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Présentation de l’Allemagne

Présentation

Données générales

Nom officiel : République fédérale d’Allemagne
Nature du régime : démocratie parlementaire
Chef de l’Etat : M. Joachim Gauck
Chef du gouvernement : Mme Angela Merkel

Données géographiques

Superficie : 357 027 km²
Capitale : Berlin
Villes principales : Hambourg, Munich, Cologne, Francfort/Main, , Stuttgart, Düsseldorf, Dortmund, Essen, Brême, Dresde, Leipzig, Hanover, Nuremberg (66 villes allemandes de plus de 100 000 habitants).
Langue officielle : allemand
Monnaie : euro
Fête nationale : 3 octobre

Données démographiques

Population : 80.767.500 (2013)
Croissance démographique : + 0,2% (2012)
Taux de fécondité : 1,41 (2012)
Projections démographiques : 74 millions d’habitants (2030)
Espérance de vie à la naissance : 78,4 ans pour les hommes et 83,2 ans pour les femmes (2011)
Religions : catholicisme (32,9 %), protestantisme (32,5 %), Islam (3 %), judaïsme (0,14%)
Indice de développement humain (classement ONU, 2012) : 5 ème rang

Données migratoires

Solde migratoire : + 369.000 (2012)
Emigration annuelle : 140.132 (2011)
Naturalisations par an (2012) : 112.300 (+5,1 %)
Origine des naturalisés (2012) : UE-28 (40,7 %) dont Italie (7,5 % ; +29 %), Pologne (6,7 %), Grèce (4 % ; +82 %),– Turquie (23,2%) – Europe hors UE-28 et Turquie (13,7%) : Asie (12,3%) - Russie (2,8%)
Etrangers vivant en Allemagne (2011) : 7.369.900 (9 % de la population)
Origine des étrangers (2011) : Europe (74,7 %) ; UE-27 (35,3 %) ; Turquie (21,8 %)

Données économiques

PIB : 2 737,6 Mds€ (2013) ; prévisions 2014 : 2 832,7 Mds€
PIB par habitant : 33 300 € (2013)

Taux de croissance : +0,4% (2013) ; prévisions 2014 : +1,8%
Taux de chômage : 5,3% (2013) ; prévisions 2014 : 5,1%
Taux d’inflation (taux moyen sur 12 mois) : 1,6% (2013) ; prévisions 2014 : 1,1%

Solde budgétaire : +0,0% (2013) ; prévisions 2014 : 0,0%
Endettement public : 78,4 % du PIB (2013) ; prévisions 2014 : 76,0%
Balance commerciale : 198,6 Md€ (2013)

Principaux clients (2013) : France (9,1 %), Etats-Unis (8,1 %), Royaume-Uni (6,5 %), Pays-Bas (6,3 %), Chine (6,2 %), Autriche (5,1 %)
Principaux fournisseurs (2013) : Pays-Bas (13,0 %), France (7,5 %), Chine (6,4 %), Belgique (6,1 %), Italie (5,3 %), Royaume-Uni (4,4 %)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2013) :

  • agriculture : 0,9 %
  • industrie : 28,2 %
  • services : 72%

Exportations de la France vers l’Allemagne : 70,3 Mds € (2013), soit 16,5% des exportations françaises.
Importations françaises en provenance d’Allemagne : 86,5 Mds € (2013)
Solde : - 16,2 Mds € (2013)

Consulats généraux de France : Dusseldorf, Francfort, Hambourg, Munich, Sarrebruck, Stuttgart
Communauté française en Allemagne : 160 000 personnes (décembre 2013)
Communauté allemande en France : 130 000 personnes (novembre 2012).

Politique intérieure

Les institutions politiques allemandes

La République fédérale d’Allemagne a été instaurée le 23 mai 1949 par l’adoption de la Loi fondamentale (Grundgesetz).

Les 16 Länder (Etats fédérés) qui la composent exercent des compétences propres (police, éducation, environnement, culture, administration). Les politiques sont mises en oeuvre dans chaque Land par un Ministre-président et un gouvernement (Landesregierung) après avoir été votées par un parlement régional (Landtag). Les Länder sont représentés par le Bundesrat dans l’élaboration de la législation fédérale. Le Bundestag, issu d’élections législatives fédérales directes, exerce un rôle central dans la décision politique à travers le contrôle de l’action du gouvernement fédéral, du budget, des engagements internationaux et des forces armées.

