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Présentation de l’Autriche

Présentation

Données générales

Nom officiel : République d’Autriche

Nature du régime : parlementaire

Chef de l’Etat : Heinz FISCHER (depuis 2004, réélu en 2010)

Premier ministre  : Werner FAYMANN (depuis 2008)

Données géographiques

Superficie : 83 859 km²

Capitale : Vienne
Villes principales : Graz (capitale de la Styrie), Linz (capitale de la Haute-Autriche), Salzbourg (capitale du land de Salzbourg), Innsbruck (capitale du Tyrol)
Langue officielle : allemand
Monnaie : euro
Fête nationale : 26 octobre

Données démographiques

Population : 8,443 millions (janvier 2012)
Croissance démographique : + 0,34 % par an (2009)
Espérance de vie : hommes 77,3 ans, femmes 82,9 ans
Taux d’alphabétisation : 99 %
Religions : catholiques 73,6 %, musulmans 5 %, protestants 4,7 %, orthodoxes 2,2 %, bouddhistes 0,1 %, juifs 0,1 %, autres 3 % (données officielles)
Minorités reconnues par le traité d’Etat de 1955 (art. 7) : Slovènes, Croates, Tchèques, Hongrois, Slovaques, Roms
Indice de développement humain (2008) : 0,955 (14ème )

Données économiques :

PIB (2011) : 200,8 Md€
PIB par habitant (2011) : 34100 €
Taux de croissance (2012) : 0,9 %
Taux de chômage (2012) : 4,5 %
Taux d’inflation (2012) : 2,3 %
Solde budgétaire (2012) : - 2,9 % du PIB
Balance commerciale (2010) : - 4,3 Mds €
Principaux clients (2012) : Allemagne, Italie, Suisse, Etats-Unis, France.
Principaux fournisseurs (2012) : Allemagne, Italie, Suisse, Chine, République tchèque, France
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
- agriculture : 1,9 %
- industrie : 31,1 %
- services : 67 %

Exportations de la France vers l’Autriche (2012) : 4,67 Mds€
Importations françaises de l’Autriche (2012) : 3,79Mds€

Pour plus d’informations : http://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/autriche

Consulats  : 6 consulats honoraires à Bregenz, Graz, Innsbruck, Klagenfurt, Linz et Salzbourg
Communauté française en Autriche : 6 887 personnes inscrites au Registre des Français établis hors de France au 31 décembre 2007. Environ 2 500 non inscrits
Communauté autrichienne en France : environ 20 000 personnes

L’Autriche et l’UE

Contribution au budget de l’UE2010 : 2,46 Mds€
Fonds européens perçus en 2010 : 1,82 Mds€
Contributeur net en 2010 : 677 millions €, soit 0.24 % du RNB (10ème contributeur net en % du RNB), l’Autriche reçoit par ailleurs :

  • 162 millions € au titre de la politique de cohésion
  • 1,351 Mds€ au titre de la PAC

Nombre de députés au Parlement européen : 17 / 736 (+ 2 en 2014)
Nombre de voix au Conseil de l’UE (pondération, Traité de Nice) : 10 / 345 soit 2,9%
Nombre de voix au Conseil de l’UE (critère démographique, Traité de Lisbonne) : 1,65% (-1,35%, soit la plus importante perte après la Hongrie et la République tchèque).
Commissaire européen : Johannes Hahn, politique régionale

Politique intérieure

La République d’Autriche est un Etat fédéral doté d’un régime parlementaire

Le Nationalrat (chambre basse) comprend 183 députés élus pour 5 ans au suffrage universel direct selon une formule de représentation proportionnelle. Il peut décider un référendum à la majorité simple de ses membres, et une réforme constitutionnelle à la majorité des deux tiers. La présidence de plusieurs commissions est traditionnellement assurée par des partis d’opposition (contrôle budgétaire, défense, etc.). Le Bundesrat (chambre haute) comprend 58 sénateurs élus par les Parlements des Länder.

Le chancelier fédéral est nommé par le président et confirmé par le Nationalrat. Il est responsable de la coordination interministérielle mais ne dispose pas d’un pouvoir de directive sur ses ministres (Ressortprinzip). Le gouvernement est un organe collégial : un décret ou un projet de loi doit être approuvé à l’unanimité de ses membres.

Le président fédéral, élu au suffrage direct pour un mandat de 6 ans renouvelable une fois, a surtout des fonctions de représentation. Il est commandant en chef des armées. Heinz Fischer (SPÖ) a été réélu le 25 avril 2010 à un second mandat de 6 ans avec 78,94% des voix.

