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Présentation du Botswana

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Présentation

Présentation

Données géographiques

Nom officiel : République du Botswana
Superficie : 581 730 km²
Population (2011) : 2,024,904 (Gouvernement du Botswana)
Capitale : Gaborone (231,592)
Villes principales : Francistown (98.961), Molepolole (67.598), Mogoditshane (57.637), aun (55.784), Selebi-Phikwe (49,411)
Langues : anglais (langue officielle), setswana, khoisan
Fête nationale : 30 septembre
Monnaie : Botswana Pula (BWP) ; 1 euro ≈ 10,6 Pula (au 19 novembre 2012)

Données démographiques

Croissance démographique : ≈ 1%
Population vivant sous le seuil de pauvreté : ≈ 20,7 % (2009-2010)
Taux de prévalence du sida : ≈ 24% (population entre 15 et 49 ans)
Espérance de vie : ≈ 53 ans (BM)
Taux d’alphabétisation : ≈ 80%
Religions : chrétiens : ≈ 70 % ; animistes : ≈ 30 %. Le Botswana compte également de petites communautés musulmane, hindouiste, bouddhiste, etc.
Indice de développement humain (PNUD, 2011) : 0,633 (118èmeème/187)

Données économiques

PIB (2012) : ≈ 16,6 Mds USD
PIB par habitant (2011) : ≈ 8117 $ USD (14 889 en parité de pouvoir d’achat)
Taux de croissance (2011) : 5,1% (FMI)
Taux de chômage (2011) : 36,2 %
Taux d’inflation (2011) : 9,2 %

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
Agriculture : 2,5 %
Industrie et mines : 37 % (dont mines 36 %)
Services : 60,5% (dont tourisme 13,4 %).
Services (2008) : ≈ 43% (les fonctionnaires représentent 40% des actifs)

Exportations de la France vers le Botswana (2011) : 8,1 M€ (30 M€ en 2009)
Importations françaises du Botswana (2011) : 0,5 M€
Consulat de France : Chancellerie diplomatique de l’ambassade de France à Gaborone
Communauté française au Botswana : ≈ 130 (hors non-inscrits)

Politique intérieure

Ancien protectorat britannique du Bechuanaland, le Botswana a accédé pacifiquement à l’indépendance le 30 septembre 1966. Il présente d’incontestables atouts : stabilité politique, bonne gouvernance ainsi qu’une politique sociale remarquable ; mais ce pays connaît également quelques faiblesses.

Le Botswana est gouverné par le Botswana Democratic Party (BDP) depuis son indépendance (1966). Il n’a connu que quatre présidents en plus de quatre décennies : le Président Seretse Khama, fondateur du parti et « Père de l’Indépendance », démocratiquement élu en 1966, qui a gouverné le pays jusqu’à son décès en 1980 ; le président Masire, co-fondateur du BDP, qui a dirigé le pays de 1980 à 1998, le président Mogae (1998-2008) et le Lt. Gen. Seretse Khama Ian Khama, fils du fondateur de l’Etat, qui exerce ses fonctions depuis le 1er avril 2008.

Les longs mandats des deux premiers présidents ont conduit à une révision de la Constitution, qui limite désormais la fonction présidentielle à deux mandats de cinq ans.

Cette rare stabilité tient à plusieurs facteurs : la solidité du BDP, parti du « Père fondateur », solidement implanté dans le pays rural, encore majoritaire (≈ 52%) ; une opposition divisée (le Botswana National Front - BNF -, le Botswana Congress Party - BCP - et le Botswana –Movement for Democracy – BMD), qui se traduit en sièges à l’Assemblée Nationale (45 sièges pour le BDP contre 12 à l’opposition - 6 pour le BNF, 5 sièges pour l’alliance BCP, 1 indépendant) ; un mode de scrutin favorable au parti majoritaire (scrutin majoritaire uninominal à un tour) ; une croissance soutenue grâce aux revenus du diamant ; enfin, des élections incontestées depuis l’indépendance.

