Discours de Jean-Yves Le Drian pour de l’ouverture de la séance grand public « Je rencontre un ambassadeur » - Semaine des ambassadeurs (29 août 2017)

Discours prononcé lors de la journée grand public "Je rencontre un ambassadeur", le 29 août 2017.

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

Je suis heureux d’être parmi vous aujourd’hui pour cette journée d’ouverture au public de notre ministère. Au nom de toutes celles et ceux qui travaillent au service de l’action internationale de la France, je vous souhaite la bienvenue au ministère de l’Europe et des affaires étrangères.

Cette semaine est un temps fort pour cette maison. Les rencontres et les échanges qui ont lieu ont en effet pour but de contribuer concrètement à la mise en œuvre de notre action internationale. C’est pourquoi j’ai demandé qu’ils soient consacrés aux priorités de notre politique étrangère : la sécurité avec solution des crises internationales qui affectent notre pays ; une diplomatie économique offensive ; la construction d’une Europe qui protège ; une action résolue pour relever les défis globaux de notre temps, notamment la lutte contre le changement climatique ; une offre de culture et de coopération adaptée aux défis d’aujourd’hui et qui contribue pleinement au rayonnement de la France.

Tous ces enjeux manifestent les mutations en cours de l’ordre international et l’exigence qui anime toutes les femmes et tous les hommes du Quai d’Orsay : « renouveler notre action dans un monde de ruptures », le thème qui a justement été retenu pour cette nouvelle édition de la semaine des ambassadeurs. C’est le moment d’agir car les Français ont récemment fait le choix d’un profond renouvellement politique qui a passionné l’opinion internationale et d’ores et déjà changé l’image de notre pays, ravivé la passion pour la France et renouvelé les attentes à son égard. Le ministère de l’Europe et des affaires étrangères porte donc aujourd’hui une grande ambition.

L’action de cette maison se situe à l’échelle planétaire ; rien n’en témoigne mieux que l’universalité de notre réseau, le troisième au monde ; c’est un atout considérable pour la France, dans un environnement international en très grande mutation. Ce ministère doit donc mieux faire connaître son travail à nos concitoyens. Ce défi aussi, notre ministère doit le relever par un effort accru d’ouverture et de communication. Et c’est pourquoi je me réjouis de voir aujourd’hui un public si nombreux assister aux table-rondes et aux « confidences d’ambassadeurs » prévues cet après-midi.

Cette volonté d’ouverture existe déjà depuis quelques années - c’est notamment ce qui avait conduit en 2015 à passer de la traditionnelle conférence des ambassadeurs à une véritable semaine diplomatique, en ouvrant certains de nos échanges à la presse et au public.

Cette dynamique, je souhaite l’amplifier ; ma conviction, c’est que notre diplomatie sera d’autant plus forte qu’elle sera mieux connue de nos concitoyens. C’est bien l’enjeu de cette journée, et singulièrement de cet après-midi : faire découvrir nos métiers et nos ambitions, le cadre juridique international dans lequel notre action s’inscrit ; donner des clés de lecture pour aider à la bonne compréhension de l’actualité internationale et des orientations de notre politique étrangère ; montrer le résultat concret de notre action sur le terrain et les bénéfices qu’en retire notre pays.

Mais le but de cette journée, c’est aussi de vous donner la parole, à vous qui êtes ici comme à ceux qui nous suivent en ce moment même sur Internet et sur les réseaux sociaux. Je souhaite que nous puissions ainsi entendre vos interrogations, les convictions qui vous animent et les idées que vous souhaitez partager. Une institution vivante doit savoir sortir de sa zone de confort intellectuel en se confrontant à des opinions alternatives et parfois critiques. C’est ce que nous assumons aujourd’hui. Vous apprendrez beaucoup, j’en suis certain, lors des échanges à venir, et nous également.

Cette volonté d’ouverture, c’est une exigence démocratique. Notre diplomatie est au service de la Nation, de la protection de ses citoyens, de son influence et de son prestige, de la défense de ses intérêts et de la promotion de ses valeurs. Il est donc précieux que tous ceux qui le souhaitent puissent en savoir davantage sur la manière dont est conduite notre politique internationale. Le ministère de l’Europe et des affaires étrangères est engagé dans cette voie : je pense au programme « Hors les murs » grâce auquel les agents de l’administration centrale vont au contact de la jeunesse, à travers des conférences-débat, pour présenter le fonctionnement du ministère et les métiers de la diplomatie, et répondre aux questions que se posent lycéens, étudiants et jeunes actifs. Je souhaite d’ailleurs prolonger cette initiative. Pour cela, j’ai demandé à nos ambassadeurs de se déplacer en province une fois par an lors de leur retour en France pour toucher de nouveaux publics, notamment dans la sphère économique.

Cette volonté d’ouverture, c’est aussi le moyen de donner une plus grande place aux acteurs de la société civile, donnant à leurs initiatives un retentissement inédit. Car la mondialisation des échanges fait que cette place est de plus en plus importante.

Nous avons d’ailleurs pris des initiatives, par notre compte Twitter, qui vient de franchir le cap du million d’abonnés, ce qui en fait le premier réseau institutionnel français. Pour leur action, la qualité et la performance, je tiens à saluer les membres de la direction de la communication et de la presse. Nous leur devons l’organisation de cette journée et l’installation d’un espace numérique spécialement créé pour la semaine des ambassadeurs, le studio, c’est son nom, qui permet au grand public de nous suivre et d’interagir avec nous. Une émission aura d’ailleurs lieu en fin d’après-midi, animée par des youtubeurs connus pour la qualité de leurs analyses de la vie politique et institutionnelle, Hugo décrypte et Accropolis. Cette initiative est à l’image de la diplomatie innovante.

Le sens de cette journée, puisqu’il y a beaucoup d’étudiants, c’est de permettre l’émergence de vocations diverses dans cet ensemble diplomatique dont vous aurez, je pense, une vision tout à fait nouvelle par rapport à l’image que vous pourriez éventuellement en avoir.

Nous avons enfin la chance de recevoir cette année un grand témoin que je tiens à saluer. Cher Eric Rochant, je vous ai rencontré dans d’autres fonctions, alors que vous présentiez au ministère de la défense la deuxième saison du Bureau des légendes, une série qui a su mettre dans la lumière une institution peu connue, et pour cause, puisqu’il s’agit de la DGSE. Il y a, j’en suis certain, des spectateurs fervents dans la salle, et j’en fais partie. Je suis certain que votre coup d’œil avisé sur les discours et les situations humaines, sur l’imaginaire qu’ils convoquent aussi, fera de vous un interlocuteur précieux pour les échanges qui vont s’ouvrir dans un instant. Votre vision a su montrer la force des femmes et les hommes qui se consacrent au service du pays parfois au risque de leur sécurité et de leur propre vie. C’est le cas aussi de notre corps diplomatique, de nos ambassadeurs, qui eux aussi mettent en jeu leur vie, leur sécurité, au service de notre pays, et c’est cela le plus important à souligner.

Nous avons la chance, la force, d’avoir un corps diplomatique de haut niveau au service de notre pays. Je pense que c’est ce que vous allez découvrir cet après-midi. Je me réjouis de votre présence et me réjouis par anticipation des échanges fructueux que vous allez avoir. Je pense que cette ouverture des portes, réelles comme virtuelles, du Quai d’Orsay, est pour notre ministère un enjeu, un défi, mais aussi une nécessité et je suis très heureux d’avoir ouvert cette séance. Bon après-midi.

Sur le même sujet

PLAN DU SITE