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La France et les Antilles

La France et les Antilles

La France appartient aux Antilles par deux de ses collectivités d’Outre-Mer, Saint Martin et Saint Barthélemy, et deux de ses départements, la Martinique et la Guadeloupe, dont elle souhaite favoriser la pleine insertion dans la région. Elle est soucieuse de concourir à la sécurité des îles caribéennes, de participer à leur développement économique, d’y encourager l’implantation de ses entreprises et de renforcer les liens culturels l’unissant à une région qui compte un million de Français et plus de 10 millions de francophones et créoles francophones.

Politique de coopération et réseau français dans les Antilles

Les six ambassades[1] de France et les quatre missions économiques implantées dans les Antilles couvrent l’ensemble des pays de la région. Participant activement aux différents processus de coopération régionale, la France est représentée par un Ambassadeur auprès de la communauté des Caraïbes (CARICOM) et de l’association des Etats de la Caraïbe (AEC) dont elle est membre associé au titre des départements français d’Amérique (DFA : Guadeloupe, Martinique et Guyane).

La promotion du français et de la culture francophone s’appuie sur les 24 Alliances françaises de la zone, un institut culturel (Haïti) ainsi que deux lycées français (en Haïti et en République dominicaine).

L’engagement de la France en faveur du développement durable de la région se traduit par une aide publique au développement très significative. Deux services de coopération à vocation régionale interviennent pour les Grandes Antilles depuis Trinidad et Tobago et pour les Petites Antilles depuis Sainte-Lucie en liaison avec le secrétariat général de l’Organisation des Etats de la Caraïbe Orientale (OECO). L’Agence française de développement (AFD) est implantée en Haïti et en République dominicaine et travaille depuis la Martinique dans plusieurs pays de l’OECO. Enfin, plus de 10 assistants techniques agissent en soutien à des projets de coopération développés dans la zone. Au niveau européen, la France contribue à hauteur de 19,55% au dixième Fonds européen de développement qui ouvre pour la période 2008-2013 des enveloppes de coopération en faveur des pays de la zone d’un montant total de près de 700 millions d’euros.


La France prête une attention particulière à l’évolution de ses relations avec Haïti
, pays francophone avec lequel elle a des liens historiques forts, le plus pauvre de la région et qui sort d’une longue période de chaos institutionnel et social. Elle participe activement à sa sécurisation et à sa reconstruction politique et économique. La France contribue ainsi pleinement à l’action de la communauté internationale et apporte tout son soutien à la mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH). Cette opération mobilise en appui aux autorités haïtiennes 10600 agents, civils, policiers et militaires. Par ailleurs, la coopération bilatérale française est en constante augmentation en Haïti depuis 2004 pour atteindre aujourd’hui un montant annuel de 30 millions d’euros.

S’agissant de Cuba, la France souhaite que ce pays puisse évoluer, de manière libre et souveraine, vers une démocratie pluraliste. Elle entretient avec les autorités de la Havane un dialogue franc sur la situation des droits de l’Homme, domaine dans lequel elle attend des améliorations substantielles. La France, comme ses partenaires de l’Union européenne, vote depuis 1996 la résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la « nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba ». Cuba ayant décidé de suspendre la coopération étatique bilatérale, des actions de coopération sont uniquement développées désormais par les ONG, les collectivités locales et les universités.

Coopération en matière douanière, de sécurité et de défense

La lutte contre la criminalité organisée et le trafic de drogue est une priorité pour le développement harmonieux des Antilles et leur stabilité démocratique. C’est également une nécessité afin de protéger les départements français de ces fléaux. La France apporte son appui aux autorités locales en matière d’équipement, de formation, de gestion administrative et opérationnelle.

Elle mobilise pour cela le réseau du service de coopération technique internationale de police (SCTIP) qui a détaché auprès des ambassades françaises de la zone quatre cadres de la police nationale(à Cuba, en Haïti, en République dominicaine et à Sainte-Lucie). En Haïti, ces services ont mis en œuvre l’année dernière 20 actions de recrutement et de formation et ouvrent en 2008 un programme pluriannuel d’appui à la police judiciaire doté d’un budget d’un million d’euros. En République dominicaine, un tel programme existe depuis 2 ans et œuvre à la formation des personnels chargés de la lutte contre la criminalité : recrutement, enseignement des méthodes de la police scientifique, élaboration de procédures judiciaires adéquates.

