Présentation
Données générales
Données géographiques
Nom officiel : République d’Afrique du Sud
Superficie : 1.221.037 km2
Population : 51,77 millions d’habitants selon le recensement 2011 (44,82 millions en 2001) .
Capitale : administrative : Pretoria ; législative : Le Cap ; judiciaire : Bloemfontein/Mangaung.
Villes principales : Johannesburg (3,2 M.), Durban (3 M.), Le Cap (2,9 M.), East Rand/Ekurhuleni (2,4 M.)
Langues officielles : anglais (langue maternelle de 8,2 % des Sud-Africains), afrikaans (13,3 %), zoulou (23,8 %), xhosa (17,6 %), swazi, ndébélé, sotho du nord, sotho du sud, tswana, venda, tsonga-shangaan
Monnaie : Rand sud-africain (ZAR) : 1 € = 11,39 ZAR au 23.octobre 2012
Fête nationale : 27 avril (« Freedom Day », célébration des premières élections démocratiques du pays en 1994, 4 ans après la libération de Nelson Mandela, le 11 février 1990).
Données démographiques
Croissance démographique : -0,41 % (est. 2012, recul lié à l’émigration)
Espérance de vie : : 54 ans (Blancs : 71 ans, Noirs : 49 ans). 20% des adultes seraient séropositifs. Taux d’alphabétisation : 86%.
Communautés : Noirs 79,2 %, Blancs 9,4 %, Métis 8,9 %, Indiens 2,5%
Religions : Eglise chrétienne de Sion (ZCC) 11,1 % ; pentecôtistes 8,2 % ; catholiques 7,1 % ; méthodistes 6,8 % ; Eglise réformée néerlandaise 6,7 % ; Anglicans 3,8 % ; musulmans 1,5 % ; autres courants chrétiens 36 % ; athées, agnostiques, sans affiliation 16 % ; autres 2,3 % ;
Indice de développement humain : (Classement ONU 2011) 0,597 – 123 ème place sur 169 (recul de 35 places entre 1990 et 2005 lié à la pandémie de SIDA).
Données économiques
PIB (pays à revenu intermédiaire) : Est. 2011 : 408 Mds USD.
PIB par habitant : 8 066 USD (2011)
Taux de croissance : 2009 : - 1,5 % . 2010 : 2,9 % ; est 2011 : 3,1% ; est. 2012 : 2,8 %.
Taux de chômage : 24,9 % (2012 ; 15,6 % en 1994).
Taux d’inflation : 2011 : 6,3 %
Balance des paiments courants : -3,3 % PIB (2011)
Solde commercial franco-sud-africain : 1 337 M€ (2011), soit + 31,5% pour les exportations françaises en Afrique du Sud (2,3 Mds €) – 8,8 % pour les importations sud-africaines en France (954 M€).
Part des secteurs d’activités dans le PIB : Agriculture (2, 6 %), Industrie, mines (21 %), services (76,3 %).
Consulats de France : Johannesburg et Le Cap. Communauté française en Afrique du Sud : évaluée aux alentours de 10.000 (7 156 immatriculés au 1er mars 2012).
Politique intérieure
L’échiquier politique depuis les élections générales du 22 avril 2009
L’African National Congress (ANC) domine la vie politique sud-africaine depuis 1994. L’« alliance tripartite » au pouvoir est composée de l’ANC proprement dit, du Parti Communiste (South African Communist Party - SACP) et la Confédération syndicale COSATU (Congress of South African Trade Unions), les statuts des différentes entités permettant les double-appartenances.
Créé en 1912 afin de défendre les droits des citoyens sud-africains non-blancs, l’ANC s’élève contre l’apartheid à partir de 1948 (victoire des nationalistes afrikaners du Parti National). Il s’impose dans les années 80 à ses rivaux (Inkhata, PAC, AZAPO) comme le représentant dominant de la majorité noire. Bien qu’en recul – l’ANC n’a pas encore réussi à enrayer les fléaux de la pauvreté et du chômage, l’ANC conserve une incontestable popularité (65,9% des voix aux élections générales du 22 avril 2009, et 264 sièges sur 400 à l’Assemblée nationale), notamment au sein de la majorité noire.
La Democratic Alliance (DA), héritière des blancs libéraux opposés à l’apartheid, dirigée par Helen Zille, est le premier parti d’opposition. Cette formation a réalisé une percée aux élections du 22 avril 2009 (16,7% des voix). Elle contrôle la ville du Cap et la province du Cap-Occidental. Né d’une scission avec l’ANC en décembre 2008, le Congress of the People (COPE), a réalisé un score de 7,4% aux élections générales de 2009 mais s’est enlisé dans ses divisions. On compte par ailleurs de nombreuses petites formations, notamment identitaires. Le parti traditionnaliste zoulou Inkhata Freedom Party (IFP), dirigé par M. Buthelezi, rassemble encore 4,5% des électeurs (7% en 2004). Les formations d’extrême droite afrikaner ne disposent plus, en revanche, que d’une audience marginale.