Héritage de l’Histoire, les institutions de la RFA reflètent une culture de transparence démocratique et une volonté permanente d’encadrer l’usage de la force. Le Tribunal constitutionnel fédéral de Karlsruhe joue à cet égard un rôle majeur et croissant. La Bundeswehr est avant tout une armée de citoyens en uniforme qui reçoivent une formation éthique, juridique et politique (Innere Führung) et ont le devoir de désobéir à un ordre qui serait contraire à la constitution et au droit. Son engagement sur des théâtres d’opération est structuré et défini par un mandat du Bundestag.

Les partis politiques allemands

La vie politique allemande est traditionnellement dominée par deux grands mouvements, la CDU-CSU (l’union démocrate-chrétienne de Mme Merkel et son alliée bavaroise, l’union sociale chrétienne) et le SPD (parti social-démocrate). Deux partis au poids électoral plus modeste s’associent le plus souvent aux coalitions gouvernementales : le FDP (libéraux) et les Verts (écologistes). Le parti libéral a toutefois cumulé les revers électoraux au cours des derniers scrutins et son avenir dans le paysage politique allemand n’est plus assuré : les libéraux du FDP ne sont plus représentés au Bundestag depuis les élections fédérales de 2013. Le score du FDP aux élections européennes (4,1%), encore plus faible que celui obtenu aux élections fédérales (4,7%), a de surcroît plongé le parti dans une profonde crise financière. Dans le cadre des élections régionales en Saxe, le 31 août, puis en Thuringe et au Brandebourg, le 14 septembre, les Libéraux ont en outre été évincés de trois nouveaux parlements régionaux et ne siègent plus que dans six parlements régionaux (alors que le FDP était encore représenté dans les seize Länder début 2011).

Le nouveau parti Alternative pour l’Allemagne (Alternative für Deutschland / AfD), fondé en février 2013 et dirigé par l’économiste Bernd Lucke, s’oppose aux « plans de sauvetage » européens, à l’Union bancaire et se prononce en faveur de la suppression de l’euro, d’un retour aux monnaies nationales et d’une « débureaucratisation de l’UE » par la restitution de compétences aux Etats membres. Profitant notamment des échecs du FDP, le nouveau parti eurosceptique est parvenu à confirmer, lors des élections régionales en Saxe, puis en Thuringe et au Brandebourg (scores à deux chiffres dans ces deux Länder), sa percée remarquée aux élections européennes du 25 mai (10,1% des voix).

Enfin, Die Linke (parti de la gauche) ne participe qu’à des alliances au niveau local ou régional. A la suite des élections du 14 septembre en Thuringe, Die Linke, le SPD et les Verts ont formé une coalition « rouge-rouge-verte » dirigée par Die Linke ; l’ancien syndicaliste Bodo Ramelow devrait être élu Ministre-Président le 5 décembre par le parlement régional de Thuringe. Il s’agirait d’une première dans l’histoire de l’Allemagne réunifiée, le parti Die Linke (formation politique héritière du parti socialiste de RDA) n’ayant jamais dirigé de région allemande (même s’il a participé à trois coalitions dominées par le SPD dans des Länder de l’Est, dont Berlin).

Ces alliances parlementaires peuvent être dissymétriques entre les différents Länder, et avec le niveau national, comme en témoigne, par exemple, le gouvernement « noir-vert » (CDU et les Verts) de Hesse.

Depuis le 22 septembre 2013 : la troisième grande coalition CDU-CSU-SPD.

Les élections législatives du 22 septembre ont donné une large victoire au parti d’Angela Merkel (CDU-CSU), qui a accompli son meilleur résultat depuis la réunification, manquant de peu la majorité absolue au Bundestag. L’Union a cependant dû se chercher un partenaire de gouvernement.

Les résultats des élections ont été les suivants : CDU-CSU (41,5%, 311 sièges pour une majorité absolue de 316), SPD (25,7%, 192 sièges), die Linke (8,6%, 64 sièges), Verts (8,4%, 63 sièges), FDP (4,8%), AFD (4,7%), Pirates (2,2%).

