Le choix d’un prénom ne s’effectue jamais à la légère. Il procède de stratégies propres à chaque société et marque l’appartenance à une lignée.
Le désir d’individualiser l’enfant par un prénom original est un phénomène récent.
La déclaration à l’état civil officialise ce choix, et intégre l’enfant à la société laïque.
… au Vietnam
On recherche avant tout l’harmonie entre les prénoms des membres de la famille, choisis dans un même répertoire : valeurs morales enseignées par Confucius ; fleurs ; pierres précieuses ; sonorité… Lorsque deux famille s’unissent, leurs répertoires sont la source de nouvelles combinaisons.
… en France
La religion chrétienne a fortement orienté les choix, avec le culte du saint patron. Souvent, le deuxième prénom, transmis d’une génération à l’autre, manifeste la filiation avec les lignées maternelle ou paternelle.
… en Afrique de l’Ouest
Certaines sociétés africaines emploient des noms-messages : les familles établissent un dialogue par l’intermédiaire du prénom usuel de l’enfant. Seules les personnes concernées en connaissent le sens exact.
… au Maghreb
L’avis du père et surtout du grand-père domine, au moins pour le premier-né. La religion musulmane fournit une part importante des prénoms maghrébins même si certains prénoms viennent de traditions pré-islamiques ou extérieures à l’islam.
À l’annonce d’une naissance, il peut paraître normal de se précipiter pour voir l’enfant. En fait, ce qui est admis ici peut être mal perçu ailleurs. Dans bien des cultures, les premières visites au nouveau-né et à sa mère sont rigoureusement contrôlées. Quoi qu’il en soit, une fois admis à entrer, tout visiteur se doit d’apporter des cadeaux, de formuler des souhaits, de faire, sur l’enfant, des commentaires élogieux ou au contraire très péjoratifs pour que les esprits malfaisants se détournent de lui : poubelle, petit chien, rabougri, têtard, chiffon…
« Pour mon fils, la griotte est partie le dire à tout le monde et il y avait tout le monde au baptême, le dimanche. Pour ma fille, on a fait des faire-parts de naissance… Par contre, à la troisième, on a fait par Internet, dès qu’elle est née, son père l’a filmée et il a envoyé partout à des amis dans le monde. Elle est née à 20 h 50, à 22 h 30 tout le monde avait sa photo, tout le monde savait qu’elle était née. »

Annonce au voisinage, Vietnam 2004
Un plant d’ananas et un bois à l’extrémité brûlée, accrochés au portail, annoncent au voisinage qu’un enfant est né : un garçon si l’extrémité brûlée est tournée vers la maison, une fille, si l’extrémité brûlée est tournée vers la rue.
C’est maintenant le dernier acte de la naissance : l’enfant va être reconnu et admis par sa communauté.
Au cours d’une cérémonie religieuse, on va donner son nom à l’enfant, prononcer pour lui les paroles d’alliance avec le sacré, effectuer offrandes ou sacrifice, invoquer une instance divine pour qu’elle étende sa protection sur lui.
Si la signification originelle du rituel se perd parfois, ces cérémonies restent l’occasion d’un repas de fête qui rassemble la famille et les proches.