Expositions scientifiques

Atmosphère… le climat révélé par les glaces

Aventuriers de la science (tente 6)

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La présence française aux pôles : les bases historiques

Au nord comme au sud, la France exploite des bases permanentes depuis plus de 50 ans. En Arctique, les bases Charles Rabot et Jacques Corbel sont situées à Ny-Alesund sur l’archipel de Svalbard, en Norvège. Elles ont récemment fait l’objet d’une fusion avec leurs homologues allemandes sous le nom d’AWIPEV. Les équipes scientifiques françaises côtoient celles d’autres pays (Chine, Corée, Italie, Japon, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Royaume-Uni, Suède). La France bénéficie aussi de sites en Alaska, au Canada, au Groenland et en Suède.

Les bases historiques

Dans l’océan Austral, la France dispose de bases installées sur plusieurs îles ou archipels (Kerguelen, Crozet, Saint-Paul et Amsterdam) et en Antarctique, tant sur la côte face à l’Australie que sur le haut plateau. Les chercheurs y mènent des études mondialement reconnues dans les sciences de la vie et dans les sciences de l’univers. Située sur la côte Est, dans l’archipel de Pointe Géologie, la base Dumont d’Urville peut accueillir près de 70 personnes environ pendant l’été austral, de novembre à mars.

La base Charcot

Créée pour 2 ans lors de l’Année géophysique internationale (1957-1958), la base Charcot est alors, avec la base russe et la base américaine, une des 3 bases permanentes installées à l’intérieur du continent Antarctique. À 2 400 m d’altitude et à plus de 320 km de la station Dumont d’Urville, sans GPS (!) trois jeunes chercheurs hivernent dans un abri de 24 m2 « enterré » dans le névé.

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C. Delhaye / IPEV&CNRS

Concordia, la base des nouveaux défis

Au cœur de l’Antarctique, en plein désert, sur le plateau du Dôme C, situé à plus de 1 100 km de la côte et à 3 200 m d’altitude, se trouve la base franco-italienne Concordia. Construite sous l’égide de l’Institut polaire Paul-Émile Victor (Ipev) et de son homologue italien, le PNRA, elle est située à 75°S, 123°E. La base est composée principalement de deux bâtiments cylindriques de trois étages, posés sur la glace, d’une superficie totale de 1 500 m2. Elle peut abriter une mission de 16 personnes, pour un hivernage de 9 mois, et jusqu’à une quarantaine pendant l’été austral. Un système pour recycler les eaux usées a été conçu avec l’Agence Spatiale Européenne (ESA).

Les conditions climatiques y sont extrêmes : -51°C en moyenne (record de -84 °C), et une sécheresse permanente. La déshydratation et le gel du visage, des mains et des pieds sont des risques auxquels les résidents doivent faire face lors des hivernages, lorsque toute aide extérieure à la base est devenue impossible. Pour les équipes qui travaillent à Concordia, il s’agit d’un défi humain tout autant que scientifique. Placés hors du monde, les résidents vivent dans des conditions proches de celles d’un long voyage spatial.

Les activités scientifiques de Concordia s’articulent autour des six principales thématiques : aéronomie, astrophysique, biologie, géophysique, glaciologie et médecine.

Concordia pour sonder l’univers

Si les glaces au Dôme C permettent aux climatologues de remonter à près d’un million d’années dans le passé, son ciel nocturne promet aux astrophysiciens un voyage aux origines de l’univers, le Big Bang, il y a 13,7 milliards d’années. Le site du Dôme C est l’un des sites les plus secs et froids de la planète. L’absence d’activités humaines préserve le milieu de toute pollution, et le ciel est donc l’un des plus purs et des plus transparents au monde. Durant les mois d’hiver, la nuit dure 24 heures, ce qui fait de Concordia un site exceptionnel pour observer l’univers.

Les détails les plus fins visibles dans les télescopes de Concordia sont tels qu’ils rendent possible la détection de nouvelles planètes dans notre galaxie. Les astrophysiciens cherchent à comprendre les processus de formation planétaire et à savoir où, demain, pointer les puissants satellites chargés de détecter des signes de vie dans l’univers…

Chiffre clé : 99 jours : c’est la durée de la nuit polaire à Concordia, pendant laquelle le Soleil ne se lève pas.

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C. Delhaye / IPEV & CNRS

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