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Évaluation de l’aide alimentaire française programmée pointillés

Avant-propos


La flambée des prix des denrées alimentaires sur les marchés internationaux au début de l’année 2008 a remis sur le devant de la scène la question de la sécurité alimentaire. Elle a ainsi mis en évidence la vulnérabilité des populations confrontées à de graves déficits alimentaires de manière momentanée ou durable (personnes déplacées en raison de conflits, réfugiés, femmes et enfants souffrant de malnutrition, etc.).

L’aide alimentaire, souvent décriée non pas dans son principe mais dans ses modalités de mise en œuvre, reste un outil indispensable permettant d’apporter une solution temporaire aux personnes sujettes à la famine ou à certaines formes de malnutrition. Elle est une composante importante de l’aide au développement dans les contextes de crise humanitaire, là où les réponses à apporter doivent être rapides, adaptées et conséquentes.

La communauté internationale a mis en place des mécanismes destinés à organiser les réponses à des crises de grande ampleur, principalement à travers les institutions spécialisées du système des Nations unies. La France, tout en participant aux efforts financiers internationaux permettant aux institutions internationales spécialisées de faire face à leurs missions, a souhaité maintenir un dispositif bilatéral d’aide alimentaire identifiable en tant que tel, souple et mobilisable rapidement en cas de crise.

L’instrument « aide alimentaire programmée » a été réformé en profondeur en 2005 pour en améliorer l’efficacité et la cohérence avec les engagements pris par la France au plan international : l’aide alimentaire est maintenant délivrée sous forme financière, sa mise en œuvre passe prioritairement par le canal d’institutions spécialisées, telles que le PAM, les ONG, ou celles des gouvernements nationaux ; elle est ciblée en priorité sur les PMA et les pays d’Afrique sub-saharienne ; elle vise directement les populations vulnérables ; les produits distribués font majoritairement l’objet d’achats locaux ou régionaux.

Or, après trois années de mise en œuvre de cette nouvelle approche, la présente évaluation dresse un constat encourageant : l’aide alimentaire de la France est conforme aux meilleures pratiques ; instrument mobilisable dans des contextes d’urgence, sa gestion simplifiée et sa réactivité sont appréciées ; enfin, bien que n’étant pas parmi les plus grands contributeurs d’aide alimentaire au plan mondial, la France a conservé un savoir-faire et une réactivité qui lui permettent de tenir sa place dans les débats internationaux sur cette question.

Bien entendu, l’aide alimentaire ne saurait être qu’une composante de la réponse aux crises humanitaires ou sociales. Elle doit s’insérer au mieux dans un ensemble d’interventions favorisant la sortie de crise et les dynamiques de développement de plus long terme. Les auteurs recommandent fort opportunément une meilleure articulation de l’aide alimentaire avec les actions de développement. Ainsi, tout en s’engageant, par la voix du Président de la République, à doubler les moyens consacrés à l’aide alimentaire en 2008, la France promeut le renforcement substantiel de l’appui au développement agricole dans les pays en développement, dans le cadre d’un Partenariat mondial sur l’Agriculture et l’Alimentation.

En l’occurrence, ce rapport vient opportunément rappeler l’importance de cet instrument, ses spécificités et sa justification au sein du dispositif de l’aide bilatérale française, alors que la communauté internationale (PAM, FAO) réclame des efforts financiers considérables pour la reconstitution des fonds multilatéraux spécialisés. Les recommandations qu’il formule à cet égard permettront d’en renforcer la cohérence au sein du dispositif de l’aide française au développement au moment où une réforme de celui-ci se met en place.

Alain JOYANDET
Ministre délégué à la Coopération, à la Francophonie et au Développement

Doc:

Document complet, 1.7 Mo, 50x71 Document complet (PDF, 1.7 Mo)


Réalisé par
Denis MICHIELS
Vanessa ALBY-FLORES
Anne WAGNER

Comité de pilotage sous la présidence de
M. Jean Jacques COURTANT

Mai 2008

Ce rapport est un document interne établi à la demande du ministère des Affaires étrangères et européennes. Les analyses et commentaires développés n’engagent que leurs auteurs et ne constituent pas une position officielle.

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Tous droits d’adaptation, de traduction et de reproduction par tous procédés, y compris la photocopie et le microfilm, réservés pour tous pays.

Conception graphique couverture : Aurette Leroy et Anne Caminade
Impression : mediatys / Groupe Corlet
Photos de couverture : Marie-Lise SABRIÉ, Michel DUKHAN (IRD indigo) et GRET
©Ministère des Affaires étrangères et européennes, 2008
ISBN : 978-2-11-098230-8
ISSN : 1249-4844

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