Après que l’option d’une coalition entre conservateurs et verts ait été exclue, des négociations ont été engagées entre la CDU-CSU et le SPD en vue de la formation d’une nouvelle grande coalition, la troisième de l’histoire allemande. Les négociations de « l’accord de coalition », texte détaillé qui contient les compromis politiques du gouvernement, se sont achevées le 14 décembre 2013, à la suite de la large approbation (environ 76%) du contrat de coalition par les adhérents du SPD. Le 17 décembre 2013, la chancelière et son gouvernement ont été réinvestis par le Bundestag. La grande coalition dispose d’une très large assise parlementaire (504 députés sur 631, soit 80% des voix au Bundestag), ce qui lui donne la majorité nécessaire au Bundestag (2/3) pour changer la constitution et réduit le rôle de l’opposition parlementaire.

La CDU/CSU demeure actuellement la 1ère force politique en Allemagne. Elle est créditée par la plupart des sondages de 41 à 42% des intentions de vote, loin devant le SPD (qui plafonne autour de 25% des voix). Ces scores sont liés pour une large part à la popularité de la chancelière Angela Merkel (76% d’opinions favorables) et à la bonne santé relative de l’économie allemande.

Le SPD comme la CDU/CSU peuvent se prévaloir de l’avancement des réformes prévues par le contrat de coalition : salaire minimum (proposé par le SPD), réforme du code de la nationalité (proposée par le SPD), nouvelle loi sur l’asile politique (origine CDU), projet de loi sur l’instauration de péages pour les automobilistes (proposé par la CSU ; il s’agit d’un projet très contesté, même à l’intérieur du pays). Des tensions au sein de la grande coalition ont toutefois vu le jour : défaillances constatées dans la disponibilité des matériels de la Bundeswehr (jugées en décalage avec le discours de la ministre de la Défense - CDU - sur la nécessité que l’Allemagne prenne davantage de responsabilités dans les affaires internationales), exportations d’armement, questions environnementales (extraction du gaz de schiste, respect par l’Allemagne de ses engagements en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre), Partenariat transatlantique en matière de commerce et d’investissements (TTIP), etc. Le contexte de ralentissement de la croissance pourrait accentuer les divergences : appel à plus d’économies budgétaires (pour l’aile libérale de la CDU) contre davantage de dépenses pour relancer la croissance (pour le SPD). En tout état de cause, il est à envisager que, dans la perspectives des élections législatives fédérales de 2017, le SPD cherche à se différencier le plus possible de son partenaire de coalition afin de ne pas revivre le traumatisme de la défaite de 2005.

Au-delà, la scène politique allemande est marquée par la montée récente des votes protestataires, comme en atteste la percée du parti eursceptique AfD lors des élections européennes et des scrutins dans les Etats fédérés de Saxe (31 août), du Brandebourg et de Thuringe (14 octobre). Des dissensions se sont fait jour au sein de la CDU/CSU sur la stratégie à adopter vis-à-vis de l’AfD. Les chrétiens-démocrates, pour le moment, rejettent toute idée d’alliance. Cette stratégie est néanmoins contestée par des personnalités de l’aile conservatrice de la CDU appelant à « dédiaboliser » ce parti. Les élections régionales de 2015 (Hambourg et Brême) et de 2016 (Saxe-Anhalt, Bade-Wurtemberg, Rhénanie-Palatinat, Mecklembourg-Poméranie occidentale) permettront d’appréciser la capacité d’enracinement de l’AfD dans le paysage politique allemand.

Situation économique

Situation macroéconomique

L’Allemagne a été durement touchée par la crise économique et financière internationale de 2008-2009, enregistrant un recul de 5,1% de son PIB cette année là. Néanmoins, la croissance du PIB a connu une forte reprise à partir de 2010, pour atteindre 3,5%, un record depuis la réunification, puis 3% en 2011, avant de marquer une inflexion en 2012 (0,7%), confirmée en 2013 (0,3%).

