Méthodologie
L’évaluation externe de 10 ans de coopération française dans le secteur santé au Gabon est la première dans ce secteur depuis l’évaluation pays 1979-1989. Elle a été réalisée par Gilles de Pas, consultant, coordinateur de la mission, Caroline Damour, pharmacienne, Michael Marx, médecin de santé publique de l’Université de Heidelberg.
L’évaluation a démarré, début juin 2002, par une première phase consacrée au recueil de données disponibles dans les différents services concernés du MAE et à l’étude des documents adressés par le SCAC du Gabon [9]. Cette phase a donné lieu à un rapport préliminaire qui a été présenté au comité de pilotage le 5 juin.
La mission s’est poursuivie au Gabon du 9 au 21 juin 2002 et s’est déroulée principalement à Libreville avec des déplacements à Franceville, Lambaréné et Port-Gentil [10]. Les consultants ont rencontré les autorités françaises et gabonaises, les acteurs du dispositif français de coopération et la plupart des bénéficiaires ainsi que les représentants des principaux bailleurs bi et multilatéraux [11]. Des séances de travail avec des personnes ressources désignées par le Ministre de la santé ont également été organisées.
Compte tenu de la variété des domaines d’interventions, de la multiplicité des actions dans le secteur santé et de la durée de la période couverte, l’équipe d’évaluateurs a porté une attention plus particulière sur les projets FAC successifs depuis 1992 qui constituent l’intervention principale, la plus structurée et la plus significative de la politique de coopération de la France dans le secteur santé. Toutefois, les évaluateurs ont rencontré une limite à l’utilisation des critères habituels précisés dans les termes de référence dans la mesure où ces projets ne sont pas suffisamment explicites quant aux objectifs et aux résultats visés ou à leur mode d’exécution. L’appréciation de l’efficience ou de l’impact, par exemple, s’en trouve ainsi affectée.
D’autre part, malgré la richesse documentaire et la présence d’interlocuteurs sur place, la mission a eu quelques difficultés à « retracer l’histoire » des années 90, les données de cette époque n’étant pas accessibles - voire inexistants - et l’assistance technique en poste trop récente. De manière générale, les services (tant au SCAC qu’au ministère) n’ont pas la préoccupation d’établir un historique des données, ni de regrouper les documents techniques disponibles. A titre d’exemple, il n’a pas été possible de reconstituer un chronogramme complet de la présence des assistants techniques en poste pendant la décennie, ni même de consulter la totalité des rapports d’activités récents des AT. La recherche des données financières complètes concernant les actions françaises a également été laborieuse. Dans ces conditions une analyse « exhaustive », telle que demandée dans les termes de référence, n’a pas été possible. Cette contrainte, si elle a considérablement allongé les temps de recherche, n’a toutefois pas empêché une appréhension suffisante des actions entreprises.
Enfin, les données socio-sanitaires diffèrent souvent en fonction des sources d’information et ne présentent pas de garantie de fiabilité, d’où la difficulté de les comparer et la nécessité de les considérer avec précaution. Il faut d’ailleurs signaler que peu d’informations actualisées sur la situation sanitaire du pays sont disponibles, et que les données financières récentes demandées n’ont pu être obtenues malgré des demandes réitérées.
De manière générale, la mission a travaillé dans de très bonnes conditions d’accueil et de collaboration tant de la part des autorités et des interlocuteurs gabonais que des assistants techniques et du Service de coopération et d’action culturelle, en particulier de M Jacques Biau et de son assistante qui ont été une aide précieuse dans notre mission. Qu’ils en soient ici remerciés.
A l’issue de la mission, les conclusions de l’équipe figurant dans un pré-rapport final ont été discutées en comité de pilotage, réuni le 29 juillet 2002. Les commentaires émis alors ont été pris en compte dans la rédaction définitive du rapport.