La Présidence de Jacob Zuma
M. Jacob Zuma a été élu Président de la République, par le Parlement, le 6 mai 2009. Ancien Vice-Président de Thabo Mbeki (1999-2005), il a ravi à ce dernier la présidence du parti lors de la 52ème Conférence nationale de l’ANC à Polokwane (décembre 2007), avant de le contraindre à démissionner (septembre 2008). L’appui à M. Zuma de l’aile gauche de l’ANC (COSATU, Parti Communiste et Ligue des jeunes), critique à l’égard d’une politique économique libérale, a été déterminant.
Depuis son accession au pouvoir, le Président Zuma a mis l’accent sur la cohésion nationale et cinq grandes priorités : création d’emplois, développement rural, refonte du système de santé et de sécurité sociale, alphabétisation et lutte contre la criminalité. Ayant pris ses fonctions en pleine crise en 2009 (contraction du PIB de 1,5 %, perte d’un million d’emplois), le Président sud-africain n’a toutefois pu mettre en œuvre ce programme. L’Afrique du sud reste avec la Namibie voisine le pays le plus inégalitaire au monde. La pauvreté touche plus d’un Sud-Africain sur trois. 40 000 fermiers blancs contrôlent toujours 80 % des terres vouées à l’agriculture commerciale. Les tensions sociales ont été mises en lumière par le conflit social autour de la mine de Marikana (34 tués par la police le 16 août), sur lequel une commission d’enquête indépendante doit rendre son rapport.
Ce bilan social a entraîné un recul de l’ANC lors des municipales de mai 2011 (61,9 % des voix contre 65,9 % aux élections générales de 2009). Le parti au pouvoir est passé sous la barre des 2/3 des suffrages pour la première fois depuis 1994. Cette contreperformance relative a exacerbé les dissensions au sein de la coalition gouvernementale, divisée notamment entre « nationalistes africanistes » de la Youth League, au service des intérêts du monde des affaires noir (Black Economic Empowerment), et « aile gauche » (parti communiste et COSATU). Ces tensions se sont traduites, le 29 février 2012, par l’exclusion de l’ANC du chef de la Ligue des Jeunes, M. Julius MALEMA.
Le Président Zuma a toutefois été largement réélu (75% des voix) le 18 décembre 2012 à la présidence de l’ANC, lors de la Conférence nationale du parti à Mangaung. Il sera donc candidat à sa réélection lors des élections générales du printemps 2014. L’ancien Secrétaire Général de l’ANC, Cyril Ramaphosa, a été élu à la Vice-Présidence du parti. Adversaire malheureux de M. Zuma, le Vice-Président Kgalema M.othlante pourrait faire les frais du remaniement ministériel annoncée en janvier 2013.
Les milieux d’affaires sont rassurés par l’intronisation de M. Ramaphosa, modéré et homme d’affaires respecté, comme dauphin de Jacob Zuma, et par la disparition du concept de nationalisation du document produit par le parti à Mangaung.
Situation économique
Première puissance économique du continent, l’Afrique du Sud occupe le 27e rang mondial : le PIB sud-africain représente près du quart de celui du continent, le tiers de celui de l’Afrique subsaharienne et les deux tiers de celui de l’Afrique australe.
Après quelques années de forte croissance (plus de 5% en 2006 et 2007), l’économie sud-africaine a connu un ralentissement en 2008 (3,6%), puis une récession en 2009 (- 1,5 %). La reprise reste fragile (2010 : 2,8% ; est. 2011 : 3,1% ; est. 2012 : 2,7%). Les taux d’épargne et d’investissement, inférieurs à ceux des autres pays émergents, pèsent sur la croissance de long terme. Conscient de la dépendance du pays envers l’apport de capitaux étrangers, en raison du déficit de la balance des paiements, le gouvernement maintient une politique macro-économique prudente.
La lutte contre la pauvreté et pour la création d’emplois restent des priorités absolues. Seuls 41 % de la population en âge de travailler exerce une activité, contre 71% en Chine, et 66 % au Brésil.
