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Présentation

Données générales

Nature du régime : parlementaire
Chef de l’Etat : M. Jacob Zuma (9 mai 2009)


Données géographiques

Superficie : 1.221.037 km2
Capitale : administrative : Pretoria/Tshwane ; parlementaire : Le Cap ; judiciaire : Bloemfontein/Mangaung.
Villes principales : Johannesburg (3,2 M.), Durban (3 M.), Le Cap (2,9 M.), East Rand/Ekurhuleni (2,4 M.)
Langues officielles : anglais (langue maternelle de 8,2 % des Sud-Africains), afrikaans (13,3 %), zoulou (23,8 %), xhosa (17,6 %), swazi, ndébélé, sotho du nord, sotho du sud, tswana, venda, tsonga-shangaan
Monnaie : Rand sud-africain (ZAR) : 1 € = 14,19 au 14 mai 2014


Données démographiques

Population : 51,77 millions d’habitants selon le recensement 2011 (44,82 millions en 2001) .
Croissance démographique : -0,41 % (est. 2012, recul lié à l’émigration)
Espérance de vie : 54 ans (Blancs : 71 ans, Noirs : 49 ans). 20% des adultes seraient séropositifs.
Taux d’alphabétisation : 86%.
Communautés : Noirs 79,2 %, Blancs 9,4 %, Métis 8,9 %, Indiens 2,5%
Religions : Eglise chrétienne de Sion (ZCC) 11,1 % ; pentecôtistes 8,2 % ; catholiques 7,1 % ; méthodistes 6,8 % ; Eglise réformée néerlandaise 6,7 % ; Anglicans 3,8 % ; musulmans 1,5 % ; autres courants chrétiens 36 % ; athées, agnostiques, sans affiliation 16 % ; autres 2,3 % ;
Indice de développement humain : (Classement ONU 2011) 0,597 – 123 ème place sur 169 (recul de 35 places entre 1990 et 2005 lié à la pandémie de SIDA).


Données économiques

PIB (pays à revenu intermédiaire) : 384 Mds USD (BM, 2012)
PIB par habitant : 7508 USD (BM, 2012)

Taux de croissance : 2009 : - 1,5 %, 2010 : 2,8%, 2011 : 3,1%, . 2012 : 2,5%, 2013 : 1,9 %
Taux de chômage : 25,6 % (2013 ; 15,6 % en 1994).
Taux d’inflation : 2013 (prev) : 5,9 %

Balance des paiements courants : -6,5 % PIB (2ème trimestre 2013)
Echanges commerciaux : Excédent français de 977,69 M€ (2013), exportations françaises en Afrique du Sud (1785,58 millions €), importations sud-africaines en France (807,89 millions €).

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • Agriculture (2, 6 %),
  • Industrie, mines (21 %),
  • services (76,3 %).

Consulats de France : Johannesburg et Le Cap.
Communauté française en Afrique du Sud : aux alentours de 10.000 ressortissants (dont 7 156 immatriculés).


Politique intérieure

Les doutes sur l’intégrité du Président Zuma n’ont pas empêché une nette victoire du Congrès National Africain (ANC) aux élections du 7 mai 2014

L’African National Congress (ANC), ancien mouvement de libération qui s’est imposé dans les années 80 à ses rivaux (Inkatha, PAC, AZAPO) comme principal porte-parole de la majorité noire, domine la vie politique sud-africaine depuis 1994. L’« alliance tripartite » au pouvoir est composée de l’ANC proprement dit, du Parti Communiste (South African Communist Party - SACP) et de la Confédération syndicale COSATU (Congress of South African Trade Unions), les statuts des différentes entités permettant les double-appartenances.

Les critiques sur la compétence et l’intégrité du Président Zuma (réhabilitation de sa résidence privée avec des fonds publics pour plus de 20 millions d’euros) n’ont pas empêché la large victoire de l’ANC aux élections législatives et régionales du 7 mai 2014 (62,15 % des voix). Malgré un tassement par rapport aux deux scrutins précédents (69 % des voix en 2004), marqué notamment par un recul dans les grandes villes, l’ANC demeure au-dessus de la barre symbolique des 60% des suffrages. Après la trêve électorale, les tensions devraient resurgir au sein de la confédération syndicale COSATU, où le syndicat de la métallurgie NUMSA (330 000 membres) souhaite créer un parti des travailleurs à la gauche de l’ANC.