La France, dans la lutte contre le trafic de stupéfiants, met en outre à disposition des administrations locales les compétences des services de l’Etat présents dans les DFA : centre interministériel de formation anti-drogue (CIFAD), antenne Caraïbes de l’office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS) de Martinique. La France cherche également à promouvoir la coopération dans ce domaine au sein du réseau de la Conférence Douanière Inter Caraïbes et dans le cadre de l’accord maritime et aérien de coopération régionale pour les Caraïbes, dit accord d’Aruba.

En matière de contrôle de l’immigration, la France a conclu des accords de réadmission et de circulation avec Sainte-Lucie (en avril 2005) et la Dominique (en mars 2006) accordant notamment une exemption de visa aux ressortissants de ces deux pays pour leurs séjours de moins de 15 jours [2] dans les départements français d’Amérique (DFA). D’autres accords de ce type sont en cours de négociation.

S’agissant de la coopération en matière de défense et afin de favoriser la connaissance mutuelle des outils de défense nationale, sont organisés chaque année : des échanges d’unités (avec la Barbade, la Jamaïque, la République dominicaine, Trinité-et-Tobago ainsi que les Pays-Bas pour Aruba et Curaçao) ; des exercices multilatéraux (exercice « Caraïbes », exercices amphibies avec la Barbade et la République dominicaine) ; des échanges de sections aux fins d’entraînement (avec Antigue et Barbude, la Barbade, Trinité-et-Tobago) ; des escales (de navires affectés dans la zone et en 2008, une escale du navire école « la Jeanne d’Arc » à Trinité-et-Tobago).

Coopération environnementale et sanitaire

Face au risque de catastrophes naturelles (ouragans, séismes, tsunamis, éruptions volcaniques) auquel sont confrontées les Antilles, la France privilégie une logique de prévention.

La solidarité française s’exprime donc non seulement par une aide d’urgence lors des catastrophes naturelles mais également par une participation à la mise en place de réseaux permettant d’appréhender les phénomènes naturels, de prévenir les risques, d’organiser les systèmes d’aides et de secours aux populations affectées et d’atténuer les conséquences des catastrophes. Ainsi des interventions et des formations sont assurées par la sécurité civile française basée en Martinique. Des référentiels de normes de construction antisismiquesont été mis à disposition des administrations de la région. Celles-ci bénéficient également des travaux des observatoires sismologiques et vulcanologiques performants en Guadeloupe et Martiniqueet de systèmes d’alerte environnementaux comme le réseau Rainette (système d’alerte météorologique pour l’agriculture) développé en Guadeloupe par le centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD).

La France a en outre signé l’accord de coopération régionale de l’AEC dans le domaine des catastrophes naturelles et l’AFD contribue dans le cadre de la CARICOM à la création, sous l’égide de la Banque Mondiale, d’un fonds d’assurance contre les désastres naturels dans les petits Etats de la Caraïbe (CCRIF) qui permettra le versement immédiat d’une aide budgétaire aux Etats touchés.

Plus largement, la coopération française participe à la protection des écosystèmes. Elle est notamment signataire de la convention de Carthagène pour la protection et la mise en valeur du milieu marin dans la région des Caraïbes. L’AFD intervient par ailleurs sur plusieurs projets de gestion durable de l’environnement : projet OPAAL de protection des aires maritimes, études préliminaires à l’exploitation des ressources géothermiques de la Dominique, Saint-Christophe et Nieves et Sainte-Lucie ; protection et mise en valeur des ressources naturelles de la République dominicaine (reforestation, gestion de bassins versants, agriculture conservatrice de l’environnement) ; drainage et gestion de l’eau en milieu urbain en Haïti.

Le domaine de la santé est également un secteur clé de la coopération française. Des partenariats sont noués entre les centres hospitaliers universitaires des îles françaises et les hôpitaux de la région. En Haïti, des projets de lutte contre le Sida et de dépistage du cancer du col utérin sont développés avec leur appui. L’Agence française de développement vient également d’engager dans ce pays un programme de 6 millions d’euros pour la lutte contre la mortalité maternelle et néo-natale. Chaque année une cinquantaine de missions d’experts venant des hôpitaux de Marseille, Amiens, Lille, Nantes, Strasbourg… participent par ailleurs à des transferts de savoir-faire. En République dominicaine, la France apporte son soutien depuis 2004 au programme national de santé scolaire. Au sein de l’organisation panaméricaine de la santé (OPS), des attachés techniques sont mis à disposition dans les antennes de Trinité et Tobago et la Barbade.

