Préoccupé par les risques de dénaturation du programme des Collèges doctoraux qui lient la France au Japon depuis 2002, à la Chine, au Brésil et au Chili depuis 2005, le Ministère des affaires étrangères et européennes a jugé nécessaire de faire procéder à son évaluation. L’exercice devenait urgent en raison de l’intérêt manifesté par quelques pays émergents, soucieux de développer à leur tour des stratégies bilatérales de coopération scientifique et universitaire de très haut niveau, au moment où la ressource budgétaire, essentiellement apportée pour les bourses par le MAEE, était promise à une contraction durable.
Confiée au Cabinet Pluricité, l’évaluation a été effectuée de main de maître, de mai à septembre 2008, en moins de 5 mois.
Composée avec soin de représentants des différentes structures administratives et d’enseignement supérieur intervenant dans les Collèges doctoraux, le comité de pilotage s’est accordé à reconnaître la validité des démonstrations fondant les principaux diagnostics, impitoyablement sévères et lumineusement présentés par les consultants : oubli de l’ambition stratégique initiale qui entendait fortifier les réseaux d’excellence tissés entre établissements d’enseignement supérieur par la mise en commun de recherches doctorales sur les thèmes reconnus prioritaires par les accords bilatéraux interétatiques ; carences, incohérences voire pléthore dans la conduite même d’un programme de plus en plus mal maîtrisée ; confusion des rôles, agence de voyage, caissier, pilote, moteur auxiliaire… ; désordres et défaillances dommageables dans la gestion ; absence de contrôle national et conjoint des résultats enregistrés, autrement dit négligence coupable de valorisation.
Le comité de pilotage a été moins éclairé sur les motivations de l’attitude de nos partenaires et sur leurs perceptions de la valeur qu’ils attachent à l’usage (trop récent, il est vrai, pour 3 pays sur 4) de cette voie d’accès à une coopération scientifique et universitaire d’excellence. Il semble que cette insuffisance soit attribuable à un manque de curiosité du partenaire français qui aurait dû organiser des rencontres régulières -comme la Maison Universitaire du Japon y convie- et veiller à impliquer davantage nos services de Coopération et d’Action Culturelle dans le déroulement et l’évolution du programme. Nos consultants ont bien noté cette inconnue fâcheuse de l’équation.
En fin d’exercice, le comité de pilotage n’a pas suivi toutes les préconisations des évaluateurs quant aux prescriptions visant à restaurer l’équilibre du programme et à assurer son avenir. Mais il a validé la liste des principales interrogations dont l’examen concluant doit impérativement préluder à toute réforme sérieuse.
Veillant légitimement à recueillir toutes les opinions, passablement dissidentes, des membres du comité de pilotage et du trio de consultants, la sous-direction commanditaire a enregistré un double constat : l’accord général sur l’intérêt de poursuivre le programme, lié à la détermination de reprendre à la base son ordonnancement, pour le restaurer dans sa finalité spécifique et ambitieuse d’instrument performant au service de la stratégie française de coopération internationale scientifique et universitaire.
Les suites de cette évaluation appellent donc plusieurs exercices de concertation, d’autant plus malaisés que le terrain est mouvant -RGPP, autonomies en rodage- et que les capacités de négociation, de stimulation de la recherche et de financement ne sont pas près d’être dans les mêmes mains…
On peut considérer que cette évaluation aura permis à tout le moins de réduire sensiblement l’opacité de la démarche à entreprendre. Il faudra parvenir à ordonner la séquence en coordonnant l’action des intervenants et en contrôlant conjointement les résultats. La correction des désordres français ne devra pas faire perdre de vue les attentes réelles de nos partenaires ni occulter leurs conceptions propres de la place et de la valeur du programme dans leur stratégie politique de coopération internationale scientifique et universitaire./.
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Évaluation réalisée par Pluricité
M. Thibaut DESJONQUERES
M. Nicolas SUBILEAU
M. Michel HOFFERT
Comité de pilotage sous la direction de
Mme France de HARTINGH
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Conception graphique couverture : Aurette Leroy et Anne Caminade
Impression : mediatys / Groupe Corlet
Photos : MAE, F. de La Mure, MINEFI, Paul Nogues, Michèle Lalande, IRD, Martin Fraudreau
©Ministère des Affaires étrangères et européennes, 2008
ISBN : 978-2-11-098232-2
ISSN : 1249-4844