Présentation
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Sommaire
La communauté internationale s’est engagée à soutenir le redressement de l’Afghanistan afin que ce pays retrouve sa place dans son environnement régional et international. Le processus de Bonn s’est achevé avec succès, mais la stabilisation définitive du pays n’est pas encore assurée.
Les Nations unies en Afghanistan
Le Conseil de Sécurité des Nations unies, par sa résolution 1401 du 28 mars 2002, a établi la Mission d’Assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), dirigée depuis le 1er 2012 par l’ancien ministre des affaires étrangères de Slovaquie et ancien secrétaire général de l’OSCE, M. Jan Kubis, qui a remplacé Staffan de Mistura comme représentant spécial du Secrétaire Général des Nations unies. Ce dernier co-préside, avec le gouvernement afghan, les travaux de l’instance de coordination des autorités afghanes et de la communauté internationale en Afghanistan, le JCMB (Joint Coordination and Monitoring Board), créé à la conférence de Londres de 2006 pour suivre la mise en œuvre des réformes.
Le CSNU a, par sa résolution 1917 du 22 mars 2010, recentré l’action de la MANUA sur les priorités politiques : mission de bons offices, suivi des élections et du processus de paix, promotion de la coopération régionale. Ces axes ont été confirmés par la résolution 2041 du 22 mars 2012 renouvelant pour un an le mandat de la MANUA.
La présence militaire internationale et française en Afghanistan
Les alliés ont adopté au Sommet de Bucarest (2-4 avril 2008) une stratégie qui reflète fidèlement les critères de succès définis par le Président de la République : commune détermination des alliés à rester engagés dans la durée, effort militaire inscrit dans le cadre d’une politique globale d’aide à la reconstruction, perspective claire de transfert progressif des responsabilités aux Afghans et stratégie politique impliquant le Pakistan voisin.
Dans le prolongement des conférences de Londres (28 janvier 2010) et de Kaboul (20 juillet), le Sommet de l’OTAN, à Lisbonne les 19 et 20 novembre 2010, a annoncé le lancement, au premier semestre 2011, du processus de transition vers un plein exercice des responsabilités par les autorités afghanes. L’objectif est de transférer progressivement à ces dernières, en cinq tranches, le commandement des opérations de sécurité dans tout le pays d’ici la fin 2014. Deux tranches de transfert ont déjà été engagées ; elles couvrent des villes, districts et provinces représentant la moitié de la population afghane. Avec la mise en œuvre de la troisième tranche annoncée le 13 mai 2012, les trois-quarts de la population seront couverts par le processus de transition. Le sommet de l’OTAN de Chicago (20 et 21 mai 2012) a arrêté les principales orientations relatives au rôle de l’OTAN en Afghanistan après 2014. La présence de l’OTAN après la transition ne consistera plus dans une mission de combat, mais dans un dispositif de formation des forces afghanes de sécurité.
Dispositif militaire international
Le dispositif militaire international actuellement déployé en Afghanistan représente environ 130 000 soldats étrangers, originaires de 48 pays et membres de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS). Cette force est composée pour plus des deux tiers de soldats américains. 24 Etats de l’UE sur 27 y participent. Couvrant l’ensemble du territoire afghan, le déploiement de la FIAS en province s’appuie sur des bases militaires et des « Provincial Reconstruction Teams »(PRT), équipes civilo-militaires de reconstruction, souvent multinationales.
La FIAS a été créée par le Conseil de Sécurité des Nations unies en décembre 2001 (résolution 1386). Elle dispose d’un mandat renouvelé annuellement par résolution du CSNU. La dernière en date, la résolution 2011, a été votée à l’unanimité des membres du CSNU le 12 octobre 2011. Le rôle de la FIAS est d’aider le gouvernement afghan à assurer un environnement de sécurité pour permette le succès des efforts civils destinés à la reconstruction et au développement du pays. L’OTAN assure depuis août 2003 le commandement de la FIAS, qui est dirigée depuis le 18 juillet 2011 par le général américain John Allen, qui a remplacé le général David Petraeus.
Parallèlement à la FIAS, les opérations de la coalition antiterroriste « Liberté immuable » (environ 17 000 hommes, essentiellement américains) se poursuivent sur la base de l’article 51 de la Charte des Nations unies (droit de légitime défense).
Dispositif militaire français
Le dispositif militaire français engagé dans le cadre des opérations en Afghanistan regroupe 3600 militaires qui opèrent sur le territoire afghan, mais aussi depuis Douchanbé (avions de transport) et la mer d’Oman (ravitaillement).
