Accès rapide :

Histoire

Les igoudar, greniers-forteresses

d’après la notice 439, 11 : "Les igoudar Seksaoua et Ida ou Mahmoud" par le lieutenant Dupas, 1929

Doc:Agadir N’Tzguint , 33.5 ko, 417x278
Agadir N’Tzguint - (JPEG, 33.5 ko)

Agadir N’Tzguint . « Construit à une date qui ne peut être précisée, mais vraisemblablement aux environs de 1050, il s’élève sur une petite éminence située au centre d’une cuvette dont les bords sont jalonnés par les douars (groupes de tentes) Amzrou, Ichennar et Bakko. L’agadir comprend deux corps de bâtiments : l’un date de la fondation ; l’autre a remplacé, vers 1250, la partie qui avait été détruite par Akhennaj, quelque quinze ans auparavant, lors de son passage dans le pays. Il se compose à l’heure actuelle de 230 pièces. Son amin (intendant, administrateur), Mohammed ou Ali, du douar Bakko, est en fonction depuis 10 ans. Autrefois, la garde de cet important ouvrage ne nécessitait pas moins de 9 asses(gardiens) par nuit, et le chemin de ronde, fort pittoresque, témoigne de la valeur qu’y attachaient les usagers, du temps de la dissidence. Trois citernes complètent le dispositif défensif. Bâti sur un rocher, sa base en a épousé la forme, et ses chambres se trouvent réparties, soit autour de cours intérieures, soit de part et d’autres de souterrains longs et obscurs, soit le long de parois difficilement accessibles. Tant par sa masse imposante que par le nombre de ses chambres et par sa disposition originale, il constitue l’un des plus beaux monuments de ce genre dans la région. », 1941. Notice 426, 27.

Illust: Plans de l'agadir, 6.1 ko, 350x93
Plans de l’agadir d’Ikis et de Tanout, 1929, Notice 439, 11

« Les igoudar sont de deux sortes :

Doc:Agadir Tanout, Les terrasses, 1929,<br> Notice 439, 11 , 46 ko, 612x372
Agadir Tanout, Les terrasses, 1929,
Notice 439, 11 - (JPEG, 46 ko)
  • ceux qui servent uniquement de magasins ; ce sont la majorité ;
  • ceux qui servent à la fois de magasin et de réduit pour la défense en cas d’attaque du dchar. Ces derniers sont en général plus vastes et possèdent à l’intérieur une place d’armes permettant aux vieillards, aux femmes, aux enfants et aux animaux de se tenir à l’abri tandis que les hommes valides occupent pour la défense les quelques magasins percés de créneaux et les terrasses. Une citerne existe toujours à l’intérieur de ces igoudar. Rentrent dans cette catégorie les igoudar de Talmakant, d’Assaka et d’Azar. »

« En général l’agadir est construit avec du schiste, qui donne de bonnes dalles rendant la construction facile, et du mortier de terre. Les murs sont épais, aveugles et élevés. La forme générale est carrée et rectangulaire sauf pour l’agadir Ikis qui est ovale. Les terrasses débordantes, comme partout en montagne, sont étagées étant donné la déclivité du terrain et la hauteur constante des murs.


A l’intérieur une série de couloirs étroits donne accès aux différents magasins. De ces couloirs montent des échelles constituées simplement d’un tronc d’arbre entaillé d’encoches permettant aux pieds de se poser. Aux étages, devant la porte de chaque magasin, saille une petite plate-forme permettant d’appuyer la partie supérieure de l’échelle venant du bas, de poser la partie inférieure de l’échelle donnant accès à l’étage supérieur et au propriétaire du magasin de stationner avant de pénétrer dans sa pièce. Une seule clé par chambre pas de fenêtre.

