Accès rapide :

Point de presse de Laurent Fabius (30 juillet 2013)


Point de presse de Laurent Fabius 30 juillet 2013 par francediplotv

Mali - Syrie - Égypte - Tunisie - Point de presse de Laurent Fabius (Paris, 30 juillet 2013)

Q - Pouvez-vous nous dire quelques mots sur la situation au Mali ?

R - S’agissant des élections au Mali, nous ne disposons pas encore des résultats officiels au moment où je vous parle. Ce sera aux autorités maliennes, de les rendre publics. Nous disposons cependant de quelques informations. Premièrement, ces élections se sont déroulées dans le calme. Deuxièmement, la participation électorale a été probablement la plus élevée depuis l’indépendance du Mali. C’est donc, pour les Maliens eux-mêmes, un succès considérable ainsi que pour la communauté internationale qui les a soutenus.

Ce qui est important, c’est que cela va conférer au président qui sera élu une légitimité démocratique très puissante et cela permettra de donner au Mali, qui était, il y a de cela quelques mois, au bord de l’étranglement par les terroristes, une capacité à aller encore davantage vers la démocratie, de se redresser sur le plan économique et de rester un État en situation de sécurité. Lorsque je vois la situation dans laquelle se trouvait le Mali, il y a encore quelques mois, je me dis que du bon travail a été fait. J’en suis extrêmement heureux pour les Maliens.

Q - Pouvez-vous nous dire un mot concernant l’Égypte ?

R - Dans un instant, j’aurai au téléphone Mme Ashton, la Haute représentante de l’Union européenne qui a pu voir cette nuit le président Morsi. La situation en Égypte est très critique. La France appelle au refus de la violence et à la libération des prisonniers politiques, y compris l’ancien président Morsi. On n’obtiendra rien par des affrontements s’il y a d’un côté l’armée, de l’autre les frères musulmans. Même si c’est très difficile, il faut revenir vers un cheminement démocratique et refuser la violence.

Q - En Syrie, on voit que Bachar Al-Assad est en train de regagner du terrain grâce au Hezbollah et à ses autres soutiens. Pensez-vous qu’il puisse gagner la partie car l’opposition appelle désespérément à l’aide notamment la France, elle a besoin d’armes. Nous en désintéressons-nous ? Sommes-nous impuissants et devenus juste observateurs ?

R - En Syrie, la situation humanitaire est tragique. C’est la plus grave situation humanitaire que l’on connaît depuis ce que l’on a connu au Rwanda. Vous avez non seulement plus de 100.000 morts en Syrie mais des millions, je dis bien des millions de gens qui sont déracinés, réfugiés aussi bien en Syrie qu’en Jordanie ou au Liban et dans l’ensemble des pays voisins. Il faut donc, d’abord, avoir une action humanitaire puissante, plus forte que celle qui a eu lieu jusqu’ici. La France, non seulement donne l’exemple, mais intervient au plan international pour augmenter cet appui humanitaire. C’est le premier aspect.

Le second aspect, c’est qu’il faut trouver une solution politique - ce n’est pas par des combats réciproques que l’on peut trouver une situation satisfaisante -, c’est ce que l’on appelle la conférence de Genève II. Les Américains et les Russes y travaillent ; nous aussi. C’est très compliqué, bien sûr, mais nous voulons faire le maximum pour que se réunisse cette conférence de Genève II dont l’objectif sera de créer un gouvernement de transition qui se saisisse des pouvoirs exécutifs du gouvernement actuel.

Troisièmement, il y a la question que vous soulevez. Si on ne veut pas que Bachar Al-Assad - 100.000 morts - l’emporte et si on ne veut pas non plus qu’il y ait les terroristes extrémistes de l’autre côté, il faut soutenir la coalition modérée que nous soutenons. Son président était présent ici la semaine dernière. La Coalition a été reçue par les membres du Conseil de sécurité récemment et les choses se sont bien passées. Il faut que cette coalition puisse s’étoffer et être renforcée.

Quant à la question des armes, l’embargo a été levé mais notre position, c’est certes d’aider la Coalition nationale, mais sans pour autant livrer des armements qui ensuite pourraient se retourner contre nous.

Voilà où nous en sommes :

- Action humanitaire puissante ;

- Recherche d’une solution politique ;

- Aider la coalition nationale modérée.

Q - Lorsque l’on voit ce qui se passe en Tunisie et en Égypte notamment, la France doit-elle revoir sa position aujourd’hui vis-à-vis des Printemps arabes, parce que finalement, les révolutions n’ont rien apporté.

R - Je pense que les situations sont différentes.

En Tunisie, il y a récemment eu deux assassinats de responsables politiques que nous condamnons bien sûr. Les assassins n’ont pas seulement voulu assassiner des personnes mais ils ont aussi voulu assassiner l’espoir de la révolution tunisienne. Je crois que la solution est à rechercher dans le refus de la violence, dans le respect de ce que veut le peuple tunisien : l’unité nationale, une Constitution et la tenue d’élections. Il faut donc aller, de la façon la plus ordonnée possible, vers l’adoption d’une Constitution et des élections. Voilà pour la Tunisie et nous soutenons le peuple tunisien.

Concernant l’Égypte, le président Morsi avait été élu dans des conditions régulières mais le sentiment qu’ont eu beaucoup de personnes dans la population, c’est qu’il voulait aller vers un islamisme à marche forcée. D’autre part, la situation économique était catastrophique. Il a donc été déposé. Mais il faut que le régime qui s’est installé retourne le plus vite possible vers une approche démocratique où l’on refuse les violences et qu’on libère les prisonniers politiques.

Q - Concernant la situation des journalistes qui ont été enlevés en Syrie, quelles sont les dernières informations que vous avez ?

R - Concernant la question des otages, vous savez que nous avons adopté une position, toujours la même : nous voulons être le plus efficace possible tout en restant très discret car tout ce que nous pouvons dire pourrait se retourner contre les otages, y compris contre vos collègues. Vous excuserez ma discrétion.


PLAN DU SITE



MENTIONS LÉGALES & INFOS PRATIQUES

Tous droits réservés - Ministère des Affaires étrangères et du Développement international - 2014