Opérationnelle depuis le 1er novembre 2009, la task force La Fayette (TFLF) constitue l’une des cinq brigades (Brigade Combat Team) du Commandement régional Est. Elle a pour zone d’opération le district de Surobi et la province de Kapisa à l’est et au nord-est de Kaboul. Déployée principalement sur quatre bases ou postes avancés, elle conduit des missions de sécurisation et de contrôle de zone, des opérations au profit de la population, ainsi que des opérations conjointes avec les forces de sécurité afghanes conseillées par des militaires français. Dans la zone de la TFLF, cinq équipes d’encadrement opérationnel de l’armée afghane (Operational Mentoring and Liaison Teams françaises, ou OMLT) sont également déployées auprès des bataillons de la 3ème brigade du 201ème corps de l’Armée nationale afghane (ANA).
Ce dispositif militaire s’inscrit dans le cadre d’une approche globale incluant la mise en place auprès de la police afghane de Police operational mentoring and liaison teams (POMLT), armées par la gendarmerie, ainsi que la mise en œuvre d’actions d’aide au développement.
Le Parlement a approuvé la prolongation de l’engagement des troupes françaises en Afghanistan le 22 septembre 2008.
Comme annoncé par le nouveau Président de la République, la totalité des forces combattantes françaises sera retirée d’Afghanistan d’ici à la fin de l’année 2012. En accord avec le président Karzaï et nos alliés, ce retrait est rendu possible par les progrès du processus de transition et le transfert des responsabilités de sécurité aux forces afghanes (la Surobi et la Kapisa ont été incluses respectivement dans les tranches 2 et 3 du processus de transition). Après le retrait de ses forces combattantes, la France restera engagée dans la formation de soldats afghans.
L’aide internationale à la reconstruction
L’aide civile internationale engagée en faveur de l’Afghanistan s’élève à 40 milliards d’euros depuis 2001. Plusieurs conférences internationales se sont succédées pour encourager cet effort : à Tokyo en janvier 2002 (6,3 milliards de dollars d’aide annoncés), à Berlin en mars 2004 (8,2 milliards de dollars promis jusqu’en 2006), à Londres en janvier 2006 (10,5 milliards de dollars mobilisés sur 5 ans).
La France a organisé le 12 juin 2008 à Paris une conférence internationale de soutien à l’Afghanistan qui a réuni 68 pays et 17 organisations internationales. Elle a permis aux autorités afghanes de présenter la Stratégie nationale de développement de l’Afghanistan (ANDS) qui couvre la période 2008-2013 et qui constitue l’un des principaux vecteurs d’une appropriation progressive des responsabilités par les Afghans. Environ vingt milliards de dollars ont été promis lors de cette conférence, pour la mise en œuvre de l’ANDS.
Première réunion internationale de cette importance organisée en Afghanistan, la Conférence de Kaboul du 20 juillet 2010 a eu pour objet de réaffirmer et d’approfondir les engagements pris par le gouvernement afghan et la communauté internationale lors de la Conférence de Londres du 28 janvier 2010. Dans le prolongement direct de cette dernière, elle a été l’occasion de valider des programmes nationaux de réformes en matière de gouvernance, de développement économique et social, de paix et de réconciliation, de sécurité et de coopération régionale. Ces programmes détaillés mettront en œuvre, de manière concrète, la transition en vue d’une appropriation accrue des responsabilités par les autorités afghanes.
Lors de la conférence de Bonn du 5 décembre 2011, la communauté internationale s’est engagée à soutenir l’Afghanistan jusqu’en 2024. En contrepartie, le gouvernement afghan a réaffirmé ses engagements pris lors des Conférences de Londres et de Kaboul en 2010, notamment en matière de gouvernance, d’Etat de droit et de lutte contre la corruption. Une nouvelle conférence, prévue à Tokyo le 8 juillet 2012, portera sur les questions économiques et de développement.
L’Union européenne en Afghanistan
L’Afghanistan est le pays en Asie qui bénéficie de la plus importante aide de l’Union européenne. Le budget alloué pour la période 2007-2013 s’élève à 1,03 milliards d’euros (gouvernance, développement rural et police principalement). L’UE, qui a adopté en octobre 2009 un plan d’action pour l’Afghanistan, prépare actuellement un « accord de coopération en matière de partenariat et de développement » entre l’UE et l’Afghanistan.
L’UE déploie, depuis juin 2007, la mission de PSDC civile EUPOL-Afghanistan pour appuyer l’encadrement et la formation de la police afghane. Ces actions sont complétées par le déploiement, proposé par la France en 2009, de la Force de gendarmerie européenne (FGE) dans le cadre de la mission de formation de l’OTAN en Afghanistan (NTM-A). Une large partie des 150 gendarmes français présents en Afghanistan est déployée au sein de la FGE
L’UE dispose depuis avril 2010 d’un représentant unique en Afghanistan, l’ambassadeur Vygaudas Usackas, ancien ministre des Affaires étrangères de Lituanie
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