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Economie

La pêche

d’après la notice 427, 10 : « Les marins indigènes de la zone française du Maroc » par le lieutenant de vaisseau Montagne, 1923

Avant-propos

L’auteur, Robert Montagne, se propose par l’intermédiaire de cette notice « d’examiner l’importance et la valeur professionnelle des petits groupes de marins indigènes » et d’utiliser les richesses infinies de sa côte poissonneuse comme remède aux disettes que subit le pays agricole par suite de la moindre sécheresse. Il paraît également nécessaire à l’auteur d’encourager les marins indigènes afin d’éviter leur disparition comme ce fut le cas en Tunisie ou en Algérie ; c’est pour cette raison que la liberté de la vente du poisson doit être instituée et une école professionnelle des marins créée à Mogador (un projet de création est d’ailleurs joint à la notice).

L’embarcation berbère

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La pêche au tasergal,
1923. Notice 427, 10. - (JPEG, 20.8 ko)

« L’embarcation berbère (agherrabo) est une pirogue de huit mètres environ de longueur, un mètre soixante de largeur. (…) L’embarcation est montée par six ou sept marins et un reis. Elle possède trois bancs de rameurs (zeghs) qui reçoivent chacun deux rameurs. Un quatrième banc, (le “sabaa”) sur l’extrême avant est utilisé par le septième marin qui fait office de pilote ou “brigadier”. »

« La pirogue, dont les formes sont élégantes, reçoit généralement des peintures décoratives, exécutées par les vieux marins : sur le bordé, une ligne parallèle au plat-bord paraît figurer les volutes de la houle. Sur le tabeau arrière le motif général de décoration est une porte ou une série d’arcades, ce qui s’explique aisément dans la partie spacieuse du bateau, correspondant exactement à la “chambre” de nos embarcations. »

« La mise à l’eau ou la rentrée des pirogues se fait en plaçant sous les fausses quilles des pièces de bois arrondies (assour, issouran) ou à défaut des avirons »

L’industrie de la pêche

Doc:Fours, 1923. <br>Notice 427, 10. , 24 ko, 276x199
Fours, 1923.
Notice 427, 10. - (JPEG, 24 ko)

« Le poisson capturé en grandes quantités est vendu aux marchands qui viennent le chercher et l’emportent frais ou cuit à l’étouffée dans des fours, ou frit à l’huile d’argan. L’installation type est celle de Taghazout à 20 kms au nord d’Agadir. Les embarcations utilisent une plage de galets. Au dessus de cette plage se trouve une douzaine de fours pour préparer le poisson.

Le matériel de pêche, qui, en presque tous les endroits fréquentés par les marins, reste déposé près des embarcations, dans un enclos sanctifié par une tombe de Saint, se trouve ici accroché aux branches d’un arganier remarquable rebroussé par le vent sud-ouest. Cet arbre-magasin, dont les branches supportent les avirons, lignes, roseaux, jarres de sel, et même balances, est protégé par les Saints “Regraga” présents sur toute la côte. On ne saurait y toucher avec une intention mauvaise sans être frappé par eux »

L’élevage du chameau

d’après la notice 427, 8 : Connaissance, entretien et emploi du chameau, 1918

Connaissances pratiques nécessaires à l’officier méhariste

Doc:Méhariste maure, 1930.<br> Notice 450, 16. , 21.8 ko, 250x187
Méhariste maure, 1930.
Notice 450, 16. - (JPEG, 21.8 ko)

Allure du chameau : 6 à 7 kms/h

Durée moyenne d’une journée de marche : 40 à 50 kilomètres

« L’officier méhariste aura par dessus tout la vocation : il doit aimer le chameau, dont l’aspect peu séduisant, le cri rauque, l’apprivoisement souvent incomplet, ont rebuté plus d’un nouveau venu ; il faut aussi qu’il fasse fort peu de cas de ses aises et de son confort, lesquels bien souvent, sinon toujours, sont en opposition avec les besoins, nous allions dire les aises, de ses chameaux. »

L’examen portera sur le dressage, la conformation, l’état de santé et l’âge du chameau, c’est-à-dire entre six ans, âge où il atteint son complet développement, quand sont tombées ses deux dernières dents de lait, et douze ans, âge où le chameau commence à se faire vieux.

De quoi se nourrit-il ?

