
Instinctivement, le globe-trotter situe les pôles de la Terre dans un lointain et inaccessible quelque part au nord et au sud de la planète. Le géographe utilise la latitude des cercles polaires, 66°33’, celle sous laquelle le soleil ne se lève pas le jour du solstice d’hiver ou ne se couche pas au solstice d’été. Le climatologue préfère des limites thermiques, comme par exemple, au nord, la température moyenne de l’air responsable du sol gelé en permanence, le pergélisol (permafrost).
Au nord, l’océan Arctique (13 millions de km2) baigne le pôle géographique, entouré par d’immenses continents. Le cercle polaire arctique traverse plusieurs îles et 8 états (Alaska, Canada, Groenland, Finlande, Islande, Norvège, Russie, Suède) qui abritent de nombreux peuples tels que les Inuits, les Lapons, les Évènes… L’Arctique est la région de l’ours polaire.
Au sud, se trouve l’Antarctique, le sixième continent de la planète. Immense désert glacé de 14 millions de km2, il est isolé au milieu du terrible océan Austral. Recouverte d’une chape de glace de 4 km, la croûte terrestre y renferme des roches vieilles de presque 4 milliards d’années. On y rencontre de hautes montagnes et même des volcans en activité. L’Antarctique est la région du manchot empereur.
Les régions polaires sont stratégiques. Pratiquement inhabitées et très éloignées des zones d’activité de l’homme, elles reflètent pourtant la dégradation de notre environnement. Au cœur des grandes évolutions climatiques, elles sont le lieu de la nouvelle aventure scientifique, les postes avancés de la recherche sur les changements qui affectent notre planète.
Les régions polaires sont d’abord connues pour abriter les pôles magnétiques de la Terre : tout voyageur muni d’une boussole à quelque endroit de la Terre peut ainsi s’orienter dans une direction précise, celle du nord. Le champ magnétique est créé par la différence entre la vitesse de rotation de la Terre et celle de son noyau liquide qui, par frottement, se comporte comme une dynamo.
Il nous protège, en les déviant, des flux de particules ionisées émis par le Soleil. Mais dans ce bouclier naturel, il existe des zones de faiblesse : les régions polaires. C’est là que, lors des éruptions solaires, les électrons et les protons du vent solaire réussissent à pénétrer dans l’atmosphère terrestre. Lorsqu’ils rencontrent les molécules d’oxygène et d’azote de l’air, celles-ci émettent de la lumière et produisent les aurores boréales et australes.
Les extraordinaires couleurs des aurores résultent des différentes caractéristiques des gaz présents dans l’atmosphère : jaune-vert pour l’oxygène, rouge-violet pour l’azote. Bien qu’elles semblent briller au niveau des nuages, les aurores s’illuminent à une altitude bien plus élevée, entre 100 et 400 km. Parfois, il arrive que les astronautes de la Station Spatiale Internationale traversent une aurore.

P. Le Mauguen / IPEV