Le Programme d’actions intégrées (PAI) est un instrument de la politique de soutien à la mobilité des chercheurs et aux échanges scientifiques internationaux. Le programme est géré par le Comité Mixte de Coopération Universitaire (CMCU), qui lance les appels d’offre (ouverts à toutes institutions et disciplines), et fixe ainsi les priorités et les thèmes. Les financements du PAI sont partagés entre la Tunisie et la France (respectivement 20 % et 80%) et durant la période étudiée, la dotation française reçue par le PAI est restée stable aux environs de 1 million d’euros par an.
Au cours de la période 1996-2004, les programmes successifs du CMCU ont soutenu 385 projets et près de 4.300 personnes en ont bénéficié. Un appel d’offre est lancé chaque année, et les projets proposés conjointement par les équipes de recherche des deux pays sont examinés par des experts scientifiques. Après un processus de sélection rigoureux, les meilleurs projets reçoivent un appui pendant 3 ans.
L’évaluation montre une forte pertinence des programmes, qui possèdent une bonne architecture générale, des objectifs concrets, qui s’intègrent bien dans le dispositif global. Leur cadre offre une convivialité qui contribue à mobiliser les énergies et place les chercheurs des deux pays au centre du dispositif. Le partenariat est effectif et fait preuve d’un bon rythme de réalisation. En outre, le dispositif exerce un impact fort, le programme étant relayé par les efforts des partenaires tunisiens ; il a eu et aura des effets structurants importants. Au niveau tunisien , il accompagne l’évolution du dispositif de recherche en qualifiant les équipes et en leur offrant des opportunités et des moyens de travail. Il contribue également au développement de l’université tunisienne en formant, par la recherche, un personnel d’enseignants-chercheurs.
Deux points faibles sont toutefois relevés : une efficience limitée liée à des problèmes variés du PAI du CMCU et son insertion insuffisante au sein de l’ensemble de la Coopération franco-tunisienne scientifique et technique. Les activités sont généralement déplacées ou réduites en raison de la période de l’année utilisable pour les opérations. Par conséquent, le programme ne contribue pas pleinement à valoriser l’image de la France - certains bénéficiaires ne se montrent pas toujours satisfaits de sa mise en oeuvre.
Le programme spécifique intitulé Sciences et Techniques de l’Information et des Communications (STIC) n’entre pas dans la définition du PAI du CMCU. Il a été évalué pour partie dans ce rapport et la cohérence et l’efficience de ce programme ont été soulignées. Les projets soutenus dans le cadre du STIC sont évalués régulièrement par un Comité (composé par des membres de l’INRIA et des chercheurs Tunisiens) qui en mesure l’efficacité et l’impact.
RECOMMANDATIONS
- D’ordre stratégique : il convient de fixer, en partenariat, un nouveau cadre pour le PAI du CMCU, bien coordonné avec les autres programmes de la coopération franco-tunisienne, qui clarifie la répartition des rôles dans une perspective à moyen terme. Les coopérations inter-maghrébines pourraient être favorisées par des actions concrètes, tout en tenant compte des intérêts de chacun des partenaires.
- D’ordre opérationnel : il convient de mettre en place, sur le moyen terme, une organisation plus adaptée, soit en déléguant la gestion à une organisation spécialisée, soit en maintenant le dispositif actuel, mais en introduisant plus de rigueur et de transparence dans la gestion que les services commanditaires français font de ce programme. Certains aspects du fonctionnement du PAI devraient également être améliorés (tableau de bord, planning, communication-concertation, suivi-évaluation par l’expertise scientifique, forum d’échanges.