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La France et l’Amérique latine

La France et l’Amérique latine

Au cours des trois dernières décennies, l’Amérique latine a connu de profondes évolutions politiques et économiques. Après la décennie des démocratisations, celle des années 80, sont venues les grandes réformes économiques, les privatisations, l’ouverture aux investissements étrangers et à la compétition mondiale. Les défis auxquels sont aujourd’hui confrontées les sociétés latino-américaines n’en revêtent pas moins une ampleur considérable : faire en sorte que le développement de modèles originaux de gouvernance débouche sur un véritable contrat social, imposer l’Etat de droit face aux dérives qui le menacent et à la violence qui le sape parfois, apporter aux enjeux globaux du climat, de l’environnement ou de la santé une réponse à la hauteur des ressources et des vulnérabilités de la région. Connus pour leur confiance dans l’avenir et leur dynamisme à toute épreuve, les peuples d’Amérique latine peuvent aussi compter sur l’accompagnement de la France, au nom de l’histoire qui les unit et qui se lit dans la densité du réseau diplomatique et culturel français.

Les départements français d’Amérique participent en outre pleinement à l’identité nationale française. C’est avec un pays latino-américain, le Brésil, que la France partage en Guyane sa plus longue frontière terrestre (730 km). La France, membre observateur de l’Organisation des Etats américains est aussi une puissance américaine présente parmi ses voisins latino-américains, là où la performance économique est associée à l’ancrage dans la démocratie.

La France et l’Amérique latine entretiennent une relation ancienne et privilégiée fondée sur une forte convergence de leurs valeurs et de leurs références philosophiques, politiques et culturelles et une préférence pour une organisation multipolaire du monde.

Les intérêts de la France lui commandent de préserver son influence dans une région qui est appelée à peser de plus en plus sur la scène internationale.

Une relation d’amitié au long cours fondée sur une culture et une histoire partagées

Forte prégnance de la pensée française en Amérique latine

La matrice européenne, qui fonde une partie de l’identité démographique, culturelle et politique de l’Amérique latine, est fortement imprégnée des idéaux qu’a apportés la Révolution française et du mouvement de réflexion et d’émancipation qu’elle a véhiculé. L’histoire des processus d’indépendance des colonies espagnoles s’y rattache : l’idéal de l’émancipation, a également été diffusé par des Français qui se sont engagés aux confins du monde aux cotés des libertadores au nom des idéaux des Lumières et de la Révolution, comme l’ont fait les ex-généraux de Napoléon se joignant à l’armée des Andes. Le nom de Napoléon résonne d’ailleurs partout en Amérique latine, comme une source d’inspiration profonde qui a laissé des traces dans les systèmes juridiques et institutionnels des jeunes nations latino-américaines.

Des relations qui gagnent en intensité au cours du XXe siècle

Après avoir été unies par un même combat pour la liberté au XIXe siècle, la France et l’Amérique latine ont vu leurs liens se resserrer au siècle dernier, notamment à travers un important essor des échanges intellectuels, culturels et artistiques. La France a longtemps bénéficié, et bénéficie encore, auprès des élites latino-américaines, d’un indéniable attrait qui trouve son pendant dans l’immense curiosité des intellectuels, savants, scientifiques des XVIIIème et XIXème siècle qui ont sillonné l’Amérique latine et essaimé écoles, facultés et instituts qui portent encore leur nom.

Paris a été, pour beaucoup de grandes figures du monde culturel latino-américain, comme Gabriel García Márquez, Mario Vargas Llosa ou Fernando Botero, un point de passage obligé et un creuset de fertilisation mutuelle. Dans le domaine des sciences humaines et sociales, Fernand Braudel et Claude Lévi-Strauss ont, par exemple, œuvré à tisser les liens universitaires forts qui existent entre la France et le Brésil. Aujourd’hui, Alain Touraine ou Edgar Morin sont considérés comme des membres de la famille latino-américaine et continuent à créer, à travers leurs écoles, des liens avec les universitaires d’Amérique latine.

