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Présentation

Données générales

Nom officiel : République de l’Union de Birmanie (en 1989, le régime militaire a renommé le pays « Myanmar ». Les Britanniques et les Américains ne reconnaissent pas le changement de nom en anglais et continuent, tout comme Aung San Suu Kyi, d’appeler le pays « Burma »).
Nature du régime : gouvernement civil depuis le 30 mars 2011, largement composé d’anciens militaires issus de la junte qui avait gouverné le pays depuis 1962.
Chef de l’Etat : Thein Sein, Président de la République

Données géographiques

Superficie : 678 528 km2
Capitale : Nay Pyi Daw
Capitale économique : Rangoun (5,8 millions d’habitants)
Villes principales : Mandalay, Moulmein, Sittwe
Langue officielle : birman
Monnaie : Kyat (MMK)
Fête nationale : 4 janvier (fête de l’indépendance)

Données démographiques

Population : 51 millions (recensement de 2014). Densité : 90 hab/km2
Croissance démographique : 1,07% (2012)
Espérance de vie : 65 ans (Banque mondiale, 2011)
Taux d’alphabétisation : 93 % (Banque mondiale, 2011)
Religions : bouddhisme (90%), islam, christianisme
Indice de développement humain : 149e rang mondial (sur 187, PNUD 2013)

Données économiques

PIB : 53 Mds USD (CIA, 2013)
PIB par habitant : 920 USD (DG Trésor, 2013)
Taux de croissance : 6.8 % (CIA, 2013)
Taux de chômage (au sens du BIT) : incertain 5.2 %, sous-emploi : 38 %
Taux d’inflation : 6.6% (ADB,2013)
Solde budgétaire : -3% du PIB (FMI, 2013)
Balance commerciale : -2.15 USD (2012/13, FMI)
Principaux clients :. Thaïlande (40.7%), Inde (14.8%), Chine 14.3%, Japon 7.4% (2012)
Principaux fournisseurs : Chine, Singapour, Thaïlande.

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2011) :

  • agriculture : 40%
  • industrie : 23%
  • services : 37%

Exportations françaises : 57 millions d’euros (DG Trésor, 2013)
Importations françaises : 29 millions d’euros (DG Trésor, 2012)

Site internet de la Direction générale du Trésor : http://www.tresor.economie.gouv.fr/…

Communauté française en Birmanie : 501 personnes immatriculées en 2014
Communauté birmane en France : 200 personnes estimées

Politique intérieure

La Birmanie est située au carrefour entre la Chine, l’Inde et la péninsule indochinoise. Si les Birmans proprement dits (Bamar) forment environ 70% de la population, le pays est composé de plusieurs dizaines de minorités ethniques, dont certaines sont depuis plusieurs décennies engagées dans la lutte armée contre le pouvoir central. Indépendante en 1948, la Birmanie fut l’un des pays les plus prospères d’Asie du Sud-Est dans les années 1950. Gouvernée par une junte militaire de 1962 à 2011, elle est devenue l’un des pays les plus pauvres de la région. Daw Aung San Suu Kyi, figure éminente de l’opposition, a remporté les élections de 1990 à la tête de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND), témoignant de l’aspiration du peuple birman à la démocratie. Elle n’a pu à l’époque accéder au pouvoir et a passé plus de 15 ans en résidence surveillée.

Le rythme des réformes semble néanmoins se ralentir à l’approche des élections. De nombreux défis restent encore à relever, qui constituent autant de facteurs de risques pour la transition, notamment :

  • La persistance de conflits armés avec des minorités ethniques (Kachin, Shan, Karen, etc.) dans le Nord et l’Est du pays et les violations des droits de l’homme qui les accompagnent, notamment dans l’Etat Kachin. Les négociations lancées en 2013 en vue de la signature d’un accord de cessez-le-feu national entre les autorités et les minorités ethniques, qui devrait ouvrir la voie à un dialogue politique, s’avèrent complexes. Dans l’immédiat, se pose la question d’accès humanitaire aux populations dans le besoin. A plus long terme se posera celle de l’organisation territoriale du pays (les minorités ethniques souhaitent la création d’un Etat fédéral).
  • Les violences intercommunautaires entre Arakanais (bouddhistes) et Rohingyas (musulmans) qui ont éclaté en juillet 2012 dans l’Etat d’Arakan, à l’ouest de la Birmanie, à la frontière avec le Bangladesh, faisant plusieurs dizaines de victimes et des dizaines de milliers de déplacés. De nouvelles vagues de violences ont eu lieu à partir d’octobre 2012.
  • La question plus récente des violences à caractère religieux, entre communautés bouddhistes et musulmanes dans des zones extérieures à l’Arakan. - La question des prisonniers politiques restant en détention, en dépit du nombre important de prisonniers libérés. Malgré l’engagement du président Thein Sein lors de sa visite en Europe en juillet 2013 à libérer tous les prisonniers de conscience, il en resterait encore une soixantaine en détention. La multiplication récente des arrestations arbitraires pour délit d’opinion constitue par ailleurs une source de préoccupation.- Le nombre des réformes politiques et économiques restant à accomplir, notamment en matière de libéralisation de la presse, de l’internet et des autres medias (cinéma, audiovisuel, radio) et de justice.. Le renforcement de l’Etat de droit est un enjeu majeur.
  • La révision de la Constitution de 2008 promulguée par la junte militaire constitue également une problématique importante au regard de la démocratisation du pays, dans la perspective des élections de 2015 (en son état actuel, Aung San Suu Kyi est inéligible du fait de la nationalité étrangère de ses enfants) Aung San Suu Kyi, députée de la Ligue nationale pour la démocratie depuis avril 2012, espère pouvoir obtenir une majorité au parlement pour modifier la constitution puis être élue à la présidence de la République (le Président et les deux vice-présidents sont élus par le parlement réuni en collège électoral de trois groupes, dont l’un composé des militaires qui siègent au parlement). Elle devra néanmoins compter avec les 25% de sièges réservés aux militaires.

