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Intervention d’Hélène Conway-Mouret, ministre déléguée chargée des Français de l’Etranger, devant la communauté française Bruxelles (14 juillet 2012)

Madame l’Ambassadeur,
Monsieur le Consul général,
Monsieur le Député,
Mesdames et Messieurs les Conseillers,
Mes chers compatriotes,

En ce jour de Fête Nationale, je suis particulièrement heureuse d’être à Bruxelles avec vous. Cet anniversaire réunit tous les Français, mais aussi tous ceux pour qui le souvenir de la Révolution de 1789 reste indissociable de la liberté et des Droits de l’Homme, dans leur universalité.
N’est-ce pas dans les remous qui ont suivi cette fantastique éclosion de la modernité que furent proclamés les « Etats Belgique unis », première ébauche d’une Belgique indépendante ? Et c’est aussi du Plat Pays que vint Théroigne de Méricourt, l’intrépide « amazone de la Révolution » qui osa secouer les certitudes des républicains français par ces mots pleins de promesses : « O Bellone, compagne de Mars, à ton exemple toutes les femmes ne devraient-elles pas marcher d’un pas égal avec les hommes ? ».

Le Gouvernement français, aujourd’hui, est strictement paritaire et je suis fière d’en être membre.

En voulant un ministère consacré aux Français de l’Etranger, le Président de la République a adressé un message clair à nos compatriotes établis hors de nos frontières. Ministre déléguée chargée des Français de l’Etranger, je suis à l’écoute des communautés françaises et de notre réseau consulaire.

Les chantiers importants ne manquent pas : améliorer le service rendu aux usagers du service public représente pour moi une priorité, ce qui suppose de connaître précisément les attentes en matière sociale, les besoins scolaires et les préoccupations de sécurité.

J’arrive de Johannesburg et de Pretoria où je me suis rendue jeudi et vendredi pour l’ouverture de la Saison française en Afrique du Sud. Mardi, j’avais accompagné le Président de la République à Londres. A chacune de ces étapes, je suis allée à la rencontre des communautés françaises et de notre réseau diplomatique et consulaire. J’entends multiplier ces déplacements, pour que, partout dans le monde, les doléances et les propositions de nos compatriotes soient écoutées et relayées.

Cela fait longtemps déjà que, chaque année, je célèbre notre Fête Nationale à l’étranger et c’est toujours avec plaisir et émotion. Cette année, j’ai souhaité venir en Belgique pour partager avec vous ce 14 juillet, pour plusieurs raisons :

parce que la Belgique est un voisin et un partenaire très important de la France ;
parce que notre communauté y incarne tous les liens, historiques et présents qui unissent nos deux pays ;
parce que Bruxelles est au cœur de l’Europe, et que les Français de Belgique contribuent à sa construction depuis l’origine : élus, fonctionnaires des institutions européennes, cadres d’entreprise, représentants des organismes français… ils vivent l’Europe au quotidien ;
Enfin, je n’oublie pas que la communauté française de Belgique compte aussi de nombreuses personnes en difficulté, qui bénéficient de l’aide sociale des autorités belges et de l’appui du consulat. Je veux m’adresser à eux, pour leur dire mon affection et mon soutien.

Ici, dans la 4ème circonscription des Français de l’Etranger, vous venez d’élire un député. Vous étiez jusqu’alors représentés au Parlement par des sénateurs mais, contrairement aux autres Français, vous n’aviez pas de députés. Voici l’équité enfin établie.
Quant à vos six Conseillers de Belgique élus à l’Assemblée des Français de l’Etranger - dont le prochain renouvellement interviendra en juin prochain - ils effectuent un travail quotidien de proximité tout à fait remarquable. Je tiens à saluer très chaleureusement leur présence et leur action.

Je voudrais aussi remercier tous ceux qui ont aidé à l’organisation des bureaux de vote d’avril à juin derniers. Je sais qu’en Belgique, la tâche était grande : 54 bureaux de vote soit 22 bureaux de plus qu’en 2007, répartis dans 12 villes !
Ce scrutin a été une réussite même si, je ne l’ignore pas, certains d’entre vous ont été confrontés à quelques difficultés. Je le regrette et je travaillerai, avec les services et les postes de notre Réseau à améliorer encore le déroulement des opérations électorales.
Nous étudierons également les moyens d’augmenter la participation. C’est un devoir. A cet égard, je salue la forte implication des citoyens français de dont le taux de participation fut l’un des plus élevés !

Vous constituez l’une des premières communautés françaises dans le monde. Notre administration consulaire compte 111.000 inscrits mais vous êtes en réalité près de 200.000 Français résidant en Belgique. C’est par votre présence que la France peut affirmer son ambition de rayonnement, de dynamisme et d’ouverture. Et en faisant vivre les caractères de notre pays, vous contribuez aussi à la diversité et à l’élan de la Belgique.