Le temps des dictatures

La succession de coups d’Etat orchestrés par des militaires dès les années 1950 a poussé de nombreux latino-américains à l’exil politique forcé. La France a été pour eux, avec d’autres pays européens, une terre d’accueil. Jusqu’alors minoritaire, la communauté chilienne commença de se renforcer pour devenir la plus importante dans les années 1980, suivie par les communautés brésilienne et argentine.

Les immigrés du Cône Sud bénéficièrent immédiatement d’une forte visibilité dans l’espace public français et d’une intégration facilitée par la mobilisation du monde associatif, institutionnel et académique, de groupes politiques, tous à l’unisson. Cette solidarité du peuple français avec les peuples latino-américains a transcendé en France les clivages politiques, au nom des valeurs humanistes et de solidarité qui les rassemblent. La France condamna ainsi fermement le durcissement politique qui avait cours en Amérique latine. L’installation de régimes autoritaires fut suivi d’un retrait temporaire de la France de la région, sans pour autant mettre à mal les solides réseaux d’amitié avec les anciens exilés qui se poursuivent aujourd’hui à travers leurs enfants qui ont souvent grandi en France.

Proximité politique et économique

Notre influence culturelle en Amérique latine nous a permis d’établir précocement un dialogue politique fructueux, pilier central du partenariat que nous entretenons de longue date avec les différents pays latino-américains. La visite du Général de Gaulle en 1964, appelant à « un resserrement des rapports entre l’Amérique latine et la France pour aider le monde à s’établir dans le progrès, l’équilibre et la paix », est encore présente dans les esprits.

Sur le plan économique et commercial, la France entretient également avec l’Amérique latine une relation ancienne, dont témoignent notamment les investissements industriels du début du XXème siècle au Brésil. La crise de la dette des années 1980 entraîna un certain repli des entreprises françaises dans la région, mais dès les années 1990 les flux d’investissements directs, tout comme nos échanges avec les différents pays du continent, connurent un essor considérable.

Des ressources françaises protéiformes en Amérique latine

Alors que la France n’a pas eu de passé colonial ni d’implantation de fortes communautés d’émigrants en Amérique latine, on peut parler d’une ‘exception latino-américaine’ caractérisée par une francophilie et une francophonie vivaces, alors même que la plupart des Etats ont renoncé à donner un statut obligatoire au français dans l’enseignement. L’Amérique latine, en bloc, a soutenu l’adoption de la convention sur la diversité culturelle à l’UNESCO

Une présence diplomatique, consulaire et culturelle étendue

24 ambassades bilatérales et une représentation permanente auprès de l’Organisation des Etats Américains (OEA) concourent aujourd’hui à nourrir les relations politiques avec les différents Etats d’Amérique latine et des Caraïbes. Un réseau consulaire veille sur environ 100000 français expatriés dans la région.

L’ensemble latino-américain compte le réseau le plus ancien et le plus important d’Alliances françaises : 250 Alliances enseignent le français à 140000 élèves, dont le nombre est en progression régulière. Ce réseau culturel est renforcé par la présence de 5 Instituts français en Amérique latine et Caraïbes ainsi que deux Maisons de France. Les 36 établissements scolaires français présents dans la quasi-totalité des pays de la zone, sont partout reconnus comme des établissements d’excellence. Désormais totalement ouverts aux nationaux, ce sont de véritables viviers du biculturalisme.