Le gardien est nommé en principe pour un an mais en général il reste plus longtemps en fonction, s’il le désire et si les gens du dchar sont satisfaits de ses services. En cas de vol, si le voleur est découvert, il rembourse le montant du vol et paye 50 douros d’amende. La responsabilité du gardien n’est pas engagée si le voleur s’est introduit par une brèche pratiquée dans le mur ; sa responsabilité n’est engagée que si le vol a été commis après effraction de la porte extérieure. Dans ce cas, le gardien doit rembourser le montant du vol et payer 50 douros d’amende.

L’amende est répartie entre les propriétaires des pièces. Aucun contrôle n’étant tenu des quantités emmagasinées dans les pièces, en cas de vol, la victime doit jurer avec 24 co-jureurs (voir la prestation de serment) pour certifier ce qui lui a été volé. »

Taza

Taza correspond à une superposition des différentes strates des civilisations qui se sont succédées au Maroc, au fur et à mesure des invasions et des conquêtes.

Doc:Sépultures de la grotte<br> de Kifan Bel Ghomari, 1915 , 21.8 ko, 354x601
Sépultures de la grotte
de Kifan Bel Ghomari, 1915 - (JPEG, 21.8 ko)

Taza préhistorique, tout d’abord, est représentée par la grotte de Kifan Bel Ghomari, où ont été mis au jour des silex taillés de toutes sortes (grattoirs, racloirs, pointes de flèches…) ainsi que des sépultures taillées dans le roc. Tout indique par conséquent que cette civilisation avait pour caractéristique les travaux dans les rochers.

A l’époque berbère, Taza constitue tout d’abord un simple oppidum puis devient une véritable forteresse lorsque les rois, au faîte de leur puissance, purent affronter Rome. De la confrontation avec la civilisation romaine, les Berbères ont rapporté leurs idées et leurs méthodes. De cette époque, datent en effet les fragments des remparts en moyen appareil, dont fait partie le Bordj El Melouloub ou Tour Sarrasine, à la forme remarquable. Comme certaines tours romaines, elle est d’abord rectangulaire vers le rempart puis demi-circulaire à l’extérieur.

Les Berbères ramenèrent également de Rome les techniques de la poterie, d’où la découverte de nombreux débris de poterie au lieu dit Sab El Mâ. On y trouve des lampes à huile, des burettes à huile, des pots à soupe, à couscous, des vases à anses, de petites amphores, au dessin généralement géométrique.

La conquête arabe se fit en deux étapes : au VIIIème siècle puis au XIè, qui correspond à une période de destruction avec l’invasion hilalienne qu’Ibn Khaldoun décrit en ces termes : « comme un vol de sauterelles, ces avides conquérants ne laissaient rien derrière eux ». "Ces avides conquérants", c’est-à-dire les Beni Hilal et les Beni Soleïm, nomades originaires du Hedjaz, envahirent et pillèrent tour à tour l’Arabie, l’Egypte et enfin l’Ifrikya. Se succèdent alors les Almoravides puis les Almohades, parmi lesquels Abd El Moumen, qui résida longtemps à Taza.

Doc:Poteries berbères à Taza , 50.1 ko, 581x351
Poteries berbères à Taza - (JPEG, 50.1 ko)

Sous son égide, une enceinte en tabia remplace le rempart antique berbère, tout en en utilisant les ruines et en en conservant les portes. A la fin du XVème siècle, l’art subit les influences européennes et plus particulièrement une influence hispano-portugaise symbolisée à Taza par El Bastioun notamment. Cette construction cubique en briques constitue un élément primordial de la défense. Sa façade est percée de quatre ouvertures de style roman, tandis qu’au deux tiers de sa hauteur totale, se situe une terrasse crénelée flanquée à droite et à gauche de deux tours carrées.

Le mellah de Mogador

d’après le mémoire n°55 de Bertrand Desmazières, 1945.

Histoire de Mogador

Mogador fut fondée en 1760 à l’instigation du sultan Sidi Mohammed. Celui-ci, commente Henri Terrasse, dans Les relations de la France et du Maroc aux XVII° et XVIII° siècles « voulut édifier une ville franque où il pourrait recevoir les marchands et les consuls chrétiens à l’écart des centres vitaux du pays. L’endroit était admirablement choisi : bloquée entre les dunes et la mer, la ville n’avait de communication qu’avec Marrakech où Sidi Mohammed aimait résider. Les tribus arabes qui l’entouraient étaient particulièrement fidèles au souverain ; il avait la certitude que nulle action européenne d’importance ne pourrait se développer à partir de Mogador ».

