La culture et la science

Jean-Michel Othoniel,
série Bannière, le Cortège endormi.
La diplomatie culturelle et scientifique vise à renforcer le rôle de la France comme acteur des échanges internationaux dans les secteurs de la culture et de la communication, des langues, de l’université et de la recherche, et à faire progresser un dialogue susceptible de rapprocher les opinions publiques autour de la reconnaissance de la diversité culturelle.
La Direction générale de la Coopération internationale et du Développement (DGCID) coordonne les actions des ministères concernés et les initiatives des autres acteurs publics et privés. Elle fait appel à de grands opérateurs (Association française d’action artistique, Alliance française, Radio France Internationale, Edufrance) et s’appuie sur un réseau étendu de services de coopération, d’établissements culturels et d’instituts de recherche.
Les actions mises en œuvre dans les pays développés, qui constituent la cible principale, ont été dotées de 346 M€ recouvrant le programme LOLF “rayonnement culturel et scientifique”. Elles visent au renforcement de l’attractivité du territoire pour les étudiants et les chercheurs et à la consolidation du rôle de puissance culturelle de la France.
PRENDRE PART A LA FORMATION DES ETUDIANTS ETRANGERS
L’action de coopération universitaire privilégie l’approfondissement des relations avec les réseaux mondiaux d’excellence dans les domaines du savoir et de la formation. Cette politique se traduit par l’augmentation de la présence d’étudiants en provenance des pays où ces réseaux sont les plus denses : 56 929 étudiants issus de pays développés inscrits, en 2003-2004, dans les universités françaises pour un nombre global d’étudiants étrangers de 200 723, soit une augmentation de 9,2 % par rapport à 2002-2003. La France a ainsi consolidé son 4e rang mondial pour l’accueil d’étudiants et plusieurs initiatives ont contribué, en dehors de la politique de bourses, à resserrer les liens avec les réseaux académiques les plus développés :
La mise en place, aux Etats-Unis, d’un Fonds incitatif pour la coopération universitaire de 300 000 $ pour faciliter et accroître la mobilité étudiante et enseignante dans le cadre de projets de recherche conjoints. Le Fonds devrait, d’ici trois ans, être doté de 1 200 000 $.
La consolidation du Collège doctoral franco-japonais pour la mobilité de 30 doctorants en cotutelle de part et d’autre au sein de consortiums d’établissements. La création de nouveaux collèges est à l’étude au Brésil, en Inde et en Chine.
La mise aux normes européennes des filières francophones, qui sont plus de 200 dans le monde et scolarisent près de 18 000 étudiants, est en cours dans les nouveaux Etats membres de l’UE ainsi qu’en Russie.
SOUTENIR LE RAYONNEMENT DE LA RECHERCHE
La coopération scientifique apporte son appui au rayonnement de la recherche en faisant porter son effort sur la mobilité des chercheurs et sur le renforcement de notre présence dans les enceintes multilatérales et dans les grands débats : eau, développement durable, biodiversité. Dans l’espace mondial de la recherche, notre pays se classe déjà au 5e rang pour les publications scientifiques et au 4e pour les brevets.
Cette politique s’est illustrée par :
le développement et la mise en réseau des programmes d’actions intégrées, finançant des projets scientifiques avec 46 pays dont 32 en Europe, qui participent à la construction de l’Europe de la recherche ;
le lancement d’un nouveau programme de coopération décentralisée de formation à la recherche en direction des pays émergents, en partenariat avec les régions ;
la participation du Ministère aux rendez-vous de l’agenda scientifique international : programme de recherche mondial sur le climat, suites du Forum mondial de l’eau, du sommet de Johannesburg sur le développement durable, préparation de la Conférence mondiale sur la biodiversité ;
l’information des acteurs français sur l’état de la recherche et de la technologie des pays partenaires est développée en liaison avec l’Agence pour la diffusion technologique et avec l’observatoire des sciences et des techniques.

Le laboratoire de haute sécurité pour l’étude du prion au CEA.
Fontenay-aux-Roses. 2004
ACCROITRE LE RAYONNEMENT CULTUREL DE LA FRANCE
Pour consolider le rôle de la France dans le débat d’idées, sur le marché des images et des langues, le Ministère a utilisé des instruments rénovés et accentué la concentration de ses actions sur les milieux et les zones géographiques présentant de forts enjeux.