Densité de nos relations humaines dans les domaines universitaire et de la recherche

Cette présence au contact direct des sociétés nourrit l’attrait pour l’enseignement supérieur en France. La France a ainsi accueilli 19 124 étudiants originaires d’Amérique latine et des Caraïbes en 2013-2014, ce qui représente une augmentation de 21,3% sur 5 ans. Les principaux contingents par pays concernent le Brésil (5148 étudiants), la Colombie (3 363 étudiants), le Mexique (2687 étudiants) et Haïti (1890 étudiants). Selon les données de l’UNESCO, la France est le 3ème pays d’accueil des étudiants d’Amérique latine et des Caraïbes derrière les Etats-Unis et l’Espagne. Le développement croisé des échanges universitaires et la mise en place de doubles diplômes permettent aujourd’hui à l’étudiant de suivre son cursus dans deux pays et de lui ouvrir ainsi les portes de l’Europe. Fort de cette logique de partenariat à l’opposé de la « fuite des cerveaux », les autorités françaises ambitionnent d’accueillir encore davantage d’étudiants latino-américains en France.

La France, très présente dans les partenariats de recherche, est ainsi un partenaire scientifique de tout premier plan, de l’Argentine, du Brésil, duChili et de l’Uruguay. Le programme de coopération post-gradués (P.C.P.) que la France a créé avec les pays andins (le Pérou, le Venezuela, la Bolivie et l’Equateur) constitue un élément important de la coopération universitaire, scientifique et technologique entre la France et les Etats de la région. De même, le programme Evaluation-orientation de la coopération scientifique (ECOS), destiné à appuyer des projets d’excellence en matière de collaboration scientifique, renforce les partenariats entre les universités françaises et leurs homologues dans certains pays d’Amérique latine.

Ce réseau de recherche couvre notamment les domaines suivants : mathématiques, sciences et technologie de l’information, médecine, agronomie, recherche pour le développement. Il est conforté par une forte présence des instituts français de recherche, en particulier le CNRS, mais aussi l’IRD, l’INRIA et le CIRAD. L’Institut Pasteur de Montevideo constitue, depuis sa création en 2006, un centre de formation et de recherche médicale d’excellence à vocation régionale.

Dans la région, se trouvent également trois centres de recherche en sciences humaines et sociales à vocation régionale : le Centre français d’études mexicaines et centraméricaines (CEMCA) à Mexico, l’Institut Français d’Etudes Andines (IFEA) à Lima et le Centre franco-argentin à Buenos Aires pour le Cône Sud. En outre, la création en 2007 d’un Institut des Amériques (IdA) qui vise à mutualiser les ressources en sciences humaines et sociales de 58 universités et établissements de recherche français, afin de donner une visibilité internationale à la recherche sur les Amériques, témoigne de la volonté du monde universitaire français d’approfondir sa coopération avec la région. L’Institut des Amériques dispose actuellement de7 pôles implantés dans la région Amérique latine et Caraïbes.

Pour les années à venir, la formation des cadres et le renforcement de la coopération universitaire et de recherche demeureront une priorité de la coopération française avec l’Amérique latine.

Un dialogue politique particulièrement dense

Les déplacements du Président de la République dans la région ainsi que les visites de chefs d’Etats latino-américains en France traduisent la volonté réciproque non seulement d’entretenir le dialogue mais aussi de l’intensifier fortement. Ainsi, en avril 2014, le président de la République, M. François Hollande s’est rendu au Mexique pour une visite d’Etat. Il s’était auparavant rendu en décembre 2013 au Brésil et avait accueilli le président équatorien en novembre 2013 à Paris.

Pour sa part, M. Ollanta Humala, Président de la République du Pérou s’est entretenu avec François Hollande en juillet 2014 à Paris. Ce dernier a fait part de son intention de rendre visite à son homologue péruvien début 2015. Plus récemment, le 7 novembre 2014, le Président de la République, M. François Hollande, a accueilli M. Juan Manuel Santos, Président de la République de Colombie. A l’issue de cette rencontre, M. François Hollande a notamment annoncé la création d’un comité stratégique franco-colombien, manifestation de la relation durable qu’entretiennent les deux pays, confirmée par une nouvelle visite de M. Santos en France les 26 et 27janvier 2015.

