Présentation
Données générales
Nom officiel : République de Biélorussie
(NB : les autorités biélorusses recommandent « République de Bélarus ». L’ONU emploie « République du Bélarus ». La forme recommandée par la Commission générale de terminologie et de néologie est : « République de Biélorussie ».)
Nature du régime : République présidentielle
Chef de l’Etat : Alexandre Loukachenka
Données géographiques
Superficie : 207 600 km²
Capitale : Minsk
Villes principales : Gomel, Vitebsk, Grodno, Brest, Moguilev
Langues officielles : le biélorusse et le russe
Monnaie : rouble biélorusse (1€ = 11373.58 roubles au cours du 02/01/2013)
Fête nationale : 3 juillet
Données démographiques
Population : 9,5 millions d’habitants
Densité : 49h/km2
Croissance démographique (2012) : -0,4% (Banque Mondiale)
Espérance de vie (2012) : 70,3 ans - 76,5 ans pour les femmes, 64,7 ans pour les hommes
Taux d’alphabétisation : 99,6 %
Religions : Orthodoxes 75% (patriarcat de Moscou – 5 millions de fidèles, Eglise autocéphale –300000 fidèles), catholiques 20% (romains – 2 millions de fidèles, de rite grec –200 000 fidèles), protestants 2% (baptistes, évangéliques), juifs 1%, musulmans 1%
Indice de développement humain : 0.756 (65ème, classement PNUD 2011)
Données économiques
PIB (2011) = 55 Md USD (Banque mondiale)
PIB par habitant (2011) = 6356,8 USD (prix courants, FMI)
Taux de croissance (2011) : +5,3% PIB
Taux de chômage officiel (2012) : 0,6%
Taux d’inflation (2012) :22%
Solde budgétaire (2012) : - 0,5% du PIB
Balance commerciale (janvier –octobre 2012) : 631 Mllions USD (douanes biélorusses)
Principaux clients : Russie, Pays-Bas, Ukraine, Lettonie
Principaux fournisseurs : Russie, Allemagne, Chine, Ukraine, Pologne
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
agriculture : 10.3 %
industrie : 38.5 %
services : 52.2 %
Exportations françaises (de la France vers la Biélorussie) (2011) = 166 M€
Importations françaises (de la Biélorussie vers la France) (2011) = 118 M€
Source : Comité d’Etat des Statistiques
Pour plus d’informations : http://www.tresor.economie.gouv.fr/…
Consulats de France : Minsk
Communauté française en Biélorussie : 90 personnes environ
Communauté biélorusse en France : 750 personnes environ
Politique intérieure
Chef d’Etat depuis 1994, Alexandre Loukachenka a progressivement renforcé son contrôle sur le pays au détriment des libertés fondamentales.
Ancien directeur de Sovkhoze, Alexandre Loukachenka est élu Président de la République de Biélorussie en 1994 au terme d’un scrutin jugé pluraliste par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Fort de 81% des suffrages exprimés en sa faveur, il succède à Stanislaw Chouchkievitch, premier président de ce nouvel Etat indépendant depuis le 27 juillet 1990. A. Loukachenka dote aussitôt le pays d’une nouvelle constitution renforçant les pouvoirs présidentiels.
A partir de 2001, plus aucun scrutin électoral en Biélorussie n’est reconnu comme valide par l’OSCE. Ainsi, lorsque A. Loukachenka est réélu président en 2001 avec 75,65% des suffrages au premier tour du scrutin, contre 15,65% au principal candidat d’opposition Vladimir Gontcharik, l’OSCE considère que les engagements de la Biélorussie auprès de l’OSCE n’ont pas été honorés. A l’occasion des élections législatives de 2004, le Président organise une consultation populaire pour annuler la disposition constitutionnelle limitant à deux le nombre de mandats présidentiels successifs autorisés. Les trois quarts des électeurs (77,3%) se seraient prononcés en faveur de l’amendement à la Constitution permettant ainsi à A. Loukachenka de briguer un troisième mandat. Ce dernier est ainsi réélu en 2006. A l’issue de ce scrutin, les deux principaux candidats d’opposition MM. Milinkevitch et Kozouline sont pour le premier incarcéré 15 jours et pour le second condamné à 5 ans et demi d’emprisonnement.