Les pâturages constituent son petit-déjeuner, son déjeuner et son dîner, mais ils diffèrent selon les saisons. En hiver, les herbes vertes forment la base de son alimentation, tandis qu’au printemps, il faut l’amener vers les arbres et les arbustes, qui se couvrent alors de feuilles, de jeunes pousses vertes ou encore de fruits, les carroubes, dont il raffole. Pendant la saison chaude, seul le had reste encore vert ; cependant celui-ci doit être associé à un autre fourrage, car il possède des propriétés laxatives qui peuvent être causes d’un affaiblissement chez le chameau.

Doc:Chameaux du peloton de Chingueti au puits <br>de Tarié (Ouaran), 1930. Notice 450, 16 , 25.8 ko, 328x230
Chameaux du peloton de Chingueti au puits
de Tarié (Ouaran), 1930. Notice 450, 16 - (JPEG, 25.8 ko)

La sobriété du chameau est légendaire : « nous avons vu, explique l’auteur, en hiver, des chameaux en bel état au repos dans un pâturage vert, refuser l’abreuvoir pendant 71 jours consécutifs » ! Il convient donc de présenter le chameau à l’abreuvoir dans de bonnes conditions, afin qu’il fasse un abreuvoir le plus copieux possible - un chameau mâle adulte peut absorber 150 à 200 litres parfois. Pour que votre chameau ait soif, voire très soif, préparez-le par un pâturage sec d’un ou deux jours.

Mais ce n’est pas tout ! La recherche d’un abreuvoir ne se fait pas au hasard, loin s’en faut. L’eau de l’abreuvoir doit être propre, privée de toute impureté et de toute odeur. Evitez par conséquent l’eau des mares aux abords fangeux et nauséabonds. Les eaux les meilleures pour les chameaux doivent être légèrement salées ou légèrement arseniquées. Enfin, conduisez-le à l’abreuvoir de préférence en plein midi, et ce, en vue d’empêcher des cas de bronchites provoqués par la fraîcheur de l’eau.

Que faire en cas de maladie ?

Quatre maladies, toutes contagieuses, peuvent atteindre le chameau : la gale, la congestion pulmonaire (n’haz), la tabourite, le djedri ou fièvre aphteuse. Pour la gale, le remède le plus efficace consiste à appliquer du goudron sur la partie malade. La tabourite, dont l’agent de transmission serait une mouche, est, quant à elle, presque toujours mortelle.

L’artisanat

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Restauration de la médersa
(collège, résidence d’étudiants) - (JPEG, 48.4 ko)


« La plupart des artisans et des commerçants marocains sont rassemblés dans des “compagnies” au sein desquelles se dessine une hiérarchie selon le critère du savoir-faire professionnel. Il y a des maîtres ( mu’allemin), des ouvriers-compagnons (khaddâma), des apprentis (muta’allimin). Ces compagnies ont une existence morale matérialisée par un droit coutumier (orf) enregistré dans des fatawa et des pièces authentifiées devant témoins. Elles ont un syndic (amîn) élu par acclamation devant le muhtassib délégué du sultan à la police des marchés et des échoppes. Elles se plient à des obligations et à des charges coutumières (touiza) au profit du makhzen, à des travaux à perte en faveur des habous, aux quels on abandonne la “part de Dieu”, et à des réductions de prix en faveur des familles illustres… »
(D. Richet, t.2, p.190)

« Le protectorat, désireux de restaurer les corporations, doit redonner, estime Y. Mas dans son mémoire “Corporations et métiers modernes à Mogador”, une technique suffisante à ses membres par l’intermédiaire de l’enseignement. Les études dans les écoles professionnelles durent trois ans.

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Foire de Marrakech, 1948.
stand de Mogador. Mémoire n°126. - (JPEG, 43.9 ko)

L’enseignement comporte du français, des mathématiques, de la physique, de l’hygiène, du dessin, de l’arabe, de la technologie (2 à 4 heures par semaine), enfin de l’atelier. Les séances d’atelier assurées par le maâlem sont de 16 heures en première année, 20 heures en deuxième année et 22 heures en troisième année. »

C’est seulement en deuxième année que se fait la spécialisation des élèves.

Les élèves reçoivent une prime mensuelle et sont nourris à l’école ce qui explique l’important succès qu’elle rencontre auprès des classes les plus pauvres.

Les résultats de l’école des marqueteurs de Mogador prouvent que les élèves, une fois sortis de l’école, abandonnent tôt ou tard leur métier mal rétribué pour des emplois subalternes dans les administrations. L’artisanat marocain se heurte en effet à un certain nombre de problèmes (boutiques mal équipées, travail trop lent, prix exorbitants des matières premières et des objets fabriqués). Notre auteur constate en outre que les élèves fabriquent des objets de meilleure qualité que les artisans eux-mêmes, en plus de temps, qui coûteront par conséquent plus chers. « Trouvera-t-on des clients à ce prix ? », conclut alors Y. Mas.

