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Évaluation de la coopération française dans le secteur de la santé au Gabon (1990-2001)

En bref

Le Gabon fait partie des pays africains les plus nantis et la coopération française y intervient de façon très substantielle dans une démarche qui se veut plus structurante depuis maintenant 10 ans.

Cependant :

  • Le Gabon reste un pays sous-développé au plan socio-sanitaire.
  • Les indicateurs sanitaires restent médiocres, sans amélioration significative depuis 10 ans.
  • Le Gabon a pris 15 ans de retard par rapport à de nombreux pays africains en matière de mise en œuvre de système de santé et s’avère incapable apparemment de mener une politique sanitaire efficace.

Les raisons en sont principalement :

- de la part du Gabon :

  • l’absence manifeste de considérer la santé comme une priorité et donc le manque de volonté effective de s’y impliquer sérieusement,
  • une conception curative de la santé aux dépens d’une politique préventive,
  • une vision élitiste de la santé centrée sur l’hôpital, privilégiant les plateaux techniques de pointe et les médicaments de spécialités au détriment des soins de santé de base ou des produits génériques considérés comme l’apanage des « pays sous-développés »,
  • une délégation partielle aux ministères techniques de moyens et décisions se prenant à d’autres niveaux.

- de la part de la France :

  • la difficulté de raisonner en termes de système d’ensembles pluridisciplinaires en articulation les uns avec les autres et le peu d’habitude d’une vision intégrant les soins de santé primaires,
  • la faible familiarisation aux exigences de la conduite de projet et au management d’équipe,
  • un mode opératoire privilégiant la procédure à la recherche d’efficacité,
  • la difficulté à travailler transversalement sur plusieurs domaines.

- de la part des 2 parties :

  • la difficulté de sortir de l’hospitalo-centrisme, héritage du modèle culturel français,
  • la difficulté à considérer l’autre comme un partenaire à parts égales.

Face à une situation où 15 ans de coopération n’ont pas apporté de réponse patente aux attentes en matière de santé publique, à savoir améliorer les conditions globales de santé, la qualité et l’accessibilité des soins, il convient de marquer le pas, réfléchir à ce qui apparaît plus pertinent et considérer l’opportunité d’initier une action au vu de l’engagement gabonais.

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