Les principaux partis politiques sont le Parti social-démocrate de Werner Faymann (SPÖ, centre-gauche), le Parti du peuple de Michael Spindelegger (ÖVP, centre-droit), le Parti de la liberté de Heinz-Christian Strache (FPÖ, droite populiste), l’Alliance pour l’avenir de Jozef Bucher (BZÖ, droite populiste, mais connaissant une certaine évolution vers un parti libéral, en net recul cependant depuis le retour au sein du FPÖ de la fraction du BZÖ de Carinthie, la plus importante du pays) et les Verts d’Eva Glawischnig (Grüne, centre-gauche).

Les deux textes fondamentaux sont la Loi constitutionnelle fédérale du 1er octobre 1920 (rétablie au début de la Seconde République, le 1er mai 1945) et le traité d’Etat signé le 15 mai 1955, par lequel l’Autriche a recouvré sa pleine souveraineté. Le traité d’Etat reconnaît sept minorités : Slovènes, Croates, Tchèques, Hongrois, Slovaques, Roms. La fête nationale est fixée au 26 octobre, jour de l’adoption en 1955, d’une Loi constitutionnelle proclamant la neutralité perpétuelle.

Le respect de l’Etat de droit et des droits de l’homme est assuré par un dispositif institutionnel et juridique complet. La cour constitutionnelle, la cour administrative et les trois médiateurs (issus des trois principaux partis représentés au Nationalrat) peuvent recevoir des plaintes individuelles.

Le pays a été gouverné le plus souvent par des coalitions SPÖ-ÖVP

La majorité des gouvernements autrichiens, depuis 1945, ont été des « grandes coalitions ». Cette tradition n’a été rompue que sous les Chanceliers Kreisky (1970-1983), Sinowatz (1983-1986), Vranitzky (1986) et Schüssel (2000-2006). Elle s’inscrit dans une culture du consensus qu’illustrent aussi la pratique du Proporz (répartition des emplois entre adhérents des deux partis) et les convergences en matière de politique européenne et étrangère.

Les élections du 28 septembre 2008 ont révélé un effritement du poids des deux grands partis et un score record de la droite populiste. Le SPÖ conserve sa première place au Nationalrat mais recule de 6 points (29,3% des suffrages), tandis que l’ÖVP enregistre un recul de 8 points (26,0 %). Le FPÖ et le BZÖ (alors encore conduit par M.Haider) obtiennent respectivement 17,5 % et 10,7 %, réalisant ainsi un score cumulé supérieur à celui du FPÖ aux élections de 1999 (26,9 %). Les Verts ne voient guère changer leur position (10,4%). M.Werner Faymann, nouveau président du SPÖ, dirige le gouvernement investi le 2 décembre 2008. Le SPÖ et l’ÖVP disposent du même nombre de ministres et de secrétaires d’Etat. Les élections suivantes (au Parlement européen notamment) ont cependant donné lieu à un rééquilibrage, avec une tendance négative pour le SPÖ et de meilleurs résultats pour l’ÖVP. A l’occasion de l’élection présidentielle d’avril 2010, le FPÖ, dont la candidate avait tenu des propos ambigus sur le nazisme,a enregistré un net recul, mais ce scrutin se tenait dans un contexte particulier.

L’opposition : l’extrême droite (FPÖ et BZÖ), créditée encore récemment de plus de 30% des intentions de vote, est en perte de vitesse (22-25%) en raison de multiples affaires de corruption. Pour mémoire, le gouvernement alliant conservateurs et extrême droite (FPÖ) de 2000 à 2006, avait suscité de vives réactions européennes (sanctions), notamment à l’initiative de la France. Un outsider, l’industriel austro-canadien Frank Stronach au discours populiste, eurosceptique et ultralibéral, est crédité de 10% des intentions de vote. Les Verts recueillent 13 à15% des intentions de vote.

L’ensemble du monde politique (à l’exception des Verts) a été durement affecté par de nombreuses affaires de corruption. Le financement des partis politiques a été récemment encadré par de nouvelles mesures.

Echéances électorales de 2013 : La classe politique se met en ordre de bataille en vue des élections législatives de 2013 (le 29 septembre).

