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Relativement récente, la diplomatie multilatérale, c’est-à -dire conduite entre trois États et plus, est devenue primordiale au XXe siècle.
On peut trouver aux négociations multilatérales des précédents aussi lointains que ceux des négociations bilatérales : les souverains envoyaient des ambassadeurs aux conciles dès le XVe siècle.
Les célèbres traités de Westphalie concluent en 1648 une conférence qui avait duré cinq ans. Le congrès de Vienne, en 1815, est le premier d’une série qui fera la gloire de Metternich. Mais ce n’est guère avant le milieu du siècle que les États ressentent le besoin de se réunir, en dehors de circonstances politiques exceptionnelles, pour traiter ensemble de questions d’intérêt commun portant sur des domaines nouveaux : par exemple la création de l’Union postale universelle en 1874.
Il prend son essor après la Première Guerre mondiale, quand la création de la Société des Nations (SDN) traduit l’espoir qu’une diplomatie publique et collective apportera une paix définitive. Le mouvement s’accélère dans la seconde moitié du siècle. Il répond en effet à une double tendance de notre temps, déjà soulignée : les affaires internationales sont de plus en plus liées entre elles, et elles concernent toujours davantage plusieurs pays, sinon tous. Désormais, devant une situation nouvelle, le réflexe est d’établir un groupe informel des États les plus intéressés à la traiter.
Alors que les congrès d’autrefois se séparaient une fois leur mission remplie, le xxe siècle a vu se développer des organisations internationales créées pour durer : l’ONU, l’Union européenne. Les conférences convoquées pour traiter un problème négocient une convention et s’aperçoivent qu’il faudra en suivre l’application. Elles ont tendance à créer pour cela une nouvelle organisation permanente : la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe, réunie à Helsinki en 1973, est devenue en 1994 l’organisation du même nom, l’OSCE.
Les pères de la SDN croyaient qu’une diplomatie conduite " sur la place publique " préserverait mieux la paix que la traditionnelle diplomatie secrète. La diplomatie multilatérale répond dans une certaine mesure à leurs vœux. Les débats de l’ONU sont publics, au risque de se tenir pour la galerie. Mais, en pratique, chacun sait que les séances du Conseil de sécurité sont précédées de pourparlers officieux où la négociation confidentielle reprend ses droits. La diplomatie multilatérale est en réalité plus collective que parlementaire ; les assemblées plénières réunissant toutes les délégations, parfois en public, ne font en général qu’entériner le résultat de tractations en coulisse entre groupes d’États unis par des affinités diverses, où l’ingéniosité des diplomates trouve à s’exercer.