Après une période d’amélioration de la situation des droits de l’homme entre 2008 et 2010 (libération des trois derniers prisonniers politiques internationalement reconnus), la situation se dégrade à nouveau au lendemain des élections présidentielles du 19 décembre 2010 suite auxquelles la nouvelle victoire du Président Loukachenka (79,67% des suffrages en sa faveur avec une participation de plus de 90%) est largement contestée par l’OSCE. En effet, si la campagne présidentielle de 2010 a été marquée par une certaine ouverture (enregistrement de sept candidats d’opposition, organisation de débats télévisés…), lors de la tenue du scrutin de nombreuses irrégularités ont été constatées. Par ailleurs, la manifestation organisée à Minsk par l’opposition le jour du scrutin et regroupant 40 000 personnes a été sévèrement réprimée. Huit cents manifestants ont été arrêtés, sept candidats de l’opposition présents ont été emprisonnés et certains d’entre eux blessés.
La Biélorussie a décidé la fermeture, le 31 mars 2011, du bureau de l’OSCE à Minsk estimant que la « mission de l’OSCE était terminée ». Les autorités biélorusses se sont seulement engagées à laisser le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’Homme (BIDDH) observer les procès des opposants et les élections, à l’instar des dernières élections législatives du 23 septembre 2012. Si celles-ci se sont déroulées dans le calme, en raison de la faiblesse des enjeux, à nouveau aucun candidat de l’opposition n’a été élu, et l’OSCE a considéré que les élections n’avaient été « ni libres, ni impartiales ».
Le recours accru à la répression à partir de 2010 concerne également la presse et les organisations de la société civile critiques envers le pouvoir, a fortiori les défenseurs des droits de l’homme.
La montée en puissance des structures de force a connu un nouvel élan suite à un attentat dans le métro de Minsk le 11 avril 2011 ayant tué 15 personnes, et dont les deux auteurs présumés ont été exécutés en mars 2012. La condamnation fin novembre 2011 d’Ales Bialiatski (4 ans et demi de camps au régime sévère), responsable du Centre des droits de l’Homme Viasna et Vice-président de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), a confirmé la détérioration des conditions d’action des ONG. Le renforcement à la mi-octobre 2011 de la législation sur le contrôle des ONG et les limitations de sortie du territoire contre certains activistes sont autant de signes qui s’ajoutent aux perquisitions et aux confiscations de matériel récurrentes. En octobre 2012, l’ONG de défense des prisonniers « Platforma » a été fermée, en novembre les biens et les locaux de Viasna ont été confisqués
Situation économique
L’année 2012 a été marquée par une relative stabilité après la crise de 2011, mais en l’absence de réformes structurelles de forts déséquilibres externes persistent, et la dépendance envers Moscou s’accroît.
La crise de 2011, en partie liée à l’augmentation de la facture énergétique et à l’augmentation des salaires du secteur public (à 500$ mensuels en moyenne) a été la plus violente crise financière et économique depuis la chute de l’URSS : dévaluation de 65% pas rapport au dollar, inflation de 109%, aggravation de l’endettement (+ 38% en un an). En comparaison, 2012 est marqué par un assainissement de court terme. L’objectif d’inflation à 22% est atteint en 2012 grâce à un fort resserrement monétaire (taux directeur à 30% en septembre 2012, contre 10,5% en mars 2011). Le secteur bancaire affiche une relative stabilité.
