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Présentation de la Bolivie

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Présentation

Données générales

Site Internet de l’ambassade de France en Bolivie : www.ambafrance-bo.org

Chef de l’Etat : Président de la République : Evo Morales Ayma

Données géographiques

Nom officiel  : État plurinational de Bolivie (depuis mars 2009)

Superficie : 1 098 580 km²

Capitale(s)  : La Paz (3 640 m. d’altitude ; 900 000 habitants, 1,7 million avec El Alto) : capitale administrative (siège des pouvoirs exécutif et législatif) ; Sucre (250 000 habitants) : capitale constitutionnelle

Villes principales : Santa Cruz (1,5 million), capitale économique ; El Alto (860 000), Cochabamba (600 000), Oruro (215 000), Tarija (175 000), Potosí (150 000)

Langues officielles : espagnol et 36 langues indiennes (art.5 de la Constitution)

Monnaie : le boliviano (10 BOL = 1 €)

Fête nationale : 6 août (déclaration d’Indépendance, en 1825)

Données démographiques

Population : 10, 2 millions d’habitants

Croissance démographique : 1,4 %

Espérance de vie : 66,5 ans

Mortalité infantile : 49%o

Taux d’alphabétisation : 86,7 %

Religions : catholicisme (95 %), églises protestantes

Indice de développement humain 2009 (PNUD) : 113e (0,723)

Coefficient GINI : 60,1

Données économiques

PIB (2010) : 18,3 Mds USD

PIB par habitant (2010) : 1801 USD

Taux de croissance (2011) : 5,2 %

Taux de chômage (2010) : 7,8 %

Taux d’inflation (2010) : 7,2 %

Dette publique(2010) : 3,2 Mds USD, soit 17% du PIB.

Exportations (2009) : 4,8 Mds $

Importations (2009) : 4,39 Mds $

Principaux clients (2009) : Brésil (43,4%), Corée du Sud (11,8%), Argentine (8,2%)

Principaux fournisseurs (2009) : Brésil (17,6%), Argentine (13,9%), États-Unis (13,3%)

Stock français d’IDE (2009) : 38 M/EUR

Flux d’IDE (2009) : 2 M/EUR

Exportations françaises vers la Bolivie(2010) : 22,5 M/EUR

Importations de Bolivie(2010) : 65,3 M/EUR

La Bolivie est notre 154ème client et notre 106ème fournisseur

Consulat(s) de France : section consulaire de l’Ambassade à La Paz ; consulats honoraires à Cochabamba, Santa Cruz, Sucre et Tarija.

Communauté française en Bolivie (2010) : 1637 immatriculés ; environ 25000 touristes français/an.

Politique intérieure

Institutions

Pays longtemps connu pour son instabilité politique (160 coups d’État depuis l’indépendance en 1825), la Bolivie ne connaît véritablement la démocratie que depuis 1982.

Constitution. La nouvelle Constitution a été approuvée par référendum au mois de janvier 2009.

Pouvoir exécutif. Le président est élu pour cinq ans au suffrage universel direct, dès le premier tour s’il obtient 40 % des suffrages et 10 % d’avance sur son principal concurrent. Il forme le Gouvernement et ne peut être réélu consécutivement qu’une seule fois.

Pouvoir législatif. La Chambre des députés est composée de 130 membres, pour un mandat de cinq ans ; une moitié est élue au scrutin majoritaire et l’autre à la proportionnelle. Sept députés sont élus dans le cadre de circonscriptions indigènes. Le Sénat compte 36 membres, élus pour cinq ans sur une base départementale (chacun des 9 départements élit 4 sénateurs).

Justice. Le système judiciaire est coiffé par la Cour suprême, dont les douze juges sont nommés par le président et doivent recevoir deux tiers des voix du Congrès. Le Tribunal constitutionnel est composé de dix magistrats élus.

Principaux groupements et partis politiques

MAS (Movimiento al Socialismo), parti du président Morales. Créé en 1997, il fédère différents mouvements sociaux, syndicaux ou indigènes. Il est aujourd’hui la première force politique du pays avec près des deux tiers des sièges au Parlement (24 sur 36 au Sénat ; 84 sur 130 à l’Assemblée) et est à la tête de six départements sur neuf, et de trois des dix principales villes du pays.