Ce contexte connaît toutefois quelques évolutions depuis l’accession au pouvoir du président Khama. Une certaine propension du chef de l’Etat à la raideur, confortée par sa formation militaire à Sandhurst, a conduit à des tensions au sein de son parti. Une scission est ainsi survenue en avril 2010, qui a donné naissance au Botswana Movement for Democracy (BMD). Ce courant contestataire issu du BDP se fixe pour principal objectif de « moderniser la démocratie botswanaise ».

Les prochaines élections générales (octobre 2014) seront donc un révélateur de la capacité de l’opposition à présenter une alternative crédible au BDP. Le Président Khama bénéficie toutefois d’une forte popularité, et d’une légitimité certaine auprès d’une grande partie de l’électorat, notamment rural. Il est sorti renforcé de la grève de la fonction publique d’avril-juin 2011, à laquelle il a répondu avec fermeté. La tentative de bâtir une coalition de l’opposition a été partiellement concrétisée par la création de l’Umbrella for Democratic Change (UDC), coalition regroupant le BNF, le BMD et le Botswana People’s Party (BPP), à l’exception notable du BCP, qui n’a pas souhaité y prendre part.

Le Botswana bénéficie d’une culture démocratique, inspirée du système parlementaire britannique et du système de consultation populaire des « kgotla » (chefferies traditionnelles). La Constitution de 1966 garantit les libertés fondamentales, ce qui se traduit par une justice indépendante, des élections libres et transparentes, une presse indépendante. On relèvera cependant que la peine capitale est toujours en vigueur et appliquée (2 exécutions par pendaison en 2012, 45 exécutions depuis l’indépendance du pays en 1966).

Monocaméral, le Parlement est composé d’une Assemblée Nationale qui compte 57 membres élus ainsi que trois membres désignés (Président, Speaker, Garde des Sceaux) et 4 membres « spécialement élus ». En raison du poids des traditions, le Botswana compte également une « House of Chiefs », qui détient des pouvoirs consultatifs dans certains domaines et comprend 35 membres.

Les institutions sont marquées d’une spécificité liée aux circonstances. Au pouvoir depuis l’indépendance, la majorité présidentielle a fait le choix de désigner le Vice-Président comme successeur du Président sortant. Le Président Masire s’étant retiré en cours de mandat, le Président actuel a été investi un an et demi avant de se présenter au suffrage universel (le président Ian Khama a pris ses fonctions le 1er avril 2008, et les élections qui ont confirmé la majorité du BDP à la Chambre se sont tenues le 16 octobre 2009).

L’Etat est, depuis l’indépendance, détenteur des droits sur les ressources minières. Les revenus du diamant, dont le Botswana est le 1er producteur mondial en valeur, alimentent ainsi le budget à hauteur de 50%. La moitié des dépenses publiques vont au secteur social. Ce choix politique s’explique par plusieurs fragilités.

Le pays compte encore 30 % de sa population en-deçà du seuil de pauvreté. Environ 25% des Botswanais entre 15 et 49 ans sont atteints par le virus du sida. Cette faiblesse préoccupante pour un pays peu peuplé a conduit l’ancien président Mogae (1998-2008) à décider la gratuité des traitements antirétroviraux, ainsi qu’un dépistage pour tous. Cette politique de santé publique pâtit cependant désormais des difficultés de financement des ARV, et l’accent doit être mis sur la prévention.

La question des « Bushmen » avait fait l’objet d’un premier jugement par la Haute-Cour du Botswana en décembre 2006. Celui-ci reconnaissait à la fois le droit des plaignants au retour sur leurs terres, et celui du gouvernement à cesser d’y assurer les services publics essentiels en l’absence de population. Dans son jugement du 27 janvier 2011, la Cour d’Appel du Botswana a désavoué le gouvernement (« le gouvernement a failli à ses obligations constitutionnelles en soumettant les San à un traitement dégradant et inhumain ») et reconnu le droit d’accès à l’eau des populations San.

Situation économique

Le Botswana est le pays qui a connu la plus forte croissance au monde entre 1966 et 1999 (9 % en moyenne annuelle), principalement grâce à l’exploitation de ses ressources en diamant, dont il est le 1er exportateur mondial en valeur.

