Face à une situation où 15 ans de coopération française n’ont pas apporté de réponse patente aux attentes en matière de santé publique - à savoir améliorer les conditions globales de santé, la qualité et l’accessibilité des soins -, face à l’absence de volonté apparente de l’Etat gabonais de mettre en application ses intentions déclarées, la question de la poursuite de la coopération dans le secteur santé se pose.
Quatre options peuvent ainsi être envisagées [8] :
1) le retrait pur et simple du secteur santé, le Gabon n’ayant pas besoin de la France pour poursuivre sa pratique actuelle ;
2) la refonte de la coopération sanitaire à partir d’une réflexion de fond sur la coopération franco-gabonaise dans le secteur santé (son objet et ses modalités), sur des objectifs de santé publique bien identifiés et conjointement clarifiés, portée par une démarche contractuelle commune et un dispositif plus rigoureux et organisé ;
3) le recadrage sur des actions prioritaires de la coopération actuelle de façon à mieux répondre aux enjeux majeurs tels la « fonctionnalité » des ressources humaines, le financement de la santé ou la prise en charge sanitaire et sociale de la population de Libreville… ;
4) la poursuite de la coopération franco-gabonaise « de présence » actuelle.
Les deux premières options seraient les plus pertinentes compte tenu de l’analyse réalisée, la France remettant en cause ses interventions face au constat établi et se déterminant sur un changement radical comme d’autres bailleurs de fonds l’ont déjà fait.
La deuxième et la troisième options apparaissent comme les plus pragmatiques au vu de l’histoire de la coopération sanitaire française au Gabon. S’appuyant sur le diagnostic porté dans le cadre de cette étude, elles débouchent sur une redéfinition et un redimensionnement des interventions dans un sens de cohérence politique, de priorités d’action, de partenariat contractuel et de pertinence de moyens mis en œuvre…
La dernière option apparaît en totale contradiction avec les conclusions de l’évaluation, et ne pourrait se justifier que par la prédominance d’impératifs d’un autre ordre.
Les consultants préconisent l’option 2, la refonte de la coopération dans le secteur santé.
Par ailleurs, la mise en œuvre de mesures répondant au souci du MAE de « décloisonner » les bureaux, capitaliser les expériences, apporter plus de méthode, mieux travailler en équipe… apparaît comme un impératif pour rendre le Département et la coopération de terrain à la fois plus pertinents et plus efficaces.
| Pour mémoire
« Je vous fais aujourd’hui la promesse que dans les toutes prochaines années, tout Gabonais, où qu’il vive et quels que soient ses revenus, aura accès à des soins de qualité. Aussi formidable qu’elle soit, cette promesse, je la tiendrai car je sais que nous le pouvons. » Président Omar Bongo, 1998 |
[8] Voir argumentation et développement au chapitre « Recommandations » du rapport (chapitre III).