L’activité économique allemande a accéléré au 1er trimestre 2014 (+0,7%), avant de reculer au 2e trimestre (-0,1%). La douceur de l’hiver, qui a incité les entreprises à anticiper leurs investissements, notamment en construction, l’a desservi au printemps. Au 2e trimestre, la croissance a également été affectée par une contribution négative du commerce extérieur ; seules la consommation publique et celle des ménages ont résisté. Enfin, au 3ème trimestre, selon des chiffres provisoires, le PIB de l’Allemagne a progressé de 0,1%, permettant à l’Allemagne d’échapper de justesse à la récession.

Le gouvernement allemand et la plupart des banques et institutions ont revu récemment leurs anticipations de croissance de l’économie allemande pour 2014. Berlin table desormais sur une croissance d’1,2%, les principaux instituts de conjoncture et le Fonds monétaire international (FMI) sur 1,3%. Pour 2015, les estimations sont comprises entre 0,8% (Deutsche Bank) et 1,3% (gouvernement allemand).

Alors que la croissance reposait depuis 2008 majoritairement sur la demande intérieure un mouvement de basculement en faveur des composantes internes du PIB, a été initié mais est très progressif. A noter que le ministre allemand des Finances, M. Wolfgang Schäuble, vient d’annoncer 10 Mds€ supplémentaires (par raport à ce qui était prévu dans le contrat de coalition) en investissements publics de l’Allemagne d’ici à 2018 ; ces investissements devraient donner la priorité aux trois axes stratégiques tracés par le gouvernement : infrastructures, énergie et numérique.

Parallèlement, l’excédent commercial de l’Allemagne a atteint la valeur record de 198,6 Mds€ en 2013 (contre 189,8 Mds € en 2012). Cet excédent provient essentiellement des échanges avec les pays en dehors de la zone euro.

Situation des finances publiques

L’Allemagne a affiché un excédent maastrichtien de 0,2% du PIB en 2013. Le solde structurel s’est établi à +0,9 % du PIB. D’après le ministère fédéral des Finances, le solde maastrichtien de l’ensemble des administrations publiques serait équilibré dans les années 2014 et 2015 pour afficher ensuite un excédent de 0,5% du PIB dans les années 2016-2018, tandis que le solde structurel afficherait un excédent de 0,5% du PIB dans l’ensemble de la période. Enfin, la dette publique dans le sens de Maastricht devrait baisser de 78,4 % du PIB en 2013 à 65 % en 2018.

Concernant les finances du Bund, la programmation budgétaire pour la période 2014-2018, présentée par Wolfgang Schäuble devant le Bundestag, le 9 septembre 2014, prévoit un solde budgétaire fédéral équilibré en 2015 ainsi qu’un solde structurel fédéral légèrement excédentaire dans l’ensemble de la période de programmation.

De manière générale, la bonne évolution des finances publiques s’explique par la situation favorable sur le marché du travail et le service de la dette moindre que prévu.

Politique extérieure

La politique étrangère allemande repose sur une partition à trois voix, principalement. Le Président fédéral, Joachim Gauck, qui a une fonction de représentation, a su par ses gestes mémoriels et sa liberté de ton, animer le débat sur la politique étrangère allemande. La Chancelière, Angela Merkel, fixe les lignes directrices et a la primauté en cas de conflit ; elle conduit avec pragmatisme une diplomatie des débouchés et de l’attractivité, sans renier son attachement au respect des droits de l’Homme. Dans ce cadre politique défini, le ministre des Affaires étrangères met en œuvre la politique étrangère de la coalition ; de retour à la tête de l’Auswärtiges Amt, où il avait officié entre 2005 et 2009, le ministre Frank-Walter Steinmeier parvient à s’y construire une crédibilité personnelle et une popularité forte.

Depuis l’après-guerre, la diplomatie allemande présente une continuité dans son engagement en faveur de la paix dans le monde, de l’intégration européenne et du partenariat transatlantique. La fermeté sur l’Etat de droit et le respect des droits de l’Homme constitue une caractéristique forte du message international de la République fédérale d’Allemagne.