Mais les signes de fragilité demeurent, et pourraient s’amplifier. La production industrielle a connu une baisse pour la première fois depuis octobre 2009. Les besoins de décaissements de l’Etat biélorusse seront de l’ordre de 3 milliards de $ en 2013. La balance commerciale est redevenue déficitaire depuis août 2012, lorsque la Russie a demandé à la Biélorussie de mettre fin à sa supposée pratique d’exporter du carburant sous la dénomination de dissolvants, pratique qui aurait permis à la Biélorussie de ne pas reverser des taxes dues à la Russie dans le cadre de l’Union douanière. Enfin, les risques de relâchement budgétaire persistent, puisque le Président s’est engagé à une augmentation des salaires du secteur public (à 500$ mensuels en moyenne).
A la recherche de financements extérieurs pour lui venir en aide, la Biélorussie s’est adressée au FMI et à la Russie, la seconde s’avérant plus conciliante. Le Fonds avait prêté 3,5 milliards de dollars à Minsk en 2009. Mais en l’absence de réformes structurelles nécessaires à l’assainissement sur le long terme de l’économie biélorusse, de nouveaux prêts de l’institution de Bretton Woods ne sont pas envisageables. L’économie biélorusse reste en effet en grande partie administrée et les structures de production inchangées depuis la période soviétique. De son côté, Minsk estime avoir déjà fourni en 2011 les efforts nécessaires avec la mise en place de certaines mesures administratives (contrôle des prix, resserrement du crédit, dévaluation sans précédent de la monnaie).
Le salut est venu à nouveau de Moscou en 2011 qui a accepté dans le cadre de l’Eurasec de baisser le prix de ses fournitures de gaz dégageant ainsi une marge de manœuvre d’environ 3Mds de dollars en 2011pour les finances biélorusses et a octroyé un prêt de 10Mds$ pour la construction d’une centrale nucléaire à Ostrovets, construction qui est réalisée par un consortium d’entreprises russes.
Sous l’effet de la crise, l’influence de Moscou s’est accentuée. Le prêt accordé par l’Eurasec est conditionné à des privatisations d’un montant de 2,5 mDs de $ par an sur trois ans. Ainsi, Minsk a dû faire faire d’importantes concessions comme celle de vendre les derniers actifs (50%) de Beltransgaz à Gazprom en 2011, ce qui permet à la Russie de maitriser totalement le transit de son gaz par la Biélorussie. Le commerce bilatéral entre les deux pays a atteint un nouveau record au premier semestre 2012 (33 mDs de $, soit 47% du commerce extérieur de la Biélorussie). Alexandre Loukachenka a demandé un nouveau prêt de 2 milliards $ à Moscou en décembre 2012.
Politique extérieure
Biélorussie - Russie
Depuis son élection en 1994, le Président Loukachenka a engagé son pays dans un processus de rapprochement avec la Russie. Formellement associés dans une Union d’Etats depuis 1997, les deux « pays frères » ont toutefois des relations traditionnellement erratiques, rythmées par des tensions régulières (crises du pétrole en 2007 puis du lait en 2010, coupure de fournitures d’électricité russe en 2011, non-reconnaissance de l’indépendance des entités sécessionnistes géorgiennes par la Biélorussie). L’intégration est néanmoins importante pour les deux partenaires, notamment sur le plan de la défense et sur le plan commercial. L’entrée en vigueur du Code douanier de l’Union douanière Russie-Biélorussie-Kazakhstan le 1er juillet 2010 a marqué une nouvelle étape dans la construction d’un Espace économique commun dont la mise en place est effective depuis le 1er janvier 2012.
En dépit d’une nette dégradation des relations à l’automne 2010, la Russie a reconnu le scrutin présidentiel biélorusse du 19 décembre comme crédible et condamné les sanctions occidentales (cf. infra et point VII), apportant ainsi un soutien non négligeable à Loukachenka dans un contexte très dégradé avec l’UE et les Etats-Unis. Le rapprochement politique s’est réamorcé avant les élections de 2010 et s’est poursuivi depuis, masquant une volonté de prise en main par Moscou de l’économie biélorusse. L’année 2011 a marqué ainsi un tournant dans les relations entre les deux pays alors que la Russie avait tardé a venir en aide à Minsk pour endiguer la grave crise économique.