Promouvoir la langue française
Cinquième langue la plus parlée et deuxième langue enseignée, le français a un statut de langue officielle et de langue de travail dans les grandes organisations internationales. Il rassemble, au sein de l’Organisation internationale de la francophonie, un Etat sur quatre. Le Ministère a continué, parallèlement à son soutien à la francophonie multilatérale, à mener une politique de promotion du Français en constituant des plans d’action par grandes aires géopolitiques ou géolinguistiques.
L’année a été marquée par le maintien de la priorité aux pays de l’Union européenne, l’enjeu majeur étant d’assurer la présence du français dans les institutions communautaires. Un plan triennal a été mis en place pour la formation de 2 000 enseignants de français dans les dix nouveaux Etats membres de l’Union, ainsi qu’en Roumanie et en Bulgarie. Pays prioritaire pour la diffusion du français en Europe, l’Allemagne a bénéficié d’un programme d’action spécifique : promotion de la langue de l’autre dans les écoles par des véhicules sillonnant les deux pays (DeutschMobile et Francemobile), site Internet franco-allemand FplusD, développement de l’enseignement bilingue, coopération institutionnelle.
2004 a vu la mise en route d’un Plan de relance pour le français en Amérique latine, qui permettra d’assurer la relève des professeurs, la diffusion de la méthode audiovisuelle Reflets sur les chaînes de télévision, la présence de lecteurs dans les systèmes éducatifs, la mise en place de bourses, à coûts partagés avec les familles, en faveur des anciens élèves des établissements à programme français.
Le Ministère a poursuivi l’animation du réseau des professeurs de français, dont le Congrès mondial d’Atlanta a constitué le point fort, en appuyant la formation des enseignants et la mise en place de matériels pédagogiques.
Quatorze ambassades ont bénéficié du lancement d’un plan pour professionnaliser et valoriser l’offre de cours de français dans les instituts, centres culturels et Alliances françaises. Enfin, la France a travaillé à la présence aux Jeux olympiques de la langue française, langue officielle au même titre que l’Anglais. Un lexique trilingue français-anglais-grec des termes sportifs a été édité et l’ensemble de la documentation promotionnelle était disponible en français à Athènes.

Installation du Fifre de Manet à la galerie nationale de Chine.
Beijing, 08.10.2004
- 153 établissements à autonomie financière ont disposé d’un budget global de 161 M€, dont 92 M€ en recettes propres et 69 Me de subvention du Ministère. 475 détachés les animent, aidés de 3 569 recrutés locaux permanents et de 135 volontaires internationaux. 175 000 élèves y sont inscrits à des cours de français pour 16 millions d’heures/élèves dispensées.
- 283 Alliances françaises ont été subventionnées (40 M€).
- 400 médiathèques-centres d’information sur la France ont prêté plus de 6 millions de documents à plus de 400 000 adhérents.
- 7 500 formations individuelles en français ont été assurées à des fonctionnaires européens, des pays membres ou candidats à l’adhésion, ainsi qu’à des traducteurs, interprètes et journalistes des pays d’Europe orientale.
- 1 500 jeunes ont bénéficié des programmes trilatéraux de l’Office franco-allemand pour la jeunesse dans les pays d’Europe centrale et orientale et dans les Balkans ; 42 rencontres internationales de jeunes ont mobilisé, 680 jeunes âgés de 18 à 25 ans issus de 62 pays.

Pierre et Gilles - Legend. (1990) Modèle : Madonna.
Assurer la présence de la France dans le débat d’idées et sur les scènes artistiques : 13 000 manifestations en 2004
Le réseau français a connu deux zones d’expansion majeures : la Russie (extension des Alliances françaises à Irkoutsk, Saratov, Perm, Ekaterinbourg) et la Chine (inauguration du Centre culturel français à Pékin et ouverture d’Alliances à X’ian et Dalian, portant à 10 le nombre des Alliances). Il a également développé le partenariat avec l’Allemagne, par des implantations communes avec le Goethe-Institut à Glasgow et à Ramallah et par le développement du Fonds franco-allemand d’aide aux actions conjointes.
Le Ministère a poursuivi son soutien à la diffusion des livres et revues. Instrument majeur de cette politique, les Programmes d’aide à la publication ont bénéficié, depuis 1990, à 74 pays et permis la publication en langue étrangère de plus de 8 000 titres. Créé en 2004, le Plan Traduire permettra de doter chaque grande zone géolinguistique - anglaise, espagnole, arabe, chinoise - de pôles de traduction pour les livres et les articles de revues qui permettront de renforcer la formation de nouvelles générations de traducteurs, d’améliorer la qualité des traductions et d’en accroître le nombre. La participation de la France aux débats d’idées implique également la présence à l’étranger, pour des interventions publiques ou des colloques, d’intellectuels ou d’experts français : le Fonds D’Alembert a permis de soutenir 51 débats impliquant une participation française.