Un engagement en faveur du partenariat transatlantique

L’Allemagne reste étroitement liée aux Etats-Unis, en dépit d’épisodes de tensions : le différend sur l’intervention en Irak en 2003 (G. Schröder s’était opposé à l’intervention des Nations-Unies), et plus récemment l’affaire des écoutes de la NSA. Les Etats-Unis demeurent pour l’Allemagne un partenaire économique et politique incontournable. Le commerce germano-américain est excédentaire pour l’Allemagne (de 67 Mds $ en 2013) ; sur le plan de l’investissement, les entreprises américaines ont investi davantage en Allemagne (107 Mds $) que dans toute l’Amérique centrale dont le Mexique ($104 milliards). Aussi le projet de Partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (TTIP) est-il fermement appuyé par la Chancelière, qui souhaite un accord ambitieux, même si sa conclusion rencontre plus d’opposition dans l’opinion allemande qu’au début des négociations.

La quasi-totalité de l’effort de défense allemand est consacré à l’OTAN, considérée comme la principale enceinte légitime pour les sujets relatifs à la sécurité et à la défense, le volet militaire de la PSDC étant perçu comme secondaire. L’Allemagne contribue de manière significative aux opérations de l’OTAN : elle est le troisième contributeur à la FIAS en Afghanistan et participera à la prochaine mission de l’OTAN, en tant que nation-cadre de la région Nord. L’Allemagne est aussi le deuxième contributeur à la KFOR au Kosovo, a déployé avec les Etats-Unis et les Pays-Bas des batteries antimissiles de type Patriot sur le territoire turc dans le contexte de la crise syrienne, et participe enfin aux mesures de réassurance prises par l’Alliance aux profits des Alliés d’Europe orientale dans le cadre de la crise ukrainienne.

L’impératif d’une Europe forte et compétitive

La politique étrangère allemande, dont les finalités ultimes sont d’assurer la sécurité et la prospérité dans le pays, n’est conçue que dans le cadre d’une Europe forte et compétitive. Aussi la Chancelière a-t-elle fait du règlement de la crise de la zone euro sa principale préoccupation. Testé par cette crise, l’engagement européen de l’Allemagne reste une constante. Cependant, des critiques commencent à s’élever, en particulier par la voix du parti eurosceptique Alternative für Deutschland. Ce dernier, qui a fait une percée remarquée aux élections européennes ainsi que lors des trois élections régionales qui se sont tenues à l’automne 2014, continue de marquer son opposition à la monnaie unique et plus globalement aux contraintes que ferait peser l’Union européenne sur la politique intérieure allemande et son économie.

Le Triangle de Weimar avec la Pologne et la France connaît un dynamisme nouveau ces dernières années. Les ministres français, allemand et polonais chargés des Affaires étrangères se sont notamment rendus ensemble à Kiev le 20 février 2014, au plus fort de la crise ukrainienne. Ce geste fort a marqué un tournant dans l’évolution de la crise.

La fin d’une politique d’engagement constructif avec la Russie

L’Allemagne s’est engagée dès le début de la crise ukrainienne, de manière active et au plus haut niveau dans la recherche d’une solution, en privilégiant le dialogue avec Moscou, tout en ayant une position de plus en plus ferme sur la question des sanctions. Frank-Walter Steinmeier, auquel on avait pu prêter une certaine complaisance à l’égard de Moscou du fait de la politique de partenariat avec la Russie initiée durant son premier mandat, a rejoint désormais une ligne plus critique. Il est toutefois attaché à rappeler qu’il n’est pas dans l’intérêt de l’Union Européenne d’isoler durablement la Russie.

Une relation spéciale avec Israël

L’Allemagne a une sensibilité particulière vis-à-vis de l’Etat d’Israël, réaffirmée par Mme Merkel lors de sa visite d’Etat dans ce pays (16-18 mars 2008), avec une intervention devant la Knesset : le droit à l’existence et la sécurité d’Israël, en tant qu’Etat juif, constitue pour l’Allemagne « une partie de sa raison d’Etat ». Depuis 2008 sont organisées des consultations annuelles entre les gouvernements allemand et israélien. La dernière a eu lieu les 24 et 25 février 2014. L’Allemagne a voté contre la résolution ayant admis la Palestine comme Etat-membre de l’UNESCO, et, plus récemment, s’est abstenue lors du vote de la résolution sur le réhaussement du statut de la Palestine aux Nations unies. Les autorités allemandes ont en revanche condamné fermement les annonces concernant de nouvelles colonies dans les territoires occupés, qui menacent la viabilité d’une solution à deux Etats.

