On persiste à croire - en dépit des connaissances médicales - que l’enfant est, à la naissance, séparé de sa mère, mais c’est du placenta : le cordon que l’on coupe relie le nouveau-né au placenta tous deux hôtes de l’utérus.
Traditionnellement en Afrique et au Vietnam, comme en France jusqu’au 19ème siècle, le placenta est considéré comme « l’autre de l’enfant », son double, qu’il importe d’honorer et de protéger.
Dans le quotidien médical d’aujourd’hui, le placenta est examiné pour s’assurer qu’aucun fragment n’est resté dans l’utérus de l’accouchée ce qui provoquerait une hémorragie, voire une infection. Considéré comme un déchet, il est ensuite incinéré.
Toutefois dans certaines maternités une attention est portée à la demande des familles lorsqu’elles souhaitent en emporter tout ou partie pour l’enterrer, selon la tradition, au pays d’origine.
Au Maghreb comme à la Réunion, c’est le cordon ou le tissu qui l’a enveloppé qui est conservé en amulette.

L’enterrement du placenta chez les Bobos , Burkina 2003
À chaque soin corporel prodigué au nouveau-né, s’adjoint une dimension symbolique et sociale qui vise à préparer l’avenir de l’enfant sous les meilleurs auspices et à le façonner selon les critères de sa société.
| Identifier | Initier | Purifier, purger | Examiner |
![]() Jetons à numéros, Vietnam, 2005
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![]() Sucre, sel et noix de kola, Sénégal 2005
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![]() Ingrédients de la tisane tanbav, La Réunion, 2004
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![]() Citron
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Un dicton du Maghreb rappelle que « la tombe du nouveau-né et de sa mère reste ouverte pendant les quarante jours qui suivent l’accouchement ». Les fortes mortalités des temps anciens et celles de bien des pays du monde actuel sont là pour nous le rappeler. Période trouble, où nouveau-né et nouvelle mère sont à la fois en danger et dangereux car encore marqués par la souillure et l’épreuve de l’enfantement.
Recluse, au chaud, à l’abri des vents, des mauvaises langues et du mauvais œil, entourée et conseillée par ses aînées, l’accouchée accomplit sans bruit un grand travail : se reconstituer, se purifier, allaiter ; devenir mère.
Tel est, du moins, l’idéal des suites de couches traditionnelles. Les conditions de vie en France aujourd’hui offrent-elles aux femmes cette possibilité ?
![]() Jeune fruit de jacquier, Vietnam 2004 Consommé en potage, le fruit jeune du jacquier, dont la sève blanche coule comme du lait, est réputé donner un lait riche et abondant. Avant la première tétée, les seins sont lavés avec une tisane à base de 7 ou 9 feuilles de jacquier (sept pour un garçon, neuf pour une fille). |
![]() Bouteille de rhum pour faner le sang, La Réunion
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