Le commerce

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Souk des Ida ou Guelloul.
Notice 434, 11 ; 1914 - (JPEG, 52.6 ko)


« Le souq est aussi indispensable à l’Aït Oumalou que l’air qu’il respire »
, formule souvent reproduite de Saïd Guennoun, qui illustre le lien étroit unissant le Maroc et cet organisme traditionnel.
On peut encore citer l’expression qu’écrivait Lyautey à Gouraud : « Ne jamais entrer dans un village sans penser qu’il faut ouvrir un marché le lendemain », car d’un point de vue militaire, c’est là que l’officier de renseignements prend ses informations sur les dissidents au temps de la pacification plus particulièrement.

Une autre institution commerciale, apparemment éloignée, puisqu’elle renferme une origine religieuse, est le moussem. Ce pèlerinage annuel autour du tombeau d’un saint s’assortit en effet d’un grand souk.
Allons par exemple au moussem de Sidi Moussa, qui a lieu chaque année, au cours de la deuxième quinzaine de septembre !

L’eau et ses enjeux

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Bassin de Taliouine, 1938.
Notice 437, 5. - (JPEG, 54.3 ko)

L’économie du territoire marocain, montagnes ou plaines, zones semi-désertiques et palmeraies, repose, depuis toujours, sur l’existence de l’eau. Aussi officiers de renseignement et contrôleurs civils n’ont-ils de cesse de rechercher l’eau, d’aménager les sources, les bassins, les canalisations existant et de réaliser d’autres moyens d’irrigation.

Ceux-ci peuvent prendre la forme d’un aménagement de puits, d’une construction de citernes, d’une création de rhétaras, c’est-à-dire de canalisations souterraines destinée à capter la nappe phréatique, ou encore de la réalisation d’un barrage.

Ainsi, dans la région de Rabat, dans le double but de réduire les inondations et de valoriser la plaine, était décidée la création d’un barrage à El Kansera (cercle des Zemmour). Construit de 1931 à 1934, haut de 45 mètres et long de 175 mètres, ce barrage a permis la création d’un lac artificiel pouvant assurer l’irrigation d’un périmètre de 30 000 hectares de la plaine des Beni Ahsen.

Le réseau d’irrigation se compose d’un canal principal de 46.5 kilomètres, sur lequel se greffent des canaux secondaires et tertiaires. L’arboriculture, les cultures industrielles, le maraîchage, les cultures fourragères, et par conséquent l’élevage se sont développés dans le périmètre irrigué des Beni Ahsen qui est devenu, aux dires de l’auteur, une des plus riches régions du Maroc.
La construction de tels barrages et la création de tels lacs artificiels ne vont cependant pas sans l’inondation de plaines habitées et donc l’expropriation de leurs populations, comme ce fut le cas pour la cuvette de Bin El Ouidane (territoire de Tadla, circonscription d’Ouaouizerth) au début des années 1950.
Comme, selon le dahir de 1914, l’expropriant n’est tenu qu’à une expropriation en espèces sans préoccupation de l’avenir de l’exproprié, les autorités de contrôle doivent pallier ce manque de la loi. Ceux-ci, dans un premier temps, vont en effet s’employer à dresser l’inventaire des biens expropriables (terres de culture, arbres fruitiers, maisons d’habitation), des biens non expropriables (biens de caractère religieux, du domaine public), puis à en estimer la valeur. Ils procèdent au recasement des habitants car il a été décidé que « les expropriés ne percevront pas d’indemnités en espèces pour les dédommager de l’immersion de leurs habitations, écuries ou autres, mais seront mis en possession de maisons neuves, construites aux frais de l’Energie Electrique ».

Doc:Village de recasement Aït Oumegdoul, <br>1955. Notice 448, 114. , 37.2 ko, 539x351
Village de recasement Aït Oumegdoul,
1955. Notice 448, 114. - (JPEG, 37.2 ko)

Il semble, selon la conclusion du capitaine Dubarry, que les recasés « installés dans des maisons neuves entourées de jardins potagers et de vergers, devenus, sous l’égide de l’Office d’irrigation, des agriculteurs pratiquant les assolements et les cultures riches, soient dès lors incontestablement mieux armés pour la lutte pour le pain quotidien qu’ils l’étaient avant la mise en eau du barrage de Bin El Ouidane ».

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