Présentation du Bahreïn
Présentation
Sommaire
Données générales
Nom officiel : Royaume du Bahreïn
Nature du régime : royaume
Chef de l’Etat : Cheikh Hamad bin Issa AL KHALIFA
Données géographiques
Superficie : 711 km² répartis sur 33 îles, dont certaines inhabitées
Capitale : Manama
Villes principales : Muharraq, Riffa, Jidhafs, Hamad Town, Isa Town
Langue officielle : arabe
Monnaie : dinar bahreïnien
Fête nationale : 16 décembre
Données démographiques
Population : 1,248 millions d’habitants, dont 530 000 nationaux
Densité : 1755 hab/km²
Croissance démographique : 1,17 %
Espérance de vie : 78 ans
Taux d’alphabétisation : 97 % (H) – 97 % (F).
Religions : islam, religion officielle : chiisme (70 % des nationaux, 55 % des résidents) et sunnisme, christianisme (nombreuses congrégations pour la population immigrée)
Indice de développement humain (2011) : 0,806 (42ème rang)
Données économiques
PIB (2011) : 26,4 milliards de dollars
PIB par habitant (2011) : 27 300 dollars
Taux de croissance (2011) : 1,8 %
Taux de chômage (2011) : 4 %
Taux d’inflation (2011) : 0,3 %
Solde budgétaire (2011) : - 2,3 % du PIB
Dette publique (2011) : 36 % du PIB
Part du secteur hydrocarbures (2011) : 25 % du PIB
Exportations de la France vers le Bahreïn (2011) : 158 millions de dollars (hors Airbus)
Importations françaises du Bahreïn (2011) : 118 millions de dollars
Section consulaire de France : Manama
Communauté française au Bahreïn (1er octobre 2012) : 918 Français inscrits
Politique intérieure
Le Bahreïn connaît depuis longtemps des tensions politiques et sociales, qui recoupent assez nettement le clivage entre sunnites et chiites. Frontalier de la région du Hassa en Arabie où se trouve l’essentiel de la minorité chiite saoudienne (environ 15 % de la population), le royaume a engagé depuis dix ans un processus d’ouverture démocratique visant à mieux intégrer les chiites dans le jeu politique (adoption par référendum en 2001 d’une Charte nationale, mise en place en 2002 d’un Conseil consultatif et d’une Chambre des députés élue au suffrage universel).
Pour autant, les chiites continuent de dénoncer des actes de discrimination (chômage important, difficultés à l’embauche dans l’administration, restrictions pour l’accès au logement) et jugent les réformes nettement insuffisantes (découpage défavorable des circonscriptions, faibles prérogatives pour le conseil élu).
La crise que connaît le Bahreïn depuis le 14 février 2011 s’est développée en trois temps :
a) Une forte mobilisation de l’opposition chiite entre le 1er février et le 14 mars 2011 : jusqu’à 150.000 manifestants (sur environ 600.000 nationaux) se sont mobilisés pour demander l’instauration d’une monarchie constitutionnelle.
b) Une violente répression à partir du 14 mars 2011 : à la suite de violents incidents survenus dans le centre ville de Manama, les autorités ont décidé de réprimer sans ménagement les mouvements de foule. Le 15 mars 2011, le Bahreïn a reçu des renforts militaires des pays du CCEAG et a mené une vaste campagne d’arrestations d’opposants qui ont été condamnés à de sévères peines de prison.
c) Une tentative de reprise d’un processus politique à partir de l’été 2011 : l’état d’urgence a été levé le 1er juin et les autorités bahreïniennes ont, dans le même temps, pris l’initiative de mandater une commission d’enquête indépendante afin de déterminer la nature des violations survenues et d’en désigner les responsables. L’américano-égyptien Chérif Bassiouni s’est alors entouré de cinq juristes internationaux spécialisés dans les violations des droits de l’Homme et a remis ses recommandations le 23 novembre 2011 (programme de « réconciliation nationale », identification et sanctions des personnels de sécurité coupables de violations des droits de l’Homme, instauration d’un fonds de compensation aux victimes, réintégration des travailleurs licenciés, refonte de la loi sur la presse et les médias, …)
Pourtant, la situation reste bloquée. Le dialogue sur les questions de fond n’a pas abouti et les violences se poursuivent. Après un net durcissement des positions gouvernementales à l’automne 2012, le Roi a appelé, le 21 janvier 2013, les formations politiques à une nouvelle session du dialogue national, annonce favorablement accueillie par l’opposition bahreïnienne.
Situation économique
Principales caractéristiques de l’économie bahreïnienne
Comparé aux autres pays du CCEAG, le Bahreïn présente des spécificités notables : une faible part des hydrocarbures dans la formation du PIB (25 %) et une stratégie de diversification dynamique (notamment dans les secteurs de l’aluminium et du tourisme).
