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Améliorer l’accès aux traitements contre le sida pointillés

Situation actuelle


Prévention, traitement et soutien psychosocial

Comme l’ont déjà démontré les réponses apportées avec succès par diverses communautés locales et internationales pour lutter contre le VIH/sida, la prévention et le traitement sont complémentaires : l’accès au traitement du VIH renforce l’efficacité des programmes de prévention ainsi que les actions de conseil et de dépistage volontaire. La prévention, soit la réduction de nouvelles infections au niveau de la population séronégative, ne doit pas s’opposer à l’accès aux soins en faveur des personnes déjà infectées par le VIH. L’idée selon laquelle la prévention serait plus efficace que les traitements ne tient pas compte de leur interdépendance et du caractère indissociable de la prévention et du traitement.

Personne ne conteste que des stratégies de prévention ciblées, et qui prennent explicitement en compte les situations de pauvreté, de discrimination, de faible niveau d’éducation et d’inégalité en matière de genre, s’avèrent efficaces pour réduire la transmission du VIH. Toutefois, ces stratégies ne sauraient inverser la courbe de la pandémie sans des efforts simultanés envers les personnes vivant avec le VIH/sida. On estime que 9 sur 10 des personnes contaminées en Afrique subsaharienne ignorent leur statut sérologique. Il est peu vraisemblable que cette situation se modifie tant que l’accès à des soins adaptés, en cas de diagnostic positif d’infection à VIH, ne seront pas assurés à ceux et celles qui adhèrent au dépistage et au conseil volontaires. En outre, la disponibilité de services de soins et de traitements efficaces peut réduire la stigmatisation liée au VIH/sida et stimuler les initiatives de lutte contre l’épidémie, tant au niveau local que de la société dans son ensemble.

Opportunités et contraintes économiques

Sous l’hypothèse que la proportion de personnes contaminées dans le monde qui est déjà à un stade symptomatique de l’infection à VIH et/ou dans une phase avancée d’immunodéficience est de l’ordre de 20 à 25%, 7,5 à 9 millions de personnes vivant dans les pays en développement ont un besoin médical urgent de mise sous traitement antirétroviral (ARV). À l’opposé, environ 200 000 personnes infectées par le VIH, dont 100 000 au Brésil, utilisent ces traitements à l’heure actuelle. Ce chiffre représente moins de 3% de ceux et celles qui ont besoin d’accéder immédiatement au traitement. Aux prix réduits actuels des médicaments antirétroviraux, et en tenant compte des autres coûts du traitement, le coût total par patient/par an du traitement ARV est de l’ordre de 1 200 dollars US. Un financement additionnel de 240 millions de dollars US disponibles en 2002 permettrait seulement de doubler le nombre de personnes traitées dans les pays en développement ; résultat certes positif, mais ne représentant qu’une avancée limitée vers l’objectif de couverture adéquate par le traitement de l’ensemble des personnes qui nécessitent d’y accéder.

Il y a clairement un besoin urgent de ressources additionnelles si l’on veut sauver plus de vies humaines. Pour atteindre une couverture d’au moins 30% à 50% des 7,5 à 9 millions de personnes qui ont un besoin urgent de traitement, la communauté internationale, le secteur privé, les assurances et les budgets nationaux doivent fournir des ressources additionnelles pour le Fonds Mondial de Lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et plus généralement la lutte contre l’épidémie. Un certain nombre de programmes nationaux et de programmes pilotes à plus petite échelle, dans des pays à revenu intermédiaire (Argentine, Brésil, Chili, Thaïlande, etc.) et à faible revenu (Côte d’Ivoire, Ouganda, Sénégal, etc.) ont démontré une faisabilité, une efficacité et une observance par les patients des traitements antirétroviraux dont les résultats sont strictement comparables à ceux obtenus dans les pays développés. L’expérience du Brésil qui assure l’accès universel et encourage la production locale de médicaments montre que les traitements antirétroviraux peuvent s’avérer économiquement rentables pour le système de santé : les coûts supplémentaires de médicaments sont largement compensés par les économies réalisées du fait de la réduction du nombre des épisodes d’infections opportunistes entraînant une diminution des hospitalisations (selon le Ministère brésilien de la santé, les économies réalisées grâce à l’utilisation d’antirétroviraux s’élèvent à 140 millions de dollars US par an). Dès lors qu’on prend en compte les coûts indirects (c’est-à-dire les pertes de productivité associées à la morbidité chez les personnes infectées par le VIH), les traitements antirétroviraux sont nettement avantageux pour de nombreux secteurs économiques des pays en développement, comme le suggère le nombre croissant d’entreprises privées en Afrique, en Asie et en Amérique latine qui fournissent ces traitements ou subventionnent leur coût pour leurs employés atteints. Il est généralement admis que les antirétroviraux destinés à la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant ainsi que les prophylaxies contre la tuberculose et les autres infections opportunistes, présentent un bon rapport coût/efficacité et doivent être généralisés, y compris dans les pays à très faible PIB.

Même si elles ne permettent pas de dégager des économies par elles-mêmes, les nouvelles interventions en matière de santé sont considérées comme coût-efficaces au Nord dès lors que leur coût marginal par année de vie supplémentaire gagnée est inférieur au double du PIB par tête d’habitant (50 000 dollars US dans les pays de l’OCDE). En appliquant le même critère aux pays en développement ayant des PIB moins élevés, le traitement antirétroviral devrait aussi être considéré comme coût-efficace pour les patients des pays à faibles revenus. En outre, les bénéfices que permet le prolongement de l’espérance de vie et l’amélioration de la qualité de vie grâce aux traitements ARV dépassent de loin l’impact économique direct pour les patients traités et contribuent à un meilleur développement humain et social pour leurs familles, la société et le pays dans son ensemble.

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