Publications

Aide publique française aux pays touchés par le tsunami du 26 décembre 2004

Introduction

1.1. Le drame du 26 décembre 2004

Le tremblement de terre du 26 décembre 2004, d’une magnitude de 9,3 sur l’échelle de Richter, a déclenché une série de vagues qui, en quelques minutes, ont ravagé la côte Ouest de l’île de Sumatra puis la côte Est, par effet rebond. Les bandes côtières de la province de Nangrue Aceh Darusalam ont été ravagées : près de 250 000 morts, des milliers de personnes disparues, des centaines de milliers de déplacés internes souvent encore sous le choc. Des villages ont été complètement rasés, des familles décimées, une économie locale réduite en pièces.

Le même tsunami est arrivé sur les côtes de la Thaïlande, de Sri Lanka, de la Birmanie, des Maldives, de l’Inde en toute première partie de la matinée du dimanche 26 décembre. En quelques minutes, le bilan humain est dramatique : à Sri Lanka, on compte environ 36 000 morts dont une centaine de touristes étrangers. Un certain nombre de familles reste confronté à l’absence de réponse et à l’impossibilité de faire deuil : environ 5 500 srilankais et 60 touristes étrangers sont encore disparus. La population de personnes déplacées par le drame est estimée à environ 500 000. Le degré de traumatisme et sa durabilité sont encore inconnus, mais sont sans doute importants. Au niveau économique, les destructions sont aussi considérables : le nombre d’habitations détruites est estimé entre 50 000 et 100 000 maisons. Des milliers de bateaux ont été détruits ou endommagés. Les infrastructures de santé et d’éducation de la bande côtière sont ravagées, tandis que celles situées dans l’immédiat arrière pays sont submergées par les déplacés. Les infrastructures touristiques ont elles aussi fortement souffert. En Thaïlande, le drame a touché autant les communautés de pêcheurs thaïlandais, les groupes marginaux comme les « gypsis de la mer », des populations vulnérables composées essentiellement de réfugiés illégaux birmans que les touristes étrangers (environ 2000 décès de vacanciers venants d’une vingtaine de pays). En Inde, les côtes du Tamil Nadu et du Territoire de Pondichéry ont été fortement touchées à la fois directement (destruction) et indirectement (en privant d’emploi les populations marginales -sans caste, tribus, sans terre-).

Mais la vague a continué, touché les Seychelles, et poursuivi sa course jusqu’aux côtes de l’Afrique de l’Est, et notamment du Kenya et de Somalie. Deux des caractéristiques principales de la zone touchée par les évènements du 26 décembre sont son étendue (des centaines de kilomètres de côtes) et sa très grande diversité. Les pays touchés ont chacun des niveaux de développement et des capacités très différents et, au sein de chacun d’eux, il existe aussi une grande hétérogénéité. Certains d’entre eux souffrent encore de séquelles de conflits pas toujours cicatrisés. Ceci a contribué à rendre les diagnostics plus complexes à réaliser, et rend les généralisations difficiles.

Tout l’axe tectonique de l’Arakan, du golfe du Bengale, des îles Andaman et Nicobar en Inde, au Sud de Sumatra en Indonésie, continuera d’être soumis à des répliques sismiques. Le 28 mars, une nouvelle secousse crée un mouvement de panique et des destructions importantes sur l’île de Nias, faisant de nouvelles victimes et rappelant à tous la prégnance du danger.

Pour venir en aide aux populations touchées par ces phénomènes, les administrations, la société civile, les collectivités locales et les entreprises se sont mobilisées. Des montants importants pour notre pays ont été mobilisés, tandis que de nombreuses institutions de statuts divers ont déployé des équipes et des moyens sur le terrain.

1.2. Cadrage du processus évaluatif

Face à l’extraordinaire amplitude de la crise, à son immédiate irruption dans les foyers, et du fait de la « proximité » immédiatement ressentie avec les victimes, la générosité des français a été sans précédent historique et la mobilisation des ressources de l’État a été considérable. Cette évaluation des actions financées par l’État était donc une nécessité.

Ce processus, mis en œuvre par le Groupe URD [2], s’est déroulé en plusieurs étapes.
- La première phase a consisté en une série d’interviews et de réunions avec les différentes parties prenantes en France (ministères, ONG, etc.), afin de faire un point à la fois opérationnel, institutionnel et financier sur les processus en cours ;
- La seconde phase a pris la forme de trois missions de terrain, l’une à la fin 2005, la suivante en début 2006 et la troisième à la fin de l’année 2006, réalisées par l’équipe d’évaluation pluridisciplinaire (un expert de la gestion des désastres, une spécialiste en sécurité alimentaire, un médecin de santé publique et une architecte urbaniste) mobilisée par le Groupe URD. On notera que la permanence des piliers de l’équipe tout au cours du processus évaluatif a permis un suivi sur la durée. Au cours de ces différentes missions, plus de 60 % des interventions financées par la France ont été visitées, à deux reprises chaque fois que cela était possible, afin de juger de l’avancement et de l’impact des réalisations. Les rapports produits par les acteurs de terrain ont été consultés quand ils étaient disponibles. On notera les difficultés d’obtenir certains des rapports finaux.
- La dernière étape a été la rédaction d’une synthèse globale sur l’ensemble du processus.

Chacune de ces phases a donné lieu à un rapport spécifique et à des réunions de restitution avec le Comité de pilotage interministériel. Afin de renforcer les processus d’apprentissage, l’équipe d’évaluation a aussi effectué plusieurs restitutions des résultats de l’évaluation sur le terrain :

  • Une participation à la Conférence co-organisée à Pondichéry par Coordination Sud et VANI (Voluntary Action Network India), son homologue indien ;
  • Deux présentations en Indonésie (une à Meulaboh essentiellement pour les ONG françaises) et une dans les locaux du BRR à Banda Aceh, devant un public élargi avec la présence de SOGREAH, de personnel indonésien, d’autres ONG, et de représentants d’agences Onusiennes) ;
  • Une présentation à l’Ambassade de France à Colombo pour l’ensemble des ONG françaises en présence de l’Ambassadeur de France.

De nombreux acteurs de l’aide post-tsunami ont été rencontrés en France, à Copenhague et à Bruxelles. Le présent rapport synthétise l’ensemble des travaux réalisés au cours de cette évaluation. Pour plus de détails, il sera nécessaire de ce référer aux rapports spécifiques.


- Rapport de la phase préparatoire (août-septembre 2005)

- Rapport de mission en Indonésie (octobre 2005)

- Rapport de mission à Sri Lanka (novembre 2005)

- Rapport de mission en Inde (février 2006)

- Rapport de conclusion de la phase 1 (mars 2006)

- Rapport de conclusion de la phase 2 (après de nouvelles missions en Inde, Indonésie et Sri Lanka, décembre 2006).

Cette évaluation a permis aux autorités françaises de disposer des informations nécessaires tant lors de la commémoration du premier anniversaire de la catastrophe que pour celle du second.

[2] Le Groupe URD est un institut de recherche d’évaluation et de formation sur l’action humanitaire et la gestion des crises. www.urd.org.

impressionVersion imprimable