Enfin, un réseau de santé animale, « Caribvet », est animé par le CIRAD et la France a mis en place un projet de régionalisation et d’harmonisation des réseaux de surveillance épidémiologique des maladies animales piloté depuis la République dominicaine.

Coopération culturelle et francophonie

La langue et la culture françaises ont une place importante au coté de la « créolité » dans le bassin caraïbe.

Ainsi le programme « Caraïbes en création », piloté par l’opérateur CulturesFrance, a été lancé en 2007 à partir d’Haïti. Il vise à professionnaliser les institutions culturelles locales, à faire accéder les artistes de la région aux circuits internationaux de diffusion, à valoriser les ressources des départements français et renforcer leurs échanges artistiques et culturels avec les autres pays de la région.

De même, la France a inauguré en 2006 le site culturel de l’OECO (www.oecsculture.net) qui met en place un réseau virtuel des acteurs culturels de la Caraïbe en rassemblant une soixantaine d’organisations culturelles de la région. Dans le prolongement de ce réseau, « Strabon Caraïbes » (Système d’Information Multilingue et Multimédias pour le Patrimoine et le Tourisme Caribéens, www.strabon-caraibes.org) est un projet qui vise le développement durable du tourisme régional par la diffusion d’une information multimédias et multilingue sur les patrimoines culturels et touristiques des Caraïbes. Il est coordonné par la fondation Maison des Sciences de l’Homme en partenariat avec l’université des Antilles et de la Guyane.

La Francophonie est également un vecteur important de notre coopération culturelle puisque le français demeure, par exemple au sein de l’OECO, la première langue étrangère enseignée. Outre Haïti, Sainte-Lucie et la Dominique font d’ailleurs partie de l’organisation internationale de la Francophonie (OIF). Radio France International (RFI) dispose de relais de diffusion sur bande FM en Haïti et, depuis mai 2004, en République Dominicaine et bientôt à Sainte-Lucie.

Afin d’élargir l’accès des jeunes de la région à l’enseignement supérieur et à la formation professionnelle proposé en Guadeloupe, Martinique et Guyane, l’AFD a lancé en 2008 à Sainte-Lucie un programme de prêts à taux bonifiés. Il devrait s’appliquer à terme à tous les Etats de l’OECO.

Echanges économiques

Le CARIFORUM a été le premier groupement d’Etats à passer le 16 décembre 2007 avec l’Union européenne un accord de partenariat économique (APE) d’ouverture réciproque des marchés. Un bureau de représentation de la Banque européenne d’investissement pour la région des Caraïbes s’est en outre ouvert en 2007 à Fort-de-France pour contribuer à une meilleure coopération entre l’UE et les pays de la région.

Les grandes entreprises françaises (par exemple AIR France, ALSTOM, BOUYGUES, TOTAL, VINCI) sont actives sur les marchés nationaux. Les Caraïbes étant la première destination touristique du monde tropical, avec un flot de plus de 12 millions de touristes par an, les sociétés françaises (ACCOR, CLUB MED, etc.) sont très engagées dans ce secteur.

Le commerce intra-régional offre par ailleurs d’intéressantes opportunités de développement pour les petites et moyennes entreprises des îles françaises. Il est favorisé par des initiatives comme l’organisation de salons (Forum d’échanges commerciaux avec les pays du CARIFORUM en mai 2007 à la Guadeloupe, Salon MadinTech/Novatech 2007 en Martinique en juin 2007) ou les déplacements d’entrepreneurs dans les pays de la zone (délégation guadeloupéenne en Haïti en juillet, novembre 2007 et février 2008 ; délégation martiniquaise en novembre 2007).

Enfin, la France souhaite participer à de grands projets régionaux à l’instar de l’installation du câble sous-marin numérique reliant Porto-Rico à la Guadeloupe et aux pays de l’OECS (à terme Haïti, Barbade, Trinité et Tobago et la Guyane) ou la création d’un « hub » portuaire, plate-forme entre la Guadeloupe, la Martinique, Dominique et Sainte-Lucie.

Liens utiles :

Conseils régionaux :

Conseil généraux :

Préfectures :

Association des Etats de la Caraïbes(AEC)

Communauté des Caraïbes (CARICOM)

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[1] : A Cuba, Haïti, la Jamaïque, la République dominicaine, Sainte-Lucie (compétente pour les 6 pays de la Caraïbe Orientale) et Trinité-et-Tobago(compétente également pour la Barbade).

[2] : Dans une limite de 180 jours par an.


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