La conjoncture favorable antérieure à 2009 a facilité l’émergence d’une classe moyenne noire (« black diamonds », environ 3 millions de personnes), qui a notamment bénéficié d’une politique de discrimination positive, le Black Economic Empowerment (BEE), mis en place par Thabo Mbeki. Cette politique a toutefois trouvé ses limites en ne bénéficiant qu’à une minorité.
Après s’être développée à la faveur de ses ressources naturelles, notamment minières (platine, or, diamant, charbon, etc.) et d’un puissant secteur des services (la Bourse de Johannesburg est la première du continent), l’économie sud-africaine doit se diversifier.
Le chef de l’Etat souhaite améliorer les performances des secteurs éducatif et sanitaire. Le faible niveau d’éducation et un taux élevé de prévalence du sida (20 %) handicapent en effet le développement économique du pays.
Parallèlement, le ministère du Commerce et de l’Industrie travaille à une législation plus favorable aux zones économiques spéciales. Les tensions sociales dans le secteur minier, la récurrence du thème de la nationalisation des mines et des terres dans le débat politique, peuvent toutefois heurter les investisseurs.
Politique extérieure
Relations avec l’Union européenne
Les relations entre l’Union européenne et l’Afrique du Sud reposent sur l’Accord sur le Commerce, le Développement et la Coopération (ACDC/TDCA), entré en vigueur en 2004. Cet accord comporte trois volets : dialogue politique, coopération et développement et libéralisation commerciale. L’Afrique du Sud est également partie à l’Accord de Cotonou entre les Etats ACP et l’UE (accord de 2000, révisé en 2005), avec un statut spécial qui ne lui confère pas l’accès à ses instruments financiers (FED), ni au régime commercial préférentiel.
La conclusion d’un Accord de Partenariat stratégique entre l’UE et l’Afrique du Sud, le 14 mai 2007, a consacré la volonté de renforcer le dialogue politique, qui se traduit désormais par :
la tenue régulière de Sommets UE-RSA au niveau du chef de l’Etat sud-africian, le seul de ce type avec un pays d’Afrique (la dernière réunion s’est tenue le 18 septembre à Bruxelles) ;
deux troïkas ministérielles annuelles ;
le maintien des Conseils conjoints de coopération au niveau ministériel et/ou hauts fonctionnaires.
L’Afrique du Sud est le premier bénéficiaire de l’aide communautaire sur le continent africain. Pour la période 2007-2013, une dotation de 980 M€ est prévue au titre de l’Instrument de Coopération pour le Développement (ICD).
Politique étrangère
Recentrée, dans un premier temps, sur les questions régionales, la politique étrangère du Président Zuma a pour objectifs une intensification des coopérations sud-sud, une consolidation des relations avec les pays émergents, et la montée en puissance de l’Afrique du Sud dans les enceintes multilatérales.
L’Afrique
L’Afrique reste la priorité de la diplomatie sud-africaine, dans le cadre de l’Union Africaine (UA), de la SADC (Communauté pour le Développement de l’Afrique australe), ainsi qu’ au niveau des relations bilatérales.
L’élection de Mme Dlamini-Zuma, Ministre de l’Intérieur, au poste de Présidente de la Commission de l’Union Africaine, le 14 juillet dernier, a constitué un incontestable succès, après une première tentative infructueuse en janvier 2012. Elle a toutefois heurté certains pays africains attachés à la règle selon laquelle aucun grand Etat (Nigeria, Afrique du sud) ne devait concourir à cette fonction.
L’Afrique du Sud accorde également une importance majeure à son environnement immédiat, l’Afrique australe et l’Océan Indien. Elle est membre de la communauté des Etats d’Afrique australe (SADC), qui compte 15 membres (dont Madagascar, suspendu depuis le début de la crise en 2009). Elle y exerce une influence à la mesure de son poids politique et économique (2/3 du PIB de la région). C’est ainsi que deux missions de médiation lui ont été confiées, l’une sur le Zimbabwe, l’autre sur Madagascar jusqu’en août 2012, dont a hérité la Tanzanie.
L’ Afrique du Sud est impliquée au Zimbabwe depuis 2007. Elle n’a pas réussi à empêcher les violences lors des élections du printemps 2008. L’ancien Président Mbeki a toutefois obtenu la conclusion d’un Accord Politique Global – GPA- en septembre 2008, et la mise en place d’un gouvernement d’union nationale en février 2009. Dans la perspective de nouvelles élections générales, le Président Zuma tente de favoriser la rédaction d’une nouvelle Constitution, à même de garantir un scrutin libre, juste et pacifique.