M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, s’est entretenu à Paris, en mars 2014, avec son homologue brésilien, M. Luiz Alberto Figueiredo, ainsi qu’avec M. Héctor Timerman, ministre argentin des Relations extérieures. Il a reçu le 10 juin 2014 M. Luis Almagro, son homologue uruguayen, ainsi que M. José Antonio Meade Kuribreña, son homologue mexicain, le 26 novembre 2014. En 2015, il s’est entretenu avec M. Eladio Loizaga, ministre des relations extérieures du Paraguay, le 5 mars et avec le ministre chilien des relations extérieures, M. Heraldo Muñoz, le 18 mars.Sur le plan culturel, plusieurs événements mettent en évidence la place essentielle qu’occupent l’Amérique latine et les Caraïbes aux yeux de la France. En effet, en 2014, le Salon du livre mettait l’Argentine à l’honneur. A cette occasion, M. François Hollande s’est entretenu avec la Présidente de l’Argentine, Mme Cristina Fernández de Kirchner. En 2015, c’est de nouveau un pays d’Amérique latine, le Brésil, qui est l’invité d’honneur du Salon (20-23 mars 2015). De nombreuses activités culturelles mettent à l’honneur le dialogue entre la France et l’Amérique latine en matière d’art et de culture. En 2014, deux grands musées parisiens, le Grand Palais et le Quai Branly, ont ainsi mis en avant l’art maya et l’art contemporain haïtien. Ces expositions ont remporté un grand succès auprès du public. La France entretient également une coopération étroite avec l’Amérique latine dans les enceintes internationales, où elles se retrouvent pour promouvoir le multilatéralisme, les droits de l’Homme, la stabilité régionale et internationale. La France est également présente dans les organisations multilatérales régionales latino-américaines. Ainsi, elle est membre observateur de l’OEA et, depuis 2013, de l’Alliance du Pacifique, ainsi qu’observateur extrarégional du Système d’intégration centraméricain (SICA) depuis 2012. Consciente de la volonté de l’Amérique latine de se projeter toujours plus vers l’extérieur, elle milite pour l’élargissement du Conseil de sécurité des Nations unies et l’entrée du Brésil en son sein comme membre permanent, mais également en faveur de l’intégration de Brasilia à un G8 élargi avec le Mexique.

Des échanges économiques et commerciaux encore modestes mais très dynamiques

Représentant environ 2% de l’ensemble des échanges de la France, les échanges commerciaux avec l’Amérique latine sont en constante progression et s’élèvent à environ 22,1 milliards euros en 2013.

En 2013, 2,7% des exportations françaises de marchandises étaient destinées à l’Amérique latine et aux Caraïbes. Nos exportations à destination de la région sont estimées à 13,2 milliards d’euros pour l’année 2013, principalement dans les secteurs de l’aéronautique civile, de l’automobile, de la pharmacie, de la parfumerie, des équipements mécaniques et de la chimie.

Nos importations en provenance d’Amérique latine s’élèvent, quant à elles à 8,9 milliards d’euros et consistent pour l’essentiel en des produits agricoles et agroalimentaires, ainsi que des métaux et des produits minéraux.

La France figure parmi les premiers investisseurs étrangers dans de nombreux pays de la région : toutes ses grandes entreprises sont présentes en Amérique latine, dans les domaines de l’infrastructure, de l’énergie, ou de la défense. Au Brésil, la France occupe la 4ème place des pays investisseurs avec 33 Mds de dollars de stocks d’investissements directs étrangers (IDE). Au Venezuela, notre pays est le 3ème investisseur, , avec un stock estimé à 3,2 Mds€, la plupart des actifs correspondant aux hydrocarbures. Là encore, la France fait prévaloir une logique de partenariats, notamment à travers la création fréquente de de joint-ventures. En Colombie, la France est le premier employeur étranger et se positionne traditionnellement parmi les 6 premiers investisseurs.

La Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes

C’est pour célébrer et renforcer les relations dans tous ces domaines que, dans le prolongement d’une initiative prise par le Sénat, les plus hautes autorités de l’Etat (Président de la République, Président du Sénat, membres du gouvernement) se sont impliquées dans la célébration de la Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes. La prochaine édition de la Semaine sera célébrée du 26 mai au 7 juin 2015.

Un contexte géopolitique en mutation.

Aujourd’hui, la plupart des pays d’Amérique latine sont entrés dans des dynamiques politiques et économiques positives et durables. Le pragmatisme a pris le pas sur le volontarisme idéologique en matière de politiques économiques. Avec un taux d’urbanisation de 79% en 2013, l’Amérique latine est la région en développement la plus urbanisée au monde. Dans ce nouveau contexte, la France se doit de porter une attention renouvelée à l’Amérique latine.

Depuis le début des années 2000, la démocratie latino-américaine a connu des transformations profondes au fil des scrutins présidentiels

Le renouvellement substantiel des élites politiques est une réalité nouvelle, qui a redonné le goût de la politique à des couches de la population auparavant marginalisées. Il a également permis à des femmes, des dirigeants syndicaux, des métis et autres représentants de catégories de population jadis exclues de la sphère politique, de porter au sommet de l’Etat les revendications de populations ayant longtemps souffert de leur marginalisation.

Les agendas politiques ont, ce faisant, changé. L’affranchissement d’influences anciennes a débouché sur une plus grande ouverture vers l’environnement international et la mondialisation. C’est le cas par exemple du Chili, cofondateur d’UNITAID et du groupe pilote pour les financements innovants, mais également du Mexique, de l’Argentine et plus particulièrement du Brésil, lui aussi co-fondateur d’UNITAID et remarquable épine dorsale de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) dont il assure le commandement depuis juin 2004.

Dans le domaine économique, cette ouverture se traduit par l’installation durable de nouveaux acteurs

Attirés par un continent riche en ressources naturelles (énergétiques et minières), le dynamisme du marché de consommation latino-américain, des fondamentaux sains et une transition économique réussie, de nouveaux acteurs s’installent en Amérique latine. La percée asiatique, notamment celle de la Chine et de l’Inde, traduit la concurrence exacerbée que connaissent les échanges commerciaux à l’échelle mondiale. Gage d’opportunités commerciales et de nouveaux débouchés d’exportation pour les économies locales, cette concurrence peut également présenter des risques nouveaux, comme la désindustrialisation et la « re-primarisation », s’ajoutant à la tentation d’un « moins disant social » pour favoriser la compétitivité prix.

La France, puissance européenne et américaine

À travers ses départements de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Guyane, la France, « puissance européenne », n’en est pas moins une « puissance américaine ». C’est à ce double titre qu’elle se doit de redoubler d’efforts dans sa coopération avec la région.

Soutien au multilatéralisme mondial… et régional

Conjointement avec l’Espagne, la France joue un rôle actif dans le processus de rapprochement entre l’Union européenne et l’Amérique latine. À l’heure où les équilibres mondiaux sont en cours de redéfinition, la France souhaite que l’Amérique latine et l’Union européenne unissent leurs efforts afin que puissent être relevés les grands défis posés par la mondialisation. Convaincue de la nécessité de renforcer la gouvernance mondiale par le biais de l’intégration régionale, la France observe avec intérêt les expériences latino-américaines d’unité régionale, auxquelles elle est d’ailleurs parfois associée. Malgré l’affaiblissement de la CAN et les difficultés du MERCOSUR, la France se réjouit que ces institutions résistent et se transforment, comme a pu en témoigner la création de l’UNASUR et de la CELAC, qui ont représenté un pas supplémentaire vers la nécessaire intégration latino-américaine.

Parce qu’elle s’accorde avec elle sur de nombreux thèmes, tels que la diversité culturelle, la lutte contre la pauvreté, la protection de l’environnement ou la lutte contre le crime organisé, les trafics de drogue et la corruption, qui mine administrations et élites, la France encourage l’Amérique latine à s’ériger en un pôle de stabilité et de croissance capable d’élever une voix forte au sein des organisations internationales.