Situation économique

Une politique économique autrichienne fondée sur la stratégie du « triple I » : innovation, investissements, internationalisation

Le 16 mai 2011, le gouverneur de la banque nationale OeNB, M. Nowotny et le ministre de l’Economie, M. Mitterlehner ont présenté la stratégie « triple I » visant à conforter la position des entreprises autrichiennes au niveau international. Cette stratégie s’inscrit dans le prolongement de la stratégie « Recherche, Technologie et Innovation », adoptée le 8 mars et détaille la mise en oeuvre du volet innovation des PME. Cette stratégie souligne la volonté de placer la compétitivité au coeur de la politique économique, alors que le récent rapport de l’institut suisse IMD sur la compétitivité en 2010 dégrade la position de l’Autriche de la 14ème place (2009) à la 18ème place.

Les trois volets de cette stratégie sont les suivants :

  • renforcement du potentiel d’innovation : doublement du montant du chèque innovation de 5000 à 10 000€ (2011), création d’un chèque « technologie » d’une valeur de 1 000€ (2011) et d’un chèque « créativité » d’une valeur de 5 000€ (2012) ;
  • soutien aux investissements par des subventions, crédits à taux préférentiel et garanties : en 2011, l’AWS (organisme de financement des entreprises innovantes, équivalent OSEO) financera des mesures de soutien à l’investissement des PME à hauteur de 1 Md EUR pour des investissements de 2,5Mrd EUR ;
  • poursuite de l’internationalisation des entreprises autrichiennes : ¼ des emplois autrichiens (990 000) sont liés directement ou indirectement aux exportations. La nécessité de poursuivre la diversification des exportations autrichiennes, encore très concentrées sur l’Europe (83%), est réaffirmée : l’effort de diversification devra porter sur les marchés (BRIC, région mer noire, Afrique) et les produits (haute valeur ajoutée, innovations vertes, IT et services online).

Suite à la crise économique, l’Autriche a décidé de diversifier son commerce tant en s’adressant à de nouveaux partenaires commerciaux (mer Noire, Asie, Afrique, Amérique latine) qu’en développant de nouveaux produits (augmentation de l’effort en matière d’innovation, de recherche et développement, de produits liés à l’économie verte et à l’économie numérique). Les PME restent au centre de la stratégie économique autrichienne.

L’Autriche se porte bien et affiche un très haut niveau de vie : le taux de chômage y est le plus bas de l’Union européenne, à 4,5% de la population active. Pour 2012, le déficit public devrait représenter 3,1% du PIB en 2012. La balance courante est excédentaire, malgré un déficit commercial lié principalement à la facture énergétique. Du fait de son ouverture, l’économie autrichienne est très sensible à la santé de ses principaux partenaires commerciaux, en particulier l’Allemagne. L’activité économique à subi un net ralentissement en 2012 (prévision de croissance de 0,6% en 2012, après 2,5% en 2011). En 2013, la croissance de l’économie autrichienne devrait malgré tout rester supérieure à la moyenne de la zone euro, aux environs de 0,8% à 1,0%.

L’Allemagne est le premier partenaire commercial de l’Autriche (représentant plus de 30% de ses exportations et plus de 38% de ses importations), l’Italie le deuxième. La France est le 5ème client de l’Autriche et le 6ème fournisseur ; sa part de marché s’établit à 2,9%. Le solde commercial bilatéral est déficitaire (en défaveur de la France) à hauteur de 1,2 milliard d’euros.

L’Autriche compte parmi les 3 premiers investisseurs dans les pays d’Europe centrale et orientale et occupe la 1ère place dans les Balkans. Les banques autrichiennes sont les premiers acteurs financiers dans les PECO et les Balkans. Le pays demeurant très industriel (part de l’industrie dans la valeur ajoutée à 22,5% en 2011 à comparer à 26,5% en Allemagne et 12% en France), sa balance commerciale (hors énergie) est restée globalement stable et excédentaire durant les années 2000.

Le modèle social autrichienest considéré comme un exemple dans l’Union européenne, du fait de la longue tradition de partenariat social et du dialogue institutionnalisé avec le gouvernement. Pour autant, le secteur financier, en particulier du secteur bancaire nationalisé, et à plus long terme, financement des retraites restent les points faibles d’une économie dynamique.

Politique extérieure et européenne

Politique européenne

Le pays a adhéré à l’Union européenne le 1er janvier 1995. Il a rejoint l’espace Schengen le 28 avril 1995 et l’Union économique et monétaire le 1er janvier 1999. L’Autriche a exercé pour la dernière fois au premier semestre 2006 la Présidence du Conseil des ministres de l’Union européenne.

