Présentation de l’Afghanistan
Présentation
Données générales
Données générales et géographiques
Nom officiel : République islamique d’Afghanistan.
Nature du régime : présidentiel
Chef de l’Etat et du gouvernement : Hamid Karzaï (pachtoune).
Superficie : 652 090 km².
Capitale : Kaboul (3 millions d’habitants).
Villes principales : Kandahar (322 000), Hérat (305 000), Mazar-é Charif (131 000), Djalalabad (58 000), Koundouz (57 000).
Langues : pachtou, dari. Autres langues d’usage courant : ouzbek, turkmène.
Monnaie : afghani (1 AFN = 0, 013 € au 1er octobre 2012)
Fête nationale : 19 août (fête de l’Indépendance de 1919).
Données démographiques
Population : entre 24,5 et 29 millions selon les différentes estimations (auxquels s’ajoutent trois millions de réfugiés afghans encore présents en Iran et au Pakistan).
Croissance démographique(2002-2015) : 3,4 % par an.
Espérance de vie : 44 ans (estimation 2008).
Taux d’alphabétisationdes plus de 15 ans (2003) : hommes : 43 %, femmes : 22%.
Religions : 84% de musulmans sunnites (rite hanéfite), 15% de musulmans chiites (duodécimains et ismaéliens), autres (sikhs, hindous…).
IDH : 0,352 (soit 181e sur 182 Etats).
PIB(2010) : 17 milliards de dollars (source : Banque mondiale)
PIB/hab. (2010) : 501 dollars (source : Banque mondiale) ; 253 dollars en 2005/06.
Taux de croissance(2010) : 8,2 % (source : FMI)
Taux de chômage (2008) : 35 % (estimation, absence de données fiables)
Inflation (2010, prix à la consommation) : 7,7% ; projection 2011 : 8,4% (source : FMI).
Situation budgétaire (année fiscale 2009-2010) :
Le taux de collecte fiscale a atteint 9,8% en 2010/11 en augmentation par rapport à l’année précédente 8,9% du PIB (1,22 Mds USD) à la suite d’efforts pour élargir l’assiette fiscale. Il était de 7,1 % du PIB en moyenne sur la période 2006-2009. Pour mémoire, l’année civile et fiscale afghane commence le 21 mars, jour du nouvel an persan.
Budget de 8,7 Mds USD :
il est réparti entre core budget (fonds gérés par le gouvernement) et l’external budget (aides extérieures ne transitant pas par le gouvernement, soit environ 60% des dépenses publiques), répartition à hauteur de 3,2 et 5,5 Mds USD.
Le gouvernement afghan a demandé, lors de la conférence de Kaboul en juillet 2010, que 50% de toute l’aide au développement passe par le core budget d’ici 2 ans. Cette ambition se heurte toutefois aux difficultés de mise en œuvre des dépenses budgétées dans le core budget.
Balance commerciale -hors trafics illicites- hors transferts courants (2010) : - 6,5 Mds de dollars (9207 M USD d’importations et 2656 M USD d’exportations)
Principaux fournisseurs (2009) : Pakistan (26,8%), Etats-Unis (24,8%), Inde (5,1%), Allemagne (5,1%), Russie (4%), Royaume-Uni (3,3%).
Principaux clients (2009) : Etats-Unis (26,5%), Inde (23,1%) Pakistan (17,4%), Tadjikistan (12,5%) Russie (2,9%), Iran (2,3%).
Répartition de la population active (2010) :
Agriculture : 78,6%
Industrie : 5,7%
Services : 15,7%
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2010) :
Agriculture : 31,6%
Industrie : 26,3%
Services : 42,1%.
Commerce bilatéral (2011) :
Exportations de biens français en Afghanistan : 43,7 millions d’euros (45,7 en 2010)
Importations de biens afghans en France : 3,5 million d’euros (1,5 en 2010)
Soit un excédent commercial de 40,2 millions d’euros en 2011.
Consulat de France : Kaboul (section consulaire de l’ambassade).
Communauté française en Afghanistan(décembre 2011) : 334 personnes (hors militaires).
Communauté afghane en France : (mars 2012) : 2 980 personnes
Politique intérieure
Contexte politique, échéances électorales
L’accord inter-afghan de Bonn-Petersberg du 5 décembre 2001 a mis en place une administration intérimaire présidée par un proche de l’ancien roi Zaher Chah, M. Hamid Karzaï, en prévoyant un calendrier pour une transition politique avec des élections libres et démocratiques.