Classé parmi les PMA lors de son indépendance en 1966, ce pays fait partie des pays à revenus intermédiaires de la tranche supérieure depuis 1994 (PIB/hab : ≈ 9500 USD en 2011). Les revenus du diamant assurent 1/3 du PIB, 50% du budget et 2/3 des exportations. De tels moyens limitent la dette extérieure du pays (1,87 Mds d’euros, soit 13,75% du PIB en 2011), et font du Botswana un pays apprécié pour sa gestion économique.

L’économie botswanaise est peu diversifiée : les ressources du sous-sol (diamant, mais aussi notamment charbon) représentent 32,7% du PIB, suivies par les services (60,5%, dont : services publics – 17,2% -, hôtellerie et restauration - 13,4 % -, finance – 11,6% -, transports - 4,7%), le secteur manufacturier (4,2%) et l’agriculture (2,5%).

Il s’agit d’une structure déséquilibrée, donc fragile, comme l’ont démontré la crise financière mondiale et la chute brutale de la demande mondiale de diamants (2/3 des exportations) en 2009. Celle-ci a affecté la croissance (en recul de 5,2%), l’emploi et notamment les exportations, donc les revenus de l’Etat. L’activité a toutefois rebondi en 2010 (7,2 %) et 2011 (5,1 %).

La diversification de l’économie s’impose d’autant plus qu’outre cet élément conjoncturel, les réserves de diamant ne sont pas inépuisables. Les autorités ont identifié plusieurs perspectives en ce domaine :

- La diversification dans le secteur minier, horizontale (développement de l’exploitation de minerais autres que le diamant) et verticale (relocalisation à Gaborone du Diamond Trading Centre). En septembre 2011, la société sud-africaine De Beers a ainsi signé avec le gouvernement botswanais un accord décennal afin de relocaliser, à Gaborone, son centre de tri, stockage et vente de diamants bruts, jusqu’alors basé à Londres. L’opération, qui devrait être finalisée en 2013, aboutira au regroupement centralisé des opérations de vente au Botswana de l’ensemble des diamants extraits par De Beers (en Afrique du Sud, mais aussi en Namibie ou au Canada). De Beers contrôle 40% de la production mondiale de diamants bruts, la moitié provenant du Botswana. En outre, l’exploitation des réserves de charbon a rendu possible l’élaboration de 2 projets de centrales : Morupule et Mmamabula), l’objectif étant l’autosuffisance et même l’émergence d’une capacité d’exportation de l’énergie, dont la région manque ;

- Le développement des services par la création de « hubs » dans divers secteurs, tels que la santé, l’éducation, les transports, les services financiers, le tourisme, etc.

Au plan financier, le Botswana a quitté la zone Rand en 1976, et mis en place le Pula. Cette monnaie est ancrée à un panier de devises, dont le Rand, qui y a un poids élevé. Ayant atteint un pic de 15 % en 2008, l’inflation est de nouveau maîtrisée (elle est estimée par le FMI à 6,4% pour l’année 2012). Le secteur financier botswanais reste sain et profitable. Peu exposé aux marchés étrangers, il n’a pas, à ce stade, connu de « credit crunch ».

L’économie botswanaise bénéficie de sa bonne gestion. Le taux de croissance moyen de 5,7% entre 2002 et 2007 atteste cette rigueur. Ceci vaut notamment dans le secteur du diamant, où le Botswana a fait le choix de s’associer à De Beers dans le cadre de la Société Debswana, première entreprise mondiale spécialisée dans le commerce de diamants bruts. Soucieux de renforcer la valeur ajoutée dégagée par le secteur minier, le Botswana a inauguré en mars 2008, son premier centre de transformation du diamant.

Le FMI a cependant mis en garde contre l’endettement des ménages, dont 54% du montant contracté auprès des banques présente peu de garanties de recouvrement : l’éclatement de cette bulle financière pourrait avoir de lourdes conséquences sur l’économie.

En raison de son manque de transparence fiscale, le Botswana se retrouve sur la liste française des Etats et territoires non coopératifs en matière fiscale pour 2012. En l’absence d’évolution d’ici le 1er janvier 2013, des sanctions fiscales pourraient lui être appliquées.

