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Enfants en ZFO - 1945-1955

Enfants en zone française d’occupation entre 1945 et 1955

Le Bureau des archives de l’occupation française en Allemagne et en Autriche a entrepris en février 2005 le recensement des nombreux documents relatifs aux enfants en zone française d’occupation qu’il conserve : enquêtes sur les enfants nés de mères allemandes et de pères ressortissants des Nations-Unies, gestion des pouponnières et des maisons d’enfants, rapports des responsables des camps de personnes déplacées et réfugiées…

Ces documents ne sont normalement communicables qu’après un délai de soixante ans, destiné à protéger la vie privée. Toutefois, les intéressés peuvent obtenir la consultation des documents qui les concernent.

Attention, certains documents peuvent avoir été remis au Service international des recherches (SIR/ITS) d’Arolsen.

Modalités de consultation

Les documents sont communiqués par la Direction des archives sur les fondements de la loi du 17 juillet 1978 modifiée et de la loi du 22 janvier 2002 relative à l’accès aux origines des personnes adoptées et pupilles de l’État.

Les demandes doivent être adressées à la Direction des archives à La Courneuve accompagnées d’un extrait d’acte de naissance.

Les dossiers sont communiqués en salle de lecture.

Dans le cas où la demande de communication relève de la compétence du Conseil national pour l’accès aux origines personnelles (CNAOP), la Direction des archives transmettra la demande à cet organisme accompagnée des copies des documents qui auront pu être trouvés. Le demandeur sera averti de cette transmission.

Activité du Service des Personnes déplacées : cas des enfants

Les informations qui suivent sont extraites du livre Sept ans d’activité en faveur des personnes déplacées en zone française d’occupation, 1945-1952, publié par le Service des personnes déplacées du Haut commissariat de la République française en Allemagne.

Des opérations semblables ont été menées dans la zone française d’occupation en Autriche.

DP : Displaced persons (personnes déplacées) ; ce sont les ex-prisonniers de guerre, la main d’œuvre étrangère employée en Allemagne durant la guerre, les déportés, les évacués et les réfugiés.

UNRRA : United Nations Relief and Rehabilitation Administration.

« L’énumération des catégories d’enfants dont a dû s’occuper le Service des Personnes Déplacées donnera une idée de la complexité de cette question :

- Enfants français à rechercher et à rapatrier.

- Enfants abandonnés.

- Enfants DP’s abandonnés, orphelins ou dont les parents sont disparus.

- Enfants déportés en Allemagne (Lebensborn).

- Recherches de paternité.

- Enfants de mères allemandes et de pères possédant la nationalité d’une des Nations-Unies.

  • Enfants adoptés par des familles allemandes.

    « Le Service des Personnes Déplacées a ainsi eu à traiter 3.200 dossiers d’enfants non accompagnés de différentes nationalités et 15.680 dossiers relatifs à des enfants nés de mères allemandes et de pères ayant ou présumés avoir la nationalité d’un des pays des Nations-Unies.

[…]

« La première tâche à laquelle s’attacha le Service des Personnes Déplacées fut la recherche des enfants français en vue de leur rapatriement. Ces enfants étaient soit des enfants enlevés en France à leur famille, soit des enfants ayant accompagné en Allemagne des parents disparus depuis, souvent tués dans les bombardements, soit des enfants nés en Allemagne, le plus souvent illégitimes et abandonnés.

« Il apparut immédiatement indispensable de créer des pouponnières et des maisons d’enfants dans lesquelles les enfants devaient être rassemblés pendant la poursuite des enquêtes et dans lesquelles ils profiteraient des soins et de la surveillance médicale nécessaires.

[…]

« En 1945, les problèmes qui purent recevoir une solution prioritaire furent ceux relatifs aux enfants français. L’UNRRA s’occupait plus particulièrement des enfants DP’s ce qui permettait à la Direction des Personnes Déplacées de faire porter davantage d’efforts pour retrouver et rapatrier les enfants français. […] Signalons à ce propos qu’il apparut rapidement nécessaire aux autorités françaises de prendre des mesures propres à assurer un contrôle sur la procédure d’adoption des enfants étrangers et particulièrement français par une famille allemande. […] La Commission de contrôle des adoptions avait pour rôle de donner ou de refuser son accord à des demandes d’adoptions présentées par des familles allemandes en faveur d’enfants français ou Personnes Déplacées. Maintenue jusqu’en 1950, la commission a examiné 123 cas d’adoptions. Elle a donné son accord dans la majorité des cas.