Réunie à Kaboul en juin 2002, une Loya Jirga (assemblée traditionnelle) a reconduit Hamid Karzaï à la Présidence de l’Etat transitoire islamique d’Afghanistan. Une seconde Loya Jirga, dite constitutionnelle, a conclu ses travaux le 4 janvier 2004 par l’adoption d’une nouvelle constitution. Celle-ci confirme que l’Afghanistan est une République islamique et garantit le respect des droits de l’Homme, notamment le principe d’égalité des hommes et des femmes. Le régime est de nature présidentielle, mais avec un contrôle parlementaire renforcé. L’ancien roi, Zaher Chah, revenu à Kaboul en avril 2002, s’est vu reconnaître le titre honorifique de « Père de la Nation » et a continué à exercer une influence politique jusqu’à son décès le 23 juillet 2007.
Hamid Karzaï a remporté l’élection présidentielle du 9 octobre 2004 en obtenant, dès le premier tour, 55,4% des voix, face à 17 autres candidats. Le parlement a été inauguré le 17 décembre 2005 à l’issue des élections législatives du 18 septembre 2005. Il est composé de deux chambres, la Mechrano Jirga (Sénat), composée de 102 membres élus par les collectivités locales ou nommés par le Président, et la Wolesi Jirga, chambre basse comprenant 249 députés élus pour 5 ans, comme le Président. Un peu plus du quart des sièges de députés et de sénateurs est occupé par des femmes, en raison de l’existence de quotas.
La composition politique du parlement afghan reste très fragmentée. Il existe quelques groupes de taille réduite et sans profil politique évident. De nombreux parlementaires se déclarent indépendants. Lorsqu’ils appartiennent à un groupe, ils n’observent pas de discipline particulière. Le président Karzaï n’a pas souhaité être associé à un parti ou une coalition. C’est un de ses principaux opposants, Younous Qanouni, qui a été Président de la Wolesi Jirga de 2005 à 2010. Il a été remplacé après les dernières élections par Abdul Rauf Ibrahimi, un proche du général Dostom. L’ancien président (en 1992) Sebghatollah Modjadeddi, a été élu à la tête de la Mechrano Jirga.
Selon les termes de la constitution du 4 janvier 2004, la Wolesi Jirga ne peut être dissoute. Une procédure de destitution du président par cette chambre existe, mais avec des conditions très difficiles à remplir. La chambre basse a surtout le pouvoir de mettre en jeu la responsabilité des ministres, sur une base individuelle. Le chef de l’Etat est en même temps le chef du gouvernement.
Au terme d’un scrutin très controversé, marqué par de nombreuses fraudes et des incidents sécuritaires, le président Karzaï a été réélu le 2 novembre 2009 pour un second et dernier mandat de cinq ans, après avoir obtenu 49,67% des voix lors du premier tour du 20 août. Son adversaire, Abdoullah Abdoullah, a refusé de participer au second tour au motif que les conditions d’un scrutin équitable n’étaient pas réunies. Le président Karzaï a, dans son discours d’investiture du 19 novembre, pris des engagements fermes en matière de gouvernance et de lutte contre la corruption.
Processus entièrement mené par les autorités afghanes, les élections législatives du 18 septembre 2010 ont été marquées par de nombreux recours qui ont retardé et entaché la mise en place de la nouvelle assemblée, finalement inaugurée par le président Karzaï le 26 janvier 2011.
Le président Hamid Karzai achèvera son second mandat en 2014 et ne peut pas se représenter, comme le veut l’article 62 de la Constitution. Comme l’a annoncé la Commission électorale indépendante (IEC) le 31 octobre dernier, la date officiellement retenue pour la tenue du prochain scrutin présidentiel est le 5 avril 2014. Pour garantir des élections libres et transparentes en 2014 et 2015, une réforme électorale est cependant nécessaire,.
Contexte sécuritaire
Le contexte sécuritaire s’est fortement dégradé depuis 2006. L’Afghanistan a connu depuis lors une série d’attentats spectaculaires et meurtriers. Défaits militairement par les forces alliées, les rebelles ont recours aux engins explosifs improvisés et aux attentats-suicide en privilégiant les cibles à fort impact médiatique. Ils tentent par ce biais de saper l’action de la communauté internationale et des institutions mises en place depuis 2001, en misant sur l’érosion du soutien dont celles-ci peuvent jouir tant au sein de la population afghane que parmi les opinions publiques occidentales. 566 soldats de la coalition ont été tués en 2011 contre 711 en 2010 et 521 en 2009.