Le gouvernement Faymann met en particulier en avant son attachement à :

- la définition d’une politique énergétique européenne (amélioration de l’efficacité énergétique, promotion des énergies renouvelables, refus de l’énergie nucléaire et insistance sur la nécessité de normes de sécurité élevées, développement des interconnexions, hostilité à la séparation patrimoniale des activités de transport d’électricité et de gaz) ;

- la régulation du marché intérieur (sécurité des consommateurs, maintien de dérogations à la libre circulation des travailleurs dans le cadre de la période transitoire prévue) et des transports (souhait d’une plus grande internalisation des coûts externes du transit routier) ;

- l’agriculture (attachement à la PAC en particulier le volet développement rural, refus des OGM), les questions migratoires ;

- l’élargissement (soutien à l’adhésion des Balkans occidentaux, insistance sur la capacité d’absorption de l’UE, proposition de « communauté turco-européenne sur mesure »), la politique de voisinage (attention particulière aux relations de l’UE avec l’Ukraine et la Moldavie), le partenariat UE-Russie et l’Europe de la défense (participation au développement de la PESD dans ses dimensions militaires et civiles).

Le gouvernement Faymann insiste sur le renforcement de la dimension sociale du modèle européen. Vienne accueille le siège de l’Agence européenne des droits fondamentaux et celui de l’Institut pour la politique spatiale européenne. Les récentes rencontres bilatérales franco-autrichiennes ont permis de rapprocher nos positions, notamment sur la gouvernance économique et sur la PAC.

Perspectives financières : L’Autriche est contributeur net au budget européen (0,15% du PNB, = 402 Millions € en 2009, contre 0,30% et 5,8 Mds pour la France) malgré un « rabais » qui prend fin en 2013. Vienne est favorable à la stabilité du budget de l’UE mais n’a pas signéla lettre des Cinq. Elle a soutenu la position franco-allemande sur la PAC et est favorable, sur la politique de cohésion, à la création d’un objectif intermédiaire. L’Autriche est également ouverte à l’introduction d’une nouvelle ressource propre et engagée en faveur de la mise en place d’une taxe sur les transactions financières dont le produit serait affecté au budget européen.

Gouvernance économique : Vienne souhaite renforcer la surveillance budgétaire et la coordination des politiques économiques. Elle a soutenu le pacte euro+ et le gouvernement autrichien est intervenu plusieurs fois pour défendre l’euro face à une opinion publique autrichienne hostile à secourir la Grèce.

Sûreté des centrales nucléaires en Europe : l’opinion autrichienne est farouchement opposée au nucléaire depuis le référendum de 1978 qui a entraîné la fermeture de la centrale de Zwentendorf. D’après un récent sondage, 91% des Autrichiens sont en faveur d’une sortie du nucléaire en Europe et une grande majorité se dit préoccupée par l’état des centrales en République tchèque, en Slovaquie et en Slovénie. Après l’initiative du ministre de l’environnement, M. Berkalovich, sur les « stress tests », le chancelier a exigé des tests conduits de manière indépendante et demandé que toutes les conséquences soient tirées en cas de résultats négatifs. Vienne a finalement accepté le compromis européen sur les tests de résistance. Un « plan d’action contre le nucléaire » a été adopté par le gouvernement, centré sur l’efficience énergétique et le développement des énergies renouvelables. Il vise à réduire progressivement la part des importations d’électricité d’origine nucléaire (estimée à 6% du total de la consommation autrichienne). Le mix énergétique de l’Autriche se répartit de la manière suivante : 60% d’énergie hydroélectrique, 20% de gaz ou de fuel, 10% de charbon et 10% d’énergies renouvelables.

Des relations très denses avec les pays d’Europe centrale et orientale

L’Autriche entretient des relations denses avec l’ensemble de ses voisins. L’Allemagne est son premier partenaire commercial et le premier investisseur étranger ; la concertation entre les deux gouvernements est étroite, en particulier sur les sujets européens. L’Italie est son 2e partenaire commercial et le 2e investisseur ; le Haut-Adige/Tyrol du Sud jouit d’un statut d’autonomie spécifique. Les relations sont intenses aussi avec la Suisse ainsi qu’avec les voisins anciennement communistes, la République tchèque (malgré le différend relatif à la centrale nucléaire de Temelin), la Slovaquie (construction d’un oléoduc Bratislava-Vienne), la Hongrie (conseils des ministres conjoints tous les deux ans) et la Slovénie.

Après avoir entretenu de bonnes relations économiques et culturelles avec les pays du Bloc de l’Est pendant la guerre froide, grâce au choix fait en 1955 d’une neutralité militaire perpétuelle, l’Autriche a considérablement développé ses exportations et ses investissements à l’Est depuis les années 1990.