Politique extérieure

La diplomatie botswanaise reflète de près sa géographie et son histoire. La relation avec le Royaume-Uni demeure étroite et confiante et couvre tous les domaines : politique, stratégique, économique et humain. Ces deux derniers secteurs sont particulièrement dynamiques au niveau des échanges. Cette proximité culturelle a facilité le développement de relations nourries avec les Etats-Unis dans un grand nombre de domaines. Les visites présidentielles sont régulières dans les deux sens (les Présidents Clinton et Bush se sont rendus au Botswana ; Mme Obama a fait de même en juin 2011).

La coopération de l’Union Européenne est importante, notamment dans le secteur de l’éducation (100 M€ pour ce secteur sur le 10ème FED). Le dialogue politique, qui peut être parfois difficile sur des sujets comme la peine de mort, devra être poursuivi alors même que le volume des programmes de coopération sera très sensiblement réduit (baisse drastique attendue des moyens alloués au Botswana sur le 11ème FED).

L’aide américaine au Botswana est substantielle et principalement orientée vers la lutte contre le sida (93,9M USD en 2009).

Le Botswana entretient d’étroites relations avec l’Afrique du Sud, pour des raisons historiques (le Bechuanaland faisait partie de l’Union Sud-Africaine), géographiques (enclavement du Botswana) et économiques (dépendance industrielle, énergétique, illustrée par les chiffres : 1er partenaire commercial - 77 % du marché - et 1er investisseur - 80% du stock). En témoigne notamment l’étroit partenariat avec De Beers dans le principal secteur de l’économie botswanaise.

Le voisinage d’un pays sensiblement plus vaste et puissant a encouragé Gaborone à s’impliquer dans la dynamique d’intégration régionale et, in fine, à décider, en 2001, d’accueillir sur son territoire le siège de la SADC. Bien que les positions de Gaborone et celles de la SADC divergent parfois sur certains dossiers, comme le Zimbabwe, Gaborone n’hésite pas à faire valoir ses positions à titre bilatéral (les autorités botswanaises critiquent ouvertement le régime Mugabe), mais respecte la règle du consensus qui prévaut dans le cadre de l’Organisation sous-régionale.

En revanche, au plan économique, Gaborone privilégie ce qui sert ses intérêts. C’est ainsi que le Botswana a signé, conjointement avec le Mozambique, la Namibie, le Lesotho et le Swaziland, un Accord intérimaire de partenariat économique avec l’UE en juin 2009, qui offre des avancées intéressantes à une économie soucieuse d’ouverture. En outre, la relation UE-SADC permet au Botswana de bénéficier d’une aide substantielle, qui s’élève à 73 M€ dans le cadre du Xème FED.

Sans surprise du fait de ses performances économiques, le Botswana a renforcé ses liens avec les grands pays émergents (Chine, Inde, Brésil, Russie), qui disposent chacun d’une représentation diplomatique à Gaborone. Les partenaires asiatiques, y compris le Japon, sont intéressés par ce pays à revenus intermédiaires et par le dynamisme des Etats membres de la SADC. Une relation privilégiée se maintient avec Cuba depuis l’apartheid, qui se traduit notamment par une coopération dans le domaine médical.

Le « printemps arabe » a été l’occasion pour le Botswana de réitérer ses convictions démocratiques. Dès février 2011, Gaborone rompait ses relations diplomatiques avec la Libye. Le Botswana n’a ensuite pas ménagé son soutien à la CPI après le lancement par celle-ci de trois mandats d’arrêt contre le Colonel Kadhafi et ses proches. Toutefois, sollicité pour reconnaître le CNT, le Botswana s’est aligné sur la position de l’UA et a tranché pour une reconnaissance a minima (reconnaissance du CNT comme « administration intérimaire »). Le Botswana a également dénoncé la répression en Syrie.

En revanche, sur les sujets régionaux, le Botswana s’écarte peu du consensus au sein de la SADC ou de l’Union Africaine.

Mise à jour : 18.04.13

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