A Madagascar, le Président Zuma a désigné comme envoyé spécial M. Marius Fransman, Vice-Ministre des Affaires étrangères. Celui-ci a contribué à l’adoption d’une Feuille de route par la majorité des partis malgaches (17 septembre 2011), qui a permis la nomination d’un Premier Ministre, puis d’un gouvernement de transition. Depuis le sommet de la SADC d’août 2012, la médiation sur Madagascar est confiée à La Tanzanie, qui est parvenue à convaincre le Président de transition Rajoelina et son prédécesseur Marc Ravalomanana, en exil en Afrique du Sud, de ne pas se présenter aux présidentielles prévues en 2013.
Au-delà de son périmètre immédiat, l’Afrique du Sud continue d’entretenir une relation étroite avec la République Démocratique du Congo (RDC), dont elle a soutenu l’entrée dans la SADC en 1998. Après avoir contribué à la conclusion de l’accord de transition politique dans le cadre du dialogue inter-congolais (Accords de Pretoria en 2002 et de Sun City en 2003), Pretoria reste impliquée dans la normalisation de la situation politique (déploiement de 1242 hommes au sein de la MONUSCO). En froid avec Kigali depuis la tentative d’assassinat d’un dissident rwandais à Johannesburg en juillet 2010, elle a soutenu la dénonciation en août par la SADC des ingérences rwandaises dans l’est de la RDC.
L’Afrique du Sud a également dépêché début janvier un contingent de 300 soldats à Bangui en République centrafricaine, à la demande du Président Bozizé, lié à Pretoria par un accord de défense mutuel et de coopération, et menacé par la rébellion Séléka.
L’ Afrique du Sud est engagée dans les deux Soudan. L’ancien Président Mbeki préside le Panel de Haut niveau de l’Union Africaine, chargé des négociations Nord-Sud. La MINUAD (Darfour) inclut des contingents sud-africains, tandis que Pretoria contribue à la formation de cadres sud-soudanais.
Concernant la Corne de l’Afrique, Pretoria a annoncé lors de la Conférence de Londres (février 2012) une aide de 10 MUSD pour des projets sociaux en Somalie. En matière de lutte contre la piraterie, le Sommet de la SADC de Luanda (août 2011) a adopté une stratégie régionale, qui prévoit la mobilisation des trois principaux Etats côtiers concernés, l’Afrique du Sud, le Mozambique et la Tanzanie.
La création, prévue en 2013, d’une Agence de Développement (SA Development Partnership Agency) offrira un nouveau vecteurs de développement de l’influence sud-africaine en Afrique subsaharienne.
La solidarité Sud-Sud
Sa transition démocratique exemplaire et sa qualité de première puissance économique africaine ont permis à l’Afrique du Sud, d’intégrer plusieurs cercles influents, confortant son statut de représentante du continent africain sur la scène internationale.
Dès 2003, l’Afrique du Sud a intégré le Forum IBAS/IBSA (Inde, Brésil, Afrique du Sud), créé à Brasilia, sur la base de valeurs démocratiques.
En 2008, lors de la naissance du G20, l’Afrique du Sud est devenue le seul représentant de l’Afrique au sein de cette instance qui représente les 2/3 de la population de la planète et plus de 90% de son PIB.
En avril 2011, les BRIC (Brésil, Inde, Chine) sont devenus BRICS en intégrant l’Afrique du Sud. Le plus petit des Etats membres du G20, des IBSA et des BRICS a ainsi rejoint le « club » des grands émergents. En s’appuyant sur ces nouvelles solidarités, l’Afrique du Sud aspire à promouvoir une gouvernance mondiale plus favorable aux pays du sud.
L’adaptation du système multilatéral à la réalité actuelle
L’Afrique du Sud est parvenue à accroître son influence diplomatique. Elle a siégé au Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU) en 2007-2008. Elle y siège à nouveau jusqu’à la fin 2012. Concernant la réforme du CSNU, l’Afrique du Sud continue officiellement de défendre la position définie par l’Union Africaine en 2005, dite « Consensus d’Ezulwini », qui prévoit la création de deux sièges de membres permanents avec droit de veto, et de deux sièges de membres non-permanents supplémentaires pour le continent africain. Pretoria tend toutefois à marquer de plus en plus ouvertement son souhait d’obtenir un siège de membre permanent.
Son intérêt pour l’évolution de la gouvernance mondiale conduit l’Afrique du Sud à suivre de près la réforme des Institutions Financières Internationales.
Enfin, la conduite avisée par l’Afrique du Sud des négociations qu’elle accueillait à Durban, en décembre 2011, dans le cadre de l’ONU, a contribué à la conclusion d’un compromis dans la voie vers l’adoption d’un régime international de lutte contre le changement climatique.
Mise à jour : 29.01.13
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