Comme annoncé à la Conférence de Londres du 28 janvier 2010, le président Karzaï s’est engagé dans la recherche d’une solution politique à la crise afghane. Une Jirga de paix s’est tenue à Kaboul en juin 2010 pour valider un cadre de négociation avec l’opposition armée. Un nouveau programme national pour la paix et la réintégration (Afghan Peace and Reintegration Program - APRP) a été inauguré à l’été 2010 puis, en octobre de la même année, un Haut Conseil pour la Paix, a été institué, avec à sa tête l’ancien président afghan Burhanuddin Rabbani, dans le but de faciliter les contacts avec la rébellion. Ce processus doit respecter les lignes rouges établies par les autorités afghanes elles-mêmes : respect de la Constitution de 2004 et des droits de l’Homme, en particulier des droits de la femme, renoncement à la violence et absence de liens avec le terrorisme international. L’assassinat du président Rabbani, le 20 septembre 2011, a constitué un coup d’arrêt aux efforts menés pour enclencher un processus de réconciliation. Le président Karzaï a convoqué en novembre 2011 une Loya Jirga, assemblée traditionnelle du peuple afghan, qui s’est prononcée en faveur de la poursuite des tentatives de discussion avec la rébellion. Cette réunion a par ailleurs approuvé le principe d’un partenariat stratégique avec les Etats-Unis tout en posant des conditions (par exemple, l’absence de détention d’Afghans par les Américains). Des pourparlers de paix n’ont pas encore pris forme. Après avoir annoncé en janvier 2012 leur accord pour l’ouverture d’un bureau de représentation au Qatar, les Taliban ont annoncé, le 15 mars dernier, la suspension de leurs contacts avec les Etats-Unis.
Malgré les difficultés actuelles et l’ampleur des chantiers restant à mener, l’effort combiné des autorités afghanes et de leurs partenaires étrangers commence à porter des fruits. La population afghane n’a jamais plus qu’aujourd’hui bénéficié d’un accès aussi large à la santé (baisse depuis 2001 de l’ordre de 25% du taux de mortalité infantile) ou à l’éducation (scolarisation de près de sept millions d’enfants, dont un tiers de filles). Par ailleurs, l’Afghanistan enregistre, depuis 2006, des progrès significatifs en matière de reconstruction (infrastructures routières, écoles, hôpitaux) et de développement économique (agriculture, bâtiment, artisanat, services).
Situation économique
Malgré des taux de croissance élevés, de nombreux pans de l’économie afghane sont encore à reconstruire. L’agriculture, qui occupe 70% de la population, a été sinistrée par la guerre (champs minés, diminution de la qualité des semences et du cheptel, systèmes d’irrigation endommagés). Elle a cependant connu une forte reprise grâce à une bonne pluviométrie et à l’aide internationale.
L’industrie (agro-alimentaire, textile, énergie) entame à peine son redressement. L’artisanat (13% du PIB en 1981) a quasiment disparu. Le secteur du bâtiment est en revanche en pleine expansion. Le secteur minier, considéré comme prometteur, entame un lent redémarrage. Les réserves du sous-sol afghan sont estimées à 1000 Mds USD, selon une étude publiée en 2010 par le United States Geological Survey. La Chine a signé en mai 2008 un contrat record de 3,5 Mds USD pour l’exploitation du gisement de cuivre d’Aynak, à 30 km au Sud de Kaboul.
Les transports et la téléphonie mobile tirent la croissance du secteur des services. La compagnie privée de téléphonie mobile Roshan (3,5 millions d’abonnés) serait le premier investisseur du pays (430 millions de dollars à ce jour) et l’un des premiers contribuables et employeurs privés d’Afghanistan (1100 employés). La reprise du tourisme, un secteur clé de l’économie afghane d’avant-guerre, dépendra d’un retour à la stabilité et de la mise en place d’infrastructures, en premier lieu hôtelières, dignes de ce nom.
