« Images, sons, films, vidéos ou bandes magnétiques se trouvent confrontés à l’éphémère.
Leur disparition programmée fait du patrimoine mondial audiovisuel le protagoniste malheureux d’une tragédie moderne : celle de la mort de notre mémoire collective. Ici, pourtant, nul déterminisme, nulle malédiction. Tout est évitable. Il est des tragédies dont la fin mérite d’être réécrite. »
Emmanuel Hoog, Président de la Fédération internationale des archives de télévision (FIAT),
in « Le Monde Diplomatique »
En 2003, en partenariat avec la Commission européenne, l’Agence intergouvernementale de la Francophonie, le Centre National de la Cinématographie et Canal France International, le Ministère des Affaires étrangères (MAE) lançait un ambitieux programme de relance de la production et de la diffusion d’images africaines. Avec 13,5 millions d’euros sur trois ans, le « Plan Images Afrique » a permis d’accompagner et de soutenir les professionnels africains dans la reconquête de leurs publics ; il doit contribuer, à terme, à l’émergence d’une véritable économie de l’audiovisuel sur le continent.
Après trois années d’effort et de soutien à la production d’images africaines, tous supports et tous types de programmes confondus, le MAE a souhaité prolonger son action, en mettant également l’accent sur la sauvegarde et la valorisation des patrimoines cinématographiques, audiovisuels et photographiques les plus menacés.
Ce nouveau programme, baptisé « Plan Images Archives », s’inscrit ainsi dans la continuité du « Plan Images Afrique »
Dans la plupart des pays de la zone de solidarité prioritaire (liste des pays sur le site diplomatie.fr), il n’existe ni cinémathèques, ni archives du Film, ni photothèques... Quand elles existent, ces archives sont le plus souvent dispersées, conservées dans de mauvaises conditions, peu voire pas exploitées.
La numérisation offre aujourd’hui la possibilité de préserver ces patrimoines menacés de disparition physique, d’en faciliter la conservation et surtout d’en permettre l’exploitation dans de meilleures conditions et à moindre coût.
Pour le grand public des pays concernés, l’utilisation de ces nouvelles technologies constitue une chance sans précédent : en termes d’accès aux images, mais également dans l’exploitation qui peut être faite de ces images, dans le travail de réflexion, de témoignage, parfois même de mémoire auxquelles elles sont associées et qui constituent les éléments fondateurs de toute identité culturelle.
En étroit partenariat avec les responsables des pays concernés, le MAE a pris l’initiative de lancer, sur une période de trois ans, un programme doté de 4 millions d’euros visant à susciter des initiatives « de terrain », ou à consolider, lorsqu’ils existent, les projets en faveur de la sauvegarde de ces patrimoines.
Ce programme se décompose en trois grands volets :
le premier volet concerne directement le continent africain, puisqu’il s’agit de numériser une grande partie du fonds de la Cinémathèque Afrique, constitué de près de 1200 titres (voir encadré « la cinémathèque Afrique »). Une fois numérisé, et en accord avec les ayants-droit, ce fonds sera mis à disposition de plusieurs cinémathèques africaines régionales.
le second volet inclut l’ensemble des pays de la zone de solidarité prioritaire (ZSP) et vise à initier ou à faciliter des plans de sauvegarde des archives, via la constitution de fonds numérisés. Ces fonds peuvent provenir aussi bien d’institutions publiques (archives nationales, services de radiodiffusion), parapubliques (cinémathèques, instituts...) ou même privées (associations, fondations...). Les archives concernées peuvent être cinématographiques, audiovisuelles ou encore photographiques.
le troisième volet, également ouvert à l’ensemble des pays de la ZSP, offrira une « vitrine » des productions culturelles de ces pays accessible sur le net. Un « portail des cultures ZSP » sera créé sur la base de différents sites existants devant permettre de :
La sélection des fonds susceptibles d’être numérisés sera effectuée par un Comité scientifique, composé de représentants du MAE, d’institutions françaises disposant d’une expertise reconnue (INA, Cinémathèque Afrique, Musée du Quai Branly...), ainsi que d’institutions internationales spécialisées (UNESCO, programme « Mémoire du Monde »).
la sélection sera effectuée selon des critères tenant compte :
la priorité sera donnée aux projets qui seront présentés aux services culturels français via notre réseau diplomatique et consulaire.
Le fonds recense environ 1 300 titres : courts et longs métrages de fiction, documentaires et films d’animation ;
540 films sont mis à la disposition des organismes à vocation culturelle, sociale ou éducative pour des projections non-commerciales (période couverte : des années 60 à nos jours) ;
700 films supplémentaires sont archivés et font l’objet de prêts dans des conditions particulières ;
en 2003, la Cinémathèque a prêté 2000 copies.
Pour en savoir plus : www.adpf.asso.fr
À l’initiative du cinéaste Rithy Panh, le Cambodge a fait le choix de préserver sa mémoire, aussi douloureuse soit-elle.
Expérience pilote dans la région, soutenue par les pouvoirs publics cambodgiens et le MAE, la création à Phnom Penh d’un centre de ressources audiovisuelles doit permettre la constitution d’une base de données multimédia, afin de rendre accessibles à un large public les archives numérisées du Cambodge.
Le fonds d’archives est composé de films (actualités, reportages, documentaires, magazines, longs métrages...), pour un total estimé de 750 heures, et d’images fixes (photos).
Les documents sont numérisés et stockés sur disque dur, sous-titrés en khmer. Un premier fonds est actuellement en cours d’élaboration à partir des archives de l’INA, du CNC, de Pathé Gaumont et de l’ECPAD.
Pour Rithy Pahn, ce centre doit permettre « de reprendre les choses par le début, c’est à dire la culture de l’image, pour aboutir à l’aide de la production documentaire, en passant par la formation de professionnels de l’audiovisuel ».
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Plan Images Archives (PDF, 4.6 Mo) |