Située au centre de l’espace politico-culturel centro-danubien, l’Autriche joue un rôle important dans diverses structures régionales : le Forum de Salzbourg (questions de sécurité), la Convention alpine, la Commission du Danube, l’Initiative centre-européenne, le Partenariat régional (forum de concertation d’initiative autrichienne, incluant la Slovénie et les quatre pays de Visegrad), etc. A ce titre, l’Autriche s’est associée activement à la stratégie « Danube », promue par la présidence hongroise du conseil de l’Union européenne.

Pour des raisons notamment géographiques et économiques, les Balkans occidentaux sont une priorité de la diplomatie autrichienne. Vienne a réaffirmé son souhait de voir les Balkans occidentaux adhérer à l’UE à l’horizon 2020. L’Autriche a une relation forte avec la Croatie (minorité au Burgenland, nombreux émigrés croates à Vienne et firmes autrichiennes en Croatie) et a appuyé vivement son adhésion à l’UE qui sera effective le 1er juillet 2013.

Une présence économique importante en Turquie et en CEI

L’Autriche a des relations commerciales dynamiques avec la Turquie (hydrocarbures, hydroélectricité…). Sa population comprend une importante composante turque ou d’origine turque, estimée à environ 200 000 personnes. Pour Vienne, les négociations ne devraient pas forcément aboutir à l’adhésion mais Vienne ne bloquera pas le processus. Elle souhaite par ailleurs que le chapitre « énergie » soit ouvert car la Turquie est un pays-clé dans le transit européen de gaz. Vienne adopte une position souple, souhaitant ouvrir davantage de chapitres de négociation (domaine commercial), tout en prévoyant in fine de soumettre une adhésion à referendum (rejet attendu à 70 ou 80 %). L’Autriche est opposée à la demande turque de libéralisation des visas, tant que l’accord de réadmission UE/Turquie n’est pas appliqué côté turc.

Vienne renforce également sa présence économique en CEI, notamment en Russie (plusieurs partenariats stratégiques en matière industrielle et énergétique, notamment un projet de construction, à Baumgarten-an-der-March, d’un grand site de stockage de gaz naturel), en Ukraine et en Biélorussie. Raiffeisen est l’un des tout premiers établissements bancaires étrangers dans ces trois pays. Le Kazakhstan est le premier fournisseur de pétrole de l’Autriche. Parallèlement, le groupe autrichien ÖMV est chef de file dans le projet de gazoduc « Nabucco ». Le gouvernement autrichien affirme sa volonté de positionner l’Autriche comme pivot gazier européen et international, grâce notamment aux différents partenariats noués par ÖMV. Elle s’est d’ailleurs également associée au projet russe « Southstream », profitant de sa position centrale et du nœud gazier de Baumgarten.

Un engagement fort en faveur du multilatéralisme

L’Autriche prône pour un rôle actif des Nations unies sur la scène internationale. Elle a fourni à l’ONU un Secrétaire général (M.Waldheim, 1972-1981) et a été élue à un siège de membre non permanent au CSNU pour 2009-2010, responsabilités déjà exercées en 1973-1974 et en 1991-1992.

Elle défend le rôle de Vienne comme siège d’organisations internationales consacrées à la sécurité internationale (AIEA, OTICE, ONUDI, ONUDC, OSCE, Arrangement de Wassenaar). Elle est d’ailleurs membre du conseil des gouverneurs de l’AIEA et du Groupe des fournisseurs nucléaires (NSG) et constitue un point de contact central pour le Code de conduite de La Haye.

Un attachement à la neutralité qui n’exclut pas un engagement envers la PSDC et les opérations extérieures de l’ONU

L’Autriche a proclamé sa neutralité permanente et perpétuelle par la Loi constitutionnelle du 26 octobre 1955, renonçant ainsi à adhérer à toute alliance militaire, à autoriser l’établissement de bases militaires étrangères sur son territoire et à participer à tout conflit armé. L’envoi de troupes à l’étranger ne peut être décidé que dans le cadre de missions placées sous l’égide d’organisations internationales et avec l’accord des députés. La neutralité est un élément constitutif de l’identité nationale.

Il n’en reste pas moins que l’Autriche applique le principe de solidarité européenne et internationale par une participation active aux opérations de maintien de la paix de l’ONU (6ème contributeur européen), au développement de la PSDC. Environ 1200 Autrichiens sont engagés dans des opérations de l’UE et des Nations unies. Une présence militaire autrichienne importante est notamment maintenue au Kosovo, en Bosnie et sur le Golan. En outre, l’Autriche s’est engagée significativement dans la mission EUFOR TCHAD/RCA.

Mise à jour : 20.12.13

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