Situation économique

La Birmanie, qui était l’un des pays les plus riches de la région dans les années 1950, est aujourd’hui l’un des plus pauvres. Le revenu moyen par habitant est de l’ordre de 920 USD.

Le pays dispose cependant d’atouts importants : des matières premières abondantes (mines, bois, gaz et pétrole), un marché de plus de -51 millions de consommateurs, une main d’œuvre bon marché et une intégration régionale forte, du fait de son appartenance à l’ASEAN depuis 1997 et de ses liens étroits avec la Chine et l’Inde. L’agriculture est au cœur de la vie économique birmane (70% de la population réside dans les zones rurales).

Le président Thein Sein s’est engagé à faire de l’économie l’une de ses priorités. Une loi sur l’investissement étranger a été adoptée le 7 septembre 2012. La modernisation du système financier, et plus particulièrement bancaire, constitue un enjeu majeur conditionnant la poursuite de l’ensemble des réformes économiques, ainsi que le développement du secteur privé et des investissements étrangers.

Lors du Conseil des Affaires étrangères du 23 avril 2012, l’Union Européenne a indiqué qu’elle accueillait favorablement le développement du commerce et des investissements européens, afin de contribuer au développement socio-économique de la Birmanie tout en promouvant la responsabilité sociale et environnementale des entreprises. La levée des sanctions européennes en avril 2013 (à l’exception de l’embargo sur les armes) ainsi que la réintégration de la Birmanie dans le système de préférences généralisées européen en juillet 2013 ont permis de renforcer la contribution de l’UE au développement économique du pays. Les Etats-Unis, l’Australie et la Norvège ont également levé, soit partiellement, soit totalement, leur régime de sanctions.

La Birmanie a enregistré en 2013 une croissance de 6.8%, soit une accélération après les 4,9% obtenus en moyenne les cinq années précédentes. Les secteurs de production économique sont centrés sur l’énergie, l’agroalimentaire, la confection et l’extraction minière.

Site internet de la Direction générale du Trésor

Politique extérieure

Asie

Les sanctions occidentales avaient favorisé le rapprochement entre la Birmanie et la Chine dans les années 1990. Pékin conserve toujours 40% de parts du marché birman mais son influence s’est réduite. La Birmanie conserve toujours un caractère stratégique pour la Chine car alle lui permet d’avoir un accès direct à l’Océan indien (Un gazoduc et un oléoduc relient directement le centre de la Chine à l’Océan indien). En décidant unilatéralement en 2012 de suspendre pendant la durée de son mandat les travaux du projet de barrage chinois de Myitsone, le Président Thein Sein a cependant témoigné de sa volonté d’une relation plus équilibrée avec la Chine.

La Birmanie est membre de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN). Elle en assure la présidence cette année.

La Birmanie entretient par ailleurs des relations étroites avec l’Inde, comme en ont témoigné la visite à Delhi, en octobre 2011, du Président Thein Sein, et celle du Premier ministre indien Manmohan Singh en Birmanie en mai 2012.

A la faveur de la poursuite de la dynamique de réformes, le Japon renforce considérablement sa présence en Birmanie, qui constitue une priorité stratégique. Les rencontres de haut niveau se sont multipliées depuis 2012 et Tokyo s’affirme comme un acteur majeur de l’aide au développement.

Union européenne

L’Union européenne a répondu de manière graduelle au processus de transition par des gestes destinés à encourager la poursuite des réformes tout en maintenant des leviers :

  • le 23 avril 2012, le Conseil des Affaires étrangères de l’Union européenne a suspendu pour un an l’ensemble des mesures restrictives à l’exception de l’embargo sur les armes.
  • le 28 avril 2012 : ouverture d’un bureau de l’Union européenne à Rangoun, inauguré par la Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Sécurité, Mme Catherine Ashton.
  • le 22 avril 2013 : en soutien à la poursuite des réformes, le Conseil des Affaires étrangères de l’Union européenne a décidé de ne pas renouveler les sanctions à l’encontre de la Birmanie, à l’exception de l’embargo sur les armes.
  • les 14 et 15 novembre 2013 : deux mois après la nomination d’un ambassadeur résident, l’UE a lancé une « task force » consacrée à la Birmanie, comprenant un dialogue sur les droits de l’homme, en présence de Mme Ashton.. L’objectif de la task force est d’apporter un soutien global au processus de transition en Birmanie en utilisant l’ensemble des instruments de coopération et de dialogue dont dispose l’UE. L’Union est l’un des principaux partenaires de la Birmanie en matière d’aide au développement (688M€ d’aide bilatérale pour la période 2014-2020, la Birmanie est le 2ème récipiendaire d’aide au développement de l’UE au niveau mondial). Quatre priorités ont été identifiées : développement rural, éducation, gouvernance et paix. L’UE et la Birmanie ont annoncé en mars l’ouverture de négociations sur un accord de protection des investissements.

Page Birmanie du site du Service européen d’action extérieure

Etats-Unis

Les Etats-Unis ont intensifié leur dialogue avec la Birmanie en 2011, à la lumière du processus de transition et d’ouverture. Ces trois dernières années ont été marquées par une normalisation rapide des relations entre les deux pays. Les Etats-Unis ont progressivement assoupli leur régime de sanctions ; ils ont aussi nommé leur premier ambassadeur en Birmanie depuis 22 ans.

Mise à jour : 13.10.14


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