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Afghanistan - Entretien de Laurent Fabius avec "RTL" (25 mai 2012)

Q - Invité de RTL soir en ligne de Kaboul avec nous, Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères. Bonsoir.

R - Bonsoir

Q - Au premier janvier prochain, combien de soldats français, combien de Français restera-t-il en Afghanistan une fois opéré le retrait des troupes combattantes ?

R - Nous allons retirer d’ici le 31 décembre au moins 2.000 hommes qui sont effectivement les unités combattantes, conformément à notre engagement. Il restera les hommes nécessaires à la sécurité des convois que nous devrons rapatrier puisque le matériel, cela met un peu plus de temps.

Ces hommes eux-mêmes seront rapatriés dans le courant 2013, donc l’essentiel de nos forces et toutes les forces combattantes, elles, seront rentrées au 31 décembre mais il faut bien sûr assurer la sécurité de ceux qui vont rapatrier le matériel.

Q - Que vont faire ceux qui vont rester un peu au-delà, c’est-à-dire un gros millier d’hommes ? Est-ce qu’ils vont rester au côté des Afghans ? Et si oui, pour quoi faire ?

R - Non, ils vont rester pour surveiller le rapatriement des matériels parce que c’est une opération très lourde. Il faut assurer bien sûr la sécurité et ensuite ils rentreront. Ceux qui resteront parmi les militaires sont ceux qui auront uniquement pour tâche de former des unités de police et d’encadrement mais il n’y aura plus d’unité combattante et il y aura évidemment beaucoup moins d’effectifs qu’actuellement.

Parallèlement, nous développerons notre programme de coopération civile dans des secteurs où c’est très important, par exemple la santé. Il y a un travail magnifique qui est fait et qui peut être amplifié pour les hôpitaux. Par exemple l’éducation, il y a beaucoup de choses à faire dans ce domaine. Par exemple, l’agriculture, le développement économique.

Donc ce que le président de la République a expliqué ce matin directement aux militaires, à la communauté française et au président Karzaï, c’est que nous retirons nos unités combattantes, c’était notre engagement, mais nous n’abandonnons pas l’Afghanistan. Notre coopération, notamment en matière civile va même se développer puisqu’un traité a été signé au début de l’année et que nous allons le ratifier après les élections législatives. Ce traité est sur vingt ans.

Q - Comment ont réagi les militaires français à qui vous avez parlé aujourd’hui avec le président et comment ont réagi les autorités afghanes ? Tout cela, c’était connu, bien entendu, ils n’ont pas été pris par surprise mais est-ce qu’il vous a semblé qu’ils réagissaient positivement à cette confirmation de départ ?

R - Je réponds très précisément. D’abord, le président et nous-mêmes voulions absolument expliquer ses décisions directement aux personnes concernées. Je crois que les militaires ont beaucoup apprécié que nous allions en Kapisa qui est la zone la plus exposée pour que le président leur dise directement le message que je viens de vous passer. Ensuite, nous avons bavardé et discuté avec les hommes, les officiers qui sont là et je pense qu’ils ont bien compris qu’il ne peut pas y avoir de troupes éternellement et donc il est tout à fait légitime de rapatrier nos troupes combattantes.

Le président Karzaï, nous en avions déjà discuté avec lui à Chicago, lui aussi est tout à fait sur cette ligne et c’est lui-même qui a proposé que les militaires afghans prennent le relai des troupes françaises qui ont fini leur mission en Kapisa.

Et puis il y a eu aussi des contacts avec les civils qui nous ont dit : « la France a un rôle particulier donc on comprend très bien que vous retiriez vos troupes combattantes et surtout ne nous abandonnez pas ».

Q - Merci beaucoup Laurent Fabius, invité de RTL soir. Vous êtes actuellement, je le précise, sur le chemin du retour après une visite éclaire en Afghanistan aujourd’hui au côté de François Hollande.

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