« Les difficultés dans les recherches d’enfants exigent que les autorités d’occupation agissent en parfaite entente et en complète collaboration. C’est ce qui fut décidé le 28 janvier 1946 au cours d’une conférence tenue à Höchst.

« Au mois d’avril 1946 fut diffusé un ordre du général Koenig - comme suite aux ordres déjà donnés - concernant les renseignements à fournir par les services allemands pour faciliter les recherches. Ces ordres, particuliers aux enfants, sont connus sous le nom d’Additif III. Ils instruisent les services allemands de la nécessité de signaler tous les enfants nés en Allemagne dont l’un des parents au moins est ressortissant des Nations-Unies. Cet ordre est toujours applicable [en 1952] et donne lieu à la fourniture périodique par les services allemands de listes d’enfants nés en Allemagne le plus souvent d’une mère allemande et d’un père français (membres des troupes ou services d’occupation) ou d’un père « Personne déplacée ».

« Le désir du gouvernement français était d’éviter que ces enfants ne soient abandonnés en Allemagne et confiés à des institutions quand s’offrait à eux la possibilité d’être adoptés dans des familles françaises. C’est pourquoi les renseignements fournis par les services allemands en application de l’ordre Koenig précisent si la mère entend ou non élever et conserver l’enfant ou au contraire si elle veut l’abandonner. De même est précisé si le père a ou non reconnu l’enfant.

« Dans tous les cas où la mère désirait abandonner son enfant, les autorités françaises demandaient que cet abandon se fasse en leur faveur. L’enfant était alors conduit dans une maison d’enfants ou une pouponnière, suivant son âge, et les démarches immédiatement entreprises pour son adoption par des familles françaises.

[…]

« La question des enfants français ou présumés tels, abandonnés, ne donna lieu à aucune des difficultés auxquelles se heurtaient les recherches d’enfants.

[…]

« Les recherches d’enfants donnèrent lieu à de véritables drames parfois. Des familles nourricières refusèrent de rendre l’enfant dont la nationalité était prouvée, dont les parents avaient été retrouvés. L’intervention de la gendarmerie fut quelquefois nécessaire, dans certains cas même l’enfant fut caché, envoyé dans une autre partie d’Allemagne, ballotté d’une ville à l’autre sous de faux noms. A chaque déplacement clandestin, il fallait une longue et difficile enquête rendue plus délicate par la nécessité d’utiliser les services des autorités alliées d’occupation, se heurter parfois à des procédures compliquées qui n’aboutissaient que quand la trace de l’enfant était de nouveau perdue.

[…]

« Actuellement [en 1952], il ne reste plus de cas d’enfants non accompagnés « Personnes déplacées » qui n’ait reçu une solution, soit qu’ils aient été rapatriés, qu’ils aient retrouvés leur famille, que par l’intermédiaire du U.S. Committee for the Care of European Children ils aient pu émigrer en vue d’une adoption, soit qu’ils aient été adoptés sur place dans des familles allemandes ou DP, soit encore qu’ils aient été remis aux autorités allemandes. […] Il reste par contre dans les zones alliées (britannique et américaine) quelques cas d’enfants présumés français dont le service des Personnes Déplacées s’est occupé et pour lesquels les autorités alliées compétentes n’ont pas encore pris de décision.

[…]

« Le Service des Personnes Déplacées a étudié encore quelques cas particulièrement obscurs pour lesquels aucun renseignement n’a pu être obtenu au cours de plusieurs années de recherches. Ces enfants ont été ballottés pendant les derniers mois de la guerre, de France en Allemagne où ils ont été renvoyés de pouponnières en maisons d’enfants dans plusieurs provinces allemandes. On ne connaît que le nom de ces enfants, encore sans aucune certitude en l’absence de tout document d’état civil. On ne sait ni leur date de naissance exacte, ni leur lieu de naissance, ni s’ils ont des parents, ni leur nationalité, les prénoms changent suivant les quelques rares documents où figurent les noms de ces enfants. »

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