Le premier centre culturel franco-allemand hors d’Europe, inauguré le 19 juin à Ramallah par le Ministre, est un espace commun au centre culturel français et au Goethe-Institut, tous deux présents à Ramallah depuis la fin des années 1990. Installé dans un immeuble d’environ 1 000 m2 et composé d’une médiathèque, d’une salle polyvalente pour quarante personnes, de six salles de cours, il a bénéficié du soutien de la Commission européenne et de la chaîne de télévision ARTE.
Un semestre après son ouverture, les résultats sont tangibles : augmentation du nombre des élèves des deux langues, diversification des publics, gains de visibilité de la présence française et allemande.

Exposition, Les cinémas du futur bouleversent l’écran : Landscape n°1.
Janvier 2004
2004 a été marquée par l’achèvement du programme théâtral Tintas Frescas en Amérique latine, après trois années de spectacles et d’échanges dans 19 pays. Ce modèle devrait être transposé dans les pays germanophones et en Afrique. L’AFAA a soutenu de nombreuses manifestations en Ukraine, où le Printemps français a réuni plus de 50 000 spectateurs, en Corée du Sud et en Thaïlande, où se tenaient les premiers Mois de la photo, en Italie où Francia si muove a présenté la danse contemporaine française. Circasia, est destiné à favoriser pendant trois ans la diffusion du nouveau cirque français en Asie. Génération Musiques a permis à des représentants de la scène musicale d’exporter leurs talents en Afrique du Nord et au Proche-Orient. La présence des artistes français été assurée à chaque grand rendez-vous de l’art contemporain (Biennales de São Paulo, Manifesta V, Sydney), sans oublier l’architecture avec l’exposition « Métamorphoses durables » à la Biennale de Venise.
Le Ministère a intensifié son appui à l’exportation des biens culturels par les mécanismes du marché. Dans le secteur du disque, il a soutenu la présence française au Popkomm de Berlin, dont la France était l’invitée d’honneur. Chargé de piloter la création d’un Bureau européen de la musique, le Bureau Export de la musique a mis en place la préfiguration d’une représentation européenne à New York avec l’aide de l’UE. Dans le secteur des industries cinématographiques, la convention signée avec Unifrance a permis d’organiser des festivals de cinéma français à Pékin, Moscou, Budapest ou Mexico. Ces manifestations, qui rassemblent chaque année un public croissant, engendrent des retombées commerciales significatives dans des zones peu prospectées jusqu’ici.
Le Ministère a continué d’assurer la diffusion non commerciale (cinémathèques, établissements culturels) du cinéma français. Détenteur des droits de diffusion culturelle de 300 titres de fiction sous-titrés en anglais, espagnol et arabe, et de 3 000 films documentaires, il a envoyé à l’étranger 2 320 copies de longs métrages et 20 000 VHS et DVD documentaires. Il a mis en place, avec la société “Le meilleur du cinéma français”, un portail Internet qui permet au réseau culturel de disposer de films par téléchargement et d’organiser des projections publiques.
91 longs métrages ont été proposés sur ce site. La France a poursuivi sa politique d’accueil des cultures étrangères sur son territoire : avec L’année de la Chine en France (octobre 2003-juin 2004), qui a permis de toucher plus d’un million de Français et a été fortement relayée par les médias et avec la saison polonaise, Nova Polska, qui a donné lieu à quelque 600 manifestations, organisées dans 180 villes.
Le congrès a réuni 1 300 professeurs de français en provenance de 180 pays autour du thème le défi de la diversité.
Au cours de ce congrès, M. Xavier Darcos, ministre délégué à la Coopération, au développement et à la francophonie, a annoncé trois initiatives en faveur de la communauté mondiale des professeurs de français : la création d’un Fonds d’innovation pédagogique destiné à soutenir les projets novateurs, conçus par les associations de professeurs en faveur de l’enseignement du français langue étrangère ; l’organisation, au bénéfice des responsables d’associations, de stages de formation aux techniques de recherche de partenariats ; la prise en charge par le Ministère, à l’intention des structures d’enseignement ou d’enseignants isolés dans les pays défavorisés, de 1 000 abonnements supplémentaires à la revue des professeurs de français Le français dans le monde.