PPB-UN (Parti pour le progrès). Parti d’opposition apparu sur la scène politique en 2008, pour porter la candidature de Manfred Reyes à la Présidentielle. Il a fédéré des tendances très diverses de l’opposition (Podemos ou Unité nationale). Un quart des suffrages aux élections législatives (12/09).

MSM (Movimiento sin Miedo). Fondé en 2009, tendance centre-gauche, cet ancien allié du MAS a choisi de s’émanciper et s’est présenté seul aux élections locales d’avril 2010. Il rejette non pas le « processus de changement » lancé par Evo Morales, mais les méthodes utilisées.

UN (Front d’unité nationale). Créé en 2004, il rassemble diverses forces de centre-droit. Après avoir été la 3e force législative du pays, il n’a plus que trois députés.

Évolution politique

Après avoir été élu en décembre 2005, Evo Morales a lancé immédiatement une « révolution démocratique et culturelle », basée sur la nationalisation des hydrocarbures et sur une nouvelle Constitution garantissant les droits des populations autochtones. Le premier mandat d’Evo Morales, a été marqué par de nombreux épisodes de violences, notamment ceux intervenus à la fin de l’été 2008 dans les départements de l’est du pays, la « Demi Lune » (Beni, Pando, Santa Cruz et Tarija). La nouvelle constitution a été approuvée par référendum en janvier 2009.

Evo Morales a été réélu le 6 décembre 2009, avec près de 63 % des suffrages, face à une opposition fragmentée et désunie (l’ancien préfet de la région de Cochabamba, Manfred Reyes est arrivé en 2e position avec seulement 27 % des voix), alors que son parti le MAS remportait le même jour les deux tiers des sièges au Congrès. En avril 2010, le succès du MAS aux élections départementales et municipales a été plus modéré (il n’a remporté que trois des dix plus grandes villes du pays) et, à partir de l’été 2010, plusieurs manifestations parfois violentes sont venues rappeler au Président l’impatience de la population. Les mineurs ont paralysé la ville de Potosi au mois d’août 2010, avant que des manifestations n’éclatent dans plusieurs villes du pays en décembre 2010, en protestation contre l’augmentation des prix des carburants. En avril 2011, des mouvements de grèves paralysaient plusieurs villes du pays, contraignant le gouvernement à accepter une augmentation salariale de 10% en faveur des enseignants, de la police, de l’armée et du personnel de santé, et de 6,5 % pour les pensions de retraite. En août, plusieurs centaines d’Indiens d’Amazonie de la province du Béni ont entrepris une marche de protestation de 600 km vers la Paz, pour contraindre les autorités à abandonner leur projet de construction d’une route nord-sud cofinancé par le Brésil, qui devait traverser une zone écologiquement sensible d’un million d’hectares (parc naturel du Tipnis), dans laquelle résident 50000 Indiens moxenos, yurakarés et chimanes. Cette manifestation est arivée à La Paz le 18 octobre mais a été marquée le 25 septembre par une violente répression policière, créant un profond émoi dans le pays. A la suite de ces incidents, le Président Morales a convoqué en décembre 2011 un grand débat national (« sommet social »), qui a réuni l’ensemble des acteurs de la société civile et de la vie économique et politique du pays. A l’issue de cette réunion, une feuille de route a été établie visant à améliorer le « bien-être économique » de la population pour les trois années à venir.

Situation économique

La stratégie économique « nationaliste » menée par le Président Morales depuis 2006 (nationalisations, retrait du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), renégociation des accords bilatéraux de protection des investissements) a contribué à détériorer le climat d’investissement, mais les indicateurs macro-économiques demeurent satisfaisants et la gestion économique du pays a reçu les encouragements du FMI. Les taux de croissance sont compris entre + 4 et + 6 %. Elle détient les troisièmes réserves de gaz naturel (1500 Mm3) d’Amérique du Sud, derrière le Venezuela, et de nombreuses ressources minières (dont le zinc), ainsi que des cultures industrielles de soja, ainsi que d’importantes réserves de lithium. La Bolivie profite depuis plusieurs années de l’explosion des cours des matières premières (les exportations du pays -9 Mds USD en 2011- sont composées à plus de 80% d’hydrocarbures et de minerais). Le solde budgétaire est positif et le solde de la balance commerciale a atteint 1,5 Md USD en 2011. Les réserves de change ont explosé depuis quelques années (10 Mds de USD en 2010 soit près de 45% du PIB). Le faible intégration du pays sur les marchés financiers internationaux l’a également protégé des turbulences nées de la crise des subprimes à l’été 2008, même si elle a quelque peu subi l’onde de choc de la crise (chute des prix des matières premières ; diminution des transferts de fonds des émigrés -dont quelque 800 000 en Argentine- ; réduction de l’aide financière accordée par le Venezuela.