Lutte contre le terrorisme et engagement pour la stabilité du monde arabo-musulman

La diplomatie allemande s’efforce de développer une position équilibrée dans son dialogue avec le monde arabo-musulman. Présentes dans plusieurs Etats de la région, les fondations politiques proches des grands partis allemands jouent un rôle important dans cet effort de dialogue avec l’ensemble des mouvements politiques locaux.

La montée de l’Etat islamique en Irak a donné lieu à une décision sans précédent du gouvernement allemand. Alors que celui-ci se refusait jusqu’à présent à livrer des armes dans les régions en conflit, la décision a été prise, le 19 août, de livrer des armes aux Kurdes. Face à une opinion publique très réservée, l’Allemagne ne devrait cependant pas participer aux frappes aériennes en Irak.

L’Allemagne est, comme la France, membre du Core Group des Amis de la Syrie. Elle s’était montrée réservée quant à la possibilité de frappes contre le régime syrien, suite à l’emploi d’armes chimiques. Une partie des opérations de destruction finale des armes chimiques syriennes s’est déroulée en Allemagne. Berlin est par ailleurs actif en matière de reconstruction (fonds multi-bailleurs pour la reconstruction mis en place en partenariat avec les Emirats Arabes Unis), d’une part, et en matière d’accueil des réfugiés d’autre part. Depuis le début de la crise, près de 50 000 réfugiés syriens ont trouvé refuge en Allemgagne, qui a en outre consacré 100 millions d’euros à l’assistance aux réfugiés syriens au Liban depuis 2012.

L’Allemagne s’implique dans le dossier iranien, en étroite concertation avec ses partenaires européens (France, Royaume-Uni) ainsi que les Etats-Unis, la Chine et la Russie.

Enfin, tournant la page de son abstention au Conseil de sécurité lors du vote de la résolution 1973 autorisant l’emploi de la force en Libye, l’Allemagne fait un effort particulier de concertation sur ce dossier. Elle a notamment intensifié sa coopération avec Tunis.

Une diplomatie des débouchés commerciaux et des matières premières

Reposant sur trois piliers centraux (chambres de commerce bilatérales, agence de promotion Germany Trade and Invest, et conseillers économiques des ambassades), la diplomatie économique menée par Berlin se traduit par une forte attention portée aux grands pays émergents. La Chancelière a déjà effectué sept visites officielles en Chine, où l’Allemagne est le premier investisseur européen et compte 5 000 entreprises, dans un contexte de résorption du déficit bilatéral allemand. La diplomatie allemande des matières premières trouve une illustration dans la relation étroite qu’entretient l’Allemagne avec la Mongolie (visite de la Chancelière en 2011, de Steinmeier en juillet 2014), dont les « terres rares » constituent des ressources stratégiques pour l’industrie allemande. Avec l’Inde, les relations ont, depuis 2006, la qualité de « partenariat stratégique » pour les deux pays. Aux échanges économiques étroits (même s’ils n’ont pas l’importance de ceux existants avec la Chine) s’ajoute une coopération scientifique et technique dynamique. La participation allemande à des opérations de lutte contre les trafics et la piraterie (Atalante), et son implication dans la mise en œuvre d’une stratégie de sûreté maritime de l’Union européenne s’inscrivent dans une même volonté de protection des routes commerciales.

Une réflexion en cours sur un engagement accru de l’Allemagne sur la scène internationale

S’interrogeant sur l’opportunité de donner à l’Allemagne une place à la mesure de son poids économique et de son influence politique, le Président fédéral d’abord, puis les ministres des Affaires étrangères et de la Défense, se sont successivement prononcés pour un renforcement du rôle de l’Allemagne dans le monde, tout en rappelant les responsabilités liées au passé. Frank-Walter Steinmeier a engagé un exercice de revue de la politique étrangère allemande, la « Review 2014 ». Cependant, l’opinion publique allemande demeure largement réticente à un engagement accru de l’Allemagne sur la scène internationale, comme en témoigne un sondage réalisé par la fondation Körber en mai 2014 : seuls 37% des Allemands sondés y sont favorables, tandis que 60% préconisent l’inverse.

Mise à jour : 24.11.14

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