Soutien au dialogue entre l’Europe et l’Amérique latine

C’est sur cette base que la France a abordé le premier Sommet UE-CELAC en janvier 2013 et aborde la préparation du prochain, qui se tiendra à Bruxelles les 10 et 11 juin 2015. En vue de ce prochain rendez-vous, notre pays a largement été représenté aux réunions préparatoires tenues à Bucarest (mai 2013) et Guadalajara (novembre 2014) en vue de renforcer les relations bi-régionales dans l’enseignement supérieur et la recherche.

La France attache également une grande importance à la participation de la société civile au dialogue qu’entretient l’Union européenne avec l’Amérique latine et les Caraïbes. Ainsi, l’Institut des Amériques est l’un des partenaires stratégiques de la fondation EU-LAC, créée en 2010 et dont l’objectif est de dynamiser les relations bi-régionales et de renforcer les « échanges intellectuels sur les dynamiques d’intégration régionale dans le contexte de la mondialisation ».

Face à la diversité de situations qu’offre la région d’Amérique latine et des Caraïbes, l’Union européenne a également développé des partenariats stratégiques à l’échelle des sous-régions ainsi qu’avec certains pays.

L’Union européenne est le principal donateur d’aide au développement en faveur de l’Amérique latine. La région a ainsi bénéficié de 2,6 Mds d’euros pour la période 2007-2013. En novembre 2014, l’Union européenne a annoncé l’adoption de son programme de coopération régionale en faveur de l’Amérique latine pour la période 2014-2020 au titre duquel environ 8 Mds d’euros seront versés –soit 45% de plus que pour la période 2007-2013.

Les axes privilégiés de la coopération de la France avec l’Amérique latine : développement durable et cohésion sociale.

- Le développement durable, qui tend à accroître de 20% à l’horizon 2020 la part d’énergie renouvelable dans notre bouquet énergétique. La France est très active dans le domaine de l’environnement en Amérique latine. De nombreux partenariats existent par exemple dans le domaine de la gestion de l’eau. Le programme européen EUROCLIMA, d’inspiration française, permettra de financer des actions de recherche et de transfert d’expérience dans la lutte contre le changement climatique en faveur des pays latino-américains.

La contribution totale de l’Union européenne pour ce projet s’est élevée à 5 millions d’euros pour sa première phase (2010-2013) et sera de 11450000 euros pour sa seconde phase (2014-2016).

Les 4 et 5 décembre 2014, dans le cadre du sommet des Nations Unies sur les changements climatiques qui s’est tenu à Lima (COP 20), ont été présentés les résultats du programme EUROCLIMA ainsi que les nouvelles orientations de la collaboration qui unit l’UE et l’Amérique latine en matière de changement climatique.

- La lutte contre la pauvreté, les inégalités et l’exclusion, qui menacent non seulement d’hypothéquer la stabilité politique de la région, mais également ses perspectives de croissance. Malgré des résultats macroéconomiques impressionnants, la concentration de la richesse reste forte en Amérique latine, comme le reflète un indice de Gini de 0,496 en 2012. Alors que la violence politique est partout en déclin, des expressions hétérogènes de violence s’y développent par ailleurs.

La France fait un effort particulier en faveur d’Haïti, auquel elle est particulièrement liée par l’histoire en tant qu’ancienne puissance coloniale et dont elle est voisine par ses départements d’Amérique. Le soutien de la France à Haïti s’inscrit tant dans le cadre européen et multilatéral que dans une démarche bilatérale. Ainsi, notre pays a notamment apporté une aide alimentaire de 2,5 M d’euros en 2012 afin que la pauvreté, les inégalités et l’exclusion ne poussent pas des populations désespérées à se jeter aveuglément dans la voie de l’immigration clandestine.

Mise à jour : 23.03.15

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