Une opposition qui voit pour la première fois émerger un concurrent sérieux à la gauche de l’ANC

L’Alliance Démocratique (DA), héritière des blancs libéraux opposés à l’apartheid et premier parti d’opposition, a poursuivi sa progression en passant de 2 à 22,23 % des voix entre 1994 et 2014. Elle dirige la ville du Cap et la province du Cap Occidental, vitrines de ses capacités de gestion, . Cette formation cherche à promouvoir en son sein de jeunes dirigeants noirs pour élargir sa base électorale. A l’extrême gauche, le dirigeant populiste Julius Malema, exclu de l’ANC, est parvenu à imposer sa nouvelle formation, les « economic freedom fighters », comme troisième force du pays (6,35 %) grâce à un programme économique radical qui rencontre un écho chez les jeunes chômeurs noirs. Les autres partis semblent promis au déclin, tel (t. l’Inkatha de Buthelezi (2,4 % des voix), affaibli par une scission et un leadership vieillissant, ou rassemblent moins d’1 % des suffrages.


Situation économique

Privée en 2014 par le Nigeria de son statut de première puissance économique du continent, l’Afrique du Sud occupe le 27e rang mondial : le PIB sud-africain représente près du quart de celui du continent, le tiers de celui de l’Afrique subsaharienne (50 % en 1994) et les deux tiers de celui de l’Afrique australe.

Après quelques années de forte croissance (plus de 5% en 2006 et 2007), l’économie sud-africaine a connu un ralentissement en 2008 (3,6%), puis une récession en 2009 (- 1,5 %). La reprise reste fragile (2010 : 2,8% ; 2011 : 3,1% ; 2012 : 2,5 %, 2013 : 1,9%). Les taux d’épargne et d’investissement, inférieurs à ceux des autres pays émergents, pèsent sur la croissance de long terme.

Le déclin de la compétitivité sud-africaine explique la persistance d’un déficit important de la balance des paiements (5,8 % du PIB en 2013). Le Rand a perdu 20 % de sa valeur face au dollar en 2013. La lutte contre la pauvreté et pour la création d’emplois restent des priorités absolues. Seuls 41 % de la population en âge de travailler exerce une activité, contre 71% en Chine, et 66 % au Brésil. Le secteur privé non agricole a perdu un million d’emplois depuis 1980.

L’Afrique du Sud pâtit d’un recul de sa compétitivité et d’une inquiétante désindustrialisation. 16 millions des Sud-Africains dépendent des minimas sociaux. Les tensions sociales pèsent sur la croissance, comme la grève dans les mines de platine, de janvier à juin 2014, qui a amputé la progression du PIB de 0, 6 points.

La conjoncture favorable antérieure à 2009 a facilité l’émergence d’une classe moyenne noire (« black diamonds », environ 3 millions de personnes), qui a notamment bénéficié d’une politique de discrimination positive, le Black Economic Empowerment (BEE), mis en place par Thabo Mbeki. Cette politique a toutefois trouvé ses limites en ne bénéficiant qu’à une minorité.

Après s’être développée à la faveur de ses ressources naturelles, notamment de mines (platine, or, diamant, charbon…) aujourd’hui en déclin, et d’un puissant secteur des services (la Bourse de Johannesburg représente 80 % de la capitalisation boursière du continent), l’économie sud-africaine doit se diversifier.

Le Président Zuma souhaite améliorer les performances des secteurs éducatif et sanitaire. La très faible qualité d’un système éducatif qui scolarise 98 % des enfants mais est classé 144ème sur 148 par le forum économique mondial et un taux élevé de prévalence du sida (20 %) handicapent en effet le développement économique du pays.


Politique extérieure

Une politique extérieure orientée prioritairement vers le continent africain

L’Afrique subsaharienne reste la priorité de la diplomatie sud-africaine. La volonté de renouer avec une identité africaine niée à l’époque de l’apartheid, la confiance dans la possibilité de promouvoir le modèle de réconciliation sud-africain, la volonté d’accompagner les grands groupes publics (ESKOM) et privés (téléphonie mobile, banque, mines, distribution…) dans leur implantation en Afrique, plaident pour cet engagement. ESKOM devrait acheter plus de la moitié de l’électricité (2,5 GW sur 4,8 GW) généré par le barrage électrique d’Inga III en RDC, dont le chantier doit débuter en 2015/2016.

L’élection de Mme Dlamini-Zuma en juillet 2012 comme Présidente de la Commission de l’UA a offert à Pretoria un relais d’influence important. Elle a toutefois heurté certains pays africains attachés à la règle selon laquelle aucun grand Etat (Nigeria, Afrique du sud) ne devait concourir à cette fonction.