Malgré de nombreuses difficultés, le commerce connaît une reprise depuis la chute des Taliban, grâce surtout à la réfection de nombreuses routes. Les principaux partenaires commerciaux de l’Afghanistan sont l’Inde, le Pakistan et l’Iran. La construction d’un gazoduc qui permettrait l’exportation du gaz turkmène vers le Pakistan et l’Inde en passant par l’Ouest afghan est à l’ordre du jour (projet TAPI). Les conférences sur la coopération économique régionale pour l’Afghanistan (« RECCA ») permettent aux Etats de la région d’examiner les questions d’intérêt commun (gestion des frontières, transports, énergie). La 5e RECCA s’est tenue à Douchanbé les 26 et 27 mars 2012.
Dans le cadre de sa présidence du G8 en 2011, la France a conduit l’Initiative pour la Prospérité des Régions frontalières (IPRF) afin de contribuer à la dynamique actuelle en matière de coopération économique régionale. Des réunions et séminaires ont ainsi été organisés dans des secteurs-clés pour le désenclavement de l’Afghanistan et son développement : rail, ressources humaines (principalement sous l’angle de la santé), eau et énergie.
Le changement de monnaie nationale, fin 2002, a été l’une des grandes réussites économiques de la dernière décennie. L’afghani est relativement stable face au dollar américain et à l’euro. La monnaie métallique a été réintroduite en avril 2005, avec l’aide de la France, après trente ans d’absence.
La crise de la Kabul Bank a porté un coup sévère au secteur bancaire naissant. L’institution financière privée la plus importante du pays, qui gère les salaires de 220 000 fonctionnaires, un tiers des dépôts et 57% des emprunts, a subi en septembre 2010 une fuite de ses liquidités à la suite de révélations sur sa gestion frauduleuse (pertes estimées à environ 900 M USD).
Ce scandale a conduit le FMI à geler sa décision pour un nouveau financement de 125 M USD sur trois ans via la « facilité élargie de crédit » (FRPC) qui avait été examinée par le Conseil d’administration du Fonds L’absence de programme du FMI a conduit plusieurs bailleurs à suspendre temporairement leurs versements au fonds dédié à la reconstruction de l’Afghanistan (ARTF). Un accord entre le FMI et le gouvernement a finalement été trouvé fin 2011.
Problème majeur, la drogue entrave le développement de l’économie afghane, mine les efforts de reconstruction du pays, gangrène l’Etat et nourrit le terrorisme avec une imbrication croissante entre les Talban et les réseaux de trafiquants. L’opium afghan représente 90% de la production mondiale totale. L’expansion de la culture du pavot est liée aux difficultés persistantes de contrôle du territoire par les autorités, aux défaillances de l’appareil judiciaire, douanier et policier ainsi qu’à une corruption endémique. L’opium étant transformé en héroïne de plus en plus sur le territoire afghan, la France a proposé le vote de la résolution 1817 du CSNU, adoptée le 11 juin 2008 et destinée à lutter contre le trafic international de précurseurs chimiques. Le Pacte de Paris, dont la France est à l’origine et l’un des principaux bailleurs, constitue le principal cadre de réflexion, de dialogue et de coordination des projets relatifs à la lutte contre le trafic d’héroïne en provenance d’Afghanistan. Une réunion ministérielle du Pacte de Paris s’est tenue à Vienne le 16 février 2012.
Politique extérieure
Le renforcement de la coopération régionale et le maintien d’un fort engagement des partenaires internationaux, notamment occidentaux, sont les deux priorités de la politique extérieure afghane. Kaboul a ouvert des représentations diplomatiques ou consulaires dans plus de 80 pays.
L’Accord sur les relations de bon voisinage signé à Kaboul le 22 décembre 2002 entre l’Afghanistan et les six pays limitrophes est destiné à favoriser des relations de confiance dans cette région. Tous les voisins de l’Afghanistan ont aujourd’hui un intérêt objectif à sa stabilité. La lutte contre le trafic de drogue et le terrorisme sont des priorités pour la plupart d’entre eux. La France a ainsi organisé le 14 décembre 2008 à La Celle Saint-Cloud une réunion ministérielle informelle de l’Afghanistan et de ses voisins afin d’examiner les moyens d’accroître la coopération régionale et renforcer ainsi le développement économique.