Je remercie Mme l’Ambassadeur, M. le Consul général et leurs équipes, pour avoir organisé cette belle réception. Je les remercie surtout pour leur action attentive et permanente en faveur des Français de Belgique. Ils assurent ainsi la continuité des missions de service public et permettent à nos compatriotes d’exercer pleinement leurs droits civiques. Avec les associations, notamment les sociétés d’entraide, et les consuls honoraires, ils vous accompagnent, accordant une grande attention à vos difficultés.
Je suis, moi aussi, à votre écoute. Ainsi, vous avez été nombreux à me faire part de vos préoccupations relatives à la scolarité de vos enfants.
Vous avez été nombreux à me faire part de vos préoccupations relatives à la scolarité de vos enfants.
Je voudrais rassurer les Français. Dès le 4 juillet, le Conseil des Ministres a approuvé la suppression du dispositif de prise en charge (PEC) des frais de scolarité des enfants français inscrits dans les écoles françaises à l’étranger. Cette mesure met en œuvre un engagement du Président de la République. Elle s’appliquera dès la rentrée 2012 pour le rythme nord.

Cette décision constitue la première étape d’une réforme plus globale de l’aide à la scolarité. Une telle refonte est en effet nécessaire : nous devons rétablir l’équité et de la justice sociale dans notre sphère scolaire à l’étranger. Il faut construire un dispositif de financement qui renda possible une véritable démocratisation de l’enseignement à l’étranger, via les bourses.

Le Président de la République, en ouvrant son quinquennat pas un hommage à Jules Ferry, a voulu rappeler à quel point l’éducation représente un enjeu centrale pour la France. L’égalité des chances, l’égalité d’accès à un enseignement de qualité vont dans le sens de la justice, comme de l’intérêt général : cette politique est globale, elle sera mise en œuvre aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Hexagone. C’est d’ailleurs concrétiser le vœu d’un ancien résident français de Belgique – un certain Victor Hugo – qui voulait « les portes de la science toutes grandes ouvertes à toutes les intelligences ». Hugo était en exil en Belgique, à l’époque où de telles idées étaient perçues comme subversives en France. Elles sont aujourd’hui à l’ordre du jour.

Victor Hugo fut aussi un grand européen, l’homme qui annonça les « Etats-Unis d’Europe ». A cet égard, je tiens à rendre hommage à ceux d’entre vous – et vous êtes plus de 5.000 -, qui travaillez au sein des Institutions communautaires. Vous faites avancer la construction de cette Europe démocratique que nous voulons. Je suis heureuse de le rappeler aujourd’hui, devant les héritiers réunis de Paul-Henri Spaak et Jean Monnet.

La Représentation permanente de la France, les différentes administrations impliquées dans le processus communautaire, maintiennent les liens avec les Français dans les institutions. Nous continuerons de vous soutenir, de vous suivre dans vos parcours professionnels, d’encourager les recrutements de nos nationaux, de multiplier les échanges entre administration française et européenne, qui sont source d’enrichissement mutuel.

Je veux dire à ce propos que la France souhaite une fonction publique européenne qui demeure forte, malgré la situation budgétaire difficile qui existe, ici comme ailleurs. A cet égard, si la réforme du statut de la fonction publique européenne est un impératif qui s’impose à tous les Etats membres, nous souhaitons que celle-ci continue d’être attractive, d’attirer des Français brillants et ouverts sur le monde et sur l’Europe.

La langue française doit demeurer largement utilisée dans les institutions européennes. Vous qui parlez et travaillez souvent en anglais, vous ne devez pas oublier pour autant votre langue maternelle, y compris dans le quotidien de vos activités professionnelles. C’est une responsabilité forte. Elle vous incombe en partie. Si les Français ne donnent pas l’exemple en utilisant le plus souvent possible notre langue, nous risquons de voir disparaitre le multilinguisme qui fait l’identité du projet européen, en constitue la richesse et l’une des forces.

Je voudrais enfin honorer les représentants des anciens Combattants. Les vestiges militaires de la Grande guerre et les centaines de lieux d’inhumation des soldats français tombés lors du premier conflit mondial sont nombreux en Belgique, et protégés au rang de patrimoine. Les Belges comme les Français sont attachés au devoir de mémoire. La reconnaissance qu’ils témoignent à la fraternité d’armes entre les deux pays et aux sacrifices des soldats français des batailles d’août 1914 ou mai 1940 sont exemplaires. Et les vétérans qui perpétuent leur souvenir jouent un rôle-clé, notamment pour transmettre aux jeunes le relais du flambeau de la mémoire. Dans seulement deux ans nous allons commémorer le centenaire de la Première Guerre mondiale : je sais que les bonnes volontés ne manqueront pas pour cet important anniversaire, qui nous rappellera la nécessité d’une paix durable sur le continent européen.
Ce 14 juillet qui nous réunit n’est pas une fête guerrière, comme on l’a cru parfois. C’est un rendez-vous de la concorde et de la bonne entente, une occasion de nous retrouver entre Français, avec nos amis Belges, qui célèbrent cette date avec autant de ferveur que les Français eux-mêmes, comme en ce moment à Liège.

Je remercie donc, en guise de conclusion, les partenaires et autorités belges qui, à Bruxelles et ailleurs, s’efforcent de donner le meilleur de la Belgique à nos compatriotes, en sachant comme nous que nos deux démocraties sont faites pour s’entendre.

Vive la Belgique

Vive la France

Vive l’Europe


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