Site archéologique de Méroé (Soudan).
A l’initiative de la France, l’UNESCO s’est engagée dans la mise au point d’une convention sur la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques. Le lancement de ce projet traduit la volonté des Etats membres de contribuer à l’élaboration d’un cadre international permettant de relever les défis posés par la mondialisation à l’expression et au développement des cultures, condition d’un dialogue équilibré entre nations. Les négociations du projet de convention ont commencé en septembre. Elles devraient se poursuivre jusqu’en juin 2005. L’Union européenne défend une position commune, manifestant sa cohésion et son engagement en faveur de la préservation et de la promotion de la diversité des cultures et des langues. La France siège au comité de rédaction chargé de synthétiser les remarques des Etats membres sur le projet.
La France souhaite que cet instrument, qui devra consacrer en droit l’égale dignité de toutes les cultures, la possibilité pour les Etats de conduire des politiques publiques soutenant la création, ainsi que le caractère exceptionnel des biens culturels, puisse être adopté en 2005.
PRENDRE PART A LA SOCIETE MONDIALE DE LA COMMUNICATION
La France est un des rares pays à disposer de chaînes de radio et de télévision internationales. Le Ministère a continué à leur apporter son soutien.
TV5 a conforté ses positions. En 2004, elle était accessible 24h sur 24 à 158 millions de foyers dans le monde et enregistrait une audience cumulée hebdomadaire de 73 millions de téléspectateurs. La chaîne a pu faire son entrée sur les réseaux câblés de nouvelles grandes villes américaines, sur le bouquet sud-africain Multichoice, sur des bouquets satellitaires nationaux en Inde et aux Philippines. Elle a introduit le russe et le danois dans son sous-titrage, portant à neuf le nombre de langues étrangères traitées. Enfin, elle a produit un journal quotidien consacré à l’Afrique, a réalisé un “24 heures” dédié à l’élargissement de l’Europe et couvert le sommet francophone de Ouagadougou.
Le projet de création d’une chaîne de télévision satellitaire d’information franco-arabe centrée sur le Maghreb, Médi 1 Sat, a trouvé sa cohérence. Adossée à un média qui a fait ses preuves en radio, associant des journalistes français et maghrébins, reposant sur une programmation originale en français et en arabe et ayant une vocation régionale méditerranéenne, elle renouvellera l’offre audiovisuelle dans le monde arabe. L’apport financier de la France dans ce projet réunit l’Agence française de développement, la Caisse des dépôts et consignations et le MAE.
Le Ministère a continué à soutenir les opérateurs privés qui contribuent à assurer la présence audiovisuelle à l’étranger. Une convention a été passée avec la société Media Overseas, filiale de Canal+, qui porte les activités du groupe au plan international (Afrique, océan Indien, Caraïbes, Océanie, Europe de l’Est).
Le Ministère est demeuré aux côtés de TVFI pour promouvoir l’exportation des programmes de télévision. Les résultats sur la dernière période connue, 2003, démontrent une amorce de reprise après une année de recul. De nouveaux marchés comme la Chine s’ouvrent aux productions françaises : TVFI a organisé avec succès sa première démonstration à Pékin en décembre. Le Ministère a élargi son action à la promotion de la filière française du jeu vidéo en mettant en ligne le portail “France-game.org” en collaboration avec l’Agence française du jeu vidéo. La vocation de cet outil est de mettre en contact et d’organiser des échanges d’informations entre les créateurs de jeux en France et leurs partenaires étrangers.

Lettre d’Arthur Rimbaud au consul de France à Beyrouth (1887).
Si le fonds des Archives du ministère des Affaires étrangères s’est essentiellement constitué, depuis le ministère de Charles Colbert de Croissy (1680-1696), à partir des dossiers et des correspondances produits par ses bureaux et ses chancelleries, les premiers gardes des archives n’ont pas ignoré la nécessité de compléter les versements de l’administration par l’acquisition de fonds d’archives ou de bibliothèques se rapportant à la conduite de la diplomatie.
