps islamisé, voit son influence étendue dans la région. Son commerce actif avec la Chine est une des sources de sa prospérité, ainsi que le déclin de Malacca, prise par les Portugais en 1511.

Cette période de gloire ne dure pas. Le Brunei est affaibli par des querelles internes alors qu’à l’Est s’affirme un nouveau pouvoir, le sultanat de Sulu, et que la Compagnie hollandaise des Indes orientales étend son influence sur le Sud de Bornéo. L’empire commercial du sultanat s’effrite.

Au XIXe siècle, le Brunei se trouve réduit à la moitié Nord de Bornéo : soit son territoire actuel augmenté du Sabah et du Sarawak. Afin d’obtenir des Anglais une protection, le sultan installe, en 1841, un aventurier britannique, James Brooke, comme « rajah » du Sarawak où s’était développée une rébellion.

Loin de contribuer à la consolidation du Brunei, le nouveau prince mène une politique d’expansion aux dépens du sultanat en s’appuyant sur des rivalités internes et des soulèvements. Le sultan concède alors ses terres du Sabah à un Américain, mais, à la suite de diverses cessions, c’est la British North Borneo Company qui prend le contrôle de ce territoire à partir de 1881.

Les deux territoires de Bornéo (Sabah et Sarawak) deviennent d’abord protectorats britanniques en 1888. En 1890, le Sarawak, bien que sous protectorat britannique, s’empare de la vallée du Limbang, tranchant le sultanat du Brunei en deux et mettant ainsi en danger son existence même. Sabah et Sarawak deviennent colonies de la couronne en 1946.

Le Brunei devient à son tour, en 1906, après la découverte de pétrole, un protectorat britannique. Ce n’est qu’en 1959, après l’indépendance de la Malaisie, qu’il se voit octroyer une autonomie interne.

En 1961, le Premier ministre de Malaisie lance l’idée d’une grande fédération de Malaysia comprenant, outre la Malaisie (incluant à l’époque Singapour), le Brunei, Sabah et Sarawak.

Le Parti Ra’ayat Brunei (ou People Party of Brunei), le PRB, fondé en 1956 par Ahmad Azahari, prône l’indépendance au sein d’une Fédération du Kalimantan Utara, regroupant les trois Etats du nord-ouest de Borneo (Sarawak, Sabah et Brunei). Le PRB remporte l’intégralité des 16 sièges pourvus au suffrage universel lors des élections d’août 1962 tenues sous l’égide des Britanniques, mais le Sultan rejette le Conseil législatif issu des urnes. Une insurrection est déclenchée le 7 décembre 1962, mais est écrasée dès le 12 décembre grâce à l’intervention de l’armée britannique. La constitution est suspendue, l’état d’urgence est décrété (et reste en vigueur aujourd’hui), les principaux leaders politiques sont incarcérés.

L’année suivante, Sabah et Sarawak accèdent à l’indépendance et rejoignent la Fédération de Malaisie en 1963.

En 1967, une reprise des revendications en faveur de l’indépendance pousse le sultan du Brunei à abdiquer en faveur de son fils, Hassanal Bolkiah, qui, à vingt et un ans, vient de terminer ses études à l’académie militaire de Sandhurst. Mais, jusqu’à sa mort, survenue à la fin de 1986, l’ancien sultan a conservé une influence décisive.

Ce n’est qu’avec beaucoup de réticence, après avoir reçu des assurances de ses voisins malaisien et indonésien, et après avoir obtenu des garanties contre la possibilité d’une nouvelle rébellion (maintien à Brunei d’un bataillon de Gurkhas britanniques), que le sultan consent à renoncer en 1979 à la protection britannique et fixe avec Londres l’indépendance du sultanat au 1er janvier 1984. Pour respecter les augures, le jour officiel de l’indépendance est fixé par les autorités au 23 février 1984.

Il n’y a plus de véritables partis politiques depuis l’interdiction du PRB en 1962. Toutefois, les derniers prisonniers d’opinion, dont certains étaient détenus depuis cette date, ont été libérés en 1990. Le Sultan avait autorisé la création en mai 1985 du Partai Kebangsaan Demokratik Brunei (ou parti National Démocratique de Brunei, PKDB), afin d’encadrer les aspirations démocratiques de la population mais le Sultan fit interdire le parti en 1988 et emprisonner ses dirigeants.
Le seul parti politique autorisé aujourd’hui est le Parti Perpaduan Kebangsaan Brunei (ou Parti de la Solidarité Nationale, PPKB), créé en 1985. Son activité se borne à surveiller la bonne application des décisions du Sultan.

Mise à jour : 29.09.14


Informations complémentaires

PLAN DU SITE



MENTIONS LÉGALES & INFOS PRATIQUES

Tous droits réservés - Ministère des Affaires étrangères et du Développement international - 2014