Les prêts bilatéraux ont notamment été octroyés sous conditions. Exsangue financièrement et isolé sur la scène internationale, Minsk a finalement été obligé de céder aux pressions russes, comme en témoignent les accords signés le 25 novembre 2011. Ces derniers prévoient une baisse significative des prix du gaz pour 2012 (165$/1000m3) qui a soulagé les finances du pays (équivalent à 2Mds$/an de « subvention »), mais en échange, Minsk a dû faire faire d’importantes concessions comme celle de vendre les derniers actifs (50%) de Beltransgaz à Gazprom, ce qui permet à la Russie de maitriser totalement le transit de son gaz par la Biélorussie. Le Président Loukachenka a été également contraint de se rallier au projet d’Union Eurasiatique promu par le Kremlin et qui devrait être opérationnel dès 2015. En participant aux projets d’intégration régionale russes, Minsk s’assure le soutien de la Russie en cas de nouvelles difficultés financières.
A mesure qu’elle se rapproche de la Russie et se distancie de l’Union Européenne (cf. point VII), la Biélorussie recherche d’autres partenariats pour être moins dépendante de Moscou.
Avec certains Etats membres de la CEI, l’amitié forte et historique perdure. L’Azerbaïdjan a ainsi octroyé un crédit à Minsk (0,3Md$) pour l’aider durant la crise de 2011. La Biélorussie mène par ailleurs une politique volontariste vis-à-vis de la Chine (création en 2011 d’une zone économique spéciale en banlieue de Minsk, le « China-Belarus Industrial Park »), désormais son quatrième partenaire commercial, sans obtenir toutefois une réponse à la hauteur de ses attentes.
Minsk noue également des contacts avec des partenaires moins traditionnels : l’Iran, des pays asiatiques, et avec pays d’Amérique du Sud. Pour son premier déplacement, l’actuel Ministre des affaires étrangères Vladimir Makeï s’est rendu en Iran, au Sommet des non alignés. Depuis 2006, les relations avec le Venezuela se sont intensifiées (plus de 200 accords de coopération signés), comme en témoigne la visite d’Alexandre Loukachenka à Caracas en juin 2012. A l’occasion de sa venue en Amérique latine, il s’est également rendu à Cuba et en Equateur. Le Premier ministre s’est rendu en novembre 2012 au Bengladesh et en Inde.
Relations Biélorussie - Etats-Unis
Les relations entre la Biélorussie et les Etats-Unis sont très limitées, les Etats-Unis comme l’Union Européenne une politique de sanctions. A compter du printemps 2008, un regain de tension a été observé. En mars 2008, l’extension des sanctions visant le conglomérat pétrochimique biélorusse Belneftekhim aux filiales du groupe a conduit à une crispation supplémentaire des relations américano-biélorusses, manifestées par un double rappel des ambassadeurs à Washington et à Minsk. Les Etats-Unis ne disposent depuis lors à Minsk que d’un chargé d’affaires. La levée partielle des sanctions américaines contre Belneftekhim n’a pas conduit à une amélioration significative des relations diplomatiques américano-biélorusses.
Le 31 janvier 2011, et de manière coordonnée avec l’UE, les Etats-Unis ont annoncé de nouvelles sanctions contre Minsk : visa ban élargi et révocation de la licence permettant les relations d’affaires entre des citoyens américains et deux filiales de Belneftekhim. Le 14 juin 2012, le Président Obama a reconduit les sanctions des Etats-Unis contre la Biélorussie pour une année supplémentaire affirmant que : “en matière de gouvernance démocratique et de droits de l’homme, la situation en Biélorussie a connu une continuelle détérioration depuis un an”.
Mise à jour : 17.01.13
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