Dès 1705, le Ministère acquiert les papiers du cardinal de Richelieu, dont avait hérité sa nièce, la duchesse d’Aiguillon. Entre 1723 et 1732, sont achetés ceux de Claude de Mesmes, comte d’Avaux, négociateur des traités de Westphalie, puis les archives du cardinal Mazarin. L’un des soucis des experts chargés d’en négocier le prix est alors d’empêcher leur achat par des « amateurs » étrangers. En 1762, à l’initiative du duc de Choiseul, sept ans après la mort du duc de Saint-Simon, le département des Affaires étrangères recueille le fonds de manuscrits du mémorialiste pour en éviter le démembrement. Les Mémoires ainsi que des titres privés seront cependant restitués à sa famille par la suite.
Cette politique d’achat se poursuit au cours des XIXe et XXe siècles, avec la création de deux collections. Celle des Papiers d’agents est constituée par les dons ou dépôts d’archives privées de diplomates. Celle des Acquisitions extraordinaires est formée de pièces isolées ou de fragments de fonds d’archives dispersés, acquis par achat auprès de libraires spécialisés et, plus couramment, à l’occasion de ventes publiques, où la direction des Archives bénéficie du droit de préemption. De temps à autre, des achats sont effectués de gré à gré auprès de particuliers.
Parmi les acquisitions réalisées depuis 1990 - plus de 540 articles représentant tantôt une simple lettre, tantôt plusieurs cartons de correspondance -, se trouvent des archives de ministres et de diplomates des XVIIe et XVIIIe siècles : Charles d’Angennes, ambassadeur en Piémont puis en Espagne entre 1614 et 1627, le cardinal Mazarin, le marquis de Louville, chef de la maison civile de Philippe V d’Espagne de 1701 à 1703, et le chevalier d’éon. En 2001, le diplôme enluminé de grand d’Espagne du duc de Saint-Simon, décerné à l’occasion de son ambassade extraordinaire à Madrid a rejoint le fonds acquis en 1762.
Les bouleversements politiques du début du XIXe siècle et l’absence d’immeubles diplomatiques et consulaires fixes ayant amené bien des agents à conserver leur correspondance politique au même titre que leurs papiers privés, de nombreux fonds d’archives de diplomates ou de ministres du premier Empire ou de la Restauration apparaissent périodiquement sur le marché. Ainsi ont été acquis des papiers de Louis Guillaume Otto, ambassadeur de Napoléon à Londres puis à Vienne, du maréchal Clarke, duc de Feltre, diplomate puis ministre de la Guerre de Napoléon et de Louis XVIII, ceux de Denis Simon de Vandeul, Georges de Caraman, Durant de Mareuil, de Miot de Mélito et de Pierre David, consul général en Bosnie (1806-1814) puis à Smyrne (1819-1826).
La politique d’acquisition s’étend aux documents contemporains : lettres ou portraits des écrivains diplomates Paul Claudel, Jean Giraudoux et Jacques Maritain, manuscrits ou articles de Jules Cambon, Georges Clemenceau, Raymond Poincaré, Joseph Caillaux, Henry de Jouvenel et Charles de Gaulle, et même quelques lettres adressées par Arthur Rimbaud aux consuls à Aden et à Beyrouth. Une collection d’environ 7 800 cartes postales du Maroc et de Tunisie et un grand nombre de photographies - portraits, immeubles, scènes de la vie diplomatique, albums constitués par des familles de diplomates - ont, d’autre part, enrichi les fonds iconographiques.
Le dépouillement des catalogues de vente conduit régulièrement à identifier des documents d’archives publics. La direction des Archives se doit alors d’en faire reconnaître le caractère et de les faire retirer de la vente. Correspondances échangées par un agent de l’ Etat dans le cadre de ses missions et, a fortiori, registres provenant d’une ambassade ou d’un consulat, ils sont, le plus souvent, remis aux Archives du Ministère, qui versent, en contrepartie, une indemnité au possesseur dont la bonne foi est établie.
Depuis sa fondation en 1992, l’Association des amis des archives diplomatiques contribue à l’enrichissement des collections, directement ou grâce au mécénat d’entreprises. En 2004, elle a permis l’entrée aux Archives de mémoires et de rapports diplomatiques de Jean Pelet de la Lozère, membre du Comité de salut public, datés de 1794 et 1795.
Une fois classés, inventoriés, foliotés et estampillés, les documents sont microfilmés en vue de leur consultation. Leur entrée aux Archives fait le bonheur d’historiens en quête de sources inédites et de pistes de recherche nouvelles ; quant au grand public, il peut apprécier le caractère spectaculaire de certaines de ces pièces dans les vitrines des expositions.