La politique africaine de Pretoria affiche un bilan contrasté. Elle mêle succès (en RDC, accord de Sun City qui a mis fin en 2002/2003 à la seconde guerre du Congo ; accords de paix de 2000/2003 au Burundi) et échecs : soutien à Laurent Gbagbo et confrontation avec la CEDEAO en Côte d’ivoire après les présidentielles de décembre 2010 ; débâcle en République centrafricaine, où le contingent sud-africain n’a pu éviter , fin mars 2013, le renversement du Président Bozizé en dépit de lourdes pertes (14 morts). Les relations avec le Rwanda sont se sont tendues suite aux meurtres ou tentatives d’assassinat d’opposants rwandais exilés en Afrique du Sud début 2014.

L’Afrique du Sud est un contributeur important aux opérations de maintien de la paix sur le continent africain : elle déploie 850 hommes au Darfour. Le Vice-Président Cyril Ramaphosa s’est engagé dans une médiation entre belligérants au Soudan du Sud. Pretoria constitue, avec 1250 hommes et un appui aérien, le fer de lance de la brigade d’intervention de la MONUSCO qui a imposé en novembre 2013 le désarmement des rebelles du M23.

L’Afrique du Sud a mené plusieurs médiations au nom de la SADC : Madagascar, où elle a œuvré comme la France à des élections présidentielles (25 octobre – 20 décembre) dont sont écartés le Président de transition et son prédécesseur ; Zimbabwe, où elle pris acte la réélection du Président Mugabe en juillet 2013 et plaide pour la levée de toutes les sanctions occidentales. La création prochaine d’une Agence de Développement (South Africa Development Partnership Agency - SADPA) offrirait un nouveau vecteur de développement de l’influence sud-africaine en Afrique subsaharienne.

Au-delà de l’Afrique, l’Afrique du Sud est engagée depuis 2012 dans une initiative en faveur de la réconciliation à Sri Lanka.


Une insertion au sein des BRICS dont les bénéfices ne doivent pas être surestimés

Candidate à un siège de membre permanent du Conseil de sécurité, mais ne pouvant afficher ses ambitions sans se désolidariser de la position officielle de l’UA, l’Afrique du Sud a vu conforter son statut de représentante de l’Afrique dans les enceintes globales : intégration au sein du G20 en 2009 ; admission au sein des BRICS en 2011. Elle a accueilli à Durban en mars 2013 le sommet des BRICS, qui a abouti à un accord sur la création d’une Banque commune de développement, effectif en 2014.

Les avantages symboliques de cette appartenance au BRICS sont plus évidents que ses bénéfices économiques. L‘Afrique du Sud, 2,5 % du PIB du groupe, subit la concurrence de ses partenaires (produits manufacturés chinois, produits agricoles brésiliens). Cette adhésion ne s’est pas traduite par un essor des investissements chinois, indien ou brésilien en Afrique du Sud. Les investissements sud-africains en Chine sont plus importants que ceux de Pékin en Afrique du Sud.


Des relations distendues avec l’Union Européenne

Les relations avec l’Union européenne, premier partenaire commercial (21,5 % des exportations sud-africaines), reposent sur l’Accord sur le Commerce, le Développement et la Coopération (ACDC/TDCA), entré en vigueur en 2004, qui comporte trois volets : dialogue politique, coopération et développement et libéralisation commerciale. Si l’Afrique du Sud n’a pas accès aux instruments financiers (FED), ni au régime commercial préférentiel, de l’accord de Cotonou, elle a été premier bénéficiaire de l’aide communautaire sur le continent africain. 980 M€ ont été mobilisés en 2007-2013 au titre de l’Instrument de Coopération pour le Développement (ICD). Cette assistance communautaire, concentrée sur les pays les plus fragiles, devrait être fortement réduite pour l’Afrique du Sud, alors qu’à titre bilatéral le Royaume Uni et la Suède, ont suspendu depuis 2013 leur aide à Pretoria.


Une politique étrangère largement influencée par le Congrès National Africain et l’héritage de la lutte antiapartheid

L’ANC a repris en main l’appareil diplomatique sud-africain en 2011 après le vote par l’Afrique du Sud de la résolution 1973 du Conseil de sécurité autorisant l’intervention en Libye.

Les liens avec les Etats ayant soutenu la lutte antiapartheid (Libye de Kadhafi, Cuba, Russie, Iran) restent étroits. Les positions de la diplomatie sud-africaine sont donc particulièrement marquées par cet héritage : reconnaissance de l’indépendance du Sahara occidental ; soutien aux positions palestiniennes, la condition palestinienne dans les territoires occupés étant fréquemment rapprochée de celle des Noirs sud-africains de l’apartheid ; scepticisme sur la légitimité des sanctions contre l’Iran ; hostilité contre les tentatives de changement de régime, notamment en Syrie.


Mise à jour : 15.09.14


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