En dépit de ces indicateurs favorables, la Bolivie, avec un PIB par habitant de 1801 USD en 2010, demeure l’un des pays les plus pauvres de la région : un tiers de la population vit encore dans l’extrême pauvreté, malgré quelques avancées dues à la politique de redistribution mise en place par le président Morales (aides pour encourager la scolarisation, pour les personnes âgées, pour les femmes enceintes). Ses principaux handicaps sont à la fois structurels (poids de l’économie informelle, qui représente 50% du PIB et 84% de l’emploi) et conjoncturels (importante inflation -8% prévu en 2011- ; dette externe importante-de 3,2 milliards de dollars en 2010 soit 15% du PIB-).

Politique extérieure

La Bolivie a opéré depuis 2008 un changement radical de sa politique étrangère, désormais caractérisée par une rhétorique anticapitaliste et anti-américaine. L’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de notre Amérique (ALBA) offre une tribune privilégiée pour énoncer sa vision des relations internationales, proche de celles du Président Chavez, notamment pour dénoncer les excès du capitalisme. En 2010, la Bolivie est le seul Etat à s’être opposé au compromis obtenu à Cancun, mais sa position a depuis lors évolué et elle a accepté le compromis de Durban. Evo Morales s’est également rapproché de l’Iran, avec qui la Bolivie a établi des relations diplomatiques en 2007. La Bolivie a rompu ses relations avec Israël, le 14 janvier 2009, pour protester contre l’offensive à Gaza et Evo Morales a annoncé son intention de porter plainte contre Israël à la CPI pour « crime contre l’humanité ». La Bolivie a reconnu l’Etat palestinien en décembre 2010.

Les relations avec les Etats-Unis restent compliquées, depuis 2007. La Bolivie a demandé le départ de l’Ambassadeur américain et des services de la DEA (Drug Enforcement Administration) en 2008. En retour, les États-Unis ont « dé-certifié » la Bolivie, en la retirant du programme d’aide à la lutte contre les trafics de drogue « ATPDEA ». Evo Morales a annoncé au mois d’août 2011 sa « décision politique » (non effective à ce jour) d’expulser l’agence américaine de coopération USAID. Les deux Etats ont néanmoins signé en novembre 2011 un accord-cadre de coopération bilatérale et, le 20 janvier 2012, un accord tripartite avec le Brésil portant sur le contrôle des frontières et la réduction des cultures de coca excédentaires en Bolivie.

Avec l’Union européenne, les relations sont pragmatiques. Membre de la CAN (l’UE et la CAN sont liées depuis 1998), la Bolivie a refusé, à l’inverse de la Colombie et le Pérou, de signer avec l’UE un accord commercial multipartite liant les deux zones. Elle bénéficie du cadre SPG+ sur la période 2009-2011, qui lui permet de soutenir ses exportations vers l’UE (échanges UE/Bolivie de presque 400 M€ par an). Dans le cadre de l’ICD, elle a bénéficié en 2010 d’une assistance financière de 84 M/EUR, orientée autour de trois priorités (soutien à l’augmentation et à la diversification des exportations – soutien à la lutte contre le trafic illicite de drogues – approvisionnement en eau et assainissement dans les zones périurbaines).

Sur les enjeux globaux, la Bolivie a une position en pointe sur le réchauffement climatique dans le cadre de la promotion des droits « sacrés » de la Terre-Mère (« Pachamama »), qui mêlent défense de l’environnement et respect des droits des ancêtres. Elle a validé le compromis de Durban, après s’être opposée aux accords de Copenhague et de Cancun. Elle a été à l’origine d’une résolution adoptée par l’AGNU en juillet 2010 portant reconnaissance d’un « droit » à l’eau potable et à l’assainissement (un des objectifs du Millénaire).

Mise à jour : 15.03.12

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