Le Pakistan entretient historiquement des relations difficiles avec l’Afghanistan qui l’accuse d’abriter sur son territoire des bases de retrait, de ravitaillement, de recrutement et d’entraînement pour des groupes armés qui combattent le gouvernement afghan. Par ailleurs, un différend frontalier oppose les deux pays au sujet de la ligne Durand, reconnue par le Pakistan, mais pas par l’Afghanistan (la France a reconnu cette frontière en 1954 par un accord signé dans le cadre de l’Organisation du Traité de l’Asie du Sud-Est). Les deux Etats ont pourtant de solides intérêts croisés : le Pakistan est le principal partenaire commercial de l’Afghanistan et la voie de transit naturelle pour la grande majorité des importations afghanes. Le Pakistan abrite encore environ 2 millions de réfugiés afghans.
L’Iran et l’Afghanistan entretiennent des relations plutôt constructives et cherchent à développer leurs échanges économiques, à partir de l’est de l’Afghanistan au sein duquel l’Iran jouit d’une grande capacité d’influence. La lutte contre le trafic de drogue, un fléau en Iran, et la situation de l’importante minorité chiite afghane sont les deux sujets prioritaires pour Téhéran. Près d’un million de réfugiés, ainsi que plusieurs centaines de milliers d’immigrés afghans, souvent clandestins, vivent en Iran.
Les pays d’Asie Centrale et la Russie entretiennent des relations plus distantes avec Kaboul. La lutte contre le trafic de drogue, le terrorisme et l’extrémisme religieux font partie de leurs priorités. Le Nord de l’Afghanistan est peuplé de turcophones (Ouzbeks, Turkmènes), qui représentent environ 12% de la population afghane.
L’Inde cultive traditionnellement des relations étroites avec Kaboul et lui apporte une aide importante et diversifiée. Les échanges bilatéraux se sont beaucoup renforcés depuis 2002. L’Inde a signé avec l’Afghanistan, le 4 octobre 2011, un partenariat stratégique. New-Delhi a par ailleurs obtenu, la même année, le contrat d’exploitation des mines de fer de Hajigak (important gisement à 130 km à l’ouest de Kaboul).
La Chine appuie d’une manière générale les efforts internationaux de stabilisation de l’Afghanistan mais ne souhaite pas s’engager directement, ni politiquement ni militairement. Sa présence économique est importante, comme l’illustre le projet d’exploitation de la mine de cuivre d’Aynak, plus gros investissement jamais réalisé en Afghanistan. Pékin a récemment confirmé son intérêt pour l’Afghanistan à travers la signature d’un « Partenariat stratégique et de coopération » bilatéral lors de la visite du président Karzaï à Pékin du 5 au 8 juin dernier, en marge du sommet de l’Organisation de Coopération de Shanghai. La visite à Kaboul – une première depuis 1966 – du haut responsable chinois Zhou Yongkang début octobre 2012 visait à conforter ces liens.
Le lancement du processus d’Istanbul en novembre 2011 a donné une impulsion nouvelle à la coopération régionale, et en particulier à la sécurité régionale. Dès le début, la France s’est fortement impliquée en faveur de l’adoption de mesures concrètes et contraignantes par les pays de la région. En juin dernier, à la conférence de suivi de Kaboul, le ministre Pascal Canfin a annoncé la participation de la France à trois groupes de travail pour préparer l’adoption de mesures de confiance dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, contre le trafic de drogue, et dans la gestion des catastrophes naturelles.
En dehors de sa région, l’Afghanistan a développé ses relations essentiellement avec les pays donateurs. Lors de la visite du président Karzaï à Washington en mai 2010, les Etats-Unis et Afghanistan ont décidé de renforcer leur accord de partenariat stratégique, conclu en 2005, en un accord de partenariat stratégique de long terme qui a été signé lors de la visite du président Obama à Kaboul le 2 mai 2012. Les relations avec des pays de l’UE ou de l’OTAN (Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni, Turquie) sont anciennes et étroites.
L’Afghanistan fait partie de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), de l’Organisation de Coopération Economique (Iran, Pakistan, Turquie, Azerbaïdjan, ex-républiques soviétiques d’Asie Centrale) et de la South Asian Association for Regional Cooperation (SAARC). Il a le statut de partenaire asiatique de l’OSCE et d’Etat invité de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS). L’Afghanistan a déposé en 2004 sa demande d’accession à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) qui est toujours en cours d’examen. Il fait aussi partie, aux côtés de l’Iran et du Tadjikistan, de l’Union des pays de langue persane, créée au printemps 2008.
Mise à jour : 08.11.12
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