Doc:Plan de Mogador <br>(mém-55, inv-20) , 122 ko, 1591x504
Plan de Mogador
(mém-55, inv-20) - (JPEG, 122 ko)

La construction en fut confiée à un architecte français, Cornut, qui bâtit « un vaste camp retranché, embryon de la future ville, avec des batteries et des remparts régulièrement dessinés, mais aussi des rues larges et droites, des esplanades, de vastes entrepôts pour le makhzen, des maisons pour les négociants, des palais pour le sultan ».

Sidi Mohammed en créant Mogador poursuivait deux objectifs principaux : « commercer sans doute, mais en évitant toute emprise même économique de la part des puissances européennes ; laisser se développer le commerce et s’enrichir les commerçants, mais en les maintenant en complète sujétion par le moyen d’une combinaison financière machiavélique, le système impérial, qui permet de faire varier le prix du marché et les droits de douane ».

« Les Juifs », continue Bertrand Desmazières, « par leur docilité et leur souplesse, avaient paru être les meilleurs agents d’exécution de ce programme ». Ainsi arrivent à Mogador dès 1760 des juifs issus de familles aisées de tous les mellahs (quartiers juifs) de l’empire chérifien, car Sidi Mohammed écarta délibérément les miséreux et les coureurs d’aventures. Cependant, la prospérité du port de Mogador attira rapidement l’ensemble de la communauté juive de l’empire et le mellah se révéla exigu au point qu’il fut étendu en direction du sud sous le règne de Moulay el Hassan. A la fin du XIXè siècle, Mogador connut un relatif déclin dû au ralentissement du trafic des grandes caravanes, à la concurrence des ports du Nord plus proches de l’Europe. Par surcroît, l’éclat de Mogador, établissement privé, n’était que le reflet de la puissance du sultan. Lorsque celui-ci fut discuté, le régime privilégié de Mogador également. Le port entrait désormais dans le régime commun, dans le jeu de la concurrence, ce qui favorisa l’émancipation des grands commerçants juifs.
Par conséquent, si Bertrand Desmazières s’attarde assez longuement sur l’histoire de Mogador, c’est que celle-ci est étroitement liée à la communauté juive. Il consacre ensuite un chapitre à l’enseignement suivi par les juifs, qui ici, comme le reconnaît l’auteur lui-même, « tiennent la place qu’annonce le titre ».

Les écoles

Jusqu’au milieu du XIXè siècle, seules des études hébraïques s’offraient aux jeunes garçons de Mogador, c’est-à-dire qu’ils lisaient les mots usuels en hébreu, récitaient la Loi, apprenaient le Talmud et traduisaient les livres saints en arabe. Au total, Mogador comptait quatre écoles talmudiques dans la kasbah (citadelle) entretenues par les parents d’élèves et douze écoles dans le mellah subventionnées par la Communauté.
Le 24 décembre 1867, le consul de France, soucieux d’éloigner l’intolérance religieuse générée par cette médiocre instruction, écrivit à l’Alliance Israélite universelle, créée en 1860. Peu après, une école française de l’Alliance vit le jour, à laquelle se joignit une école anglaise préexistante. Y étaient enseignés le français, l’histoire, la géographie, l’arithmétique, l’anglais et la religion ; ce fut un échec, en raison de la réticence parentale. Après plusieurs autres tentatives infructueuses, une nouvelle école disposant de ressources plus larges parvint à s’imposer. La création d’une école de fillettes aboutit également.

Droit

Economie

Société

Religion


PLAN DU SITE



MENTIONS LÉGALES & INFOS PRATIQUES

Tous droits réservés - Ministère des Affaires étrangères et du Développement international - 2014