Manama est devenu, au cours des dix dernières années, l’une des premières places financières du Golfe et les services financiers représentent près de 25 % du PIB de l’archipel. L’Etat conserve un rôle déterminant dans l’économie. Un mouvement de privatisation et d’ouverture de l’économie est toutefois en cours.
Contrairement à d’autres pays de la région, le Bahreïn, dont la production de pétrole brut ne dépasse pas 190 000 b/j (dont 150 000 provenant de l’exploitation partagée avec l’Arabie saoudite), dispose d’un fonds souverain limité : le patrimoine de Mumtalakat est évalué à 8 milliards de dollars environ.
Les conséquences de la crise politique
A la suite des événements survenus au printemps 2011 et des tensions financières au sein de la zone euro, la situation macroéconomique, l’image et l’attractivité du Bahreïn se sont dégradées. Même si l’évolution du PIB a été positive en 2011 (1,8 %), le niveau de l’activité n’a rien à voir avec celui qu’a connu le pays entre 1995 et 2010.
Cependant, la détérioration de la conjoncture et du climat des affaires n’a pas eu de conséquence significative, à ce stade, sur l’évolution des prix à la consommation ou sur le taux de chômage (4 % de la population active).
La persistance de tensions politiques non résolues risque d’affecter la confiance des investisseurs et de faire perdre au royaume son avantage compétitif dans un environnement régional à la fois instable et très concurrentiel.
Le Bahreïn reste exposé à la volatilité du marché international des hydrocarbures et tributaire des pays les plus riches du CCEAG, à commencer par l’Arabie saoudite. Ces derniers (EAU, Qatar, Koweït et Arabie saoudite) ont d’ailleurs créé en mars 2011 un fonds de développement de 20 milliards de dollars pour aider, à parité, le Bahreïn et le sultanat d’Oman à faire face aux conséquences économiques de leurs « printemps » respectifs.
Politique exterieure et relations avec l’Union européenne
Relations avec l’Union européenne et les Etats-Unis
Le Bahreïn entretient des relations privilégiées avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Les premiers lui ont accordé en 2001 le statut d’« allié majeur hors OTAN » tandis que la seconde a exercé son protectorat sur l’île jusqu’en 1971.
Manama accueille le commandement de la Ve flotte américaine et le Commandement central des Forces navales (USNAVCENT). Les critiques américaines et britanniques sur la répression dans le royaume ont toutefois entraîné un « refroidissement » des relations bilatérales.
Les relations avec les autres pays du Golfe
Le royaume a noué des liens étroits avec l’Arabie saoudite, à laquelle il est relié par un pont-digue de 25 km. Outre l’aide pétrolière qu’elle lui fournit, l’Arabie représente l’essentiel de ses entrées touristiques, ainsi qu’un débouché substantiel pour sa production d’aluminium.
L’alignement sur les positions saoudiennes est une constante de la politique étrangère bahreïnienne. La crise actuelle risque, en outre, de renforcer la dépendance de Manama vis-à-vis de Riyad, déjà très forte sur le plan économique et financier.
Le différend territorial qui opposait le Bahreïn au Qatar à propos du statut des îles Hawar est résolu depuis un arrêt de la CIJ du 16 mars 2001 reconnaissant la souveraineté bahreïnienne sur ces îles. Les relations entre Doha et Manama (qui exerçait jusqu’à la fin du XIXème siècle sa souveraineté sur le Qatar) demeurent difficiles.
Dossiers régionaux
Aux prises avec ses propres difficultés intérieures, le Bahreïn est resté discret dans le dossier syrien. Il soutient officiellement les initiatives de ses voisins du Golfe (Arabie saoudite et Qatar). Le royaume a signé un accord avec la Jordanie pour construire cinq écoles aux réfugiés syriens au cours du mois d’octobre 2012.
S’agissant du conflit israélo-arabe, le Bahreïn fait partie du camp des modérés. L’assaut de la « flottille pour Gaza » par l’armée israélienne en mai 2010 a été fermement condamné par le Roi qui a appelé à des sanctions internationales contre Israël.
Divers
Le Bahreïn apporte une contribution remarquée aux débats consacrés aux questions de sécurité dans la région du Moyen-Orient. Il organise chaque année depuis 2004, en collaboration avec l’International Institute for Strategic Studies (IISS), le « Manama Dialogue » qui est devenu une instance de référence sur les problématiques de sécurité au Moyen-Orient. La dernière édition, essentiellement dédiée à l’actualité syrienne, s’est tenue du 7 au 9 décembre 2012.
Mise à jour : 02.04.13
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